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03/07/2018

qu'est ce que c'est que cet objet ?

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Il s'agit d'un fer à gaufrer, indûment appelé de la sorte, car c'est du laiton. Celui-ci a été gravé par Jean-Luc Seigneur. Graveur en relief comme il se plait à dire. Meilleur ouvrier de France, enseignant à Estienne, mais pas uniquement puisqu'il continue à exercer son métier dans son atelier pour des clients imprimeurs, des agences de communication. Et des clients plus occasionnels comme votre serviteur. 

C'est donc ensemble avec Agnès Rainjonneau aux pinceaux que nous avons sorti cet opus extrait de l'éponge des mots (-prix copo 2014-) les textes de Chardons bleus.

 

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02/07/2018

Les vieilles âmes (1)

Depuis quelques temps déjà sur le papier apparaissent des visages à l'encre que je qualifie de vieilles âmes... Personnages venant d'un autre univers... actes médiumniques....

Comme dirait Ghislain Ripault 

"Traces imprégnant des suaires sur des parois de très jadis, sur tel mur d'un Pompéi pas encore dégagé de ses convulsions.

Ce sont des portraits indescriptibles justement ce qui n'a pas (besoin) de mots, sinon ceux que sans doute ruminera un regarder dans sa propre grotte mentale.." 

 

Ces encres ont été publiées dans le Cafard Hérétique N°10 des éditions Lunatique...

 

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Portrait retrouvé à Pompéi 

 

 

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Limule à sang bleu..

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Individu bien connu des services de police..

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Portrait de l'ami Raymond Canta. 

 

Un Toit d'étoiles

Chronique de Michel Baglin dans la revue Texture à propos du CD un Toit d'étoiles

 

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Son dernier opus est désormais un CD. Les textes sont dits – avec justesse - par l’auteur lui-même, mais aussi par Karinn Helbert, Eric Louviot, Ben Walter. L’ensemble est porté, de manière très envoutante, par la formation musicale Dounia et son orgue Cristal Baschet joué par Karinn Helbert (muscienne qui a longtemps accompagné comme pianiste les Rencontres pour lire de François de Cornière à Caen). Et par la voix d’Ahmed Abdelack El Kaab, chanteur, musicien auteur compositeur marocain élevé dans la pure tradition de la musique et de la culture soufie. 

Dounia est une formation musicale qui mélange les cultures et les pratiques sonores, à la croisée des chants traditionnels soufis et de la musique classique. Elle était donc toute indiquée pour ce projet, « Un toit d’étoiles », qui se veut synthèse de plusieurs mondes. Ses instigateurs précisent avoir « imaginé une rencontre improbable aussi belle que porteuse d’espoir entre la musique classique et baroque, les chants soufis et la poésie contemporaine. Sur des pièces de Bach, Satie, Haendel, adaptées pour le Cristal Baschet, on a agencé la voix de ces chants soufis et le souffle de la poésie. »

C’est donc à un dialogue « paisible » qu’invite cette œuvre collective, et l’on ne s’en étonnera pas : elle est dans l’esprit et la lettre d’un auteur sensible à la détresse des « compagnons du chemin de déroute », se tenant à la croisée des cultures et donc ouvert au monde.

Et surtout apte à « percer le mystère des êtres que la fêlure étrangle ».

Une belle réussite que l’on doit aussi à Christophe Brunet (réalisation) et au soutien de la maison de la poésie de la Factorie, aux éditions des Carnets du dessert de Lune, à la compagnie Coquelicot de Caen, la Grange aux dîmes à Carrières sur Seine, et les librairies le Baz’art des Mots à Hauterives et le Livre écarlate à Paris 14.

27/06/2018

Grand prix Poésie RATP

En me levant ce matin 

j'ai secoué la tête 

et des étoiles sont tombées de mes cheveux 

ça m'apprendra à dormir dehors. 

 

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Ce texte a été sélectionné par le jury de la RATP et figure parmi les 100 textes finalistes 

du grand prix de la poésie RATP… 

 

Ciel de lune

Histoire de se faire mousser, ça fait du bien...

Un article que je viens de retrouver sur le blog de frère toc... 

Bien sympa à relire, ma foi...

 

J'ai croisé la route de Saïd Mohamed à Toulouse. J'y étais alors pour préparer un BTS édition, et il y donnait des cours de fabrication. Je venais juste de me tailler loin de chez moi, donc je n'étais qu'un gosse qui ne savait rien de rien, qui avait tout à apprendre, et à comprendre - ok, je ne suis pas sûr d'avoir vraiment progressé et de comprendre quoi que ce soit à ce foutu bazar aujourd'hui. C'est à cette époque que je me suis vraiment mis à lire. De temps en temps, il me demandait : "alors tu lis quoi en ce moment ?" "Voyage au bout de la nuit". A quoi il répondait : " alors tu te prends une claque, hein ? c'est bien. "


D'emblée, il fallait être aveugle et sourd pour ne pas voir que Saïd Mohamed était différent de tous les profs qu'on ait pu avoir. Passionné, il nous a amenés en deux ans au diplôme, à l'énergie. Son expérience dans le monde de l'imprimerie et de l'édition - travail qu'il évoque dans Putain d'étoile, il nous la transmettait avec des étoiles dans les yeux, ce qui était communicatif.

Poète, romancier, il publie ces jours-ci un nouveau roman, qui s'inscrit dans la lignée des précédents : Ciel de lune. Récit d'un mariage qui prend l'eau, qui se consume, qui se désagrège, ce livre décrit sans fausse pudeur ce qu'il a vécu, le désir, les disputes, les sacrifices consentis... jusqu'à l'inéluctable, la séparation, comme si tout était joué d'avance. Il écrit d'ailleurs, vers la fin du roman, que c'est comme si le couple jouait une pièce dont ils connaissaient les dialogues par coeur. Comme dans Putain d'étoile, j'ai retrouvé Saïd Mohamed fidèle à ses colères, insoumis, toujours en quête. Et honnête. Pas de cadeau pour lui, comme pour Dalila, cette femme qui lui demandait d'être ce qu'il ne sera jamais. Pas de cadeau, non plus, pour les diverses administrations, kafkaïennes, qui sont autant de bâtons dans les roues pour des gens qui veulent simplement exister. J'ai retrouvé aussi son humanisme (le portrait du père de Dalila "un saint homme") et son humour. Cette manière de balancer entre renoncement, désespoir, et espérance, foi, envie de cramer la vie par les deux bouts.

 

A l'heure où les romans tournent de plus en vite sur les tables des libraires, où si l'on n'est pas "pipole" on n'a quasi aucune chance d'être lu, je suis sûr que ce post arrive trop tard. Mais bon, Ciel de lune est disponible chez tout bon libraire qui se respecte (je l'ai trouvé du premier coup dans mon palindrome d'adoption) pour encore un bout de temps j'espère. A bon entendeur...

26/03/2018

Paroles et chansons comme ci - comme ça

Par Georges Catalho

 

La veine locutoire et la verve langagière de Saïd Mohamed sont plus que jamais présentes dans ce livre qui regroupe de longs poèmes qui pourraient s’apparenter, comme l’annonce le titre, à des paroles de chansons. On y retrouve tous les thèmes majeurs qui se recoupent dans l’œuvre déjà importante de ce poète écorché-vif. D’ailleurs, dès la première ligne du livre, le lecteur est prévenu : « Je ne suis pas un poète, mais un piètre fumiste. » On pourrait parler ici d’autodérision mais il faut savoir que l’auteur ne se délivre jamais de son manque de confiance : « Et moi je n’aurais jamais été / Un petit bicot ou un enfant de putain. » Il revient fréquemment sur son vécu douloureux sans s’appesantir toutefois à partir d’un simple coup d’œil dans le rétroviseur pour évoquer en quelques mots le rude passé qui fut le sien.
Le format de la chanson au sens large du terme convient parfaitement à l’objectif qu’il s’est fixé, à savoir une percée vers l’imaginaire à partir de fait réels et de sensations personnelles. On sourira en lisant des chansons gaillardes et paillardes. On y croisera le métèque Moustaki, le grand Jacques (Brel) ou le nostalgique Souchon. On n’oubliera pas également de lire le règlement de comptes à « nos grandes icônes nationales » de la chanson. Quant aux « poètes officiels », ils en prennent pour leur grade dans un long poème qui fustige les flagorneurs et « les petits laquais du verbe. » Un beau livre à lire, à relire et à chanter aussi.

(Saïd Mohamed : « Paroles & Chansons comme ci- comme ça ». Gros Textes éd., 2018. 68 pages, 8 euros – Fontfourane – 03580 Châteauroux-les-Alpes ou gros.textes@laposte.net )

Au sommaire du cafard hérétique....

Numéro 10 

 

Sortie le 16/03/2018 – 140 pages – ISBN : 979-10-94318-08-9

Photo de couverture : Oscar Sergent

Illustrations intérieures : Vincent Normand

Tableaux reproduits : Gilles Ascaso, Cleo Jansen & Saïd Mohamed

 Les nouveaux : Benjamin Fouché, Corine Pourtau, Jasmin Limans, Jean-Claude Leroy, Juliette Penblanc, Maëlan Le Bourdonnec, Sandrine-Malika Charlemagne, Witold Bolik

Les récidivistes : Alexandre Nicolas, Antonin Crenn, Cleo Jansen, Ève Vila, Jean-Marc Sire, Julien Boutreux, Michel Antoine Chappuis, Sandra Bechtel, Thierry Moral, Yan Kouton

Éditeurs à l'honneur : Erosonyx & Le Laboratoire Existentiel

Édito :

Ce numéro s'est élaboré sur la base d'une sélection de tableaux de Gilles Ascaso et de Saïd Mohamed. Mêlant, avec la désinvolture qui lui est désormais coutumière, genres littéraires, thèmes et écritures, Le Cafard hérétique partage ses pages entre talents confirmés - qu'il lui plaît de suivre et d'encourager - et voix nouvelles, grinçantes ou graciles.

Ce numéro 10 ne déroge pas à la règle : couleur (peinture), saveur (écriture)... que du bonheur (lecture) !

 

 

Paroles & Chansons comme ci-comme ça.....

Par Lucien Wasselin 



L’éditeur, Gros Textes, continue ses publications avec les moyens du bord (à la cave, comme il est indiqué en page 67). Ce titre parle de soi ! C’est une poésie sans prétention, bourrée de coups de pattes, d’attaques et de vitriol…

C’est émaillé de rimes parfois occasionnelles et convenues en fin de vers, de rimes intérieures tout aussi occasionnelles… et des idées d’une banalité exemplaire pour le lecteur boulimique que je suis. Mais voilà, tout y passe : les étrangers (qui ne le sont pas autant que cela !), les filles de mauvaise vie (!), les poètes officiels (eh oui, ça existe !), la mort (devant qui nous sommes tous semblables !), la religion, les enfants atypiques (parce que nés de parents différents !) …

Et puis, il y a le ton relâché, pince sans rire ; et puis, il y a ce que promet le titre : on pense alors aux chansons de Renaud (je sais que ce n’est pas un compliment : il suffit de lire le poème, Nos grandes icônes nationales, pp 40-41), ou au poème (pardon, la chanson !) sur la religion (Dix Pater cinq Ave) qui dit raisonnablement les espoirs du poète… Et ce n’est pas un hasard si chaque strophe commence de la même façon, Notre père qui êtes aux cieux, ainsi que dans ce texte des pages 31 & 32…

Ce vers fonctionne comme un refrain (d’où le titre de Paroles et Chansons donné au recueil), ainsi le poème Au caboulot du radoub  (pp 36-37)… On entend comme un écho aux chansons populaires (p 44) ou la poésie (Allo Papa Tango Charlie). Et encore il y a la fantaisie verbale comme dans « les voyelles, les voyous » sur un air de Jacques Brel. Mais tout cela n’empêche pas Saïd Mohamed d’être lucide : ainsi ces vers d’une chanson dédiée à Paul Déroulède (par le titre) remarquent-ils que les fils d’ouvriers servent de chair à canon mais non les fils de généraux, de ministres ou de banquiers !
La politesse des rois, c’est la postface que signe le poète dans laquelle il présente Pierre Lebas et ses dessins qui ponctuent le recueil de Saïd Mohamed. Et qui disent la nécessité de la révolte contre ce monde qui nous est imposé

15/03/2018

Un Toit d'étoiles avec l'ensemble Dounia

Le spectacle a eu lieu le 13 décembre 2017 au théâtre de Lisieux.

Le CD est sorti quelques temps auparavant...

Il fait tranquillement son petit bonhomme de chemin.

On en reparlera lorsqu'il fera l'actualité. Pour l'instant le bouche à oreille fonctionne. 

Un grand merci aux souscripteurs qui m'auront permis de réaliser sa production.

 On peut le commander sur le site des éditions les carnets du dessert de lune à l'adresse suivante: 

https://www.dessertdelune.be/store/p843/CD_Un_toit_d%27étoiles_-_Saïd_Mohamed.html

 

 

 

 

 

01/10/2017

Quand Albert dit….

PARLONS PEU MAIS PARLONS-EN

Entre les typhons, tornades, cyclones et séismes divers, on va essayer de trouver quelques informations réconfortantes, du moins en apparence. Parce qu’il faut faire comme si ça allait aller beaucoup mieux, à plus forte raison si ça risque d’aller beaucoup moins bien. C’est la leçon qu’en a tirée un jeune économiste qui soutient une thèse tout à fait étonnante. J’en ai retenu l’essentiel que je vous livre avec le sérieux qui me caractérise : l’obsolescence programmée n’est plus de mise et serait remplacée par un nouveau système de développement appelé "l’économie circulaire". Cette économie circulaire serait basée sur la mise sur le marché de produits durables et réparables. Je vous vois toutes et tous rigoler, j’aimerais bien savoir pourquoi ! Pensez plutôt à tous les nouveaux métiers qui vont voir le jour, réparateur de frigidaire, nettoyeur de chauffe-eau, restaurateur de tablette...

Les athlètes russes ont bénéficié de la clémence du Comité International Olympique malgré les innombrables contrôles positifs opérés toutes ces dernières années. Ils pourront en effet concourir aux prochains Jeux Olympiques, mais sous bannière neutre. S’ils obtiennent des médailles d’or, comment va t-on procéder pour les hymnes ? Je vais composer un hymne neutre et le proposer au C. I. O. Et chaque fois qu’un athlète russe montera sur la plus haute marche du podium, mon hymne neutre sera interprété en même temps que se hissera le drapeau neutre.

Némo quant à lui a de la chance. Némo, c’est un jeune Labrador qui vient juste d’être adopté par le Président de la République qui, en personne, est allé le chercher à la S.P.A. Vous vous rendez compte, du jour au lendemain, se retrouver à l’Élysée avec un statut de premier chien de France. Il y a certains chiens qui ont une certaine chatte !

Lambert Wilson chante Yves Montand. Thomas Fersen chante Boris Vian.
Depardieu chante Barbara. Eddy Mitchell chante Sinatra.
Maurane chante Nougaro. Adamo chante Gilbert Bécaud.
Higelin chante Trénet. Patrick Bruel chante Barbara.
Tiens, Bruel et Depardieu chantent Barbara tous les deux !
Renaud chante Brassens. Miossec chante Dassin.
Karim Kacel chante Réggiani. Yves Jamait chante Guidoni.
Guidoni chante Leprest. Leprest ne chante plus beaucoup.
Et Marcoeur chante Marcoeur.
Il ne sait rien chanter d’autre !

Albert Marcoeur, le 22 septembre 2017

Retrouvez Albert Marcoeur:

Le jeudi 12 octobre 2017 à 19h30
Dans le cadre du Festival La Belle ouïe Centre Musical FGO Barbara
1, rue de Fleury, 75018 Paris / Métro Barbès-Rochechouard
Renseignements, réservation : 02 35 34 24 80 ou 06 87 55 90 88

07/09/2017

Au festival IF d'Avignon en 2016

Lecture de Un toit d'étoiles le 6 juillet 2016 dans le jardin de Baracane accompagné par Karinn Helbert au cristal Baschet et par Abdelack el Kaab au chant soufi. Un grand moment dans un lieu superbe, face un public sensible au mélange cristal, chant et poésie. 

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Kevin Prone

Au sommaire de décharge 175

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09/05/2017

Sur des volets à Tréguier

En me levant ce matin

J'ai secoué la tête 

des étoiles sont tombées de mes cheveux

ça m'apprendra à dormir dehors...

(extrait de un toit d'étoiles)

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06/05/2017

Exposition des linogravures originales du vin des crapauds

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Le vin des crapauds sur La Toile de l'un...

On ne guérit pas, dit-on, de son enfance. Certains l'ignorent, d'autres pas. Saïd Mohamed est de ceux-là.
Il y a cette enfance qui nous façonne et qui nous marque, parfois au fer rouge. Ce temps que l'on vit parfois - ce fut le cas - dans un arrachement qui met à vif, une brutalité qui donne envie de briser les cadres.
IL y a la conscience que l'on en a et qui permet aussi, plus tard, de relire cette enfance comme la chance de ce qui vient et où l'on a sa part à construire. L'enfance est aussi une fenêtre ouverte dans le mur. Dans les murs. Tous.
Il y a aussi cette conviction que la parole peut être prise et qu'elle est un puissant outil pour dénoncer et inviter autant qu'un vrai chemin vers soi et vers les autres.
Dès lors, l'adulte qui est au monde chargé de son passé, de son histoire, regarde ce qui l'entoure, ici et là-bas. Et tout ce qui en lui fait cicacrice redevient aussi plaie vive. La guerre, les destructions, l'exploitation, les pouvoirs de mort et d'argent (qui, de tous temps, vont si bien ensemble), les injustices, mais aussi l'indifférence, la veulerie, l'égoïsme, tout cela remonte dans un immense haut-le-cœur. L'écriture se fait vomissure qui libère, en les nommant, des sanies d'un monde auquel le poète appartient, en toute conscience, et où il trouve sa place en prenant la parole pour dire.
Ce "vin des crapauds" est un vin aigre. Il a la couleur d'une souffrance coagulée. Mais on aurait tort de n'y voir qu'indignation et désespoir. Derrière le désarroi dont il témoigne, le poème érige son phare, appelant à l'éveil et à la vigilance, affirmant aussi une présence qui, dans le partage de la parole, est finalement salutaire et fraternelle.

Alain Boudet

16/04/2017

Bob de Groof par Elodie Lélu

30/03/2017

Nos cousins belges sont des gens biens....

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29/03/2017

Planète, peut être…. Paroles et musique Yves Simon….

26/03/2017

Heure d'été….

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Paysages intérieurs dans la revue Nouveaux délits….

Une autre critique par Jacmo dans la revue Texture...

En 1995, je publiais pour sa première édition « Le vin des crapauds » (Polder n° 81). Petit format avec un dessin de couverture signé Fatmir Limani de Kitoko Jungle Magazine. Seconde édition en 2017 chez Jean-Louis Massot : grand format avec 14 linogravures de Bob de Groof du même Kitoko Jungle. Fidélité aux textes et aux illustrateurs. 

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The Kitoko jungle Magazine twenty years after….

Si l’on compare les deux versions, on voit que Saïd a complètement remanié ses poèmes. Changement dans les vers, redécoupage des strophes, bouleversement dans l’ordre des pages, le début devient la fin… Pour autant, l’impact global reste le même. Une révolte pure contre la société, une dénonciation vindicative et vengeresse du système, un cri primal contre l’injustice et la haine. Les poèmes ont été écrits pendant la première guerre d’Irak, c’est dire qu’ils restent d’actualité. « Ce n’est pas un poème mais une agression… »
Saïd Mohamed sait jumeler des éléments disparates a priori, où abstrait et concret s’aimantent : « …mélange d’excréments et de sentiments […] De foi et de vomi, de moignons et de décadence… » Il peut aussi allier des mots voisins comme fous et gueux, fourbes et niais ou fantassins et bâtards… La trivialité très fréquente fait partie de la violence du discours. Son style reste semi-lyrique avec des emportements fougueux, mais toujours phrasés. Il est capable d’aligner le nom des bourses mondiales au même titre que faire appel à des références médiévales, cette contradiction apparente montrant bien l’état du monde et ses écarts vertigineux au sein d’un même siècle. Les imprécations, avec son lot d’exclamations et d’apostrophes sont monnaie courante : « Dieu, je n’ai jamais prononcé ton nom / Je t’ai maudit, chien de ta mère pour en aveugle / M’avoir conduit dans un monde que je renie. » De même, il règle ses comptes avec sa mère : « Pourquoi comme un chat ne m’as-tu pas / Au fond d’un sac jeté, et aussitôt noyé ? / Aujourd’hui, je ne te maudirais pas… » Il ne se fait pas de cadeau non plus dans ce vers, où l’antithèse est perceptible et l’asyndète éloquente : « Je ne suis pas ignoble, j’ai honte de vivre ».
« Le vin des crapauds » garde indemne sa charge virulente contre tout ce qui représente aux yeux du poète l’enfer sur terre. Les linogravures hallucinées de de Groof sont au diapason des poèmes apocalyptiques de Saïd Mohamed. Chiens et crocodiles aux yeux exorbités et autres monstres emportés dans une tempête noire, mitraillettes et crânes, grimaces et squelettes débordent le cadre. Ainsi, comme il est dit à la dernière ligne du livre : textes noirs et dessins cauchemars sont leur façon de dire : « Non à l’horreur ! » hier comme aujourd’hui.

(Saïd Mohamed & Bob de Groof : « Le vin des crapauds » 18 €. Les Carnets du Dessert de Lune. 18 €. 67, rue de Venise – 1050 Bruxelles. Belgique).

25/03/2017

Une critique, à la une….

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par Débézed

 

Au fond du désespoir

A l’orée du printemps, Les carnets du dessert de lune gâte ses lecteurs après le très beau poème, l’ « Exode », de Daniel de Bruycker magnifiquement illustré par des photos de Maximilien Dauber, il leur propose ce recueil, grand format cette fois, de Saïd Mohamed tout aussi magnifiquement illustré par des linogravures de Bob De Groof. Des illustrations en blanc sur noir qui montrent des personnages fantasmagoriques effrayants, tout en rondeur, avec des grands yeux ronds hébétés, inhumains, des personnages agressifs et des personnages qui subissent l’agressivité des précédents. Un monde fantastique et violent qui symbolise notre société où les puissants terrorisent les faibles.

Ces dessins de monstres effrayants illustrent à merveille la douleur et le désespoir que Saïd Mohamed éprouve après toutes les guerres et tous les attentats qui ensanglantent notre monde.

« Je n’ai pas souvenir d’un instant de paix,
Chaque jour déverse son lot guerrier
Et nous maintient la tête sous l’eau.
Nous devons cesser de croire possibles la beauté et
L’amour. »

Et, il accuse ceux qui tirent les ficelles et profitent de toutes les horreurs perpétrées pour asseoir leur pouvoir et leur fortune.

« Nous buvons le fiel du vin des maîtres,
La corde sur le cou, attendons à leurs pieds »

Le désespoir l’emporte aux confins de l’humanité, là où même le pardon n’est plus possible, là où pardonner n’a même plus de sens.

« Je crains ne jamais pouvoir donner le pardon
A l’œuvre de l’enfer. »

Non content de s’en prendre aux faiseurs de guerre, à ceux qui tirent les ficelles, il s’en prend à sa mère à qui il reproche, atteignant le fond de l’abîme du désespoir, de l’avoir mis au monde.
Mère, pourquoi n’as-tu pas pris tes précautions

"Quand à mon père tu t’es jointe ?
Pourquoi comme un chat ne m’as-tu pas
Au fond d’un sac jeté, et aussitôt noyé ? »

Et si la mère n’a rien fait pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas fait ?

« Dieu, je n’ai jamais prononcé ton nom.
Je t’ai maudit, chien de ta mère pour en aveugle
M’avoir conduit dans un monde que je renie. »

Tout le venin a été craché, « Pas dit qu’on boirait de ce vin-là » comme l’écrit Cathy Garcia dans sa préface mais on a envie de savoir jusqu’où le poète plongera dans son désespoir. Jusqu’au nihilisme le plus suicidaire peut-être.

« Mange ton fils, amère humanité
Et pose-lui le couteau sur la gorge. »

Dans sa postface, Saïd Mohamed précise que « Le vin des crapauds a été écrit en grande partie pendant la première guerre d’Irak, de 1990-91 » et qu’il lui « est apparu essentiel de republier l’ensemble de ces textes » « devant les événements récents et ceux à venir.. » Il ne veut pas seulement parler des horreurs des attentats mais aussi de la façon d’attribuer ce qui n’est qu’un plan pour détruire les vieilles civilisations en les assujettissants mieux aux lois du marché, à un Nouvel Ordre Mondial, l’Axe du Mal.

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Le vin des crapauds

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Préface de Cathy Garcia

Pas dit qu’on en boirait de ce vin là, mais on a bien envie d’en savoir plus, alors on ouvre la bouteille… Et d’entrée, c’est l’uppercut, un relent d’enfance qui marche au pas et de pourriture tranquille… Et on sait très vite que oui, nous allons boire tout notre saoul, parce que voici venu l’heure du néant, et Saïd Mohamed en dix lignes nous crache le portrait du monde et ses victoires qui ne sont que défaites/Des noces d’étreintes de sang et de merde.

Un uppercut crescendo, et on n’en sort pas indemne.
Le vin des crapauds a vieilli pendant 21 ans dans la cave du poète, et il a le goût acide d’un mauvais vin nouveau, sans doute parce que le malheur, la violence, la bêtise, l’ignorance, les injustices, sont toujours les mêmes, en grappes lourdes, noires, amères, toujours plus grosses et grasses.
Nous récoltons sur nos mains le sang de nos enfants,
Tandis que nos maitres boivent le divin nectar
Des bénéfices de cette boue pétrie aux alliances vénales


Le poème ici fait sauter le bouchon de la bouteille, celle du vin des fous, du vin des nausées, du vin dont s’enivrent ceux qui ont trop vu œuvrer les bouchers adulés par un bétail sans mémoire. Il ne s’adresse même plus à ceux-là mais à l’acier lui-même, non sans ironie.
Bel acier cherche ta voie dans les entrailles,
La viande chaude et le sang doux.
Couvre-toi de gloire, bel acier.


Le vin des crapauds, pauvres crapauds, c’est pour trinquer et vomir à tous les morts pour rien, qui pavent les siècles de leurs chairs pourries.
Je voulais du vin et du silence, dit le poète, mais puisqu’il faut supporter le vain des maux, voilà le vin des mots rances.
Il faut le boire, comme on dit, jusqu’à la lie et faire la nique d’un rire sans dents aux horreurs, car du poète c'est le lot que de la guerre/ devoir encore extraire l'or de l'amour, nommer l’innommable et égrener les mots magiques, envers et contre, envers et contre… Des cendres de l’espoir, on peut toujours tracer des signes. Vraiment ?
Le poète ici, dérisoire manchot face à un énième tsunami de ténèbres, s’écroule de lui-même.
Je ne suis pas ignoble, j'ai honte de vivre.


© Cathy Garcia, le 9 novembre 2016

 

Bob de Groof avec un exemplaire du tirage de tête du Vin des crapauds. 

 

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24/10/2016

le chant des sirènes aux passants


Orgue marin - Zadar, Croatie par Manuec2008

Le chant de Clochard aux sirènes

Franz Clochard & Mécanique Vivante. Extrait de l’émission Tracks sur Arte from Mécanique Vivante on Vimeo.

19/10/2016

Un peu de musique dans un monde de brutes...

23/09/2016

Le système scolaire vu par Franck Lepage….

03/09/2016

Jours de Liesse

Une photo de la répétition lors de l'anniversaire des 20 ans du dessert de lune au théâtre éphéméride de Val de Rueil. Au cristal Baschet Karinn Helbert, au chant Abdou, chanteur soufi de l'ensemble Mogador d'Essaouira et de Dounia. Aux textes votre serviteur. Merci à Jean Christophe pour la photo. 
 
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Des extraits de jours de Liesse dits pas Cathy Garcia…..

 

 
 
 
Un article de jacques Josse, paru dans remue.net sur Jours de liesse.
 
 

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« Gringo égaré dans ces bas quartiers, il s’en est sorti, se demande encore comment », Saïd Mohamed.

 


 C’est dehors, au milieu des autres, dans l’incessant flux des piétons qui vaquent, se croisent, se heurtent, participant lui aussi à la grande bousculade, y happant des odeurs suaves, froides, enivrantes ou surannées, celles qui émanent des corps, des caniveaux, des chiens mouillés, des poubelles, des pots d’échappement, des cuisines ouvertes, c’est dans le brouhaha, dans l’agitation quotidienne, brutale et sauvage des rues animées que Saïd Mohamed va puiser l’étonnante vitalité qu’il diffuse ensuite sans compter dans ses poèmes. Il est en pays de connaissance. Il se mêle à ceux qui lui ressemblent et qui éprouvent l’impérieux besoin de côtoyer la foule plutôt que de s’isoler en chambre close. Cela se passe dans certains quartiers de Marrakech, de Paris, d’Istanbul ou de New York, dans des artères populaires que sillonnent des milliers d’anonymes souvent immigrés, réfugiés, délaissés, exclus, déclassés. Chacun d’entre eux porte une histoire particulière (qui a souvent à voir avec la pauvreté, la douleur, la guerre) et un présent qui prend des allures de survie en terre hostile.

 

« A Bab Doukala il faut s’être roulé dans la boue, les déchets des légumes et les couleurs emmêlées des montagnes de carottes, d’oignons blancs, de patates, de citrouilles, d’oranges, de bananes, de tomates, de courgettes, d’aubergines.
Y avoir entendu les cris des charretiers, les insultes des acheteurs.
Ainsi à Bab Doukala va le peuple qui patauge dans la richesse et l’indigence.
Peuple, sombre, de gueux fiers. Foule laide et grouillante, de noble et de mendiants mélangés. »

Arpentant l’espace urbain, il note plus ce qu’il ressent que ce qu’il voit et en profite pour mettre en route son imaginaire. Celui-ci le propulse dans des territoires où la réalité perd de sa rudesse. Quand il desserre l’étau quotidien, c’est pour y ajouter une dose de fantastique plus ou moins relié à certaines coutumes et légendes.

« L’ouvrier maçon, père de famille affamée, a bu le lait d’une femme enceinte, respiré l’encens, laissé couler le sang d’un coq noir sur la terre.
Il a suspendu une tête d’agneau au porte-bagages de son vélo et fait sept fois le tour des remparts dans le sens du soleil.
En rentrant chez lui après son labeur il a vu qu’un festin et un palais l’attendaient.
Sa tête envoûtée résonnait, des coups la frappaient drus, telle la peau de chèvre polie d’un tambour. »

Il y a chez Saïd Mohamed un souffle (et l’oralité n’y est sans doute pas pour rien) qui tend à l’extrême chacun de ses textes. Ce souffle-là est porteur d’une énergie rare. Qui doit, de temps à autre, on imagine, l’épuiser.


Saïd Mohamed : Jours de liesse, illustrations de Coline Bruges-Renard et préface de Jacques Morin, Les Carnets du Dessert de Lune.

Jacques Josse - 24 mai 2015

Une note de lecture sur Jours de Liesse….

Jours de Liesse

Les éditions Les Carnets du Dessert de Lune fêtent leurs 20 années d'existence et c'est un anniversaire qui me réjouit tant cet éditeur, en l'occurrence le charismatique Jean-Louis Massot, a toujours réussi à nous surprendre par des textes de qualité. Et le recueil de Saïd Mohamed ne vient certainement pas dépareiller l'harmonie du catalogue. Soulignons par la même occasion que Saïd Mohamed a déjà précédemment publié deux recueils aux "Carnets", "Souffles" en 2006 et "L'éponge des mots" en 2012 (prix CoPo 2014). "Jours de liesse" est visuellement un beau recueil, superbement illustré par Coline Bruges-Renard, une artiste passionnée par la peinture et le dessin mais aussi par l'édition puisqu'elle a mis en place des structures de micro-édition (Odonata édition et Dérive Hâtive édition). "Jours de liesse" est un "recueil quadriphonique". "Quatre lieux, quatre moments", annonce Jacques Morin dans sa préface, car Saïd Mohamed nous emmène bien aux quatre coins du monde, de Marrakech à New York, en passant par Paris et Istanbul, mais toujours avec la "poésie blottie dans le havresac". A Marrakech, la liesse se confond dans la chair exultante ou souffrante, dans la misère ou la splendeur abjecte de la vie entre poussière et bitume.Le poète déambule, se gonfle comme une éponge de la vie grouillante, incapable de haine pourtant. "Mon peuple je ne te déteste pas assez pour que tu me sois indifférent". Mais le désir est là, une "terrible envie de fuir". De fuir vers Paris d'abord et sa grisaille dans laquelle il pénètre "avec la masse à l'heure du labeur pour trouver de la poésie au quotidien". Car il s'agit bien de cela, Saïd Mohamed avance dans la ville en quête de poésie, de cette poésie de la rue, dans la rue, dans la promiscuité des chairs et des couleurs, des belles demeures et des tôles ondulées. Poésie des cafés et des trains où l'on parle. "Entre vos doigts passent ces trésors intouchables le savoir impartageable du bonheur des mots". Le poète marche, le poète croise des regards inconnus, "Visages déracinés, jamais vus, jamais recroisés". Dans la banlieue, "des hommes rient, d'autres fument ou tapent le carton sur l'épaule de la nuit moite…" "Parfois on se réjouit de presque rien, on pense être en vie simplement pour la joie de brûler ses doigts à la flamme des soifs". On est venu d'ailleurs, du lointain de la misère et on a échoué "marché aux puces à Saint-Ouen" pour se recréer un lambeau de monde, "Bazar où se mélangent dentelles, NO FUTUR et Orient". On a traversé des "fleuves à la nage et les frontières sans papiers en trains de nuit" pour obtenir le droit à la "gamelle du quotidien" dans une ville où des clochards dans un square jettent du riz aux pigeons… On marche, on court, de Marrakech à Paris, de Paris à Istanbul et New York, et partout les mêmes rues, les mêmes paroles, le même néant. "Aucune parole n'a le poids du plomb. Il semble que tout soi étrangement vide, englué dans le brouillard". Le poète pose un œil ouvert, attentif et chaleureux… "Entrer dans une ville et aimer son peuple…" Partout la même danse des couleurs et des odeurs, la même valse des souvenirs et des espoirs (déçus). "Quand la crise sera finie un jour, il aura sa chance, celle qui tarde à venir"… La ville écrase les hommes, comme "le marteau pilon écrase le métal". Les tours de verre et de béton renvoient le piéton à ses rêves désespérés. Tout est trompe-l'œil pour les "foules apatrides", car c'est bien de cela qu'il s'agit tout au long de ce beau recueil : ne serions-nous pas tous, partout, des "homeless", des "vagabonds terrestres" rêvant peut-être de devenir des "clochards célestes" comme Kerouac ? Dans ce recueil en prose poétique, à l'écriture truffée d'images fortes, on retrouve la musicalité de la poésie arabe ou même parfois grecque – Ritsos ou Livaditis ne sont pas loin, et même les gens du Nord comme Tranströmer… Saïd Mohamed est né en France, en Basse-Normandie, mais il a dû hériter de ses aïeuls berbères le goût du voyage. Ce recueil nomade nous transporte et nous emplit les yeux, les oreilles et les narines. Couleurs, images, odeurs, mais aussi comme un arrière-goût un peu amer, un pincement désespéré, comme une mélancolie qui égratigne l'âme… Un recueil magique et original, parfaitement mis en valeur par l'éditeur, Les Carnets du Dessert de Lune.

© Claude DONNAY, Juin 2015