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24/10/2016

le chant des sirènes aux passants


Orgue marin - Zadar, Croatie par Manuec2008

Le chant de Clochard aux sirènes

Franz Clochard & Mécanique Vivante. Extrait de l’émission Tracks sur Arte from Mécanique Vivante on Vimeo.

19/10/2016

Un peu de musique dans un monde de brutes...

23/09/2016

Le système scolaire vu par Franck Lepage….

03/09/2016

Jours de Liesse

Une photo de la répétition lors de l'anniversaire des 20 ans du dessert de lune au théâtre éphéméride de Val de Rueil. Au cristal Baschet Karinn Helbert, au chant Abdou, chanteur soufi de l'ensemble Mogador d'Essaouira et de Dounia. Aux textes votre serviteur. Merci à Jean Christophe pour la photo. 
 
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Des extraits de jours de Liesse dits pas Cathy Garcia…..

 

 
 
 
Un article de jacques Josse, paru dans remue.net sur Jours de liesse.
 
 

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« Gringo égaré dans ces bas quartiers, il s’en est sorti, se demande encore comment », Saïd Mohamed.

 


 C’est dehors, au milieu des autres, dans l’incessant flux des piétons qui vaquent, se croisent, se heurtent, participant lui aussi à la grande bousculade, y happant des odeurs suaves, froides, enivrantes ou surannées, celles qui émanent des corps, des caniveaux, des chiens mouillés, des poubelles, des pots d’échappement, des cuisines ouvertes, c’est dans le brouhaha, dans l’agitation quotidienne, brutale et sauvage des rues animées que Saïd Mohamed va puiser l’étonnante vitalité qu’il diffuse ensuite sans compter dans ses poèmes. Il est en pays de connaissance. Il se mêle à ceux qui lui ressemblent et qui éprouvent l’impérieux besoin de côtoyer la foule plutôt que de s’isoler en chambre close. Cela se passe dans certains quartiers de Marrakech, de Paris, d’Istanbul ou de New York, dans des artères populaires que sillonnent des milliers d’anonymes souvent immigrés, réfugiés, délaissés, exclus, déclassés. Chacun d’entre eux porte une histoire particulière (qui a souvent à voir avec la pauvreté, la douleur, la guerre) et un présent qui prend des allures de survie en terre hostile.

 

« A Bab Doukala il faut s’être roulé dans la boue, les déchets des légumes et les couleurs emmêlées des montagnes de carottes, d’oignons blancs, de patates, de citrouilles, d’oranges, de bananes, de tomates, de courgettes, d’aubergines.
Y avoir entendu les cris des charretiers, les insultes des acheteurs.
Ainsi à Bab Doukala va le peuple qui patauge dans la richesse et l’indigence.
Peuple, sombre, de gueux fiers. Foule laide et grouillante, de noble et de mendiants mélangés. »

Arpentant l’espace urbain, il note plus ce qu’il ressent que ce qu’il voit et en profite pour mettre en route son imaginaire. Celui-ci le propulse dans des territoires où la réalité perd de sa rudesse. Quand il desserre l’étau quotidien, c’est pour y ajouter une dose de fantastique plus ou moins relié à certaines coutumes et légendes.

« L’ouvrier maçon, père de famille affamée, a bu le lait d’une femme enceinte, respiré l’encens, laissé couler le sang d’un coq noir sur la terre.
Il a suspendu une tête d’agneau au porte-bagages de son vélo et fait sept fois le tour des remparts dans le sens du soleil.
En rentrant chez lui après son labeur il a vu qu’un festin et un palais l’attendaient.
Sa tête envoûtée résonnait, des coups la frappaient drus, telle la peau de chèvre polie d’un tambour. »

Il y a chez Saïd Mohamed un souffle (et l’oralité n’y est sans doute pas pour rien) qui tend à l’extrême chacun de ses textes. Ce souffle-là est porteur d’une énergie rare. Qui doit, de temps à autre, on imagine, l’épuiser.


Saïd Mohamed : Jours de liesse, illustrations de Coline Bruges-Renard et préface de Jacques Morin, Les Carnets du Dessert de Lune.

Jacques Josse - 24 mai 2015

Une note de lecture sur Jours de Liesse….

Jours de Liesse

Les éditions Les Carnets du Dessert de Lune fêtent leurs 20 années d'existence et c'est un anniversaire qui me réjouit tant cet éditeur, en l'occurrence le charismatique Jean-Louis Massot, a toujours réussi à nous surprendre par des textes de qualité. Et le recueil de Saïd Mohamed ne vient certainement pas dépareiller l'harmonie du catalogue. Soulignons par la même occasion que Saïd Mohamed a déjà précédemment publié deux recueils aux "Carnets", "Souffles" en 2006 et "L'éponge des mots" en 2012 (prix CoPo 2014). "Jours de liesse" est visuellement un beau recueil, superbement illustré par Coline Bruges-Renard, une artiste passionnée par la peinture et le dessin mais aussi par l'édition puisqu'elle a mis en place des structures de micro-édition (Odonata édition et Dérive Hâtive édition). "Jours de liesse" est un "recueil quadriphonique". "Quatre lieux, quatre moments", annonce Jacques Morin dans sa préface, car Saïd Mohamed nous emmène bien aux quatre coins du monde, de Marrakech à New York, en passant par Paris et Istanbul, mais toujours avec la "poésie blottie dans le havresac". A Marrakech, la liesse se confond dans la chair exultante ou souffrante, dans la misère ou la splendeur abjecte de la vie entre poussière et bitume.Le poète déambule, se gonfle comme une éponge de la vie grouillante, incapable de haine pourtant. "Mon peuple je ne te déteste pas assez pour que tu me sois indifférent". Mais le désir est là, une "terrible envie de fuir". De fuir vers Paris d'abord et sa grisaille dans laquelle il pénètre "avec la masse à l'heure du labeur pour trouver de la poésie au quotidien". Car il s'agit bien de cela, Saïd Mohamed avance dans la ville en quête de poésie, de cette poésie de la rue, dans la rue, dans la promiscuité des chairs et des couleurs, des belles demeures et des tôles ondulées. Poésie des cafés et des trains où l'on parle. "Entre vos doigts passent ces trésors intouchables le savoir impartageable du bonheur des mots". Le poète marche, le poète croise des regards inconnus, "Visages déracinés, jamais vus, jamais recroisés". Dans la banlieue, "des hommes rient, d'autres fument ou tapent le carton sur l'épaule de la nuit moite…" "Parfois on se réjouit de presque rien, on pense être en vie simplement pour la joie de brûler ses doigts à la flamme des soifs". On est venu d'ailleurs, du lointain de la misère et on a échoué "marché aux puces à Saint-Ouen" pour se recréer un lambeau de monde, "Bazar où se mélangent dentelles, NO FUTUR et Orient". On a traversé des "fleuves à la nage et les frontières sans papiers en trains de nuit" pour obtenir le droit à la "gamelle du quotidien" dans une ville où des clochards dans un square jettent du riz aux pigeons… On marche, on court, de Marrakech à Paris, de Paris à Istanbul et New York, et partout les mêmes rues, les mêmes paroles, le même néant. "Aucune parole n'a le poids du plomb. Il semble que tout soi étrangement vide, englué dans le brouillard". Le poète pose un œil ouvert, attentif et chaleureux… "Entrer dans une ville et aimer son peuple…" Partout la même danse des couleurs et des odeurs, la même valse des souvenirs et des espoirs (déçus). "Quand la crise sera finie un jour, il aura sa chance, celle qui tarde à venir"… La ville écrase les hommes, comme "le marteau pilon écrase le métal". Les tours de verre et de béton renvoient le piéton à ses rêves désespérés. Tout est trompe-l'œil pour les "foules apatrides", car c'est bien de cela qu'il s'agit tout au long de ce beau recueil : ne serions-nous pas tous, partout, des "homeless", des "vagabonds terrestres" rêvant peut-être de devenir des "clochards célestes" comme Kerouac ? Dans ce recueil en prose poétique, à l'écriture truffée d'images fortes, on retrouve la musicalité de la poésie arabe ou même parfois grecque – Ritsos ou Livaditis ne sont pas loin, et même les gens du Nord comme Tranströmer… Saïd Mohamed est né en France, en Basse-Normandie, mais il a dû hériter de ses aïeuls berbères le goût du voyage. Ce recueil nomade nous transporte et nous emplit les yeux, les oreilles et les narines. Couleurs, images, odeurs, mais aussi comme un arrière-goût un peu amer, un pincement désespéré, comme une mélancolie qui égratigne l'âme… Un recueil magique et original, parfaitement mis en valeur par l'éditeur, Les Carnets du Dessert de Lune.

© Claude DONNAY, Juin 2015

 

Jours de liesse dits par Cathy Garcia

11/01/2016

La lettre d'Albert Marcoeur

Albert Marcoeur....   Comme toujours il restera un de ces artistes inconnus ou mal connus ou juste connu de ceux à qui sa musique donne du plaisir. Zappa à la française disent d'aucun... Un de ces grands bonhommes.  Un Albert au grand coeur tout simplement pour les autres, dont je fais partie... Voila l'homme qui parle des attentats dans ses voeux 2016, à sa façon d'artiste, avec sa sensibilité, son regard décalé et tellement humain... Merci Albert... Et que la 2016 te soit belle....

Aujourd’hui, c’est pas le drapeau français que j’ai envie d’accrocher à ma fenêtre, c’est mon slip plein de merde. Parce que moi, j’ai la trouille, sérieusement les chocottes. Et quand on a les foies, vous le savez tous, on chie dans son bène. Voilà, c’est tout ce que je voulais dire sur toutes ces histoires. Je ne fais pas partie de cette grande famille qui relève la tête et qui ne se laisse pas impressionner. Dans la famille des grands trouillards de la République, vous avez devant vous un représentant de première bourre.

Au lendemain des attentats meurtriers, on a assisté à une déferlante de bons sentiments, d’expressions savoureuses mais néanmoins citoyennes, tout un falbalas de phrases toutes faites qui n’engagent hélas et heureusement que ceux qui les ont apprises par coeur : "Les auteurs de ces attentats horribles, ignobles, abjects seront jugés avec la plus grande sévérité et punis avec la plus grande fermeté. L’horreur sur tous les fronts. Le carnage, la terreur, la barbarie, l’effroi, la nausée. La République a toujours su relever la tête aux périodes les plus sombres de son histoire etc., etc." Mais aujourd’hui, c’est plus pareil, si tu la relèves trop, la tête, on te la coupe. Le plus triste étant que maintenant, on est condamné à faire le museau et avancer en rang, en silence, en croisant les doigts afin de ne pas prendre un pruneau dans le bide, une éclaboussure de mitraille ou un coup de surin aux alentours de la carotide. Longtemps, j’ai pensé qu’avec toutes nos agences de renseignements, notre logistique à trouer le cul, nos soldats armés jusqu’aux dents, notre force de frappe et nos bombes atomiques, passer un petit coup d’éponge vite fait ne devrait pas être problématique ! Seulement, on m’a dit : « Albert, ça ne se passe pas comme ça ! Les lois de la stratégie économique et de la géopolitique sont compliquées. » À ce moment de la discussion, il y a généralement un peacelovieux qui la ramène : « Les armes sont en vente libre sur Internet, les états en vendent. On serait quand-même gonflé de vendre un truc à quelqu’un et l’empêcher de s’en servir. » Le radical de gauche intervient : « On nous vend déjà une voiture qui peut rouler à 220 km/h et on nous oblige à ne pas dépasser 90 km/h, ça suffit comme ça, non ? » Et bien la voilà, l’idée : limiter le nombre de victimes pour chaque intervention ! Si on dépasse la dose prescrite, on retire le permis de chasse. L’ami de trente ans clôt le débat : « Albert, tu n’y connais vraiment rien, laisse tomber toutes ces histoires et fais-nous rigoler, ça tu sais. Et je ne te cache pas qu’on préfère. »

Il est juste que sur le terrain de la rigolade, les sujets ne manquent pas. Le seul problème étant qu’ils sont de moins en moins visibles à l’oeil nu. Ouvrons donc les deux.

Le Président américain écoute les conversations téléphoniques du Président français au moment où ce dernier promulgue une loi sur le renseignement qui les autorise, ces écoutes téléphoniques. Plus crétin, est-ce que ça existe ?

Oui, Manuel Valls propose un Code de bonne conduite pour les organes de renseignement et d’espionnage. Sacré Manuel, va !

On comptait entre quarante et cinquante tonnes de cadenas accrochés aux balustrades métalliques du Pont des Arts à Paris. Tous ces cadenas étaient les témoignages vivants et authentiques des amoureux du monde entier qui, depuis des siècles, immortalisaient leur odyssée amoureuse. Il était impensable pour des amoureux normalement constitués, de fouler le Pont des Arts en omettant d’officialiser leur idylle. Tous les cadenas étaient différents. Certains de pacotille, d’autres suprêmement sophistiqués ou transpirant l’humour foireux et le sexe à deux balles. Plus le cadenas avait de valeur, plus la liaison avait des chances de perdurer. Certains couples restaient soudés et louaient leur vie entière ce petit cadenas qu’autrefois, ils avaient accroché au Pont des Arts. Les couples qui se séparaient ne revenaient jamais au Pont des Arts décadenasser leur fervent témoignage. Et même si certains y pensaient, ne serait-ce que par pure honnêteté, il aurait déjà fallu retrouver les clefs au fond de la Seine ! Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit, une fois le cadenas verrouillé, les clés étaient jetées dans la Seine : symbole parabolique ultime !

L’avènement des couples homosexuels a été le théâtre d’attroupements et d’embouteillages mémorables sur le Pont des Arts. On envisagea même de construire un autre Pont des Arts identique au premier afin de désengorger ce dernier. Mais le projet fut abandonné pour diverses raisons. Le coût, bien sûr, mais pas seulement. Les amoureux ont rejeté d’emblée l’imitation ; ce qui les intéressait, c’était de joindre leur cadenas à la masse de cadenas déjà répertoriée. Ajouter leur histoire d’amour à eux à la Grande Histoire du Pont des Arts . Ce deuxième pont n’aurait eu qu’une valeur anecdotique de vulgaire dépannage. Le Pont des Arts, c’est le Pont des Arts, il est unique, c’est pas la grotte Chauvet.

On se rendit compte au début de l’année 2015 que les rambardes du Pont des Arts pliaient l’échine et les commissions de sécurité tirèrent la sonnette d’alarme. La Mairesse de Paris angoissa à l’idée que des grappes de cadenas se cassent la gueule sur des bateaux-mouches remplis de touristes chinois. "On va retirer près d'un million de cadenas, soit 45 tonnes", explique Bruno Julliard, premier adjoint, qui déplore "cette laideur". Dehors les amoureux, allez cadenasser ailleurs !

Je me souviens d’une photo en noir et blanc qui représentait les cadenas du Pont des Arts cadenassés entre eux. Des cadenas cadenassés à des cadenas, magnifique ! Et c’était légendé : Amour, quand tu nous tiens !

Avons-nous, toutes et tous, repris nos esprits, nos forces et nos couleurs ? Je l’espère de tout coeur, histoire de nous présenter à l’aube de cette nouvelle année, frais comme des gardons, presque tout neufs. Salutations XXL.

Albert Marcoeur, le 03 janvier 2016

16/12/2015

Dhafer Youssef

13/12/2015

On parle encore M. Ernesto….

Décidément ce drôle de zigue d'Ernesto fait parler de lui… Ce personnage qui au début n'était qu'une blague de potache prend de l'ampleur avec les jours… Faut dire qu'il a de quoi se mettre en colère M. Ernesto… Lui qui n'est pas à un mauvais jeu de mots près, le voila en ces jours sombres coincé entre des salafistes et de saluts fascistes… Donc c'est au tour de Jacques Morin dans la revue Décharge N° 168 d'y aller de sa note critique… 

 

Dans ce livre, Saïd Mohamed fait montre de sa truculence habituelle. Dans un quasi monologue (à part au début pour lancer le personnage, et à la fin pour le recentrer dans le bistrot, où fusent les brèves de comptoir), Ernesto parle, éructe, déblatère, soliloque dans la verdeur d'une langue qui le fait lire avec gourmandise. C'est souvent juste, parfois arrogant, presque suffisant ou donneur de leçons, parfois extravagant. Mais les paragraphes s'enchaînent, balayant toutes sortes de sujets qui peuvent faire polémique : Dieu, les chevaux, les taulards. Le sous-homme loue aussi sa télévision, sa sécurité et l'air qu'il respire. Ce qui ne l'empêche pas de se pendre... l'administration, l'amour, les femmes, la pornographie, la guerre ... Les thèmes s'emboitent avec la transition évidente que tout se tient. Il n'est pas fait mystère de ce qui délie ainsi la langue, mais les idées restent claires et le discours tient la route. Alors, bien sûr, Ernesto demeure une mouture de Saïd lui- même, le révolté bouillonnant, on retrouve dans la biographie le côté typographe, poète et professeur entre autres. Car l'auteur n'est pas le dernier pour se mettre en boule et contester tout ce qui lui vient à l'esprit. On s'attache rapidement à Monsieur Ernesto, on lui offrirait bien un coup à boire. 

In Décharge 168 (Jacques Morin)

 

04/12/2015

Encore M. Ernesto….

Article de Mustapha Harzoune paru dans le magazine de la cité

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Allez ! Disons-le, d’entrée : Monsieur Ernesto est le porte-flingue de Monsieur Saïd Mohamed. Car le bonhomme, familier du café Chez Nicole, tire sur tout ce qui bouge, avec précision, férocité, sans état d’âme, sans ce faux semblant, ce trompe-couillon, cette couche superficielle de civilisation qui sied à nos contemporains fiers de leur "patrie des droits de l’Homme" mais qui claquent la porte au nez des infortunés déguenillés du Sud ou de l’Est, fiers du triptyque républicain mais qui, au nom de l’égalité et de la fraternité, se soucient davantage d’une chemise déchirée que d’existences brisées par ceux que l’auteur appelle sans doute "les intégristes de l’économie". "Va savoir à quoi ça sert toute cette saleté de progrès" dixit Monsieur Ernesto.

Parfois, l’habitué du comptoir sort le bazooka. C’est gros. Exagéré. Au point de blesser quelques innocents. Affaire de fesses souvent, de tournantes parfois. Affaire aussi de fonctionnaires - "un fonctionnaire ça fonctionne. Ça n’est pas fait pour réfléchir". Ça peut frôler l’inacceptable. Saïd Mohamed ne prend pas de gants. A n’en pas douter, il s’amuse. Et le lecteur aussi, pour peu qu’il soit sensible à cette plume qui écrit sans concessions, en toute liberté. Saïd Mohamed fait partie de ces écrivains-poètes, rescapés de l’Adass, miraculé de l’existence qui, plutôt que de dézinguer - littéralement - ses contemporains, préfère le faire, littérairement. Écrivain rare qui écrit sans forligner, fidèle aux siens, les réprouvés de la terre, de la migration et des usines. Espèce rare en voie de disparition, gavroche de l’écritoire qui mêle à la gouaille reçue en héritage la poésie des mots. Et le bourgeois est dans le collimateur : "C’est pas possible ce que le bourgeois peut-être niais ! Ça ne pense qu’à moitié. Normal, ça n’a pas besoin de réfléchir aussi vite que nous pour survivre dans cet univers, alors les neurones s’enkystent. C’est la seule explication. J’en vois pas d’autre".

Ainsi, Monsieur Ernesto vient de faire irruption dans l’œuvre de Saïd Mohamed. Une quarantaine de pages, une esquisse donc, la préfiguration d’un personnage à construire, à qui il faudra donner du corps, de la chair. Pour ce qui est de l’âme, on en a déjà une petite idée. Bien sûr, "Monsieur Ernesto" est un sobriquet dont on est coutumier dans le populo - de "souche" ou immigré. Dans le bistro paternel on apostrophait le quidam à coup de "Neuneuille" et de "Quatre et trois sept" (le premier pour celui dont la vue baissait, le second pour celui qui, accident ou malformation, boitait d’une jambe). Ici, c’est un béret, encore et toujours visé sur la tête de notre "client" qui lui a valu le surnom. Un béret comme celui du camarade qui a fini en T-shirt pour gogos. Mais il n’y a pas que le couvre-chef qui rappelle le révolutionnaire argentin. Il faut écouter Monsieur Ernesto tomber sur les féministes, les écolos, les militaires et autres va-t-en-guerre, l’administration inquisitrice, les hypocrisies particulièrement rentables de la "justice" pénitentiaire, l’économie de la drogue dont s’accommoderait "le système", le bizness de la guerre, les l’influence des pesticides sur la fécondité, vanter la "bagatelle" qui se termine en grossesse plutôt que les discours "pervertis" qui se terminent en bain de sang, sans oublier les médias, dealeur de peur et accros à l’audimat ! D’ailleurs, à propos des réfugiés, "dès qu’ils le peuvent, certains fuient nos guerres mal faites. Autrement, ils crèvent en patera dans la Méditerranée, et dans l’indifférence la plus totale. Ça mettait la larme à l’œil à tout le monde, à l’époque, les boat people qui fuyaient les Bolcheviks. Ça c’était une bonne cause à défendre. Mais, un pauvre Nègre ou un Arabe qui fuient une guerre qu’on a volontairement organisée dans leur pays, ça faut pas tripette à l’audimat". C’est écrit avant l’émotion suscitée par l’insoutenable photo du jeune Aylan.

Alors allons faire un tour en banlieue, ici pas de photos, donc rien de nouveau. "Sur la délinquance, il y a bien une recette : entasser des pauvres d’un autre pays dans des cités construites par des types qui sortent des grandes écoles et qui n’y habiteront jamais. Et pour cause, dans les quartiers aux esclaves, on y loge les esclaves, pas les dominants". Et voilà notre Ernesto qui multiplie les descriptions et les explications sociologisantes. Et il n’a sans doute pas tort quand il affirme que "pour s’en sortir, ils [ces jeunes de banlieue] devront être des Superman, des Rambos ; sans ça ils ne pourront prétendre à rien d’autre". Et malgré le laïus anti fonctionnaire, personne n’étant à une contradiction près, Monsieur Ernesto, sans doute après avoir glouglouté quelques verres, revient à la raison : "Depuis le temps que les tubes cathodiques leur défèquent dans le cerveau, à ces enfants-là ! Normal qu’ils finissent par ne plus rien y comprendre. Et ce serait la faute de l’éducation nationale si le monde va si mal ? Mais, que peut un triste prof castré par son administration versus le plaisir déversé à flots par la tétée quotidienne d’ondes hertziennes qui leur dilate la rate, aux Gremlins ?".
De cela tout le monde s’en fout. Finalement, il y a deux façons de réussir et attendrir le chaland : le faire chialer de compassion pour une de ces femmes, abstèmes et soumises, mais ô combien courageuses, voire, dorénavant, pour un gamin qui a fini sa courte course le nez dans le sable, où alors le faire rire. Mais pas n’importe comment : "Si vous voulez passer pour un comique, imitez leur sabir et vous ferez tordre de rire n’importe quel natif local-local lors d’un repas de noces". A méditer…
Reste que "pour la première fois, la génération présente sait que l’avenir n’est pas assuré", "le rêve est terminé. La réalité s’est imposée". Et le presque cynique Monsieur Ernesto serait déjà dépassé par cette réalité ! Le sage rabbi Nahman de Braslav enseignait que "plus les temps seront durs, plus notre rire sera fort". Il n’est pas certain que ce Monsieur Ernesto fasse rire - quoi que ! - mais en tout cas, sa voix permet de recouvrir les discours de ceux qui ont fait du boniment leur profession et qu’"on croirait démoulés d’une usine à cons".

 

On parle de M. Ernesto

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Article de Lucien Wasselin paru dans la revue Texture 


Saïd Mohamed est romancier et poète. C’est par ses deux recueils de poésie publiés au Dé bleu que je l’ai découvert :  « Délit de faciès » (1989) et « Mots d’absence » (1987). Il publie aujourd’hui un court texte en prose aux Éditions Lunatique, « Monsieur Ernesto », un texte inclassable (nouvelle, roman, récit ?) : c’est un livre à lire au deuxième degré, voire au troisième. C’est un long monologue dans lequel le narrateur intervient très peu, tenu par un vieil anar pour décrire la société occidentale capitaliste comme il se doit. Anar de droite ou de gauche, c’est selon !


Comme tous les piliers de bistrot, Monsieur Ernesto (qui doit son sobriquet à son « béret enfoncé jusqu’aux oreilles qu’il porte en permanence et à son art de tout contester » : cela rappelle le Che) est un personnage haut en couleurs qui n’est pas à une contradiction près. Ainsi l’enseignant est-il (p 30) « un fonctionnaire sûr de son savoir, lequel étale plus sa culture qu’il ne fait preuve d’intelligence au contact de ces Gremlins en manque d’affection » mais il est (p 32) « un triste prof castré par son administration versus le plaisir déversé à flots par la tétée quotidienne des ondes hertziennes qui leur dilate la rate, aux Gremlins » qui ne peut pas grand-chose ! Le lecteur aura reconnu dans les Gremlins, non pas ces petites créatures imaginaires popularisées par un film étasunien et qui ravagent une ville de ce beau pays mais les enfants d’immigrés au chômage abreuvés par « l’éducateur cathodique » qui en fera des délinquants ! Ce lecteur hésitera entre le fonds de vérité et le ramassis de clichés…

Le passage sur les guerres est hilarant et tragique à la fois. Finalement, ce que dénonce Saïd Mohamed via son personnage, c’est la course au profit. « Pour tout, il faut trimer, payer et supporter les discours des intégristes de l’économie ». Au lecteur donc de faire le tri dans les propos tenus par Monsieur Ernesto pour se faire son opinion et agir en conséquence.

C’est écrit dans une langue drolatique, il faudrait tout citer ; c’est pourquoi il faut absolument lire ce mince ouvrage. C’est bien construit, le narrateur qui apparaît dans la première page s’efface dès la deuxième pour laisser la parole à Ernesto et, après de brèves interventions dans le texte, ne réapparaît qu’à la fin (pp 39-41) où Saïd Mohamed avoue : « C’est dans ce rade que je viens écouter la petite musique de la vie jouée trop bruyamment. Elle prend le dessus. Tout le reste paraît fade, trop fade. Il ne fallait rien dire et écouter, surtout ne pas essayer de discerner le vrai du faux, l’énorme du sensé, le gag du bon mot ». Au lecteur de discerner, du travail lui reste à faire !

(Saïd Mohamed, « Monsieur Ernesto ». Éditions Lunatique, 46 pages, 5 €. Sur les salons, dans les excellentes librairies ou sur commande sur le site : www.editions-lunatique.com)

29/11/2015

Mourir pour des idées....

 Le poète palestinien Ashraf Fayad a été condamné à mort le 17 novembre dernier, pour un texte dans lequel il renonce à toute forme de foi. Une apostasie qui devrait lui coûter la vie, en vertu des lois saoudiennes, lesquelles puisent leurs sources dans la charia. Charmant. « Je suis sous le choc, mais c’était prévisible. Je n’ai cependant rien fait pour mériter la mort », assurait-il. Reste qu’il peut compter désormais sur le soutien de la communauté internationale.

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Être condamné à mort, pour avoir publiquement exprimé qu’il renonçait tant à la religion qu’à la foi, voilà qui est dur à avaler. En 2014, lors de la première instance, le poète avait écopé d’une peine de seulement quatre années de prison et 800 coups de fouet. Ce n’est pas parce qu’il est douillet qu’il fit appel, mais mal lui en prit : le tribunal a changé sa peine en une mise à mort.

Mais l’organisation Human Right Watch dénonçait que le tribunal n’avait pas souhaité le condamner à mort, parce que le poète avait tout de même présenté des excuses. Pour autant, un nouveau tribunal considérait que le repentir devait se faire devant Dieu en personne, et qu’à ce titre, les excuses ne suffisaient plus.

Représentant du pays à l’occasion de la Biennale de Venise en 2013, Ashraf Fayad redoutait déjà la police religieuse qui sévit dans le Royaume. Une première détention au cours de cette même année avait finalement conduit à son arrestation en janvier 2014.

Aujourd'hui, on lui laisse jusqu’au 17 décembre pour faire appel de la décision.

Mobilisation des poètes du monde, "consternés"

Dans cet intervalle, plusieurs écrivains du PEN International se sont mobilisés dans une lettre ouverte aux tribunaux saoudiens. Carol Ann Duffy, Paul Muldoon ou encore Adonis en tête de liste, des poètes du monde entier tentent de faire entendre raison à la justice (tout est discutable...), et manifestent leur solidarité.

Les preuves avancées par la justice saoudienne tiennent uniquement à leur lecture de ses poèmes ou des interventions sur Twitter – et même une conversation où on l’aurait entendu tenir des propos blasphématoires, dans un café d’Abha. « Nous, poètes du monde entier, sommes consternés que les autorités saoudiennes condamnent à mort le poète Palestine Ashraf Fayad, pour apostasie », écrivent les signataires.

« Ce n’est pas un crime que d’avoir une idée, aussi impopulaire soit-elle, ni un crime d’exprimer une opinion, en toute quiétude. Chaque individu a la liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté de conscience est une liberté humaine essentielle », flagellent-ils. Pour eux, la mise à mort de Fayad relève d’un exemple déplorable de « l’absence, en Arabie Saoudite, de tolérance pour la liberté d’expression, et de la persécution continue des libres penseurs ».

Les autorités du pays entendront-elles la plainte, et les exigences des signataires ?

De son côté, le poète a fait état dans le Guardian, de sa gratitude à l’égard des personnes qui se sont engagées dans la défense de sa cause. « Pour être honnête, je suis étonné parce que je me sentais seul ici. Je suis en bonne santé. Je tente de suivre tous les développements. Les gens devraient savoir que je ne suis pas opposé à quiconque ici : je suis un artiste et je recherche ma liberté », explique-t-il.

Un soutien mondial

Une douzaine d’autres organisations internationales dédiées à la liberté d’expression et au respect des droits de l’homme se sont manifestées auprès des autorités saoudiennes. Un appel sera remis prochainement à l’ambassade de l’Arabie saoudite à Londres, par le PEN English, condamnant fermement la décision prise de mettre à mort le poète.

Une pétition a également été mise en ligne, et compte aujourd’hui 13.419 soutiens, en faveur d’une intervention pour sauver le poète.

Privé de carte d’identité, le poète n’a pu bénéficier de l’aide d’un avocat pour se défendre. Pour Ashraf Fayadh, cette condamnation vient après de nombreux problèmes rencontrés avec la police religieuse. Pour ces amis, qui avaient alors lancé une page de soutien, la police religieuse n’ayant trouvé aucune trace « d’incitation à l’athéisme » dans ses poèmes, elle l’avait poursuivi pour avoir fumé et pour arborer des longs cheveux.


Si comme moi vous pensez que les fascistes avec ou sans pilosité, et cela indépendamment de l'idéologie, ne parviendront à leurs fins que si face à eux nous sommes des lâches, alors la résistance à l'inéluctable commence aussi par apporter sa signature à cette cause.


https://www.change.org/p/sauvons-le-poète-palestinien-ashraf-fayad-condamné-pour-apostasie-par-l-arabie-saoudite

 

26/11/2015

Instants de grâce...

Kévin Prone est né en 1991 à la Martinique. Depuis son enfance, ses décisions sont rythmées par sa passion pour l’art musical.

Lors d’une audition pour intégrer un groupe de comédie musicale en 2004, il a été choisi pour assurer le rôle principal d’une œuvre lyrique écrite et mise en scène dans le but de dénoncer les violences infantiles. Cette première expérience lui a permis d’éclaircir ses objectifs et s’épanouir.

Kévin Prone a fait appel à des professeurs aguerris qui l’ont aidé à développer ses techniques vocales. Il a partagé la scène avec nombre d’artistes tels que Alexander Anderson et Alicia Dufond. Grâce au chant, à la scène et au partage de son émotion avec un public, Kévin Prone a la conviction de pouvoir retransmettre des valeurs avec des messages forts et ainsi de contribuer à un monde meilleur.

Son objectif : transmettre ses émotions et sa vision du monde au travers de sa voix.

En 2010, Kévin Prone quitte la Martinique pour s’installer en France. Il souhaite poursuivre ses études et saisir des opportunités pour créer sa place dans le milieu musical.

En devenant membre du groupe New Gospel Family il découvre les atouts du chant en chorale qui lui permettent de partager sa passion avec des passionnés et lui apprennent à s’accorder avec son univers. Un monde où la libre-expression du cœur de l’artiste est possible.
Finalmeent, Kévin Prone quitte le groupe de Gospel. Doté d'une voix de contre-ténor, il décide de marcher sur les traces de grands noms du genre lyrique et de sa tessiture vocale tels Farinelli ou plus récemment Philippe Jaroussky. 

En 2014, le jeune contre-ténor a parcouru plusieurs régions de France et Belgique pour aller à la rencontre d’un public désireux de découvrir la singularité de sa tessiture vocale. C’est dans un répertoire baroque que Kévin Prone s’est affirmé et a véritablement conquit ces spectateurs. 

Ce dernier a également eu la grande opportunité de prêter sa voix pour l’enregistrement de la bande d’annonce d’un court métrage. Ce film intitulé Verset Criminel a été sélectionné dans la catégorie Short film corner du 68e Festival de Cannes. 

Aujourd’hui, c’est en exploitant de grands airs lyriques et différents styles musicaux que Kévin Prone désire se révéler au monde et espère toucher un public des plus larges.

 

 

 

25/11/2015

Francesco Pittau parmi les 5 finalistes du prix Rossel

Les carnets du Dessert de lune est un grand éditeur que tout le monde pensait petit… Ceux qui regardent à deux fois la production de Jean Louis Massot commencent à se dire que ça fait beaucoup de monde qui rapplique par chez lui… Le querrec Vinau, Pittau, Fano… Bon le Rossel pour Francesco ce n'est pas encore dans la poche, mais on parle encore du Dessert de lune et ça, ça vaut bien que l'on se penche un peu sur les dernières productions....

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L’intrigue

Tête-Dure, c’est le surnom que sa mère lui a donné, a six ans. On est en 1962, en pleine crise des missiles cubains. Le gamin suit le monde des adultes, avec cette menace de guerre d’un côté et la guerre que se font ses parents. Tête-Dure observe avec inquiétude son univers qui semble se déglinguer.

L’Indien, rouge cru des pieds jusqu’à la dernière plume de son chapeau de guerre, s’élance sur ses mocassins silencieux. Sans poids sur le balatum, sa foulée est courte. Il ne respire pas. Il n’en a pas besoin. Ça y est ! il a atteint le pied de la table ; il attend un peu, puis repart avec agilité vers la chaise debout dans la pénombre chaude des rideaux. Ses muscles sont luisants. De peur ou de sueur. Il s’approche de la chaise. Jette son regard à gauche et à droite. Rien de suspect. Se relâche. Un doute, pourtant, doit lui triturer les tripes, car tout est trop calme. D.R.

Tout est beaucoup trop calme. Son corps, malgré lui, retrouve sa tension première, se raidit dans une crispation nerveuse de tous les membres.

Francesco Pittau, « Tête dur », Roman, Les Carnet du Dessert de la Lune

L’entretien : 


Finaliste du Rossel, ça émeut ?

Je ne réalise pas encore. Je ne m’y attendais vraiment pas. C’est en tout cas un coup de spot bienvenu sur mon travail et sur la petite maison d’édition qui m’a publié.

Vous écrivez davantage pour les enfants.

Oui, j’ai écrit une centaine de livres pour ce public. J’ai encore chez moi des manuscrits, des contes. C’est sans doute un reste d’enfance. Je lisais beaucoup et j’adore toujours relire Huckleberry Finn, Stevenson, même le Pinocchio de Collodi. De là, j’en suis venu à écrire pour la jeunesse. Mais j’écris aussi pour les adultes et pour moi, c’est pareil. Il n’y a pas de différence dans ma tête.

Tête-Dure, c’est vous ?

Non. J’étais plus turbulent que ce gamin. Il y a dans ce livre de vrais personnages et de vrais décors, mais ce n’est pas moi. Ou juste un petit peu, comme toujours. C’est Philip K. Dick, l’écrivain américain de science-fiction que j’adore vraiment, qui dit qu’on a beau tenir ses histoires et ses héros intellectuellement à distance, il y a toujours un peu de soi qui s’échappe dans tous les livres qu’on écrit.

18/11/2015

La situation vue par Adonis....

Eduquons, et ce n'est pas une insulte…

Alain Chouet ex directeur de la DGSE…

Donc un monsieur informé et sensé…

Pas le ragot de trottoir...

 

 

Monsieur Chaliand, un autre monsieur très bien informé et sensé….

Suite...

 

 

 

 

 

Et point de vue de M. Poutine….

13 novembre

 

Nous récoltons les moissons de nos seigneurs

Et les coquelicots dans le blé de notre jeunesse

Sont à la parade, insolents dans l’herbe si tendre.

 

Nous buvons le fiel du vin des maîtres

La corde sur le cou, attendons à leurs pieds,

L’ordre d’aboyer à la nuit gangrénée

Par la peste émotionnelle pour mordre le vide.

 

Nous sommes nés et vivons comme l’air, libre

D’aller, où nous semble bon, dire ce que voulons.

Dans le désert crier sous la lune, rien n’importune,

princes, rois, puissants, qui couvrent d’un bruyant

brouhaha le silence de celui qui jamais n’aura parole.

 

Ainsi va l’ordre du monde, dites-vous.

Pas d’innocence encore moins de naïveté

 

Nous récoltons sur nos mains le sang de nos enfants,

tandis que nos maitres boivent le divin nectar

des bénéfices de cette boue pétrie aux alliances vénales

de real politic fleurant bons le pétro-cash

La géo stratégie, l’influence de vérole.

 

Innocence dites-vous, où la poésie n’aurait pas sa place.

Lot du poète, d’extraire l’or, même de l’horreur…

Et vous maîtres, comment de cette récolte

séparerez-vous, le bon grain de l’ivraie ?

 

 

02/11/2015

Le langage sifflé….

Une si étrange langue...

28/10/2015

Les ieuvs tombent à plat ….

J'ai publié un précédent post sur les ieuvs, car mon ami Christian Poincheval s'est fourvoyé dans ce nanar  docu de série Z... Z comme Zardoz, le pire film, devenu un film culte pourtant… Les voies du cinéma sont impénétrables et celles de la télé encore plus… Bref j'ai appris la nouvelle du bouillon sans culture des ieuvs... Rien d'étonnant à cela… Réjouissant presque… Serait ce que le public n'a pas accepté un niveau si bas ? Quel phénomène a enrayé la machine bien huilée pourtant ce qui se traduit pas un fiasco financier. Des millions investis en pures pertes… Une belle leçon d'humilité pour ces concepteurs démoulés à la louche des studios Crétins and Co…. 

  J'ai trouvé un article sur Télérama.fr qui en parle… le voici donc.

NRJ12 annule “Coup de jeune à Las Vegas”, faute d'audience...

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“Coup de jeune à Las Vegas : les ieuvs font leur show !””, une nouvelle émission de téléréalité consacrée aux séniors arrive ce soir sur NRJ 12. Une lectrice nous a écrit pour nous expliquer pourquoi, elle qui n'avait pas du tout le profil, a ressenti le besoin d'y plonger, contre l'avis des siens. Récit.

C'est la loi du genre. A Télérama comme ailleurs, les lecteurs écrivent pour contester, se défouler ou donner leur opinion (généralement opposée à celle du journal) sur un film, une émission, un livre, la marche du monde… Il leur arrive aussi (plus rarement), de dire « bravo » ou « merci ». Et puis, il y a ces OVNI, des lettres ou des mails surgis de nulle part, comme celui du le 4 octobre 2015 qui disait ceci :

Bonjour,
On peut être une fervente lectrice de 
Téléramadepuis 1970 sans jamais déroger à son achat hebdomadaire (sauf pendant les huit années que j'ai passées à vivre en Afrique) et participer à une aventure collective pour un projet « artistique ». Mon univers est celui d'Aragon et Barbara. J'ai 66 ans, j'écris, je chante du lyrique, cependant je me suis jetée à l'eau. J'ai chanté du rock ! Je ne connais rien à la téléréalité. J'ignorais jusqu'à l'existence de NRJ 12. Je regarde seulement Arte et Ciné Géants à la télévision.

Je suis partie sans l'assentiment des miens, sans savoir où j'allais. Je ne regrette pas ma décision. J'aurais aimé rencontrer un journaliste lors de la conférence de presse qui a eu lieu vendredi à Paris. Je connais d'avance votre réaction à l'annonce de ce programme. Je serais triste de me sentir salie par mon magazine préféré, celui qui me tient au courant du monde intellectuel et culturel. Je suis à votre disposition si vous souhaitez en savoir davantage. Cordialement.

France

PS : depuis vingt-huit ans et mon retour définitif en France, j'ai photocopié mille quatre cent cinquante six grilles de mots croisés de 
Télérama. De fait, chaque semaine, mon mari et moi les faisons en parallèle.

Intriguant. Nous avons voulu en savoir davantage. France a tourné dans la prochaine téléréalité (« docu soap » en novlangue télévisuelle) de NRJ 12 dont les deux premiers épisodes seront à l'antenne le 19 octobre prochain. Titre : Coup de jeune à Las Vegas : les ieuvs font leur show ! Concept : faire du neuf avec des « ieuvs ». Fini (momentanément) Les Anges, leurs éclats adolescents, leurs ébats, leurs états d’âme ; place aux séniors.

 

 

Dix chanteurs amateurs de 60 à 71 ans ont été sélectionnés pour monter en cinq semaines dans l'habituelle villa de Las Vegas un show garanti 100 % rock'n'roll. Objectif : donner un concert unique dans une des salles mythiques de la ville, le Pearl. Pour « relever le défi », nos rockeurs plus tout à fait en herbe sont accompagnés de huit jeunes danseurs âgés de 20 à 27 ans, avec qui ils ont dû monter le spectacle.

A priori, rien ne prédestinait France à être de cette histoire. Elle avait pourtant décidé d'en être. Nous avons voulu comprendre pourquoi, la lui faire raconter. Nous l'avons appelée, elle a accepté sans barguigner. Une façon peut-être pour elle de boucler la boucle. Récit d'une candidate pas tout à fait comme les autres.

Chaîne TV ch. séniors pour projet de chorale…

En ce début du mois d’août dernier, mes amis m’envoient une information sur le casting suivant : chaîne TV cherche choristes séniors pour un projet de chorale. Le tournage se fera hors France. Je ne suis pas choriste, je prends des cours particuliers de chant lyrique depuis dix ans. Mes amis me savent attirée par tout ce qui touche à l’art et à la créativité : je fais du théâtre, j’écris.

Je me présente au casting. Je ne connais pas l’existence de cette chaîne. La production m’explique que ce ne sera pas de la téléréalité, mais un docu-réalité. Je ne regarde pas ce genre d’émissions mais à mes yeux, un documentaire, cela fait sérieux. Le courant passe bien, on me demande si j’ai un passeport. On répond à mes questions. Je m’assure qu’ils n’oseront pas tourner en ridicule les séniors. J’insiste : on ne peut demander à des personnes chargées du poids d’une vie (maladies, deuils, chagrins) de se jeter dans une piscine comme le font des noms que je croise au hasard de mes lectures chez le coiffeur en attendant que mes mèches blanchissent. Paradoxe : j’ai très peu de cheveux blancs, j’en veux. Caprice de femme.

“Je frôle l’excommunication familiale et amicale”

 

 

Je quitte ma maison un dimanche, seule. C’est seulement le lendemain que je connaîtrai la destination. Je laisse derrière moi un mari et deux filles (deux jeunes femmes) non pas éplorées mais en colère : « comment notre mère, mon épouse, peut-elle se commettre dans une "chose" pareille ? C’est contraire à son univers culturel » En désertant les lieux, je frôle l’excommunication familiale et amicale. Habitée du sentiment d’avoir fait un crime de lèse Grande Culture. Mais je pars, poussée par le goût de l’aventure sans grand danger, du défi à relever. Pas de fanfare pour m’accompagner, pas de requiem. Il n’aurait plus manqué que cela. Je me sens bien vivante.

Le lendemain je suis informée : nous partons à Las Vegas, nous chanterons du rock'n’roll des années 80, le groupe s’appellera Les Ieuvs ! Moi, dans un monologue intérieur : « Je ne veux pas aller à Las Vegas. Je ne connais rien aux titres annoncés. je déteste ce mot "ieuvs". Je rentre chez moi. » Cerise sur le gâteau, on nous tend un tee-shirt avec le nom du groupe. Je crois défaillir. Le coach vocal s’inquiète en riant « Ça va France ? » « Pas du tout », et je lui fais une grimace. J’attends la suite.

“Il faut savoir prendre du recul, quitte à tomber dans le vide”

 

 

Ma voisine m’informe qu’elle est de telle région de France. Je lui demande « connais-tu le docteur Untel ? » « Bien sûr, c’est un ami de longue date. » Je souris. Une question, une réponse : je vois les larmes monter à ses yeux. « Ton mari m’a sauvé la vie il y a quarante ans ». En ces années lointaines, mon mari était interne à l’hôpital de cette ville. Cet épisode émouvant me met en confiance.

Tous les gens présents sont sympathiques, enthousiastes. Je suis la seule sur ma réserve. Il faut savoir prendre du recul, quitte à tomber dans le vide, me dis-je. Et c’est le grand voyage. Moi qui me suis juré de ne plus jamais prendre l’avion, qui refuse de me rendre aux Etats-Unis, qui ne me sens pas encore sénior dans l’esprit et le corps, me voici embarquée dans une folle aventure, avec des inconnus. Au fond de moi, je ne suis pas mécontente.

Dans l’avion j’apprends que l’un des messieurs fait lui aussi partie de ma vie. Chanteur troubadour, il s’est arrêté avec son épouse, sa roulotte et son cheval dans la localité où j’habitais avec mari et filles il y a presque quarante ans. Je vis une deuxième rencontre tout aussi émouvante que la première. La suite m’en promet de belles.

“Huit jeunes gens nous accueillent : nous allons vivre en communauté durant cinq semaines”

 

 

Notre arrivée à la villa est marquée du sceau de la surprise : de fait, huit jeunes gens nous accueillent, ahuris de nous trouver en face d’eux et réciproquement. S’ensuit une présentation qui éclaircit le doute et sème un peu de panique bilatérale : nous allons devoir vivre en communauté durant ces cinq semaines car ce groupe de danseurs et danseuses accompagnera notre prestation de choristes.

Les jours se suivent, chargés des répétitions, des aventures à explorer dans ce désert où s’érige une ville aux réalisations clinquantes. A l’instar des regards d’enfant dans un Disneyland (où je ne suis jamais allée), le mien se charge de surprise, de joie, d’étonnement. Cette première visite de Las Vegas produit en moi un effet que je n’aurais jamais imaginé : inconsciemment je lâche prise, je me laisse porter par cette ville aux fausses statues, aux lumières éblouissantes, aux machines à sous sans intérêt pour moi.

Tout en grognant contre ces chansons de rock qui ne me plaisent pas, je me lance dans le travail. J’apprends les textes. Nous répétons avec le chef de chœur et son musicien. Nous travaillons en binôme ou à plusieurs dès que nous avons un moment de libre. Entre les répétitions, les aventures hors villa, les repas à préparer (déjeuner et dîner pour dix-huit personnes chaque jour, et ce pendant cinq semaines, c’est difficile à gérer), le temps passe vite.

“Je me refuse le droit à la médiocrité”

 

 

La chorale avance de façon inégale. Chanter en chœur demande une attention constante au chef de chœur. J’ai peu d’expérience en la matière mais j’essaie de respecter les ordres. Nous découvrons le talent des danseurs. Ils sont beaux, intelligents, passionnés de danse, attachants et surtout doués. Très vite, ces jeunes gens, garçons et filles, nous font confiance et nous leur rendons la réciproque. Si je demeure sceptique sur la qualité de notre prestation finale, je me dis qu’ils seront là pour masquer nos faiblesses. Cependant, je me refuse – je nous refuse – le droit à la médiocrité. Nous devons être au top, leitmotiv dans la bouche de nos répétiteurs comme dans ma tête. Nous ne devons pas être ridicules, pour cela il faut travailler. C’est ce que nous faisons tous. La pression monte avec l’approche du show. Tous nos moments libres sont consacrés à des répétitions entre choristes. Les danseurs travaillent avec acharnement et grâce. Enfin le show a lieu. Pari réussi ou non ? Les images parleront d’elles-mêmes. Je n’ai pas l’intention de me substituer à elles.

J’ai ouvert une parenthèse dans ma vie, j’ai laissé pour un temps tout ce qui fait le quotidien. Les factures s'empilent sur mon bureau, à côté des cinq grilles de mots croisés de Télérama.

“Les critiques pleuvront, bonnes et mauvaises”

 

 

Pas de fanfare à mon arrivée, pas de Sacre de mes 65 printemps révolus (j’ai eu un bel anniversaire organisé par tout ce petit monde à Las Vegas). Les critiques pleuvront, bonnes et mauvaises. Nous sommes tous prêts. Je ne suis pas une héroïne de série. Je ne suis pas une héroïne du tout. Il faut du courage pour s’occuper des réfugiés dans un camp, lutter contre les morts en mer de la clandestinité et tout ce qui fait les malheurs de ce monde. Je regrette de ne pas être à la hauteur.

De cette aventure sans risques majeurs, je garde le meilleur : les rencontres humaines, un défi relevé avec un certain succès, la découverte d’une ville « folle » mais aussi des beautés du désert, avoir surmonté des peurs. Pour finir en beauté : aujourd'hui,Télérama sait que j'existe. Et ça, c'est énorme.

17/10/2015

Les ieuvs dans le plat à Las Vegas….

 

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Christian Poincheval, ami de longue date, est parfumeur de pets… En effet il est l'inventeur de la pilule à parfumer les pets. Tel est un de ses titres au civil… Car il en possède bien d'autres. Inventeur autant génial que loufoque, il n'en est pas à une loufoquerie prés. Je lui en connais bien d'autres que je me garderais bien de révéler… Mais bon dieu Christian qu'es tu allé foutre dans cette bauge : les ieuvs à las Vegas ?

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Il a réussi le tour de force de parfumer les flatulences en douce fragrances de rose ou de chocolat… Je doute cependant  que ses loufoqueries réussiront à parfumer l'odeur de  fumier qui se dégage dela télé-réalité des ieuvs à las Végas... Mais j'en prends le pari...

 

 

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La post production n'est pas comprise dans le contrat, n'est ce pas? Si la production a acheté son image pour le show business sa parole n'a pas été achetée, elle. Si des jeunes loups aux dents longues sont allés chercher Poincheval pour utiliser son image, ils ignoraient sûrement, car ce n'est pas leur rôle que de savoir, qu'ils se mettaient le cochon dans le maïs comme on dit dans le Gers.

Car Poincheval qui n'a rien d'un chanteur amateur, n'est pas et n'a jamais été un rocker, sauf pour s'amuser pendant un mois dans un Barnum à trois sous. C'est un chanteur folk de chansons de sa composition qui tournait déjà dans les années  soixante dix et quatre vingt sur les départements de l'Ouest. Rien d'un amateur qu'on manipule comme un gadget, donc...

Parions qu'il raflera la mise de cette grosse guignolerie... C'est tout ce que je lui souhaite... Cela a sûrement une belle aventure humaine de rencontrer et de travailler avec des jeunes gens et des aventuriers comme lui dans cette histoire, mais le retour à la réalité pour ceux qui ne sont pas préparés risque d'être bien plus  dur... 

Quand le fils se met dans la peau d'un ours pendant treize jours au musée de la chasse, le père peut bien s'immerger pendant un mois dans une télé réalité débile… Cela donnera de bonnes blagues à raconter lors des repas familiaux. 

A qui des deux aura relevé le défi le plus improbable, ou qui se sera mis dans une situation qui les surprendra eux même le plus, ainsi que l'entourage. mais personne ne pourra plus oublier le nom de ces deux-là...

 

Abraham Poincheval et ses treize jours dans la peau d'un ours...

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Dans son projet de remonter le Rhône dans une bouteille...  

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Enterré pendant 8 jours sous la mairie de Tours...

 

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14/10/2015

Lizz Wright tout simplement….

10/10/2015

Salut Leny et bonjour aux étoiles !!!!!!!!

Leny Escudero ce gars de Mayenne revenu chanter dans sa ville après tout ce temps, c'était en 1976 et j'étais aux première loges émerveillé par sa puissance et sa sincérité...

UneUn destin d'exilé, une connivence avec les gens de peu.

Des airs de Renaud avant l'heure. 

Un poulbot qui n'a pas fait semblant devant la caméra.

Un vieux monsieur qui raconte un monde aujourd'hui disparu.

Un gitan qui le chante  tel qu'il est....

Une belle histoire de vie comme on en rencontre parfois.

Salut Leny, et bonjour aux étoiles.

02/10/2015

Marie Dubot danseuse de Bûto

 

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D'abord le Bûto késako?

Si kon allait voir koikidi wiki....

 

Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ne sont que contingents à une dynamique que vivent toutes les populations que la guerre a meurtries. Comme le dadaïsme et le surréalisme après la première guerre mondiale, à partir de la fin des années 1940 et dans les années 1950, nombre d'artistes japonais se posent la question de l'identité japonaise dans la modernité. La résistance se manifestera contre l'intronisation de la culture américaine, autant que dans le rejet du conservatisme et de son système de valeur. Puisant les formes de cette résistance dans leur propre culture, tout en s'inspirant des actions avant-gardistes des pays occidentaux, la rue et la scène déploient toutes les expérimentations, plastiques et scéniques, jusqu'à provoquer l'ordre public. Exprimer les sentiments plutôt que de les illustrer, créer des actions plutôt que des images. Tel est le défi que posent les artistes de cette époque, riche en éclats. Le butô s'inscrit dans cette évolution et dans le contexte de ces actions, déjà à l'œuvre avant sa naissance. C’est le cas du groupe Gutaï, Association de l'art concret, réunissant une quinzaine d'artistes dont les peintres et acteurs de happenings, Yoshihara Jiro, Kazuo Shiraga, puis de Tetsumi Kudo, qui dénonce l'impuissance sous toutes ses formes et met l'accent sur les pulsions sexuelles dans les comportements. Ce dernier crée par exemple des installations avec d'énormes phallus pendus au plafond au Festival de la libre expression Instant sperm. Il se situe dans la mouvance révolutionnaire de l'avant-garde japonaise dans les années 1960, au même titre que les groupes Zero Jigen, (dimension Zéro), Kuro Hata, (Drapeau Noir), Kokuin (l'Ombre Parole), ou encore Jūrō Kara, du théâtre de la Tente rouge, et Terayama Shuji, du théâtre de la Tente noire, cinéaste, auteur, et homme de théâtre de renom. Ces groupes organisent de nombreuses manifestations de rues et happening subversifs. Leurs leaders sont arrêtés régulièrement et leurs actions interdites parfois. Le Japon est en état de crise et en 1960 la population refuse le renouvellement du traité de sécurité avec les Américains. C'est également au cours de ces années de turbulences que se forgeront les idées qui donneront naissance au butō, qui n’est donc pas un cas isolé, mais le produit d'un développement artistique et d'une résistance socioculturelle globale au Japon. Les motivations sont apolitiques, au sens d'une adhésion à un quelconque parti, mais évidemment « politique » au sens étymologique d'engagement personnel des artistes et de positionnement conscient dans la vie sociale.

Toutes les actions des artistes d'après-guerre dans le monde moderne tendent à universaliser l'art, à sortir de l'influence spécifique de la tradition et des conventions esthétiques et techniques de l'art établi. Plus que la pérennité de l'art et son commerce, c'est son identité provisoire, l'exploration du sens, la communication immédiate et physique avec le public qui semblent s'imposer comme ultime nécessité. La séparation dichotomique de l'acteur et du spectateur est abolie, mais aussi l'art et la vie, et plus tard, poussée plus loin encore, celle du corps symbolique et du corps réel.

Le butô a hérité de tous ces concepts et de toutes ces expérimentations.

 

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Le butō est imprégné de bouddhisme et de croyances shintô. Cette danse, proche de la performance, n'est pas spectaculaire au sens où elle relève d'une introspection, d'une disponibilité au monde. Explorant les spécificités du corps japonais, le butō aborde des thématiques universelles. Née dans un contexte sociopolitique d'après-guerre, cette danse subversive se caractérise par sa lenteur, sa poésie et son minimalisme. Elle évoque une imagerie grotesque, des sujets tabous, des environnements extrêmes, absurdes. Le butō est couramment dansé avec le corps presque nu, peint en blanc et le crâne rasé, souvent interprété avec des mouvements extrêmement lents avec ou sans public. Mais, il existe autant de formes de butō qu'il existe de danseuses et de danseurs. Il n'y a pas de style fixé, cela peut être purement conceptuel sans aucun mouvement. Ici, l'artiste sonde les instances de son esprit, sa relation au cosmos et l'inscription de son être au cœur de l'univers.

  

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Trois générations de danseurs et danseuses butō se sont succédé.

De la première génération, Yoshito Ohno, fils de Kazuo Ohno et un des premiers élèves de Tatsumi Hijikata, continue à transmettre le butō dans le studio de son père à Kamihoshikawa, près de Yokohama1. Il accueille des élèves japonais et étrangers, et se produit au Japon et à l'étranger. Il est un des piliers de la mémoire historique du butō, en activité constante, et il crée régulièrement des événements mémoriaux qui rassemblent les descendants de ce courant d'avant-garde.

La seconde génération désigne les danseurs et danseuses né(e)s dans les années 1940. Au début du XXIe siècle, Yoko Ashikawa, principale danseuse de Tatsumi Hijikata, est encore active sur la scène japonaise, ainsi que Natsu Nakajima (troupe Mutekisha) qui enseigne toujours et se produit chaque année, notamment au Mexique, où elle dirige des chorégraphies de danseurs connus. Ishii Mitsutaka et Akira Kasai sont également toujours actifs, à leur manière, au cœur de leur quotidien. Akaji Maro dirige toujours avec brio et succès au Japon la troupe Dairakudakan, qu'il a cofondée avec Kô Murobushi. Également acteur, Akaji joue dans des films, aux côtés, notamment, du célèbre Beat Takeshi 2Ushio AmagatsuCarlotta Ikeda(compagnie Ariadone), Masaki IwanaToru Iwashita (du groupe Sankaï Juku), Sumako Koseki, sont aussi parmi les danseurs/danseuses-chorégraphes les plus connu(e)s à l’extérieur du Japon, notamment en France. Ils sont sponsorisés par des institutions culturelles locales, non sans influence, depuis plus de trente ans.

  • La troisième génération (danseurs nés dans les années 1950 et 1960) compte des danseurs confirmés, comme Atsushi TakenouchiYumi FujitaniNobuyoshi Asai et Gyohei Zaitsu, et des danseurs plus jeunes. Car l'on enseigne aujourd'hui le butô comme on enseigne le tai-chi ou le qi-kong, et nombre de thérapeutes du bien-être ont intégré son enseignement au cœur de leur pratique.

Dans la nouvelle génération de danseurs butō, il existe surtout une danse contemporaine, japonaise ou non-japonaise, d'inspiration butô. La question aujourd'hui du legs d'une avant-garde née de la rébellion est une question qui reste ouverte. En attendant, les archives de l'héritage Tatsumi Hijikata et de Kazuo Ohno prennent de l'ampleur : à l'université de Keio, Tokyo 3, au sein de la fondation bankART (ville de Yokohama) et à Bologne en Italie. La célèbre danseuse Carlotta Ikeda a elle-même pratiqué le butō.

 

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 Marie Dubot pratique le bûto depuis de nombreuses années. Cela fait une sacrée paie que je la connais, Marie... Bientôt un demi siècle. J'étais tout môme encore... Elle si blonde, si belle et ses grands yeux bleus d'océan dans lesquels on ne peut que se jeter. Empreinte d'une immense force intérieure. Et toujours ce regard de bienveillance sur les autres et sur tout ce qui l'entoure. Elle est venue au bûto naturellement, c'était sa voie évidente. Dans cet art, la beauté de l'intérieur est la base de la démarche. Le corps n'est qu'une enveloppe. 

 

 

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23/09/2015

Un petit dessin animé vaut bien un grand discours….

12/09/2015

Bob de Groof

Bob de Groof, c'est un sacré zigue. Je l'ai rencontré aux détours des années 1990 avec les poètes qui tournoyaient autour de la revue Kitoko Jungle Magazine animée par Guido Kuyl de Vilvoorde.

Bob était dans un autre monde. Certes il peignait déjà pas mal et une expo avait eu lieu de ses totems à la galerie de Michel Ray dans le passage de la maison de la poésie à Paris. Bob a survécu à la drogue et à l'alcool. Je l'ai revu une quinzaine d'année plus tard alors que j'étais persuadé qu'il était mort comme nombre d'autres qui s'étaient englués dans ces produits. Bob est revenue à la lumière de la vie. ce film illustre bien sa trajectoire.

(Un peu de patience le documentaire est long à apparaître.)  Tweede Kans from INSAS on Vimeo.

 

Puis un autre film sur bob dans un making off d'un de ses collages.

17/08/2015

Une voix : Chris Paulson

Ce chanteur de rues, on le rencontre à Bordeaux prés de la rue St Catherine et du théâtre. Un quart d'heure, une heure ou plus à l'écouter se produire en place publique. il joue ses créations ou reprend des classiques, suivant l'écoute du public. Dylan, Cohen, Crosby, Paul Simon…. Un régal pour celui qui sait prendre le temps d'écouter… 

 

Où l'on parle de M. Ernesto

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Monsieur Ernesto, de Saïd Mohamed : où l’on rencontre un drôle de type, un peu réac, un peu vieux-jeu, un peu pilier de bar. Cynique et poétique, éditions Lunatique.
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M.Ernesto: c'est chez Lunatique Editions, la maison animée par Pascal Goze et qui fait des vagues du coté de la Bretagne, et ne publie que des auteurs réputés impubliables... Mais qui néanmoins plaisent quand les lecteurs les lisent... qu'on se le dise... Livres non formatés pour un marché... Et dont même le format très beau est un vrai casse tête pour un fabricant qui voudrait rentabiliser le "produit imprimé"... Bref les livres que publie Pascale Goze sont pensés comme des livres et ne peuvent pas être réduits à des produits bancables. 
 
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 Longtemps il a réclamé le «monsieur» devant son pseudonyme. Quand un voisin de bar le hélait d’un «Ernesto, viens boire un coup», il corrigeait : «Non, Ernesto ne veut pas boire un coup. Mais, monsieur Ernesto accepte volontiers qu’on l’invite à déguster un verre de grand cru, non mais ! Les bonnes manières ne sont pas faites que pour les bourgeois, le peuple y a droit aussi.
Il lui est souvent arrivé de dormir sous le porche dans un carton, après une soirée trop arrosée. Lorsqu’il n’a plus de jambes pour rentrer. Jamais de la vie il ne se mélangerait aux autres dans un lieu d’accueil. Des gardiens, l’extinction des feux, la prison, comme s’il n’en était pas sorti.
Non, ça lui dit vraiment pas. Il squatte un appartement dans un immeuble habité. Il ne dit pas où. » 
pp. 9/10

 

08/08/2015

Du coté de chez Gaston Floquet….

Une lecture le 28 août...

 

 

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Pour le décrochage de l'exposition de Coline Bruges-Renard à la maison de Gaston Floquet, a eu lieu une lecture en l'église de St Rigomer des bois. La lecture des textes de Michèle Finck a été faite par Nathalie Pioger, comédienne. Elle a aussi lu les textes extraits de l'éponge des mots parus en digigraphie aux éditions Dérive hâtive Edition. Nous avons été tous deux accompagnés par Karinn Helbert. Pour ma part j'ai lu Un toit d'étoiles paru aux éditions Odonata, animées elles aussi par Coline Bruges-Renard. Les photos sont de Bernard Bruges-Renard. La lumière dans l'église ce soir-là était particulièrement belle, et il a su parfaitement capter la magie des ces moments d'émotion intense rendus dans l'article de Ouest France.