03.07.2009

Opiner du chef.....

Le criminel, le ministre et... Opinion Way
vendredi 5 juin 2009
Imaginons un crime pédophile et, dans la foulée, un sondage sur le rétablissement de la peine de mort. On connaît le résultat : une grosse majorité approuverait. Les sondeurs se refusaient jusqu’à maintenant à ce genre d’opération et on doit les en féliciter. Cette période est-elle révolue ?

Il le semble à en juger par le sondage Opinion Way commandé par le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos. Après des violences scolaires défrayant la chronique opportunément en période de campagne électorale, il ne pouvait pas y avoir d’autre réponse d’opinion qu’une réponse sécuritaire. Ainsi, selon Le Parisien qui reproduit complaisamment les résultats (Le Parisien, 27 mai 2009), 64 % des Français sont favorables à la fouille et 81 % sont favorables à l’installation de portiques. Conclusion : « les mesures fortes n’effraient plus » pour les proches du ministre. Faire un sondage en ligne laissait encore moins d’incertitude qu’un sondage au téléphone pour lequel il n’y en avait déjà pas. Le recours aux internautes accentue en effet la pente de ce type de sondage. Ces sondages en ligne permettent de consulter plus rapidement les sondés et donc d’accentuer encore plus le registre de l’émotion. Quoique la méthode des quotas soit appliquée si l’on fait confiance au sondeur et on n’a aucune raison de le faire, ces panels d’internautes fonctionnent d’abord comme des échantillons spontanés. Commander le sondage en ligne à Opinion Way, agence affidée de l’Elysée c’est mettre encore plus les chances de son côté. A quoi bon faire un sondage ? Voilà qui justifie les déclarations de Nicolas Sarkozy devant un parterre d’officiels qui servent de décor à la campagne européenne du président de la République. Bien entendu, Opinion Way a omis de confier ce sondage à la commission comme cela devait être fait selon une interprétation simple de la loi.

Encore une utilisation de l’arme sécuritaire d’un pouvoir prévisible ? On ne peut pourtant ignorer l’affinité avec des situations de politique fiction. Le régime politique français ressemble de plus en plus à un régime totalitaire soucieux de couvrir son autorité d’un consentement populaire fabriqué. Ici, il l’est par une technologie manipulatoire s’appuyant sur l’incompréhension des internautes. Il est vrai que leur rémunération ajoute encore à la malignité d’un système où les sondés sont payés pour exprimer une opinion conforme aux attentes du pouvoir (cf. OpinionWay et TF1 : Tout a un prix même les opinions !) . Comme on l’a souvent fait remarquer, opinion vient d’opiner. Ce n’est donc qu’un retour à l’étymologie.

Le sondage en ligne est ainsi une sorte de plébiscite moderne : poser des questions dont on connaît la réponse et dont l’intérêt est de légitimer le pouvoir. Depuis le Second Empire, on en connaît les mécanismes. Il restait à diminuer la visibilité de la contrainte et les violences contre-productives. La nouvelle domination paraît plus douce combinant l’usage ordinaire du sondage en ligne, entre les mains d’une agence de sondage officielle, les médias contrôlés par le pouvoir et l’omniprésence du pouvoir qui multiplie les effets d’annonce et maîtrise l’agenda politique. Dans cette situation inquiétante, il existe un point inclinant à l’optimisme, le système est grossier et se dévoile suffisamment tôt.

 

 

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01.07.2009

Passez la monnaie!!!!!!

Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire

et financier américain, par Michael Hudson

Les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai, réunis à Iekaterinbourg avec l’Inde et le Brésil, n’ont guère d’autre choix que de rechercher une alternative au dollar, juge l’économiste Michael Hudson. Continuer à financer à crédit la consommation américaine, les dépenses du Pentagone et de ses 750 bases à l’étranger, en accumulant des dollars et des bons du Trésor équivaudrait pour eux à accumuler en parallèle les risques tant financiers que militaires. Ils sont désormais contraints, estime-t-il, d’inventer une voie de sortie du dollar. L’heure est venue pour un monde multipolaire a affirmé le Président russe Medvedev, et le président de la Banque centrale chinoise lui fait écho en déclarant que l’objectif est désormais de créer une une monnaie de réserve internationale qui ne serve pas les intérêts exclusifs des USA. Hudson indique que les autorités américaines se sont vues infliger une fin de non recevoir à leur demande d’assister au sommet de l’OCS. Ce non, dit-il, c’est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l’avenir.

La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.

La remise en cause de l’Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l’ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Cette alliance regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi le Brésil s’y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). 

Les participants ont assuré à des diplomates américains que leur objectif n’était pas le démantèlement de l’ empire financier et militaire des États-Unis. Ils veulent simplement discuter de l’aide mutuelle, indépendamment du rôle des États-Unis, de l’OTAN ou du dollar américain en tant que support du commerce international. Les diplomates américains se demandent ce que cela signifie vraiment, si ce n’est une étape visant à rendre l’hégémonie américaine obsolète. C’est ce que signifie « monde multipolaire », après tout. Pour commencer, en 2005, l’OCS avait demandé à Washington d’établir un calendrier de retrait de ses bases militaires en Asie centrale. Deux ans plus tard, les pays de l’OCS se sont ralliés officiellement à la position des ex-républiques de la CEI appartenant à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), qui avait été fondée en 2002 en tant que contrepoids à l’OTAN. 

Pourtant, la réunion n’a suscité que le désintérêt collectif de la presse aux États-Unis et même en Europe, bien que l’ ordre du jour y soit de remplacer le standard mondial du dollar par un nouveau système financier, ainsi qu’un nouveau système de coopération pour la défense. Un porte-parole du Conseil des Relations Extérieures (Un institut d’études géopolitiques américain, ndt) a déclaré qu’il pouvait difficilement imaginer que la Russie et la Chine puissent surmonter leurs rivalités géopolitiques [1], suggérant que l’Amérique peut pratiquer le « diviser pour régner » que la Grande-Bretagne a si habilement utilisé durant de nombreux siècles pour fragmenter les opposition dans son propre empire. Mais George W. Bush ( qui déclarait « Je suis un rassembleur, non un diviseur ») s’est placé dans la continuité de l’administration Clinton pour pousser la Russie, la Chine et leurs voisins à trouver un terrain d’entente, lorsqu’il s’agit de trouver une alternative au dollar, et du même coup à la possibilité pour les Etats-Unis de prolonger indéfiniment leur déficit de la balance des paiements.

Cette séquence, qui pourrait représenter les dernières manifestations de l’hégémonie américaine, a débuté dès le mois d’avril lors de la conférence du G-20, et est devenue encore plus explicite à Saint-Pétersbourg au Forum économique international du 5 Juin, lorsque M. Medvedev a demandé à la Chine, la Russie et l’Inde de « construire un ordre mondial de plus en plus multipolaire. » Ce qui signifie en clair : nous avons atteint nos limites en ce qui concerne les subventions à l’encerclement militaire de l’Eurasie par les Etats-Unis, tout en les laissant s’approprier nos exportations, nos entreprises, les actifs et les biens immobiliers en échange d’une monnaie de papier de valeur douteuse. 

« Le système unipolaire maintenu artificiellement » dont a parlé M. Medvedev [2], est fondé sur « un seul grand centre de consommation, financé par un déficit croissant, et donc de plus en plus de dettes, une monnaie de réserve jadis forte et une domination dans le système de l’évaluation des actifs et des risques. » A la racine de la crise financière mondiale, a t-il conclu, il y a le fait que les États-Unis produisent trop peu et dépensent trop. Leurs dépenses militaires sont particulièrement choquantes, comme par exemple le renforcement de l’aide militaire américaine à la Géorgie annoncé la semaine dernière, le bouclier de l’OTAN en Europe de l’Est, et la mainmise des États-Unis dans les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient et l’Asie centrale. 

Le point de friction avec tous ces pays est celui de la capacité qu’ont les États-Unis de faire fonctionner indéfiniment la planche à billets. Le surplus de dépenses d’importations des consommateurs américains par rapport aux exportations, les rachats par les USA de quantités de sociétés étrangères et de biens immobiliers, les dépenses que le Pentagone effectue à l’étranger : tous ces dollars aboutissent dans les banques centrales étrangères. Elles sont ensuite confrontées à un choix difficile : soit recycler ces dollars aux États-Unis en achetant des bons du trésor américains, soit laisser le « marché libre » déterminer le cours de leur monnaie par rapport au dollar - et par là même à déterminer le prix de leurs exportations sur les marchés mondiaux, créant ainsi du chômage et provoquant la faillite d’entreprises.

Lorsque la Chine et d’autres pays recyclent leurs flux de dollar US en achetant des bons du Trésor pour « investir » aux États-Unis, cette accumulation n’est pas vraiment volontaire. Cela ne reflète pas une foi en l’économie américaine qui rémunèrerait l’épargne des banques centrales, ni une quelconque préférence d’investissement, mais tout simplement un manque d’alternatives. Les « marchés libres » à la mode des USA piègent les pays dans un système qui les obligent à accepter indéfiniment des dollars. Mais désormais, ils veulent en sortir.

Cela implique la création d’une nouvelle alternative. Plutôt que de faire simplement « des changements cosmétiques comme certains pays et peut-être les organisations financières internationales pourraient le vouloir », comme l’a dit M. Medvedev à Saint-Pétersbourg : « ce dont nous avons besoin, ce sont des institutions financières d’un type tout à fait nouveau, où ne domineraient ni les problèmes politiques et les motivations [sous-jacentes], ni aucun pays en particulier. »

Lorsque les dépenses militaires à l’étranger ont provoqué le déficit la balance des paiements US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l’étalon or en 1971, les banques centrales se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé pour solder les déséquilibres des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les flux issus des paiements ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci étaient « aussi fiables que l’or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4 000 milliards de dollars de ces obligations dans leurs réserves internationales. Ces prêts ont également financé la plupart des déficits budgétaires du gouvernement américain depuis maintenant plus de trois décennies ! Etant donné que la moitié environ des dépenses discrétionnaires du gouvernement américain est consacrée aux opérations militaires - dont plus de 750 bases militaires à l’étranger et dans des opérations de plus en plus coûteuses dans les pays producteurs de pétrole et ceux qui permettent son transit - le système financier international est organisé de manière à financer le Pentagone, ainsi que les rachats par les États-Unis d’actifs étrangers censés rapporter beaucoup plus que les bons du Trésor que les banques centrales étrangères détiennent.

La principale question à laquelle sont confrontées les banques centrales mondiales est donc de savoir comment éviter d’ajouter encore plus de dollars US à leurs réserves et, par conséquent, de financer encore plus les dépenses qui creusent le déficit des États-Unis - y compris les dépenses militaires à leurs propres frontières ? 

Pour commencer, les six pays de SCO et les pays du BRIC ont l’intention de commercer dans leurs propres monnaies afin de bénéficier mutuellement du crédit que les États-Unis avait monopolisé jusqu’à présent à son profit. À cette fin, la Chine a passé des accords bilatéraux avec l’Argentine et le Brésil pour effectuer leur échanges commerciaux en renminbi, la monnaie chinoise, plutôt qu’en dollar, en livre sterling ou en euros [3] . Il y a deux semaines, la Chine a également conclu un accord avec la Malaisie pour que les deux pays commercent en renminbi [4]. L’ancien Premier ministre, le Dr. Tun Mahathir Mohamad, m’a expliqué en janvier qu’en tant que pays musulman la Malaisie voulait éviter de faire tout ce qui pourrait faciliter l’action militaire américaine contre les pays islamiques, y compris la Palestine. La nation a trop d’actifs en dollars, ont expliqué ses collègues. Le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a écrit officiellement sur son site Internet que l’objectif est maintenant de créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière » [5]. C’est l’objet des discussions à Iekaterinbourg.

En plus d’éviter de financer la prise de contrôle par les États-Unis de leur propre industrie et l’encerclement militaire américain de la planète, la Chine, la Russie et d’autres pays voudraient certainement se développer comme l’Amérique l’a fait. En fait, ils considèrent les États-Unis comme une nation hors-la-loi, financièrement et militairement. Comment caractériser autrement une nation qui promulgue un ensemble de lois pour les autres - sur la guerre, le remboursement de la dette et le traitement des détenus - mais n’en tient pas compte elle-même ? Les États-Unis sont maintenant le plus grand débiteur mais ont évité la punition des « ajustements structurels » imposés à d’autres pays endettés. Les taux d’intérêt US et les réductions d’impôt, alors les déficits commerciaux et budgétaires explosent, sont considérés comme le comble de l’hypocrisie, lorsqu’ils sont comparés à l’austérité que les programmes de Washington imposent aux autres pays par le biais du FMI et des officines de Washington.

Les États-Unis demandent aux pays endettés de vendre leurs services publics et leurs ressources naturelles, d’augmenter leurs taux d’intérêts et d’augmenter les impôts au détriment de la paix sociale pour dégager un maximum d’argent et payer les créanciers.

Et aux USA, le Congrès a empêché la société Chinoise CNOOK d’acheter Unocal pour des raisons de sécurité nationale, tout comme il a empêché Dubaï d’acquérir des exploitations portuaires américaines et empêché des fonds souverains d’acheter des infrastructures clés. Les étrangers sont invités à imiter les japonais qui avaient investi dans des « éléphants blancs » comme le Rockfeller Center, sur lequel les investisseurs ont rapidement perdu un milliard de dollars puis ont fini par se retirer. 

À cet égard, les États-Unis n’ont pas vraiment laissé à la Chine et aux autres pays en situation d’excédent de la balance des paiements d’autres choix que de devoir trouver un moyen d’éviter de nouvelles accumulations de dollars. À ce jour, la Chine tente de diversifier ses avoirs en dollars ailleurs qu’en bons du Trésor US, qui ne se sont pas révélés très fructueux. Hank Paulson, qui venait de la banque Goldman Sachs, avait conseillé à la banque centrale chinoise d’investir dans les titres à haut rendement émis par Fannie Mae et Freddie Mac, en expliquant que ceux-ci étaient de facto des obligations publiques. Ces titres se sont effondrés en 2008, mais au moins, le gouvernement américain a repris ces deux organismes de prêt hypothécaire, augmentant de facto de 5 200 milliards de dollars la dette nationale. En fait, ce renflouement a été rendu nécessaire en grande partie à cause des investissements effectués par les Etats étrangers.

Infliger des pertes aux investisseurs gouvernementaux étrangers aurait quelque peu atteint la réputation des bons du Trésor, non seulement en détruisant la crédibilité des États-Unis, mais aussi parce que les émissions d’obligations par le gouvernement étaient insuffisantes pour absorber les dollars qui coulaient à flot dans l’économie mondiale avec la montée en flèche du solde déficitaire de la balance des paiements des États-Unis. 

En recherchant de nouveaux actifs pour protéger la valeur de leurs avoirs en dollars alors que la bulle de crédit de la Réserve fédérale se traduisait par une baisse des taux d’intérêt, les fonds souverains chinois ont cherché à se diversifier à la fin de 2007. La Chine a pris des participations dans les fonds d’ investissement Blackstone et Morgan Stanley à Wall Street, Barclays en Grande-Bretagne, dans la Standard Bank d’Afrique du Sud (qui fut affiliée à la Chase Manhattan du temps de l’apartheid dans les années 1960) et dans le conglomérat financier belge Fortis proche de l’effondrement. Mais le secteur financier américain s’écroulait sous le poids de sa dette phénoménale, la valeur des actions des banques et des firmes d’investissement a plongé dans le monde entier.

Les étrangers voient le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce comme les représentants de Washington dans un système financier soutenu par les bases militaires américaines et les porte-avions qui entourent la planète. Mais cette domination militaire est un vestige d’un empire américain qui n’est plus en mesure de régner par sa force économique. La puissance militaire américaine est basée davantage sur des armes atomiques et les frappes aériennes à longue distance que sur les opérations au sol, qu’il est devenu politiquement trop impopulaire de monter sur une grande échelle. 

Sur le front économique, on ne voit pas comment les États-Unis pourraient trouver les 4 000 milliards de dollars qu’ils doivent aux gouvernements étrangers, à leurs banques centrales et aux fonds souverains mis en place pour écluser la surabondance de dollars. L’Amérique est devenue un mauvais payeur et de fait, une mauvais payeur agressif sur le plan militaire, car elle cherche à conserver le pouvoir sans pareil jadis gagné sur le plan économique. La question qui se pose est de savoir comment peser sur son comportement. Yu Yongding, un ancien conseiller de la banque centrale de Chine désormais membre de l’Académie des Sciences chinoise, a proposé de faire remarquer au secrétaire américain au Trésor Tim Geithner que les États-Unis devraient « épargner » d’abord et avant tout en pratiquant une réduction de leur budget militaire. « Les recettes fiscales des Etats-Unis ne sont pas susceptibles d’augmenter à court terme en raison de la faible croissance économique, de la rigidité des dépenses et du coût de mener deux guerres. » [6

À l’heure actuelle, c’est l’épargne étrangère, et non pas celle des américains, qui finance le déficit budgétaire américain en achetant la plupart des bons du Trésor. Cela se traduit par un impôt levé sans la contrepartie d’une représentation des électeurs étrangers sur la manière dont le gouvernement des États-Unis utilise leur épargne forcée. Pour les « diplomates » du système financier , il est donc nécessaire d’élargir le champ d’application de leurs politiques, au-delà du seul marché de secteur privé. Les taux de change sont déterminés par de nombreux facteurs, en plus de celui des « consommateurs brandissant des cartes de crédit » , pour reprendre l’euphémisme habituel qu’utilisent les médias américains à propos du déficit de la balance des paiements. Depuis le 13ème siècle, la guerre a été un facteur dominant dans la balance des paiements des grandes nations - et de leurs dettes. Les obligations d’Etat financent essentiellement des dettes de guerre, dans la mesure ou en temps de paix les budgets ont tendance à être équilibrés. Ceci relie directement le budget de la guerre à la balance des paiements et aux taux de change. 

Les pays étrangers se voient encombrés de reconnaissances de dette qui ne seront pas honorées - dans des conditions telles que s’ils agissent afin de mettre fin au festin américain, le dollar va plonger et leurs avoirs en dollars vont chuter par rapport à leur monnaie nationale et aux autres devises. Si la monnaie chinoise s’apprécie de 10% par rapport au dollar, sa banque centrale enregistrera l’équivalent de 200 milliards de dollars de pertes sur ses 2 000 milliards de dollars.

Cela explique pourquoi, quand les agences de notation envisagent que les titres du Trésor des États-Unis puissent perdre leur notation AAA, elles ne veulent pas signifier que le gouvernement ne serait pas en mesure d’imprimer des dollars papier pour honorer ses dettes. Elles indiquent plutôt que la valeur du dollar va se déprécier internationalement. Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Lorsque M. Geithner prit un visage grave pour déclarer devant un auditoire à l’Université de Pékin au début du mois de Juin qu’il croyait en un « dollar fort » et que les investissements de la Chine aux États-Unis étaient sûrs, il a été accueilli par des rires sarcastiques [7]. 

L’anticipation d’une hausse des taux de change de la Chine incite les spéculateurs à chercher à emprunter des dollars pour acheter du renminbi et bénéficier de la hausse. Pour la Chine, le problème est que ce flux spéculatif deviendrait une prophétie auto-réalisatrice en faisant grimper sa monnaie. De ce fait, le problème des réserves est intrinsèquement lié à celui des contrôles de capitaux. Pourquoi la Chine devrait-elle voir ses compagnies rentables vendues pour des dollars fraîchement créés, que la banque centrale doit utiliser pour acheter à faible taux des bons du trésor américain ou perdre encore plus d’argent à Wall Street ? Pour éviter ce dilemme, il est nécessaire d’inverser la philosophie de l’ouverture des marchés de capitaux que le monde a adopté depuis Bretton Woods en 1944.

A l’occasion de la visite de M. Geithner en Chine, « Zhou Xiaochuan, directeur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a déclaré que c’était la première fois depuis que les pourparlers semestriels ont commencé en 2006, que la Chine avait besoin d’apprendre des erreurs de l’Amérique tout comme de ses succès » lorsqu’il fut question de la déréglementation des marchés de capitaux et du démantèlement des contrôles. 

Une ère est donc arrivée à son terme. Face à des dépenses démesurées des Etats-Unis, la dé-dollarisation menace de forcer les pays à revenir aux doubles taux de change, qui furent fréquents entre les deux guerres mondiales : un taux de change pour le commerce des produits, un autre pour les mouvements de capitaux et les investissements, tout au moins pour les économies de la zone dollar [8].

  Même sans contrôle des capitaux, les pays réunis à Iekaterinbourg prennent des mesures pour éviter de recevoir involontairement de plus en plus de dollars. Voyant que l’hégémonie globale des États-Unis ne peut pas se poursuivre en l’absence du pouvoir d’achat qu’ils leur procurent eux-mêmes, ces gouvernements cherchent à hâter ce que Chalmers Johnson a nommé dans son ouvrage « les douleurs de l’empire » : la faillite de l’ordre mondial financier et militaire américain. Si la Chine, la Russie et leurs alliés non-alignés suivent leur propre chemin, les États-Unis ne pourront plus vivre grâce à l’épargne des autres (sous la forme de leurs propres dollars recyclés), ni disposer de cet argent pour financer des dépenses militaires illimitées. 

Des responsables américains voulaient assister à la réunion de Iekaterinbourg en tant qu’observateurs. On leur a répondu : non. C’est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l’avenir. 

Michael Hudson est un économiste spécialisé dans le domaine de la balance des paiements. Il a été le conseiller économique en chef du candidat Démocrate à la présidentielle Dennis Kucinich. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire »


Publication originale Michael Hudson, traduction Madeleine Chevassus pour Contre Info

[1] Andrew Scheineson, “The Shanghai Cooperation Organization,” Council on Foreign Relations, Updated : March 24, 2009 : “While some experts say the organization has emerged as a powerful anti-U.S. bulwark in Central Asia, others believe frictions between its two largest members, Russia and China, effectively preclude a strong, unified SCO.”

[2] Kremlin.ru, June 5, 2009, in Johnson’s Russia List, June 8, 2009, #8.

[3] Jamil Anderlini and Javier Blas, “China reveals big rise in gold reserves,” Financial Times, April 24, 2009. See also “Chinese political advisors propose making yuan an int’l currency.” Beijing, March 7, 2009 (Xinhua). “The key to financial reform is to make the yuan an international currency, said [Peter Kwong Ching] Woo [chairman of the Hong Kong-based Wharf (Holdings) Limited] in a speech to the Second Session of the 11th National Committee of the Chinese People’s Political Consultative Conference (CPPCC), the country’s top political advisory body. That means using the Chinese currency to settle international trade payments ...”

[4] Shai Oster, “Malaysia, China Consider Ending Trade in Dollars,” Wall Street Journal, June 4, 2009.

[5] Jonathan Wheatley, “Brazil and China in plan to axe dollar,” Financial Times, May 19, 2009.

[6] “Another Dollar Crisis inevitable unless U.S. starts Saving - China central bank adviser. Global Crisis ‘Inevitable’ Unless U.S. Starts Saving, Yu Says,” Bloomberg News, June 1, 2009.

[7] Kathrin Hille, “Lesson in friendship draws blushes,” Financial Times, June 2, 2009.

[8] Steven R. Weisman, “U.S. Tells China Subprime Woes Are No Reason to Keep Markets Closed,” The New York Times, June 18, 2008.

30.06.2009

Réalité virtuelle ou fiction réaliste?That is the question...

Patrick Le Lay, PDG de TF1, juillet 2004, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirme [1] :
” Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…).
Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. “
“Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”.... 
Voila une phrase d'une lucidité exemplaire, d'une intelligence sans limite. Un analyste lucide qui se serait permis de secouer le cocotier plus que le PAF ne l'autorise, se serait fait traiter d'irresponsable, de subversif, de maniaco-dépressif, voire de pervers. Rien de tout cela chez ce prédateur supérieur, ce psychopathe adapté, responsable de l'usine à fabriquer du crétin en série qu'est cette entreprise télévisuelle. En effet, aucun contestataire de tout horizon confondu, n'a jamais osé craché dans la soupe comme l'a si bien fait cet homme. Un moment comme celui-là est rare, alors profitons en... Savourons-la cette phrase, c'est la révélation la plus intéressante qui a été faite à l'humanité depuis que l'homme a marché sur la lune.... 


28.06.2009

Le curé qui nous a laissé un trou...

 

Les coups de gueule de celui-là nous manquent...

26.06.2009

Et le trou dans la caisse....

 

Le montant du vol s'élève à 9 000 milliards  de dollars soit  9 billions en Francais , ou 9 trillions en norme US  ou encore  9 000 000 000 000 $ (en chiffres ça parle tout de suite plus) l'équivalent de 30 000 dollars pour chaque americain  ou plus sérieusement 1500 dollars pour chaque habitant de la planete ( sachant que nombre d'eux ne gagnent pas plus 1 dollars par jour ) quatre fois ce que le trésor USA doit à la Chine. C’est 100 000 euros pour chaque Françaisvoila le triste resultat du vol de la FED dont on vient de decouvrir le pot aux roses et étonnement : Silence dans le medias (depuis le 6 mai 2009)

Pourtant on avait fait un foin du diable concernant l'affaire Kerviel : 5 milliards

ou dernierement l'affaire Madoff : 50 milliards

Au regard de la somme faramineuse, vraiment des petits joueurs

Pourquoi une telle omerta dans l'information ? il y a t'il un mot d'ordre lancé pour ne pas faire de vagues sur cette histoire  donc la source est une video/ débat surealiste entre  le rep Alan Grayson  et une inspectrice generale de la FED au sénat americain :

Je vous joins la vidéo pour ceux qui comprennent la langue, pour les autres un résumé traduit, et de toutes façons il suffit de voir l’air embarrassé, et les incohérences de l’inspectrice de la FED pour comprendre.

 

ON NE SAIT PAS OU EST PASSE L'ARGENT!!!!!! DANS L'HISTOIRE DE LA FINANCE AMERICAINE IL N'Y A PAS DE PRECEDENT
COMME CELUI-CI.

-Inspecteur Sherman, vous êtes bien inspecteur à la fédérale réserve?

-Absolument

-Vous avez conduit une enquête je suppose sur le rôle de la FED dans l'aide accordée a LEHMAN BROTHERS ?

-Dans cette affaire particulière, nous n'avons pas conduit d'enquête

-Avez vous diligente une enquête sur les trillions de $ qui ont disparu de vos livres comptables aux dire de Bloomberg?

-Nous avons actuellement regardé pour évaluer les risques

-Cela je le comprends mais avez vous fait une enquête spécifique sur ce sujet précis?

-(hésitation) Nous sommes dans le processus de commencer quelque chose a ce sujet.

-Vous êtes l'inspecteur général, alors connaissez vous l'identité de ceux ou celui qui sont receveur des fonds?

-Concernant cette transaction nous n'avons pas encore enquêté sur ce point précis.

-Etes vous au courant de la disparition de ces trillions de $ qui ont disparu de vos livres comptables?

-Nous n'avons pas conduit d'enquête spéciale dans notre juridiction à ce sujet pour la clarifier, et nous n'avons pas juridiction non plus
pour certains détails de l'enquête.

-Madame, 9 trillions de $ ce qui représente $30,000 par chaque habitant américain, incluant toutes couches de population, vous me dites ne
pas être responsable de l'enquête, alors qui l'est?

-(hésitant) qui est responsable concernant l'enquête.............
pouvez vous reposer la question!

-Qu'avez vous fait concernant la disparition de cette argent sur vos livres aux dires de Bloomberg, pour un montant de 9 trillions de $,
dans les 8 derniers mois?

-Je dois regarder l'article de Bloomberg, articles d'ailleurs que je n'ai pas lu.

-Madame ce n'est pas la question! Je repose la question, ou sont passés les 9 trillions de $ disparus de vos comptes?

-A ce point nous conduisons une enquête a haut niveau

-Avez-vous conduit cette enquête depuis septembre dernier?

-Nous sommes en train de collecter les informations pour savoir ce qui se passe concernant ce sujet.

-Vous êtes en train de me dire que personne ne suit la trace d'une façon régulière de la disparition de cet argent!!

-Je ne sais pas et nous ne sommes pas en position de pouvoir dire si c'est une perte ou quoique ce soit d'autre

-Mon temps est écoulé Mrs Chairman, mais je suis choque que personne a la FED ou même l'inspecteur générale ne puisse avoir trace de tout ceci.

Et pendant ce temps-là Oussama court toujours après les chèvres?



un petit dossier en PDF sur le sujet à télécharger

http://www.reopen911.info/uploads/document/fichier/quatorze-points-de-convergence-avec-les-rapports-officiels.pdf

Puisqu'on vous dit que c'est la crise !!!!!!!!!!!!!

Crise systémique globale : Le choc cumulé des trois « vagues scélérates » de l'été 2009

- Communiqué public GEAB Spécial Eté 2009 N°36 (16 juin 2009) -

3 vagues scélérates, par H-G Fandrich pour LEAP/E2020

Comme anticipé par LEAP/E2020 dès Octobre 2008, à la veille de l'été 2009, la question de la capacité des Etats-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s'est imposée comme la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la voie au double phénomène d'une cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni d'ici la fin de l'été 2009. 

Ainsi, à ce stade de développement de la crise systémique globale, contrairement au discours médiatique et politique dominant actuellement, l'équipe de LEAP/E2020 n'envisage pas du tout de reprise après l'été 2009 (ni d'ailleurs dans les douze mois à venir) (1). Bien au contraire, du fait de l'absence de traitement de fond des problèmes à l'origine de la crise, nous considérons que l'été 2009 va voir la convergence de trois « vagues scélérates » (2) particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l'aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d'ici les mois de Septembre/Octobre 2009. Comme c'est le cas depuis le début de cette crise, chaque région du monde ne sera bien entendu pas affectée de la même manière (3) ; mais, pour nos chercheurs, toutes sans exception connaîtront une forte dégradation de leur situation d'ici la fin de l'été 2009 (4). 

Cette évolution risque ainsi de prendre à contre-pied nombre d'opérateurs économiques et financiers tentés par l'euphorisation médiatique actuelle. 

Dans ce numéro spécial « Eté 2009 » du GEAB, notre équipe présente bien entendu en détail ces trois vagues destructrices convergentes et leurs conséquences. Et notre équipe détaille en conclusion ses recommandations stratégiques (or, immobilier, bons, actions, devises) pour éviter d'être emporté par cet été meurtrier. 


Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft

Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft

Ainsi, pour LEAP/E2020, loin des « jeunes pousses » (« green shoots ») aperçues depuis deux mois dans tous les coins de tableaux statistiques (5) par les médias financiers internationaux, leurs experts attitrés et les politiciens qui les écoutent (6), ce sont trois vagues particulièrement destructrices pour le tissu socio-économique qui vont converger au cours de l'été 2009, traduisant la poursuite de l'aggravation de la crise et entraînant des bouleversements historiques dès la fin de l'été 2009, en particulier des situations de cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni, tous deux au cœur du système global en crise : 

1. La vague du chômage massif: trois dates d'impact qui varient selon les pays d'Amérique, d'Europe, d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique 
2. La vague déferlante des faillites en série : Entreprises, banques, immobilier, états, régions, villes 
3. La vague de la crise terminale des Bons du Trésor US, du Dollar et de la Livre et du retour de l'inflation 


Le commerce mondial s'effondre : Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009) / Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009 (la ta

Le commerce mondial s'effondre : Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009) / Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009 (la ta

Ces trois vagues ne sont en fait pas successives comme ces vagues scélérates appelées « trois soeurs » pourtant si destructrices ; elles sont bien plus dangereuses car elles sont simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu'elles l'atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables. La seule certitude à ce stade, c'est que le système international n'a jamais été aussi faible et démuni face à une telle situation : la réforme du FMI et des institutions de gouvernance mondiale annoncée au G20 de Londres reste lettre morte (7), le G8 ressemble de plus en plus à un club moribond dont tout le monde se demande désormais à quoi il peut bien servir (8), le leadership américain n'est déjà plus que l'ombre de lui-même qui tente désespérément de conserver des acheteurs pour ses bons du trésor (9), le système monétaire mondial est en pleine désintégration avec les Russes et les Chinois notamment qui accélèrent leur jeu pour se positionner dans l'après-Dollar, les entreprises ne voient aucune amélioration à l'horizon et accroissent leurs licenciements, des états de plus en plus nombreux vacillent sous le poids de leur dette accumulée pour « sauver les banques » et devront assumer une déferlante de faillites dès la fin de l'été (10). A l'image des banques, d'ailleurs, qui, après avoir soutiré encore une fois l'argent des épargnants crédules grâce à l'embellie des marchés financiers orchestrée ces dernières semaines, vont devoir reconnaître qu'elles sont toujours insolvables dès la fin de l'été 2009. 

Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni en particulier, l'effort financier public colossal réalisé en 2008 et début 2009 au seul profit des grandes banques a atteint un tel degré d'impopularité qu'il était devenu impossible au Printemps 2009 d'envisager de nouvelles infusions de fonds publics au profit des banques pourtant toujours insolvables (11). Il est alors devenu impératif d'orchestrer un « beau conte de fée » pour pousser l'épargnant moyen à injecter ses propres fonds dans le système financier. A coup de « green shoots », d'indices boursiers poussés vers le haut sans fondement économique réel et de « remboursements anticipés de fonds publics », la mise en condition a été effectuée. Ainsi, pendant que les grands investisseurs des monarchies pétrolières ou des pays asiatiques (12), profitant de l'aubaine, sortaient du capital des banques en question, une multitude de nouveaux petits actionnaires y entraient pleins d'espoir. Quand ils découvriront que les remboursements de fonds publics ne sont qu'une goutte d'eau par rapport à ce que ces mêmes banques ont obtenus en terme d'aide public (notamment pour garantir leurs actifs toxiques) et que, d'ici trois à quatre mois au maximum (comme analysé dans ce GEAB N°36), ces mêmes banques seront à nouveau sur le point de s'effondrer, ils constateront, impuissants, que leurs actions ne valent à nouveau plus rien. 


Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) - Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008

Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) - Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008

Intoxiqués par les financiers, les dirigeants politiques de la planète vont à nouveau avoir la surprise après l'été de découvrir que tous les problèmes de l'année passée vont resurgir, démultipliés, car ils n'ont pas été traités, mais juste « enfouis » sous des masses immenses d'argent public. Une fois cet argent dilapidé par des banques insolvables, forcées à « sauver » des concurrents en pire état qu'elles-mêmes, ou dans des plans de stimulation économique mal conçus, les problèmes ressortent aggravés. Pour des centaines de millions d'habitants d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Afrique, l'été 2009 va être une terrible transition vers un appauvrissement durable du fait de la perte de leur emploi sans perspective d'en retrouver un avant deux, trois ou quatre années; ou du fait de l'évaporation de leurs économies placées directement en bourse, dans des fonds de retraite par capitalisation ou des placements bancaires liés à la bourse ou libellés en Dollar US ou en Livre britannique; ou bien du fait de leur investissement dans des entreprises poussées à attendre désespérément une embellie qui ne viendra pas avant longtemps.


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Notes: 

(1) Pas même de reprise sans emplois («jobless recovery ») comme essayent de nous le vendre nombre d'experts. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en zone Euro, au Japon, ce sera une reprise sans reprise (« recoveryless recovery »), une pure invention destinée à essayer de faire re-consommer des consommateurs américains ou britanniques insolvables et à faire patienter le plus longtemps possible les pays acheteurs de Bons du Trésor US et de Gilts britanniques (avant qu'ils ne décident qu'il n'y a plus d'avenir pour leurs produits aux pays du Dollar et de la Livre). 

(2) Les « vagues scélérates » sont des vagues océaniques très hautes, soudaines et qui étaient considérées comme très rares, même si aujourd'hui on sait qu'elles apparaissent au cours de pratiquement toutes les tempêtes d'une certaine importance. Les « vagues scélérates » peuvent atteindre des hauteurs de crête à creux de plus de 30 mètres et des pressions phénoménales. Ainsi, une vague normale de 3 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m². Une vague de tempête de 10 mètres de haut peut exercer une pression de 12 tonnes/m². Une vague scélérate de 30 mètres de haut peut exercer une pression allant jusqu'à 100 tonnes/m². Or, aucun navire n'est conçu pour résister à une telle pression. Il existe aussi le phénomène des « trois sœurs ». Il s'agit de trois « vagues scélérates » successives et d'autant plus dangereuses, car un bateau qui aurait eu le temps de réagir correctement aux deux premières, n'aurait en aucun cas les possibilités de se remettre dans une position favorable pour affronter la troisième. Selon LEAP/E2020, c'est à un phénomène de ce type que le monde va être confronté cet été ; et aucun état (navire) n'est en position favorable pour les affronter, même si certains sont plus en danger que d'autres comme l'anticipe ce GEAB N°36. 

(3) LEAP/E2020 considère que ses anticipations sur l'évolution socio-économique des différentes régions du monde publiées dans le GEAB N°28 (15/10/2008) sont toujours pertinentes. 

(4) Ou, plus exactement, dans chacune des régions, la dégradation de la situation ne pourra plus être masquée par des artifices médiatiques et boursiers. 

(5) Il sera d'ailleurs intéressant, en matière de statistiques économiques américaines, de suivre les conséquences de la révision par le Bureau of Economic Analysis des classifications et processus de calcul qui interviendra le 31/07/2009. En général, ce type de révisions a pour résultat de rendre plus complexe les comparaisons historiques et de modifier dans un sens favorable les statistiques importantes. Il suffit pour s'en rendre compte de constater comment les révisions précédentes ont permis de diminuer par 3 en moyenne le niveau d'inflation mesuré. Source : MWHodges, 04/2008. 

(6)Les lecteurs du GEAB n'auront pas manqué de constater que ce sont exactement les mêmes personnes, médias et institutions qui, il y a 3 ans, trouvaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; il y a 2 ans, qu'il n'y avait aucun risque de crise grave ; et il y a un an, que la crise était sous contrôle. Donc des avis d'une très grande fiabilité ! 

(7) Sauf au niveau régional, où chaque entité politique s'organise à sa manière. Ainsi, profitant de l'effacement politique du Royaume-Uni englué dans la crise financière, la crise économique et la crise politique, l'UE est en train de mettre la City londonienne sous tutelle (source : Telegraph, 11/06/2009). L'été 2009 risque ainsi de mettre fin à 300 ans d'histoire d'une City toute puissante au cœur du pouvoir britannique. A ce sujet, il faut lire le très instructif article de George Monbiot dans The Guardian du 08/06/2009 et surtout prendre le temps de lire le brillant essai de John Lanchester publié dans la London Review of Books du 28/05/2009 et intitulé « It's finished ». 

(8) D'ailleurs qui se soucie encore des déclarations finales des G8, comme celle du G8 Finance du 13/06/2009 (source : Forbes, 13/06/2009), à un moment où chacun agit en fait de son côté : Américains d'un côté, Canadiens et Européens de l'autre, Britanniques et Japonais au milieu, tandis que les Russes jouent un jeu différent ? 

(9) La mésaventure arrivée au Secrétaire d'Etat au Trésor américain, Timothy Geithner lors de son récent discours aux étudiants en économie de l'université de Pékin est à ce titre très instructive : le public de l'amphithéâtre a éclaté de rire lorsqu’il s’est mis à expliquer doctement que les Chinois avaient fait un bon choix en investissant leurs avoirs en Bons du Trésor et en Dollars US (source :Examiner/Reuters, 02/06/2009) ! Or il n'est rien de pire pour un pouvoir établi que de susciter l'ironie ou le ridicule car la puissance n'est rien sans le respect (de la part à l'ami autant que de l'adversaire), surtout quand celui qui se moque est censé être « piégé » par celui qui est moqué. Cet éclat de rire vaut, selon LEAP/E2020, de longues démonstrations pour indiquer que la Chine ne sent pas du tout « piégée » par le Dollar US et que les autorités chinoises savent désormais exactement à quoi s'en tenir sur l'évolution du billet vert et des T-Bonds. Cette scène aurait été impensable il y a seulement douze mois, peut-être même il y a seulement six mois, d'abord parce que les Chinois étaient encore dupes, ensuite parce qu'ils pensaient qu'il fallait continuer à faire croire qu'ils étaient toujours dupes. Visiblement, à la veille de l'été 2009, cette préoccupation a disparu : plus besoin de feindre désormais comme l'indique ce sondage de 23 économistes chinois publié le jour de l'arrivée de Timothy Geithner à Pékin qui jugent les actifs américains « risqués » (source : Xinhuanet, 31/05/2009). Les mois à venir vont résonner de cet éclat de rire estudiantin… 

(10) Et il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que les actionnaires seront systématiquement lésés par l'état sous prétexte de l'intérêt collectif supérieur, comme le montrent les pertes des fonds de pension qui avaient investi dans les actions de Chrysler ou GM, ou les pressions de la Fed et du gouvernement US sur Bank of America pour qu'elle cache à ses actionnaires l'état désastreux de Merrill Lynch au moment de son rachat. Sources : OpenSalon, 10/06/2009 /WallStreetJournal, 23/04/2009. Au Royaume-Uni, en Europe et en Asie, les mêmes causes produiront les mêmes effets. La « raison d'état » est depuis toujours l'excuse la plus simple pour justifier toutes les spoliations. Et les crises graves sont propices pour invoquer la « raison d'état ». 

(11) En Allemagne, un problème similaire se pose du fait de l'élection nationale de Septembre prochain. Après l'élection, les problèmes bancaires du pays feront la une des médias, avec plusieurs centaines de milliards d'actifs à risque dans les bilans des banques notamment régionales. On est loin de l'ampleur des problèmes des banques US ou britanniques, mais Berlin va sans aucun doute devoir faire face à des faillites potentielles. Source : AFP/Google, 25/04/2009. Et aux Etats-Unis, les banques aidées par l’état fédéral ont tout simplement diminué leurs prêts à l’économie alors qu’elles étaient censées faire le contraire. Source :CNNMoney, 15/06/2009 

(12) Sources : Financial Times, 01/06/2009; YahooFinance, 04/06/2009;StreetInsider+Holdings/4656921.html , 15/05/2009; Financial Times, 01/06/2009 


Mardi 16 Juin 2009


23.06.2009

La folle galopade du cheval mort

NDLR: en lisant Fano je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Pélieu. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Cendrars. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Ezra Pound... Depuis que j'ai lu Fano Je n'arrive pas à lire un type qui aurait une parenté avec ceux-là sans penser, tiens ça me fait penser à Fano...
Je recommande La lecture de Fano à tous ceux que je croise sur mon chemin en disant :
-Hé Fano vous connaissez? 
-Qui vous dites? 
-Fano des Carnets du dessert de lune!!!!
En général on me regarde comme si j'étais un cinglé... Pas grave, pas grave... 
-Les carnets de quoi?
-Du dessert de lune! 
-Mais qui a trouvé un nom pareil?
-Un éditeur belge...
-Ils sont bizarres les belges, et vous avez dit comment?
-FANO!!! sans point sur le i....

L'auteur
Né en 1947, Daniel Fano a fait le journaliste à Bruxelles de 1971 à 2007. Encouragé par Joyce Mansour, Henri Michaux et Dominique de Roux, il est entré en littérature en 1966. Auteur culte depuis sa révélation par Marc Dachy et Bernard Delvaille en 1973-74. Après Un Champion de mélancolie (Editions Unes, 1986), il a subi un long silence éditorial qui ne s'est arrêté qu'avec la publication de Fables et fantaisies aux Carnets du Dessert de Lune, en 2003. Ses ouvrages parus depuis lui ont valu le Prix de la SCAM Belgique en 2007.


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Il est encore possible de publier des livres tout à fait originaux, difficiles à classer, à définir ou à résumer. Ainsi de La vie est un cheval mort, dernier tome de la tétralogie que Daniel Fano publie aux Carnets du Dessert de Lune. Ce livre fait suite à trois autres romans, mais il n’est sans doute pas nécessaire d’avoir lu ceux-ci pour lire celui-là : de toute façon, c’est à une expérience de lecture inhabituelle que l’on est convié ici.
Les premières pages semblent appartenir à un roman policier : on a affaire à des armes et à des personnages aux noms étranges, contenant un nom propre connu (Patricia Bartok, Jimmy Ravel), un nom commun évocateur (Monsieur Typhus) ou présentant une structure improbable (les mots « Inspecteur et Flippo » désignant une personne unique). Mais, très vite, la scène dans laquelle on croit être entré se démultiplie et se fragmente : on a l’impression que les cartes narratives se sont mélangées, que d’une ligne à l’autre on passe à un tout autre point du récit. Puis, ce récit lui-même est abandonné pour laisser place à de tragiques morceaux d’histoire récente : quelques paragraphes sont consacrés, çà et là, à la violence guerrière, à l’antisémitisme, au terrorisme, aux exactions américaines en Irak, à Baader, à Khadafi, au Che Guevara, à Arafat, à Mao, à Staline, à Mobutu ou à Goebbels. À ces paragraphes se mêlent d’autres où, sans transition, il est question de mannequins anorexiques, d’actrices porno, de stars de la pop américaine, Elvis, Madonna, Marilyn Manson, de rappeurs bling-bling, d’un conférencier qui explique que « la société qui a remplacé celle des dinosaures touche à son terme », d’actrices hollywoodiennes, de Clausewitz qui professe que jamais l’humanité ne renoncera à la violence, de l’exposition de cadavres plastinés du docteur Von Hagen, de « l’épilation intime », de la « villa penchée » dans Le Mépris, de Desperate housewifes, de la cigarette dans un mouchoir de La dame de Shanghai, de « la modernité de Rimbaud qui tourne le dos au moderne », d’Internet, d’Iphigénie selon Euripide ou Racine, des filles du Crazy Horse, des journalistes qui confondent métonymie et métaphore, des considérations de Rousseau sur la masturbation, du joueur d’échecs Bobby Fisher, de Chostakovitch, du décolleté Wonderbra et des bas Dimanche devenus les panty Dim, etc. Certains de ces motifs ne sont présents qu’une fois, d’autres reviennent avec insistance. Et de temps en temps réapparaissent les personnages fictifs, dont l’activité consiste à perpétrer de nombreux assassinats. Ils reviennent d’ailleurs parfois tels quels : les pages 52 et 133, qui les mettent en scène, sont identiques.
Daniel Fano veut-il à travers cette construction habile et insolite faire passer un message ? Si l’on se place du point de vue politique, deux lectures sont possibles. Ou bien il s’agit de dénoncer d’un même mouvement la violence guerrière et l’instrumentalisation du corps de la femme – double dénonciation qui ne peut qu’entraîner une adhésion unanime. Ou bien il faut considérer qu’en racontant les horreurs perpétrées par les uns et les autres, Fano cherche à annuler toute distinction entre la gauche et la droite, la bande à Baader et les nazis, les Israéliens et les Palestiniens, Bush et Chavez, les talibans et Massoud, les attentats sanglants et les films pornographiques, toutes choses étant égales dans l’abjection… Cette seconde position, on le voit, est nettement moins consensuelle. Et, comme l’écrivain se trouverait dans la situation paradoxale qui consiste à émettre un discours contre l’idéologie, c’est-à-dire contre le discours, la déconstruction profonde du texte servirait alors à éviter la construction idéologique. Si la politique est ici omniprésente, elle se limite en effet à des faits sanglants. La profondeur est atteinte paradoxalement par la mobilité constante de la surface – et non par la fouille obstinée.
Mais peut-être, troisième hypothèse, Fano ne cherche-t-il pas à transmettre un message. Il aurait alors seulement besoin de dresser un constat, si amer soit-il, sans rien espérer de sa formulation. Et son moyen d’expression est alors la littérature, même s’il s’aventure aux frontières de celle-ci. « Son ouvrage est essentiellement polyphonique », explique un communiqué de presse. Je dirais plutôt qu’il est dodécaphonique : on entend une voix unique, celle de l’auteur, mais qui passe le plus rapidement possible par toutes les possibilités de la gamme, en juxtaposant les motifs sans se soucier de la vieille harmonie tonale. Il en résulte un livre grave et envoûtant, plus facile à lire qu’il n’y paraît à première vue, un livre qui ne ressemble à nul autre…
… si ce n’est au Repaire du biographe, que le même Daniel Fano fait paraître à La Pierre d’Alun. Il s’agit d’un livre illustré par Jean-François Octave, où l’on retrouve certains des personnages fictifs de la tétralogie, ainsi que quelques-unes des obsessions de l’auteur, notamment les stars hollywoodiennes. Le repaire est cependant moins dur que La vie est un cheval mort. Voilà deux entrées différentes pour accéder à l’univers éclaté mais cohérent de Daniel Fano.

Laurent Demoulin
© Le Carnet et Les instants N°157

Daniel Fano, La vie est un cheval mort, Bruxelles, Les Carnets du dessert de Lune, 2009, 148 p., 17 €.
Daniel Fano, sérigraphies de Jean-François Octave, Le Repaire du biographe, Bruxelles, La Pierre d’Alun, 2009, 75 p. 32 €

22.06.2009

L'île aux fleurs

Vous venez de voir la suite de l'épisode de l'arraisonement  du Yatch du très très très gentil Monsieur Lagardère et de ses immensément adorables invités d'honneur -comme notre très grand nouveau philosophe B.H.L sept fois entarté par l'affreux terroriste pâtissier - ainsi que du très immense et gentil, gentil grand homme qui inventa la cédille: Thierry Ardisson, du tout doux et rondelet Xavier Darcos, de l'adorable bambi du paquet Bonux: Ariel Dombale - lequel a été sauvé in extremis par de jeunes et joyeux étudiants, car ils se dirigeait vers l'île aux fleurs... Vive ces joyeux jeunes gens, vive notre président et ses gentils amis, vive la sympathique soirée, vive la jet set et son immense gentillesse et sa brillante élite...

20.06.2009

Sauvons les riches arraisonne le yacht Lagardère !

 

Vendredi 5 juin 2009 à 20h30, le collectif Sauvons les riches a mis un flamboyant point final à sa campagne européenne. Forts de nos relais embusqués au cœur même de l’oligarchie, nous avons déniché une réserve naturelle de riches à l’état presque sauvage, protégés du monde extérieur par leur barrière d’argent. Le PDG de la branche médias du marchand d’armes Lagardère (Paris Match, Europe 1, ElleJDD…), Didier Quillot, avait en effet eu la bonne idée de fêter son anniversaire à bord d’un yacht amarré quai Henri IV, et d’y inviter toute la jet-set politico-médiatico-business la plus ringardos de Paris.

 

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A quelques centaines de mètres de là, Yann-Arthus Bertrand projetait en bas de la Tour-Eiffel Home son film-manifeste en hommage à notre maison-mère, la Terre. 24 heures plus tôt, les salariés de Didier Quillot avaient voté la grève pour lundi, en protestation contre les suppressions d’emplois annoncées. Le PDG demande à ses employés de faire des sacrifices, et arbore en grande pompe son train de vie le plus clinquant. D’après notre enquête, la location du bateau « L’Excellence » a coûté au bas mot 30 000 euros la soirée ! Et je sens que le thème de la soirée va beaucoup plaire aux syndicalistes de Lagardère : « La croisière s’amuse » (sic) !

Déguisés en pirates, les sauveurs de riches se sont donc postés à l’entrée du ponton pour intercepter les riches, au son de la BO de la Croisière s’amuse, et leur demander de signer notre pétition de soutien à la proposition d’Europe-Ecologie : limiter les revenus supérieurs à 40 000 euros par mois. Nous fûmes servis ! Une avalanche de « Boat-people » a déferlé sur le collectif qui ne savait presque plus où donner de la tête, au beau milieu d’un ballet de grosses voitures aux vitres teintées. Mais tous sont passés sous nos fourches caudines… Nous avons arraisonné le bateau, mais avons-nous pour autant réussi à ramener ses occupants à la raison ?

 

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Au moment de notre arrivée, le télégénique philosophe Michel Field devisait déjà une coupe à la main sur le bateau. Il était rejoint dès 20h40 par un contestataire bien connu, Bruno Gaccio, fondateur des Guignols de l’info. 20h48 : premier gros poisson : Jean-Marie Messier, alias J6M, jadis étrillé par le précédent convive, avec qui il allait trinquer sans remords. Il a signé notre pétition et en a même rempli les trois entrées. Nom : « JMM ». Prénom : « MMM ». Salaire : « 1 euro symbolique ». Bref, du menu fretin, du maître du monde sur le retour venu gratter un petit four pas cher.

A peine le temps de respirer qu’arrive une nouvelle tête connue : Chouchou ! Mais oui Chouchou : pas Gad Elmaleh, Xavier Bertrand ! Pour la dernière soirée de campagne, le secrétaire général du parti présidentiel n’a rien de plus urgent à faire que de festoyer au milieu de ses amis millionnaires. Incroyable, mais tristement vrai. « Pas trop dur cette fin de campagne, chouchou ? » Un sourire, mais pas de réponse, et encore moins de signature !

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On respire un peu avec l’arrivée de l’intelligentsia lagardérienne dignement représentée par Faustine Bollaert et Jean-Marc Morandini, qui refusent eux aussi la pétition. L’inimitable Jean-Luc Reichmardisso-benji-ouf1an, animateur de Attention à la marche, ne nous jette pas un regard non plus. Thierry Ardisson, grassement payé pour conseiller Didier Quillot, nous jette un regard, mais avec des yeux un peu vides. La densité en jet-setters de luxe augmente encore un peu avec l’entrée en piste de patrons des médias comme l’ex-PDG de Canal Plus Xavier Couture ou Alexandre Bompard, PDG de Radio Sarko d’Europe 1. En parlant de Sarkozy, voilà la silhouette de Jean-Pierre Elkabbach. Haie d’honneur pour le roi des courtisans. Spécial hommage à l’inoubliable commentateur du couronnement de « l’empereur » Bokassa en 1977. C’est vraiment une grande soirée pour la presse libre.

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L’ambiance redécolle avec l’arrivée de Dove Attia, juré de la Nouvelle Star puis de Pascal Nègre, manifestement un peu éméché, qui prétend être tout à fait en accord avec notre pétition, car lui « ne gagne pas beaucoup d’argent ». Ben tiens, PDG d’Universal Music, c’est sûr que c’est juste un job d’appoint ! Très en verve, il revient exprès du yacht pour nous expliquer que Bernard Lavilliers aussi se méfiait de la taxation des riches, parce que ça pouvait arriver à n’importe qui. Ah ah, ça ne fait rire personne mais je crois qu’il n’est plus en état de s’en rendre compte. Le publicitaire Stéphane Fouks est aussi de la partie, à qui nous rappelons que nous avons déjà « sauvé » son collègue Jacques Séguéla,

avecqui il partage une grande amitié envers negre-karima

le dictateur camerounais Paul Biya.

 

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Mais le clou du spectacle de cette caricature de soirée VIP arrive vers 21h30. Une énorme Mercedes à chauffeur progresse jusqu’au port. Derrière les vitres noires, on reconnaît bien sûr Arielle Dombasle et BHL. Tout le monde à genou devant les princes des nuits parisiennes. Etrangement, BHL est avenant sans tarte meringuée sur le visage. Il mérite amplement le prix « Jean Sarkozy » de la bonne figure, puisqu’il connaissait déjà très bien Sauvons les riches et désire ardemment en parler plus longuement avec nous. Rendez-vous est pris pour convaincre le richissime philosophe nu sous sa veste. Une grande victoire. Arielle Dombasle, elle, semble atterrir de Saturne (au moins). Haie d’honneur pour les Sartre et Beauvoir de notre siècle ! Ils ont bien mérité de l’oligarchie.

 

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Au moment du départ du yacht, notre troupe chante « Joyeux anniversaire » au mégaphone, en ajoutant : « Ca va, c’est pas trop dur la crise pour vous ? » et autres « Bon courage pour la grève de lundi ! ». Petite crispation à bord du bateau qui s’éloigne. Bilan de ce “Grenelle du Yacht” improvisé : Sauvons les riches a rappelé que les différents segments des élites se serrent toujours aussi bien les coudes : armes, UMP, télévision et méga-bilan-carbone font toujours bon ménage. A 48 heures d’une élection capitale, cette confirmation n’est pas inutile !

 

le clip sauvons les riches, en soutien aux riches dans le besoin

 

19.06.2009

Y a pas de mal à se faire du bien...

Lhasa de Sela c'est comme Vic Chesnutt, Léonard Cohen, Concha Bulka, Ani di Franco, Abed Azrié; des artistes avec un tel duende que vous sentez que ces gens vivent au bord du gouffre, au bout d'eux même. Et quand ils chantent votre peau se couvre de chair de poule et raisonnablement vous ne pouvez allez contre ce sentiment d'immensité qui vous envahi. Ces êtres sont transparents, nus, et cette transparence les rends intemporels...

Koi ki di wiki sur le duende?

Manuel Soto Loreto dit Manuel Torre gitan espagnol né à Jerez de la Frontera (Cadix) en 1878 mort à Séville en 1933 était un chanteur (cantaor) et auteur de cantes flamenco.


Abed Azrié 

Manuel Torre est né dans le quartier de San Miguel, le 5 décembre 1878 fils de Tomasa Loreto Vargas, de Jerez, et de Juan de Soto Montero, de Algeciras, lui meme cantaor non professionnel et était le neveux de Joaquín La Cherna, cantaor et auteur de Siguiriyas. Il commence à chanter dans les cafés de Jerez sous le surnom de El niño Torre surnom attribué à cause de sa grande taille. Il rencontra Enrique El Mellizo qui l'initia au chant flamenco et dont il repris le répertoire. Il fait ses début professionnel en 1902 à Seville et enregistre ses premiers disques en 1909. En 1922 il est invité lors du concours de cante jondo qui se déroule à Grenade à l'initiative de Federico Garcia Lorca et Manuel de Falla. Devenu indigent et atteint de tuberculose , il meurt le 21 juillet 1933 dans son fauteuil. Sa famille n'ayant pas les moyens de payer son enterrement, le cantaor Pepe Marchena organisa un spectacle en son hommage afin de recueillir des fonds pour payer les obsèques. Une plaque commémorative et un buste à son effigie orne la place où il est né. Ses deux fils Thomas, et Pépé Torre ont aussi été chanteurs de flamenco.

Concha Bulka

Il est considéré comme l'un des plus influent cantaor gitan du début du xxe siècle, et fut l'une des figures représentatives du style de cante de Jerez. Il a laissé une quarantaine d'enregistrements réalisés entre 1909 et 1931, qui donne une faible idée de ses talents, Antonio Mairena précise: « Les amateurs de flamenco qui ont seulement entendu ses enregistrements, ne connaissent que son ombre, car il a fait tous ses enregistrements dans un état inconscient »1. Sur scène ses prestations impressionnaient le public, c'est à son propos que Garcia Lorca parla pour la premiere fois de « Duende » pour qualifier un état de transe lors de l'interprétation d'un chant flamenco. Manuel Torre le qualifiait ainsi: « Tout ce qui possède des sons noirs a du Duende »2. Il s'est spécialisé dans les chants primitifs tels les siguiriyas et les soleás, mais interpréta aussi des chants de type andalous comme les tarantas et les mineras ainsi que des saetas (chants religieux entonnés à cappela lors de la semaine sainte ).

 

Lhasa de Sela

 

Vic Chesnutt


 

 

Léonard Cohen

17.06.2009

Si vous dormez, continuez de dormir,


et quand vous vous réveillerez,

vous ne pourrez dire:

j'ai traversé la nuit sans savoir...

Les rafles du sarkod'hiv....

 

 

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Anita et Viviane restent lucides et se refusent à tout amalgame. Mais elles ne peuvent s’empêcher de percevoir de tristes ressemblances entre les évènements d’hier et ceux d’aujourd’hui: rafles aux sorties de métro, dans les rues, dans les gares, sur les lieux de travail, mais aussi arrestations de lycéens tout juste âgés de 18 ans, arrestations aux abords d’établissements scolaires, de parents ou de grands-parents venus chercher leurs enfants; interpellations policières à domicile, dès l’aube, où des petites filles et des petits garcons voient leur père et/ou leur mère menottés puis emmenés vers des commissariats de police avant d’être envoyés dans des Centres de rétention administrative en vue d’une expulsion… quand ils ne sont pas, eux aussi, embarqués, même en bas-âge, avec leurs parents.

 

L’accumulation, ces toutes dernières années, de textes législatifs de plus en plus restrictifs et répressifs comcernant l’immigration et les immigrés rappellent bien les logiques administratives d’hier  à l’encontre des étrangers. Et la création, en 2007, d’un ministère chargé de l’immigration et de “l’identité nationale”, ravive des souvenirs sombres pour Anita et Viviane.

 

Elles gardent donc les yeux ouverts en agissant aujourd’hui au sein du Réseau Education Sans Frontières et de la Ligue des Droits de l’Homme.

 

 

Ce court métrage a été réalisé

avec le soutien de la sectionParis 5-13 de la ligue des droits de l’Homme.

Pour tout contact ou demande d’information complémentaire:

Paris.5.13@ldh-france.org

 

Disponible sur simple commande à:    LDH 5°/13°  11 rue Caillaux 75013 Paris

  frais d'envoi : 2 € + participation libre          chèque à l'ordre de :    LDH 13°   

 

16.06.2009

Qui sème la pluie....

pour ceux qui ont la mémoire qui flanche cliquez ici

Ici Londres, ici Londres.....

Comment faire taire les militants

 

Politis, 11 Juin 2009

La ministre de l'Intérieur, sur suggestion de l'Élysée et de quelques parlementaires, prépare en secret un arrêté fondé sur un projet de loi signé du Premier ministre et du ministre de la Défense, prêt depuis le mois d'octobre 2008. Il s'agit de la loi 1216 de programmation militaire pour 2009-2014 : un texte plutôt banal s'il ne prévoyait, dans son article 5, de réorganiser et de redéfinir tout ce qui touche à la sécurité intérieure. Ce qui, une fois la loi votée, autorisera la publication d'un ou plusieurs décrets permettant de poursuivre notamment les militants écologistes et associatifs lorsque, par leurs actions, écrits ou propos, ils mettront en cause« les intérêts de l'État ». Dans ces « intérêts » seraient notamment inclus ce qui concerne les centrales, les transports nucléaires et le stockage des déchets, mais aussi ce qui touche aux installations industrielles et aux stockages classés « Seveso », qu'il s'agisse d'usines manipulant des substances dangereuses ou d'aires abritant des cuves de produits chimiques. Ce texte aurait aussi comme conséquence d'aggraver les peines encourues par les faucheurs d'OGM, car il permettrait de poursuivre les individus et les associations mettant en cause les intérêts économiques stratégiques de la France.

Dans l'exposé des motifs de la loi, on trouve en effet ce paragraphe: « Les attributions, déjà codifiées, des ministres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de l'Économie et du Budget sont redéfinies en fonction des différentes politiques qui entrent dans leur champ de compétence et concourent à la stratégie de sécurité nationale. Au-delà de ces modifications, et dans le prolongement des orientations du Livre blanc, des attributions particulières en matière de sécurité nationale du ministre de la justice et des ministres chargés de la Santé, de l'Environnement, des Transports, de l'Énergie et de l'Industrie sont codifiées. »

Au nom de la sécurité nationale, le décret en préparation permettrait donc de placer sous la protection de cette dernière toutes les actions et informations liées, par exemple, à l'environnement et aux infrastructures contestées par les associations de protecteurs de la nature et les organisations écologistes. De la même façon, tout ce qui concerne le changement climatique pourra entrer dans les informations classifiées interdites de divulgation. Classification qui, d'une part, sera bien entendu à la discrétion souveraine du gouvernement en place et qui, d'autre part, sera opposable à la fois aux militants, aux associations et aux juges d'instruction. S'ils existent encore. Les écolos ne sont bien sûr pas les seuls visés: ce texte à tout faire permettrait de poursuivre tous les agissements
« déviants ».

II deviendrait donc plus difficile d'exercer une contestation écologique. Ce dispositif pourrait être complété dès l'automne par une circulaire ou un décret - ce n'est pas encore décidé - qui compliquerait la tâche des citoyens et des associations de protection de la nature voulant attaquer des décisions de l'État et des collectivités territoriales devant les tribunaux administratifs. Les élus se disent lassés des remises en cause de permis de construire ou des tracés de routes. Depuis plusieurs années, les associations de maires demandent au gouvernement une restriction de la contestation « administrative » pour abus de pouvoir et non-respect des règles d'enquête publiques. En oubliant de rappeler que le recours aux tribunaux administratifs est souvent la seule arme des écologistes et des associations de protection de la nature.

Entre les possibilités de criminalisation de la contestation écologique et les restrictions aux recours administratifs, si ces deux réformes entrent en vigueur, l'écologie devrait peu à peu cesser de gêner le pouvoir. Pour l'instant, il est encore, au moins, possible de l'écrire sans encourir le risque d'être poursuivi... pour outrage au gouvernement.

Claude-Marie Vadrot

14.06.2009

hey, hey baby hey

Un petit coup de blues....

Patrick Hantz est guitariste, je l'ai connu dans un autre siècle... il y a de cela trente cinq vies.... dans un autre espace temps, un autre système solaire... je l'ai croisé à nouveau il y a une quinzaine d'années dans le couloir à Odéon... j'ai entendu ces accords de Dadi, je me suis arrêté... j'ai regardé le type jouer... à la fin du morceau je lui ai demandé: vous êtes Patrick Hantz? Il m'a regardé avec un air de tomber d'un échafaudage... vous me connaissez? Oui on se connaît... on était au bahut ensemble, il y a vingt ans... tu touchais déjà à Dadi... mais qui tu es? On s'est croisé souvent dans le métro... je m'arrêtais pour l'écouter dans le grand couloir de Montparnasse. Il y avait toujours beaucoup de monde pour l'écouter... pas étonnant, ce type est un monstre à la guitare... puis un jour il a disparu. Il a quitté Paris pour la Bretagne...  plus aucune nouvelle jusqu'à ce jour, où tapant son nom par curiosité sur Internet, j'ai retrouvé sa trace...

 

12.06.2009

Yann Arthus Bertrand: US GO HOME !

Chers amis,

Le gouvernement péruvien a des affrontements violents avec des groupes autochtones qui protestent contre les ravages accélérés que les compagnies minières, pétrolières et d’exploitation du bois font subir à la forêt ombrophile d’Amazonie. La forêt est un trésor mondial - Soutenons les manifestants et signons la pétition à envoyer au président Garcia pour mettre fin à la violence et sauver l’Amazonie:

Signez la pétition!


Le gouvernement péruvien a promulgué des lois qui pourraient autoriser les industries extractives et les exploitations d’agriculture à grande échelle à détruire rapidement la forêt ombrophile de l’Amazonie. 

Les populations autochtones manifestent pacifiquement depuis deux mois, exigeant de pouvoir donner leur avis légal sur des décrets qui entraîneront la destruction de l’écologie et des populations de l’Amazonie, et auront des conséquences catastrophiques pour le climat de la planète. Mais le week-end dernier, la réponse du président Garcia a été d’envoyer des forces spéciales pour réprimer les manifestations par la violence, et de qualifier les manifestants de terroristes. 

Ces groupes autochtones sont aux premières lignes du combat mené pour protéger notre planète – Soutenons-les et appelons le président Alan Garcia (dont chacun sait qu’il est sensible à sa réputation internationale) à mettre immédiatement fin à la violence et à engager un dialogue. Cliquez ci-dessous pour signer cette pétition mondiale urgente et un politicien latino-américain célèbre et respecté la remettra en notre nom au gouvernement:

http://www.avaaz.org/fr/peru_stop_violence

Plus de 70% de l’Amazonie péruvienne est à la merci de qui veut s’en saisir. Les grandes compagnies de pétrole et de gaz comme la société anglo-française Perenco et les compagnies nord-américaines ConocoPhillips et Talisman Energy, se sont déjà engagées à faire des investissements de plusieurs milliards de dollars dans la région. Ces industries extractives n’ont pas pour habitude – leurs antécédents le prouvent – de profiter aux populations locales ni de préserver l’environnement dans les pays en développement.C’est pourquoi les groupes autochtones réclament les droits internationalement reconnus de tenir des consultations sur ces nouvelles lois. 

Depuis des décennies, le monde et les populations autochtones voient les industries extractives ravager la forêt ombrophile qui abrite certains d’entre nous et constitue un trésor vital pour l’ensemble de l’humanité (certains spécialistes du climat appellent l’Amazonie le " poumon de la planète" – il respire les émissions de gaz carbonique responsable du réchauffement de la planète et produit de l’oxygène). 

Les manifestations au Pérou sont les plus importantes à ce jour, et les plus désespérées, nous ne pouvons pas les laisser échouer. Signez la pétition, et encouragez vos amis et les membres de votre famille à se joindre à nous, afin que nous puissions aider les populations autochtones du Pérou à obtenir justice et empêcher de nouveaux actes de violence de la part de toutes les parties.

http://www.avaaz.org/fr/peru_stop_violence

Par solidarité,

Luis, Paula, Alice, Ricken, Graziela, Ben, Brett, Iain, Pascal, Raj, Taren et toute l’équipe d’Avaaz. 

Sources: 

09.06.2009

moi monsieur en 68 je balançais des pavés sur les CRS... Et en 69?

 

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06.06.2009

Le dernier mot de Monique......

La garde à vue de Monique Pouille avait provoqué un emballement médiatique, en plein débat autour du film Welcome.

C'était mardi ou jamais : ce jour-là expirait le délai légal de trois mois permettant de porter plainte pour une diffamation. Le 2 mars, invité sur France 3, le ministre Éric Besson avait évoqué le cas de Monique Pouille, cette bénévole de Terre d'errance placée en garde à vue cinq jours plus tôt pour «  aide au séjour irrégulier en bande organisée » (lire ci-dessous). En plein débat autour du film Welcome. il avait insinué qu'elle aurait pu aider les passeurs. Des allégations que l'intéressée a toujours niées, reconnaissant seulement avoir rechargé les téléphones portables des migrants du camp voisin. «  Il y a des choses à ne pas dire. Et des événements qui ne passent pas », lance Monique Pouille, qui fait référence à la condamnation d'un passeur présumé, la semaine dernière, au tribunal de Béthune. Une décision qu'elle conteste et qui a fait déborder le vase. Elle a donc décidé de contre-attaquer. Son avocat, Me Bruno Dubout, a déposé plainte en son nom pour diffamation devant le doyen du juge d'instruction de Béthune «  contre toute personne que l'enquête déterminera, en particulier Éric Besson », précise-t-il. «  J'attends que Monique Pouille soit rétablie dans son honneur », ajoute l'avocat, qui espère qu'une éventuelle audience permettrait de «  déterminer l'inexactitude des faits repris par monsieur Besson  ». Car trois mois après sa garde à vue, sa cliente ne sait toujours pas ce qu'on lui reprochait exactement. «  Ça me travaille encore », dit-elle. S'attaquer au ministre en personne ne lui fait pas peur. «  J'ai la conscience tranquille. » Elle continue d'ailleurs de recharger les portables des migrants comme avant. •

Election à hauts risques.....

Reuters - Les prochaines élections législatives au Liban auront lieu le dimanche 7 juin, annonce lundi un décret présidentiel.

Le scrutin se tiendra en une seule journée plutôt que sur plusieurs jours, pour la première fois depuis la fin de la guerre civile de 1975-90, en vertu de la nouvelle loi électorale votée en septembre, dans la foulée de l'accord de Doha de mai 2008 qui a mis fin à des mois de crise politique.

 Aucun bouleversement d'ampleur n'est attendu au sein de l'Assemblée nationale, qui compte 128 membres.

 Depuis les dernières élections, en 2005, une coalition emmenée par le dirigeant sunnite anti-syrien Saad Hariri détient une courte majorité face à une alliance chiite dirigée par le Hezbollah.

 Dans ce contexte, la communauté chrétienne, dont les principales formations soutiennent l'une ou l'autre des coalitions, devrait jouer un rôle déterminant. 

 

Un petit mail arrivé ce jour, qui fait le bilan au Liban.... 

 Chers parents et amis,

Samedi matin 9 h, Beyrouth s'offre une grasse matinee des dimanches : les ecoles sont fermees depuis hier et le resteront jusqu'a mardi. Peu de circulation, le parking en face de la maison est vide, les banques et la plupart des bureaux n'ouvriront  leurs portes ni aujourd'hui ni lundi. beaucoup de gens sont deja partis dans leurs villages d'origine pour voter demain. La vente d'alcool est interdite a partir de ce soir, les bars sont fermes et tous les permis de port d'armes ont - en principe - ete interdits. 

 Personne n'ose faire de pronostics sur les resultats du scrutin de demain qui devrait aboutir a l'election a la majorite simple de 128 deputes, repartis dans 26  circonscriptions electorales, en fonction du nombre d'inscrits sur les listes de vote de chaque circonscription, mais aussi de la religion officielle des candidats et des votants.

Ainsi, par exemple, dans la cirsconscription electorale ou j'ai ete inscrite au moment de mon mariage, il y a 147 200 inscrits repartis entre 56 600 maroinites, 33 600 chiites, 24 800 druzes, 11 500 grec-orthodoxes,  8 300 sunnites, 6 800 grec-catholiques, 3 800 minoritaires (protestants, juifs, ou autres), 1 300 armeniens orthodoxes et 400 armeniens catholiques. Et nous devons elire 6 deputes, 3 maronites, 2 chiites et un druze.

 De facon tres schematique, le scrutin va opposer

- les forces dites "de la majorite", ou aussi du 14 mars (jour d'une enorme manifestation pour reclamer le depart de l'armee syrienne et la verite sur l'assassinat du 1er ministre Hariri). Cette "majorite" est soutenue politiquement par les puissances occidentales, Etats-Unis en tete, et financierement par l'Arabie Saoudite

- et "l'opposition" qui rassemble le Hezbollah - presque exclusivement chiite - et les partisans du general Aoun, maronite, ancien president de la republique de 1988 a 1990, chasse du palais presidentile par les Syriens, et qui a retourne sa veste pour s'allier a ses ennemis d'hier. Ce clan est appuye politiquement et financierement par la Syrie et l'Iran.

Rappelons que le Hezbollah est aussi une puissante milice qui a provoque la guerre de juillet 2006 contre Israel, s'est massivement rearmee depuis et refuse de rendre ses armes a l'Etat.

Le general Aoun se pretend seul representant des maronites. Ses partisans veulent la fin d'une classe politique notoirement corrompue et qui compte parmi ses tenors presque tous les seigneurs de la guerre qui a ensanglante le pays de 1975 a 1990. Le scrutin  va permettre de les compter. Si, comme  le clame  Aoun,  les maronites votent majoritairement pour son parti, le prochain parlement sera majoritairement  pro-syrien et pro-iranien.

Outre cette perspective peu rassurante, on craint beaucoup demain des accrochages entre partisans des deux clans aux alentours des bureaux de vote,  puis, dans les prochains jours, les reactions des perdats, quels qu'ils soient.  Enfin, quelle sera la reaction d'Israel en cas de succes de l'opposition, qui porterait le Hezbollah au pouvoir ??

Bon week end. Recevez tous mes pensees affectueuses et amicales

Bernadette

03.06.2009

refrendum service public

Madame, Monsieur,


Vous êtes déjà plus de 230 000 à avoir signé la pétition en ligne pour l'inscription d'une Charte des Services Publics dans la Constitution. 

Je tenais à vous remercier pour cet acte citoyen, pour cet engagement en faveur de nos services publics. Ils sont aujourd'hui malmenés, mais à travers eux, vous l'avez bien compris, c'est la République elle-même qu'on attaque, dès lors que nos services publics sont les instruments de réalisation de ses valeurs : la Liberté, l'Egalité, et la Fraternité. 

C'est pour cela qu'il nous faut désormais les inscrire dans le marbre de notre Constitution. 

Les 230 000 signatures récoltées en un mois et demi sont le signe d'une mobilisation extraordinaire; elle doit continuer, et même s'amplifier. 

Continuez à diffuser cette idée, en invitant vos amis, vos proches, vos réseaux, à se rendre sur le site :

C'est par une large mobilisation que nous parviendrons à défendre et à protéger notre modèle social et républicain.

Très cordialement,

Michel VAUZELLE
Député des Bouches-du-Rhône
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

01.06.2009

l'appel du 2 juin 2009

 

 

Centres de rétention :

Français – étrangers : enfin égaux

devant la réduction des droits

La réforme de la rétention, engagée par le ministère de l’Immigration et qui sera effective le 2 juin prochain, va non seulement réduire les moyens de défense des étrangers retenus mais aussi priver chaque citoyen de son droit de regard dans ces lieux d’humiliation.

Au mois d’août 2008, le ministère de l’Immigration a, coup sur coup, publié un décret et un appel d’offres visant à modifier en profondeur l’intervention associative dans les centres de rétention. Désormais cette mission, exercée jusque là au niveau national, est éclatée en huit « lots » et partagée par six « prestataires ». 

Ce morcellement géographique, en supprimant toute possibilité de vision globale pour la société civile, porte atteinte à son droit de savoir et de réagir. De plus, la mise en concurrence d’associations dont les principes de défense des droits des étrangers et du devoir de témoignage s’opposent parfois radicalement, ainsi que la dépendance financière des associations, risquent de diminuer davantage la vigilance citoyenne.

Mais le plus préoccupant reste encore la transformation de la mission d’aide à l’exercice des droits des étrangers en simple mission d’information.

Dès lors, on peut se demander pourquoi la présence d’un véritable contre-pouvoir dans ces zones sensibles, dont le rôle et l’intérêt ont été admis par l’ensemble des gouvernements depuis vingt-cinq ans, est remise en cause si ce n’est pour atteindre plus facilement des objectifs chiffrés.

Tous les citoyens sont invités à participer aux rassemblements prévus le 2 juin : 

Le cauchemar de Darwin (suite)

Peut être avez-vous vu ce drôle de poisson sur les étalages des poissonneries : le Panga. Les poissonniers ont souvent du mal à nous expliquer sa provenance et pourquoi son prix est si peu élevé. Un document de M6, nous éclaire sur le sujet.


Panga signifie force enMorée il est produit à l’échelle industrielle sur leMékong au Vietnam. Ce poisson se reproduisait difficilement en liberté, car les femelles devaient remonter aux sources du fleuve pour frayer. Comme pour les saumons, la course à la vie était dure et les naissances limitées. Mais le grand génie de l’homme réussi à changer tout ça ! Un chercheur s’est en effet aperçu qu’en injectant aux femelles pleines des hormones recueillies dans de l’urine de femme enceinte séchée cela permettait de déclencher la pontes des alvins. Les femmes enceintes produisent en effet beaucoup d’hormones qu’elles rejettent dans leurs urine, il a suffi donc à ce chercheur de recueillir ces rejets et de les déshydrater pour mettre au point des doses (vendue environ 1€) administrable par injection aux mères Panga. Résultat, les femelles Panga se délestent d’environ 500 000 Alevins par ponte.

L’élevage des poissons se fait ensuite dans de grands parcs sur leMékong. Leur principale nourriture est une farine importée duPérou, elle est élaborée à partir de déchets de poissons mélangés à du Manioc, du Soja (OGM ?) et à diverses céréales. Une nourriture bien différente de celle que l'animal absorbe à l'état sauvage, qui vient de l’autre côté de la terre en avion et qui n’offre aucune traçabilité sérieuse. Une fois le gavage terminé, les fermiers n’ont plus qu’à relever leurs filets pour récupérer les fruits de leur élevage. Le poisson sera ensuite découpé en filet par des ouvriers chinois payés à la pièce puis envoyé congelé par avion vers l'Europe. Sachez donc que ce poisson vendu à prix discount est le produit de la mondialisation et de la transgression des lois naturelles, qu’on ne maîtrise pas vraiment leur alimentation et que sa commercialisation à grande échelle est très gourmande en pétrole donc en émission de CO2.

On nous cache tout , on nous dit rien...

 

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Une note du Conseil de l'Union Européenne datant du 28 avril 2009 (document 8250/09-ECOFIN257) qui intime à la France d'aller plus loin et plus vite dans "son programme national de réformes, de renforcer la concurrence dans les secteurs de l'énergie et du fret ferroviaire, ainsi que dans les professions réglementées pour moderniser le marché du travail" Quelques lignes plus loin, on notifie à la France de "poursuivre l'amélioration du cadre général de la concurrence dans les secteurs des services". Autrement dit de privatiser plus vite! "Ces problèmes doivent etre réglés ; poursuit le texte, tout en respectant l'objectif d'encadrement des couts annoncés par le gouvernement, à savoir une croissance zéro des dépenses publiques"

 Ainsi, c'est très clair, le Conseil Européen réclame plus de conccurence, d'attaques contre les secteurs et services publics et de nouvelle diminutions des dépenses publiques et sociales, alors que l'argent coule à  flot, pour les banquiers et les multinationales sans aucune contre partie pour l'emploi et les salaires.

 

Ceci est à rapprocher de cela :

- "Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement et l'école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l'établissement voisin, de telle sorte que l'on évite un mécontentement général de la population". (Page 30)* Extraits du "Cahier de politique économique n°13" du Centre de développement de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), 94, Rue Chardon-Lagache, 75016, Paris.

 "La faisabilité politique de l'ajustement", de Christian Morrisson*

 

 

26.05.2009

comité pour le sauvetage des riches!!!!!!!

Le Collectif « Sauvons les riches », dans le cadre de la campagne Europe-Ecologie, vise à instaurer un revenu maximal autorisé européen, de l’ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés, sur le modèle qu’avait instauré Franklin Roosevelt en 1942, qui a fait chuter les inégalités aux Etats-Unis pendant 40 ans. Dans ce but, les jeunes contestataires, armés de baguettes de pain et de paquets de spaghettis, interpellent à leur manière nos amis les riches, accros à un mode de vie destructeur, non-généralisable, et finalement tellement triste.

De l'intelligence artificielle pour la police...

La police va pouvoir pirater les ordinateurs des voyous (article publié par le Figaro)

Jean-Marc Leclerc  25/05/2009

EXCLUSIF - La loi d'orientation de MAM va autoriser la pose de mouchards pour capter des données informatiques.

Les voyous bientôt piégés par leurs ordinateurs ? La loi d'orientation pour la sécurité, dite Lospi 2, présentée par Michèle Alliot-Marie en Conseil des ministres mercredi prochain, va donner à la police le droit de pirater, le plus légalement du monde, les données informatiques pour lutter contre le crime organisé.

L'article sur «la captation de données informatiques» autorise en effet les OPJ «commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d'accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent sur un écran pour l'utilisateur». Le tout «sous le contrôle du juge d'instruction».

Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s'enfiche à l'arrière ou, mieux, à l'intérieur, sur l'un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n'empêchera désormais la police d'installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d'un PC ou d'un Mac.

Ce superpouvoir, que s'arrogent les services secret, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger)dès lors que les faits sont commis en bande.

Car aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n'avait aucun droit d'accès aux ordinateurs, sanctuarisés par un vide juridique. Certes, elle pouvait exiger des informations auprès des fournisseurs d'accès à Internet. Mais le résultat était parfois aléatoire. Surtout, elle ne pouvait pas capter les conversations des trafiquants qui communiquent désormais via leur ordinateur grâce au protocole du logiciel Skype, entièrement crypté.

La Lopsi de MAM fixe les nouvelles règles du jeu. Le service enquêteur doit préciser l'infraction qui justifie le recours à cette technique et le lieu ou elle va intervenir. L'espionnage pourra durer quatre mois, renouvelables une fois. Le mouchard pourra être posé dans un lieu privé, un véhicule, un bureau. A l'exception des cabinets d'avocats, de notaires, d'huissiers, de médecins et des entreprises de presse. Même interdiction concernant le domicile des magistrats, avocats et parlementaires.

Le juge des libertés et de la détention veillera au respect des procédures de pose et de récupération du matériel. Car il faudra revenir le chercher aussi discrètement qu'il fut posé.

Parmi la trentaine d'articles de la Lopsi 2, que Le Figaro s'est procurée (le reste concernant des adaptions à l'Outre-mer), figure une autre petite révolution : la gendarmerie va pouvoir faire tourner ses ordinateurs pour débusquer des suspects par rapprochement de fichiers concernant «toute infraction punie d'au moins cinq ans d'emprisonnement». Ces «fichiers d'analyse sérielle» doivent faire grimper le taux d'élucidation. Il suffira qu'un individu se soit trouvé à chaque fois ou presque là où une infraction a été commise, piégé par son mobile, sa carte bleue, un témoignage recueilli en procédure. Et son compte sera bon. Les délinquants multicartes suractifs sont dans le collimateur.

 

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25.05.2009

votre profil sur Face de bouc.....

Un jeune Toulousain défie Facebook Julien Berthomieu, étudiant à l'ISEG, a créé le blog facedebouc.com.Des avocats du site communautaire lui demandent de renoncer.

« Cher lecteur, tu es un bouc, tu le sais, et tu ne fais certainement pas la confusion entre facedebouc et la géante communauté facebook…  Pourtant un courrier d'avocats représentant facebook daté du 31 mars 2009 me demande « de renoncer à l'enregistrement et à l'usage des marques et noms de domaine facedebouc.com et facedebouc.fr »… Sur son blog, Julien Berthomieu évoque ce différend qui l'oppose au célèbre réseau communautaire du net. Ce jeune Toulousain de 22 ans, étudiant à l'école de commerce l'ISEG, s'est attiré leurs foudres en jouant sur les mots. Le cabinet parisien Law Offices Kopacz, spécialisé dans la propriété intellectuelle s'est chargé de l'affaire. Faute d'avoir réussi hier à joindre les conseils de Facebook, on suppose que le blog du jeune Toulousain est perçu comme un plagiat.

Il fabrique des t-shirts
« Facedebouc n'est pas un réseau social, et ne permet pas l'inscription de membres, de réalisation de fiches profils ou encore la mise en contact entre membres (vu qu'il n'y en a pas) » se défend Julien qui voit finalement d'un bon œil le buzz (le « bouc-an ») que provoque cette polémique. Sur son blog, l'étudiant demande en effet le soutien des visiteurs de son blog qui peuvent s'exprimer dans un « guest-bouc » à l'esprit potache et rivaliser de bons mots intégrant le mot « bouc ».  Ainsi , l'internaute « Bouc et de fleur », qui écrit le 8 avril : « je défends à 100 % la cause des boucs et autres bouquetins !! Défendons notre vert pâturage contre le troupeau de moutons d'à côté qui pourrait nous juger trop gênants !!! (la liberté d'expression n'est pas que pour les gros troupeaux) ». Tout cela ne semble pas bien méchant.

Mais au fait, pourquoi le bouc ? « C'est un animal qui a une identité et ne se fond pas dans la masse tel un mouton ou une brebis galeuse » explique le blogger. Julien Berthomieu, qui veut faire carrière dans le marketing via internet, a aussi créé un site d'échanges de cours, wechange.fr où l'on peut déposer une annonce, envoyer des fichiers, écrire un article qui sera commenté et enrichi. Quant au blog facedebouc.com, il reçoit déjà 150 à 200 visites par jour. On y trouve une « bouctique » où l'on peut commander des t-shirts imprimés du message « marre d'être un mouton ? » dans le dos. Ils sont fabriqués à Toulouse, précise Julien qui décidément, a la bosse du commerce.

Du grain à Mouloud

Egalité républicaine : un Mc Do, une Sciences-po
Par Mouloud Akkouche


De passage à Paris, j'ai vécu une dizaine de jours dans un studio du VIIe arrondissement. Riverain éphémère, je me suis promené dans le quartier. En passant devant le collège Stanislas, les lycée Montaigne et Henri-IV, Sciences-Po, j'ai regardé ces jeunes gens en me disant : celui-ci sera juge, l'autre avocat, éditeur, cinéaste, journaliste, militant de l'ultragauche…

Cette belle jeunesse -plutôt uniforme- sous le soleil parisien était sympathique. Très joyeuse. Leur apparente désinvolture me fit penser à celle de mes gosses et à ceux de mes amis. Choisir sa vie est quand même le plus beau cadeau que nous puissions offrir à notre progéniture. Et je suis intimement persuadé que beaucoup de parents sont habités par ce rêve.

A Montreuil, un mélange de surface
Une demi-heure après, je me retrouvais à Montreuil : ma ville natale. A la sortie du métro, cette commune prisée par les agents immobiliers pour ses lofts offre un semblant de métissage social. Je dis semblant car un grand nombre d'enfants de bobos ne fréquente pas les écoles communales de leur secteur ; plutôt celles des villes plus nanties comme Saint-Mandé et Vincennes ou des établissements du type Montessori ou Decroly. Mais, quoi qu'on puisse penser, le centre-ville bénéficie d'un véritable foisonnement culturel ou le coude du plombier côtoie celui de l'artiste peintre. Comme disait Antoine Blondin : avec deux Whiskies, il fait beau partout. Et les différences fondent au moins jusqu'à la fermeture du bar….

Poussé par un irrépressible accès de nostalgie, je décidais de grimper dans le Haut-Montreuil -si haut que les habitants n'auront pas le droit comme les autres au Vélib. Ce quartier pas desservi par le métro où je fus écolier semblait étrangement détaché du reste de la ville, du pays. Comme dans les écoles des VIe et VIIe arrondissement de la capitale, les élèves se ressemblaient tous : uniformes eux aussi. Certes pas le même genre d'uniformité. Différents de beaucoup de jeunes montreuillois deux kilomètres plus bas, et à des années lumière du collège Stanislas. Un seul point commun à tous ces jeunes : leurs âges. Et l'énergie.

Que dire ? Que penser ? Le sujet ayant tellement été traité qu'il en devient presque vidé de sens, juste du grain à moudre pour les sociologues. Pourtant, debout devant mon collège, je ne pus m'empêcher de penser à la putain de difficulté de se frayer un chemin à travers ce labyrinthe de misère pour choisir sa vie. Juste autorisé à choisir sa survie. Comment continuer de croire que ces gosses appartiennent à la même trinité républicaine : liberté, égalité, fraternité. Dans certains quartiers, elle pourrait être rebaptisée : loyers impayés, électricité coupée, fin de droits.

Exporter Paris en banlieue ?
De retour à Paris, je passais en pleine nuit boulevard Saint-Germain. Près de la rue Saint-Guillaume, je me remémorais l'initiative du patron de Sciences-Po : proposer à des enfants issus de banlieue « défavorisées » un cursus scolaire dans son prestigieux établissement. Une espèce de Mercato de la matière grise dans les périphéries. Même si je trouve son initiative totalement inopérante, force est de lui reconnaître le mérite de la proposition. Contrairement à lui, je n'ai pas la moindre amorce de solutions : juste des interrogations. Et beaucoup de contradictions.

Mais tout de même étrange que ce responsable, sans doute très cultivé et humaniste, n'ait pas pensé à franchiser Sciences-Po dans ces contrées lointaines de France… A croire qu'il est persuadé que tout est foutu d'avance et, contraint et forcé par une dérive inévitable du système scolaire, accorde à quelques-uns la possibilité de quitter le navire pendant le naufrage. Et laisse les autres -moins compétitifs- se noyer. Pourquoi pas offrir au moins les mêmes chances éducatives à tous et sur tout le territoire ? Un Mc Do, une Siences-Po ? Bref, des jeunes séparés par quelques stations de métro « évoluent » dans le même pays, pas dans le même monde. Et on voudrait qu'ils sachent tous se tenir dans le monde.

La nuit suivante, accompagné d'un copain d'enfance aujourd'hui sans papiers, nous nous sommes arrêtés à « l'Old Navy », un bar de nuit. Sirotant une mousse, nous évoquions cette période où, descendus des hauteurs de Montreuil, nous nous accordions des haltes dans ce bistrot pour parler de littérature et peinture, avant de retourner à pieds ou en bus de nuit chez nos parents. Belle époque où les mains ne s'accrochaient pas sur les poitrines mais se serraient…

Dans les beaux quartiers, la force (de l'ordre) tranquille
Puis, après avoir essoré ensemble le passé, ce copain décida de me raccompagner dans mon antre provisoire. Près d'un ministère, son visage se crispa. Habitué aux nombreux contrôles d'identités à Montreuil où il réside toujours, il voulait s'échapper par la première rue à droite. Pourtant très proches et complices depuis longtemps (le premier à me faire lire Rilke), l'un et l'autre constations d'un seul coup que la ville lumière, si souvent arpentée et aimée à la folie, n'était plus du tout la même pour nous deux. Chacun d'un côté d'une frontière administrative, séparés par l'absence d'un rectangle de plastique dans sa poche.

Pour éviter d'attirer l'attention de la maréchaussée, nous restâmes sur le même trottoir de la rue de Babylone en devisant de poésie… comme avant Hortefeux et Besson. Occupés à monter la garde dans leur véhicule, les flics, après un bref regard sur les deux passants, continuèrent eux aussi leur conversation. Plus loin, il me sourit et lâcha : « Moralité : vaut mieux être sans-papiers dans les beaux quartiers. »

Mais aussi écolier.

texte publié pour la première fois par Rue 89

Ndlr: l'ami Mouloud m'a signalé son texte et c'est parce que je le trouve bien écrit et surtout témoignant parfaitement de la trajectoire de deux copains qui furent proches et qui sont maintenant séparés par une barrière administrative infranchissable que j'ai décidé de le repasser...

 

 

20.05.2009

les Big Brother Awards

Nous aimerions, par l’attribution de ces prix, dénoncer les dérapages et les abus qui menacent l’intégrité privée des citoyens ou limite ses libertés de parole et de circulation.


Pourquoi?

Aujourd'hui déjà, chacun d'entre nous est inscrit dans plusieurs dizaines de banques de données. Les technologies modernes du traitement de l'information rendent possibles des méthodes de plus en plus sophistiquées d'espionnage, de contrôle et de surveillance d'individus ou de groupes.

Sous le prétexte de la lutte contre la criminalité et de la sûreté de l'Etat, notre sphère privée est envahie à notre insu et des droits fondamentaux comme le secret des correspondances ou le droit à l'anonymat, sont violés. Les lieux publics sont dotés de plus en plus de caméras qui nous observent au quotidien. Des systèmes d'écoute militaires surveillent les communication civiles à travers le monde en établissant des profils vocaux, personnels et de communication. Nos traces de données et de profils donnent lieu à une surveillance ciblée menant à une "suspicion préventive" de tout citoyen (recherches par quadrillage).

Des systèmes d'informations à grande échelle [GSM, GPS] et des systèmes de paiement électroniques [cartes de crédit, de débit, call cards, automates bancaires, péage électronique, etc.] permettent de pister et d'enregistrer nos moindres faits et gestes, et ainsi d'établir des "profils" personnels basés sur le recueil de telles informations (data mining). Que dire des systèmes biométriques qui envahissent les établissements scolaires, les entreprises les plus anodines comme les pièces d'identité et les demandes de visa. Tout comme les puces "sans contact" capables de transmettre leur contenu par voie radio (RFID) sans que l'utilisateur en soit correctement informé. Les individus libres que nous devrions être deviennent ainsi des détecteurs de mouvement vivants.

L'introduction de nouvelles technologies et leur acceptation progressive par le public restent souvent inaperçues. Parmi les arguments invoqués figurent l'efficacité accrue, la réduction des coûts et la modernisation, comme c'est le cas par exemple pour le NIR (interconnexion des fichiers fiscaux et des numéros de sécurité sociale) ou encore le STIC (Système de Traitement des Informations Constatées par la police). Dans le secteur privé, des bases de données servent avant tout à des fins de marketing: l'espionnage des clients permet d'ouvrir de nouveaux marchés et d'harmoniser la production avec les besoins de consommation réels ou suscités.

L'acceptation de technologies de surveillance est renforcée encore par le "discours de la peur" que certains colportent dans une "Novlang" de plus en plus officielle. La vidéo surveillance "intelligente" des espaces publics - qui prétend détecter mouvements et individus suspects -, les écoutes téléphoniques et la rétention "préventive" des données de connexion serviraient à la lutte contre la criminalité et seraient nécessaires pour garantir la "sécurité". La peur latente ou celle attisée par le "discours de la peur" facilite ainsi la légitimation de la mise en place et le développement de la surveillance préventive par l'Etat. Les bases de données administratives ou commerciales sont donc utilisées non seulement par l'administration et l'entreprise pour rendre ses services plus "efficaces", mais aussi par la police et l'armée à des fins répressives.

Les différentes méthodes de recueil de données personnelles sont donc utilisées par le secteur public tout comme par le secteur privé afin d'exercer une forme raffinée du "social engineering": la surveillance et le contrôle complets et omniprésents du comportement de la population.

En attribuant les Big Brother Awards nous voulons :

dénoncer et identifier dès leur début les tendances à une surveillance accrue de la population
informer le public sur la nécessité de réguler le commerce noir de ces armes "non léthales" mais profondément liberticides
inciter à la résistance contre de telles pratiques
tout en prenant position :

contre une surveillance et un contrôle accrus des personnes
en faveur de la protection de la sphère privée
en faveur du droit à l'autodétermination individuelle en matière d'information
Nous allons aussi récompenser des personnes, collectifs, projets de société qui ont contribué à informer, résister et dénoncer de telles pratiques.

 

Nominations aux Big Brother Awards France

Peut être nominée toute personne ou institution s’étant distinguée par son mépris du droit fondamental à la protection de la sphère privée ou par sa promotion de la surveillance et du contrôle de personnes ou groupes de personnes. Les Prix Orwell stigmatisent les surveillants - alors que les Prix Voltairedistinguent ceux qui surveillent les surveillants... 

Pour plus de détails concernant la procédure d’attribution, cliquez ici


Je suis inquiet, très, très inquiet...

 

Affiche_Transsiberien-light.jpg

 

 

 

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8, souhaite diffuser largement ce message.

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants  de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et  chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à  Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité  et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne  habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum  National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la  nature. Une façon, avec ce «cours hors les murs», de faire découvrir  ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de  me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de  sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy  Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes
vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air,
sans la moindre pancarte.
- C’est non ! »

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers  l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une  heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la  nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer  pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls  les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je  décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je  retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à  nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis par me fâcher et exige, sous peine de bousculer  les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des  Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu  de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec  descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du  département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau,  président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss,  insistent et menacent d’un scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur  du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre  autrefois, comme journaliste, en Union soviétique?:

« Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos  étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et  rejoindre les étudiants «

Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse, tant le  propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et  probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire  l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant  au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était  extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre  société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

Ndlr: voici revenu le temps des nervis, des barbouzes, des hommes de main, dans la France d'après... Le terme même de la France d'après est déjà porteur de ce qui va se passer et aller en s'accentuant... Pour ceux qui comme moi on connu la période franquiste, ou l'époque hassanienne, les relents qui se dégagent de la politique mitonnée en arrière cuisine nous rappelle bien celle de cette époque et de ces tristes sires... 

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