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10/10/2015

Salut Leny et bonjour aux étoiles !!!!!!!!

Leny Escudero ce gars de Mayenne revenu chanter dans sa ville après tout ce temps, c'était en 1976 et j'étais aux première loges émerveillé par sa puissance et sa sincérité...

UneUn destin d'exilé, une connivence avec les gens de peu.

Des airs de Renaud avant l'heure. 

Un poulbot qui n'a pas fait semblant devant la caméra.

Un vieux monsieur qui raconte un monde aujourd'hui disparu.

Un gitan qui le chante  tel qu'il est....

Une belle histoire de vie comme on en rencontre parfois.

Salut Leny, et bonjour aux étoiles.

02/10/2015

Marie Dubot danseuse de Bûto

 

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D'abord le Bûto késako?

Si kon allait voir koikidi wiki....

 

Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ne sont que contingents à une dynamique que vivent toutes les populations que la guerre a meurtries. Comme le dadaïsme et le surréalisme après la première guerre mondiale, à partir de la fin des années 1940 et dans les années 1950, nombre d'artistes japonais se posent la question de l'identité japonaise dans la modernité. La résistance se manifestera contre l'intronisation de la culture américaine, autant que dans le rejet du conservatisme et de son système de valeur. Puisant les formes de cette résistance dans leur propre culture, tout en s'inspirant des actions avant-gardistes des pays occidentaux, la rue et la scène déploient toutes les expérimentations, plastiques et scéniques, jusqu'à provoquer l'ordre public. Exprimer les sentiments plutôt que de les illustrer, créer des actions plutôt que des images. Tel est le défi que posent les artistes de cette époque, riche en éclats. Le butô s'inscrit dans cette évolution et dans le contexte de ces actions, déjà à l'œuvre avant sa naissance. C’est le cas du groupe Gutaï, Association de l'art concret, réunissant une quinzaine d'artistes dont les peintres et acteurs de happenings, Yoshihara Jiro, Kazuo Shiraga, puis de Tetsumi Kudo, qui dénonce l'impuissance sous toutes ses formes et met l'accent sur les pulsions sexuelles dans les comportements. Ce dernier crée par exemple des installations avec d'énormes phallus pendus au plafond au Festival de la libre expression Instant sperm. Il se situe dans la mouvance révolutionnaire de l'avant-garde japonaise dans les années 1960, au même titre que les groupes Zero Jigen, (dimension Zéro), Kuro Hata, (Drapeau Noir), Kokuin (l'Ombre Parole), ou encore Jūrō Kara, du théâtre de la Tente rouge, et Terayama Shuji, du théâtre de la Tente noire, cinéaste, auteur, et homme de théâtre de renom. Ces groupes organisent de nombreuses manifestations de rues et happening subversifs. Leurs leaders sont arrêtés régulièrement et leurs actions interdites parfois. Le Japon est en état de crise et en 1960 la population refuse le renouvellement du traité de sécurité avec les Américains. C'est également au cours de ces années de turbulences que se forgeront les idées qui donneront naissance au butō, qui n’est donc pas un cas isolé, mais le produit d'un développement artistique et d'une résistance socioculturelle globale au Japon. Les motivations sont apolitiques, au sens d'une adhésion à un quelconque parti, mais évidemment « politique » au sens étymologique d'engagement personnel des artistes et de positionnement conscient dans la vie sociale.

Toutes les actions des artistes d'après-guerre dans le monde moderne tendent à universaliser l'art, à sortir de l'influence spécifique de la tradition et des conventions esthétiques et techniques de l'art établi. Plus que la pérennité de l'art et son commerce, c'est son identité provisoire, l'exploration du sens, la communication immédiate et physique avec le public qui semblent s'imposer comme ultime nécessité. La séparation dichotomique de l'acteur et du spectateur est abolie, mais aussi l'art et la vie, et plus tard, poussée plus loin encore, celle du corps symbolique et du corps réel.

Le butô a hérité de tous ces concepts et de toutes ces expérimentations.

 

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Le butō est imprégné de bouddhisme et de croyances shintô. Cette danse, proche de la performance, n'est pas spectaculaire au sens où elle relève d'une introspection, d'une disponibilité au monde. Explorant les spécificités du corps japonais, le butō aborde des thématiques universelles. Née dans un contexte sociopolitique d'après-guerre, cette danse subversive se caractérise par sa lenteur, sa poésie et son minimalisme. Elle évoque une imagerie grotesque, des sujets tabous, des environnements extrêmes, absurdes. Le butō est couramment dansé avec le corps presque nu, peint en blanc et le crâne rasé, souvent interprété avec des mouvements extrêmement lents avec ou sans public. Mais, il existe autant de formes de butō qu'il existe de danseuses et de danseurs. Il n'y a pas de style fixé, cela peut être purement conceptuel sans aucun mouvement. Ici, l'artiste sonde les instances de son esprit, sa relation au cosmos et l'inscription de son être au cœur de l'univers.

  

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Trois générations de danseurs et danseuses butō se sont succédé.

De la première génération, Yoshito Ohno, fils de Kazuo Ohno et un des premiers élèves de Tatsumi Hijikata, continue à transmettre le butō dans le studio de son père à Kamihoshikawa, près de Yokohama1. Il accueille des élèves japonais et étrangers, et se produit au Japon et à l'étranger. Il est un des piliers de la mémoire historique du butō, en activité constante, et il crée régulièrement des événements mémoriaux qui rassemblent les descendants de ce courant d'avant-garde.

La seconde génération désigne les danseurs et danseuses né(e)s dans les années 1940. Au début du XXIe siècle, Yoko Ashikawa, principale danseuse de Tatsumi Hijikata, est encore active sur la scène japonaise, ainsi que Natsu Nakajima (troupe Mutekisha) qui enseigne toujours et se produit chaque année, notamment au Mexique, où elle dirige des chorégraphies de danseurs connus. Ishii Mitsutaka et Akira Kasai sont également toujours actifs, à leur manière, au cœur de leur quotidien. Akaji Maro dirige toujours avec brio et succès au Japon la troupe Dairakudakan, qu'il a cofondée avec Kô Murobushi. Également acteur, Akaji joue dans des films, aux côtés, notamment, du célèbre Beat Takeshi 2Ushio AmagatsuCarlotta Ikeda(compagnie Ariadone), Masaki IwanaToru Iwashita (du groupe Sankaï Juku), Sumako Koseki, sont aussi parmi les danseurs/danseuses-chorégraphes les plus connu(e)s à l’extérieur du Japon, notamment en France. Ils sont sponsorisés par des institutions culturelles locales, non sans influence, depuis plus de trente ans.

  • La troisième génération (danseurs nés dans les années 1950 et 1960) compte des danseurs confirmés, comme Atsushi TakenouchiYumi FujitaniNobuyoshi Asai et Gyohei Zaitsu, et des danseurs plus jeunes. Car l'on enseigne aujourd'hui le butô comme on enseigne le tai-chi ou le qi-kong, et nombre de thérapeutes du bien-être ont intégré son enseignement au cœur de leur pratique.

Dans la nouvelle génération de danseurs butō, il existe surtout une danse contemporaine, japonaise ou non-japonaise, d'inspiration butô. La question aujourd'hui du legs d'une avant-garde née de la rébellion est une question qui reste ouverte. En attendant, les archives de l'héritage Tatsumi Hijikata et de Kazuo Ohno prennent de l'ampleur : à l'université de Keio, Tokyo 3, au sein de la fondation bankART (ville de Yokohama) et à Bologne en Italie. La célèbre danseuse Carlotta Ikeda a elle-même pratiqué le butō.

 

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 Marie Dubot pratique le bûto depuis de nombreuses années. Cela fait une sacrée paie que je la connais, Marie... Bientôt un demi siècle. J'étais tout môme encore... Elle si blonde, si belle et ses grands yeux bleus d'océan dans lesquels on ne peut que se jeter. Empreinte d'une immense force intérieure. Et toujours ce regard de bienveillance sur les autres et sur tout ce qui l'entoure. Elle est venue au bûto naturellement, c'était sa voie évidente. Dans cet art, la beauté de l'intérieur est la base de la démarche. Le corps n'est qu'une enveloppe. 

 

 

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23/09/2015

Un petit dessin animé vaut bien un grand discours….

12/09/2015

Bob de Groof

Bob de Groof, c'est un sacré zigue. Je l'ai rencontré aux détours des années 1990 avec les poètes qui tournoyaient autour de la revue Kitoko Jungle Magazine animée par Guido Kuyl de Vilvoorde.

Bob était dans un autre monde. Certes il peignait déjà pas mal et une expo avait eu lieu de ses totems à la galerie de Michel Ray dans le passage de la maison de la poésie à Paris. Bob a survécu à la drogue et à l'alcool. Je l'ai revu une quinzaine d'année plus tard alors que j'étais persuadé qu'il était mort comme nombre d'autres qui s'étaient englués dans ces produits. Bob est revenue à la lumière de la vie. ce film illustre bien sa trajectoire.

(Un peu de patience le documentaire est long à apparaître.)  Tweede Kans from INSAS on Vimeo.

 

Puis un autre film sur bob dans un making off d'un de ses collages.

17/08/2015

Une voix : Chris Paulson

Ce chanteur de rues, on le rencontre à Bordeaux prés de la rue St Catherine et du théâtre. Un quart d'heure, une heure ou plus à l'écouter se produire en place publique. il joue ses créations ou reprend des classiques, suivant l'écoute du public. Dylan, Cohen, Crosby, Paul Simon…. Un régal pour celui qui sait prendre le temps d'écouter… 

 

Où l'on parle de M. Ernesto

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Monsieur Ernesto, de Saïd Mohamed : où l’on rencontre un drôle de type, un peu réac, un peu vieux-jeu, un peu pilier de bar. Cynique et poétique, éditions Lunatique.
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M.Ernesto: c'est chez Lunatique Editions, la maison animée par Pascal Goze et qui fait des vagues du coté de la Bretagne, et ne publie que des auteurs réputés impubliables... Mais qui néanmoins plaisent quand les lecteurs les lisent... qu'on se le dise... Livres non formatés pour un marché... Et dont même le format très beau est un vrai casse tête pour un fabricant qui voudrait rentabiliser le "produit imprimé"... Bref les livres que publie Pascale Goze sont pensés comme des livres et ne peuvent pas être réduits à des produits bancables. 
 
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 Longtemps il a réclamé le «monsieur» devant son pseudonyme. Quand un voisin de bar le hélait d’un «Ernesto, viens boire un coup», il corrigeait : «Non, Ernesto ne veut pas boire un coup. Mais, monsieur Ernesto accepte volontiers qu’on l’invite à déguster un verre de grand cru, non mais ! Les bonnes manières ne sont pas faites que pour les bourgeois, le peuple y a droit aussi.
Il lui est souvent arrivé de dormir sous le porche dans un carton, après une soirée trop arrosée. Lorsqu’il n’a plus de jambes pour rentrer. Jamais de la vie il ne se mélangerait aux autres dans un lieu d’accueil. Des gardiens, l’extinction des feux, la prison, comme s’il n’en était pas sorti.
Non, ça lui dit vraiment pas. Il squatte un appartement dans un immeuble habité. Il ne dit pas où. » 
pp. 9/10

 

08/08/2015

Du coté de chez Gaston Floquet….

Une lecture le 28 août...

 

 

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Pour le décrochage de l'exposition de Coline Bruges-Renard à la maison de Gaston Floquet, a eu lieu une lecture en l'église de St Rigomer des bois. La lecture des textes de Michèle Finck a été faite par Nathalie Pioger, comédienne. Elle a aussi lu les textes extraits de l'éponge des mots parus en digigraphie aux éditions Dérive hâtive Edition. Nous avons été tous deux accompagnés par Karinn Helbert. Pour ma part j'ai lu Un toit d'étoiles paru aux éditions Odonata, animées elles aussi par Coline Bruges-Renard. Les photos sont de Bernard Bruges-Renard. La lumière dans l'église ce soir-là était particulièrement belle, et il a su parfaitement capter la magie des ces moments d'émotion intense rendus dans l'article de Ouest France.  

 

 

 

18/05/2015

L'homme qui plantait des arbres...

 
 
 
A lui tout seul, Jadav Payeng a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre. Le site compte désormais plusieurs animaux dont l’espèce est en voie de disparition, dont au moins cinq tigres. Une femelle a eu deux petits récemment. L’endroit se situe à Jorhat, à 350 kilomètres de route de Guwahati, et il n’est pas facile d’accès. Il faut quitter la voie principale et prendre une petite route sur une trentaine de kilomètres pour arriver au fleuve. Là, avec de la chane, on trouve des bateliers pour passer sur la rive nord. Après 7 kilomètres de marche, on arrive près de chez Payeng. Les gens du coin appellent cet endroit Molai Kathoni (“le bois de Molai” – d’après le surnom de Payeng). Tout a commencé en 1979. Des crues avaient rejeté un grand nombre de serpents sur le banc de sable. Après le retrait des eaux, Payeng, qui n’avait que 16 ans, trouva le site couvert de reptiles morts. Ce fut le tournant de sa vie. “Les serpents étaient morts de chaleur, il n’y avait pas d’arbres pour les protéger. Je me suis assis et j’ai pleuré sur leurs corps sans vie. C’était un carnage. J’ai alerté le ministère des Forêts et leur ai demandé s’ils pouvaient planter des arbres. Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. C’était dur mais je l’ai fait. Il n’y avait personne pour m’aider”, raconte Payeng, qui a désormais 47 ans. Le jeune homme quitta ses études et son foyer, et se mit à vivre sur le banc de sable. Contrairement à Robinson Crusoé, il accepta volontiers cette vie d’isolement. Et non, il n’avait pas de Vendredi. Il arrosait les plants matin et soir et les taillait. Au bout de quelques années, le banc de sable est devenu un bois de bambou. “J’ai alors décidé de faire pousser de vrais arbres. J’en ai ramassé et je les ai plantés. J’ai aussi rapporté des fourmis rouges de mon village : les fourmis rouges changent les propriétés du sol. J’ai été piqué plusieurs fois”, raconte Payeng en riant. Bientôt, toute une série de fleurs et d’animaux s’épanouirent sur le banc de sable, y compris des animaux menacés, comme le rhinocéros à une corne et le tigre royal du Bengale. “Au bout de douze ans, on a vu des vautours. Les oiseaux migrateurs ont commencé à arriver en masse. Les daims et le bétail ont attiré les prédateurs”, déclare Payeng, qui s’exprime comme un écologiste chevronné. “La nature a créé une chaîne alimentaire : pourquoi est-ce qu’on ne s’y tient pas ? Qui protégera ces animaux si nous, les êtres supérieurs, nous nous mettons à les chasser ?”Le ministère des Forêts de l’Assam n’a entendu parler de la forêt de Payeng qu’en 2008, lorsqu’un troupeau d’une centaine d’éléphants sauvages s’y est réfugié après avoir ravagé les villages voisins. Ils ont aussi détruit la cabane de Payeng. C’est là que Gunin Saikia, conservateur assistant des forêts, a rencontré Payeng pour la première fois. “Nous avons été surpris de trouver une forêt aussi dense sur le banc de sable. Les gens du coin dont la maison avait été détruite par les pachydermes voulaient abattre ce bois, mais Payeng leur a dit qu’il faudrait le tuer d’abord. Il traite les arbres et les animaux comme si c’étaient ses enfants. Quand on a vu ça, on a décidé de contribuer au projet, raconte-t-il. Payeng est incroyable. Ça fait trente ans qu’il est là-dessus. Dans n’importe quel autre pays, il serait un héros.” 

17/05/2015

Yacouba Sawadogo: lutte à main nue contre la désertification

Yacouba Sawadogo est né au Burkina Faso, dans la région semi-désertique du Sahel. Après avoir été commerçant, pour des raisons de sens, il repart dans sa région au début des années 1980, où il décide de stopper l'avancée du désert. Il adapte et améliore une méthode ancestrale de culture, le Zaï. Malgré l'hostilité des habitants de la région, il persiste et dispense de l'information lors de marchés. Les résultats qu'il obtient font des émules et ses méthodes d'agriculture qu'ils dispensent se développent.

 

06/05/2015

Un très Lunatique M.Ernesto

 Avis de Naissance 

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Monsieur Ernesto est paru

aux très belles éditions Lunatique, 

C'était au Viaduc du livre son baptême…

Le papa est très content de ce petit trublion

qui ne demande qu'à grandir et à s'épanouir...

 

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12/04/2015

Nicole Esterolle et le Schtroumpf Emergent

J'ai découvert les articles de Nicole Esterolle par hasard, et depuis je me sens mieux. Je vous recommande la lecture ö combien jubilatoire de son site. C'est comme une cure de jouvence. Une décontamination cérébrale qui s'opère. Une ribaude ose braver le regard officiel sur la Kultur ArtistiK… Jubilatoire à souhait… Celle-là n'a rien à gagner, aussi ne comptez pas sur elle pour manier le thuriféraire… Elle cogne, là où ça fait du bien avec une hargne libératrice... Aussi c'est avec une joie non feinte que je la recommande aux quelques lecteurs égarés sur le site de Ressacs… Lisez ce texte et ensuite rendez vous vite sur son blog.

 

Le Mot de Nicole Esterolle

 

Pour lutter contre la schtroumpfisation galopante de l’art…, pour revivifier le corps moribond des critiques d’art…, pour garder espoir en l’art… pour le reterritorialiser au risque de passer pour une plouc…

Depuis environ un an, j’avais pris coutume d’envoyer régulièrement par mail à quelques 3000 journalistes chroniqueurs et critiques d’art des principaux journaux français un texte critique sur telle ou telle exposition ou « événementiel »  particulièrement inepte ayant lieu sur le dispositif institutionnel au frais du contribuable.

Je proposais à ces gens de publier mon texte en signant à ma place pour toucher la pige sans se fatiguer.

Pas un seul canard en papier n’a accepté de me publier, sauf le magazine d’art à diffusion nationale Artension qui passa dans son numéro de novembre – décembre 2010 mon article sur le schtroumpf émergent…

Réaction immédiate de la gent institutionnelle et para institutionnelle qui me traite comme c’était attendu de facho vichyssoise, moi qui ai toujours voté à gauche et suis native du Limousin .

D’où l’idée de ce site pour réparer une telle injuste accusation, mais aussi pour installer un lieu d’échanges d’informations et de réflexions sur cette étrange production schtroumpf que l’on appelle « art  contemporain ».

Nicole Esterolle

 

http://www.schtroumpf-emergent.com/blog/

 

Caractéristiques du schtroumpf émergent

Formatés en Ecole des Beaux-Arts pour la plupart, les schtroumpfs émergents sont des sortes de petites mécaniques de pure conceptualité, décébrées et désensibilisées, porteuses hyper performatives de la parole du prophète. Ils sont tous programmés pour interpeller, interroger, provoquer la réflexion en tous lieux, à partir de tout et de n’importe quoi… Des sortes de petites têtes chercheuses, genre têtards libérés comme ça, sans aucun contrôle, dans la nature, à la recherche de leur contenu disparu et du sens de leur vie. Petites mécaniques masturbatoires d’intellect dont les piles doivent sans cesse être rechargées avec l’argent public. Le schtroumpf est dans un perpétuel état de questionnement eschatologique, onanistique et frénétique. Il «convoque», «interpelle», «interroge», «subvertit» tout ce qu’on peut imaginer: l’espace d’exposition, l’espace public, l’espace tout court, l’institution, l’histoire de l’art, la critique d’art, la peinture, les codes de la représentation, le ready made, la poêle à frire, la notion de déplacement, ce qui se passe entre visibilité et opacité, le pourquoi quelque chose plutôt que rien, la dimension métaphysique du cassoulet, le centre, la lisière, le plein, le vide, l’absence… Le rapport au temps qui passe, à l’espace, au cosmos, au langage et à la communication, à l’art sur l’art, au corps social, aux cors aux pieds, à l’urbanité et aux ploucs, au politique, au religieux, à l’architectural, à l’iconographie contemporaine, etc, etc….

Une sorte de kamikaze décérébré

Le schtroumpf émergent est donc une sorte de kamikaze décérébré et programmé pour le sacrifice à la cause artistique d’État, elle-même liée structurellement à la cause de la grande spéculation financière mondiale. C’est un peu comme ces jeunes talibans, étudiants en théologie, sortant des  écoles coraniques, parfaitement lobotomisés et analphabètes mais redoutablement armés pour défendre et promouvoir leur ignorance et leur vide cérébral.

Le Schtroumpf émergeant ne sait pas dessiner ni peindre. Il bricole tout juste. Il est parfaitement inculte en histoire de l’art, hors celle qui concerne ses référents. Il est puissamment armé en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication, qu’il peut répéter mécaniquement ; et qui lui  permettent de justifier son engagement socio-esthétique, sa lutte contre  le vilain bourgeois réactionnaire, sa volonté farouche de déconstruire les modèles, de dénoncer la ringardise, de faire exploser les conventions, les codes, les icônes, etc. ; et de fusiller sur le champ les mécréants qui osent douter de la pertinence de ces inepties. C’est un vrai révolutionnaire terriblement subversif et hautement performatif, une bombe conceptuelle capable de faire péter les icônes, comme les talibans les statues de  Bouddha.

19/03/2015

Lecture

Textes dits avec Karinn Helbert en accompagnement musical.

 

15/03/2015

Décharge 165

Le numéro 165 de la revue Décharge vient de sortir et votre serviteur s'y retrouve publié…Des textes nouveaux et inédits… 

Lire la suite

14/03/2015

Vient de paraitre: Jours de Liesse

Jours de Liesse.

 

[C]201301jdl#3NY-024.jpgC'est le nouveau... Le petit dernier…

Celui qui vient juste de sortir de presse…

Aux carnets du Dessert de lune… 

On ne change pas une équipe qui marche….

Coline Bruges Renard aux pinceaux...

Jean Louis Massot à l'édition, aux Carnets du dessert de lune…

Et votre serviteur aux textes. 

Voici quelques textes extraits de New York,  le dessin de  couverture et un dessin de l'intérieur de Coline Bruges Renard.

 

 

 

 

 

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I

 

Le tam-tam de la nuit vaillante porte

Sur son dos le mépris et les restes du festin.

Il joue avec la frayeur des hommes

Qui courent nus et dansent sous les réverbères.

 

Les dentelles échancrées sur des cuisses blanches

Pourrissent entre les planches disjointes

Et crasseuses d'un bordel.

 

La flamme empesée de brume dégouline.

Des plaques d'égout la vapeur monte.

Des ambulances, des sirènes. Le business tourne.

Des vendeurs de tee-shirt en sueur à un feu rouge.

 

Le mystère fiévreux des taxis jaunes

Court sous le pavé.

Chevaux ivres de cuivre fondu.

 

Armées d'ombres venues de l'Europe

En pèlerinage sur l'île des larmes

Aux parquets noirs et étincelants.

Fiers passagers, besogneux portiers de nuit.

 

II

Des ventilateurs coupent les boucles de l'air.

Collée à chaque instant la frénésie moite

De la 65ème rue. Par les aérateurs un ciel rouge.

En haut de trois cheminées deux ampoules clignotent.

Des voitures s'engouffrent dans un pont suspendu.

 

Dites-moi ce qu'il faut voir!

La nuance fade des gris se répondant en échos,

Ces uniformes bleus amassés au coin d'une rue,

La marche des cuisinières en grève.

 

Carrefours d'écoliers criant cartable sur l'épaule,

Sirènes orphelines allumant leur détresse,

Gardien des grèves de l'insolence,

Flambeau allumé d'un bras armé.

 

Les coups heurtent les portes sombres

Où s'embrassent les gosses échevelés.

Clignotez les feux, chantez les sirènes

L'opéra de votre utilité!

 

Une horloge rythme au carillon sa présence.

Voici l'exercice pour se délivrer de la foudre:

Prendre d'assaut les rails, et fuir à Long Island

Caresser le ventre des Boeing. 

10/01/2015

Allo Papa Tango Charlie....

Cette chanson de Mortimer Schuman de 1976...

 

Allô Papa Tango Charlie Allô Papa Tango Charlie Répondez, nous vous cherchons Allô Papa Tango Charlie Allô Papa Tango Charlie Plus de réponse sur latitude Du triangle des Bermudes Allô Papa Tango Charlie Allô Papa Tango Charlie Répondez, nous vous cherchons Allô Papa Tango Charlie Allô Papa Tango Charlie Répondez, nous vous cherchons Allô Papa Tango Charlie Allô Papa Tango Charlie...............................................

 

Photo Yassine Toumi 

 

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07/01/2015

My name is Charlie…

 

 

Aux sombres crétins incultes et psychopathes qui se réclament d'une croyance pour décider de la vie et de la mort d'autres êtres, je voudrais apporter l'éclairage de la culture…

Voyez-vous l'image qui se trouve ci-dessous représente une AK 47 et elle n'est pas le symbole de la liberté de penser et de dessiner ce que bon me semble, mais la représentation d'un instrument qui sert à tuer.

Magritte était un peintre surréaliste, mais il semble que votre connerie soit bien plus surréaliste que la réalité peinte par Magritte. Car tout ce que vous touchez vous le salissez au nom de votre seul délire pseudo mystique.

Vous savez, il existe de très bonnes camisoles chimiques qui vous permettraient de calmer vos délires et à nous de continuer à vivre en paisibles individus, certes d'origines étrangères, mais pas tant que cela, à partir du moment où les règles de la république et de la patrie sont comprises et acceptées. 

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Toi qui sait la lettre dis-tu, connais-tu aussi de la lettre l’esprit.

Celle qui nous fait chair.

Toi qui est prêt à arracher les yeux à l’insolence.

Sache qu’elle est plus vertueuse que ta malédiction d’imprécateur.

Toi qui te réclame du livre et n’en retiens que l’ivresse

Que ces écrits te procurent pour rassurer ton ignorance.

Toi qui clame la puissance des temps anciens,

Sais-tu combien les nouveaux sont fragiles et complexes,

ô combien faibles nos bras et peu habiles nos mains.

Tu voudrais ériger le monde à ton image d’analphabète

Qui croient aux vertus de la lettre seule et la proclame sainte. 

Nous, te disons combien ta bave de chien féroce

Ton œil avide, ta langue torve, ton manque de discernement

Ton appétit de charognard affamé nous révulsent.

 

29/11/2014

De la théorie du complot par le géant vert...

L'ami Pierre Lebas -graphiste et artiste à ses heures- s'est pris d'une grosse colère bien salutaire que je ne résiste pas à vous faire partager... Tellement son billet est drôle...

 

Mes amis,

 

Je viens vers vous muni d’une détresse affligeante qui m’envahit chaque jour passant. C’est à la suite d’un scandale, ou plutôt l’art de faire un scandale ou bien peut-être le scandale de l’Art. À quelle dialectique doit-on se vouer? Le printemps français réactionnaire sévit et expose son navrant trou rectale en essayant de nous expliquer qu’il ne faut point y toucher.

 

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Vous vous en doutez, je m’exprime ici suite à l’expositon de l’oeuvre hautement scandaleuse d’une personne de mon corps de métier à qui je vouais un culte artistique sans faille jusqu’à ce que la frange grandissante des néofacsistes catholiques et autre nauséabondes personnes me rappellent l’importance de la bonne morale sociétale resurgissante de notre merveilleux 21e siècle. Pourtant, comme tout à chacun, cette petit frappe intolérante s’astique la zone appropriée au quotidien sans se soucier de l’intérêt que leur dieu à mis à fabriquer cette petite machinerie qui nous délecte habilement de nos lourdeurs boulimiques. Et je me dis que lorsque l’éjection passe, la pénétration trépasse. En même temps, je ne peux me résoudre à l’idée que la torcherie quotidienne ne puisse procurer chez certains d’entre eux un petit plaisir auquel ils pourraient s’adonner autrement en s’y pourfendant de plaisirs abyssales. Mais ces gens là n’ont que le vice éventuel de penser qu’il pourrait avoir envie d’y penser... Cette génération de frustrés dégénérés frigides du trou du cul me questionne, à savoir si moi même ne suis pas habité par le diable en personne, embouché de sa fourche rougeoyante, me laissant flotter dans les abîmes du vice intersidérale des trous noirs?

Suite à cette question existentielle, j’allasse de ce pas au pays des songes qui cette nuit là ne m’attaquèrent pas des pires images sodomites qu’ils sont capables de n’inculquer dans un espace temps à priori très court selon les scientifiques spécialistes du sommeil dérangé. A l’aube, frais comme une crevette norvégienne nourrie aux farines animales, à la vue du rougeoiement linéaire d’un ciel automnale d’une douceur vierge mais pas pucelle, à la vue du pot de Nutella gentiment acheté par mon épouse afin d’optimiser la teneur en cholestérol de ma prochaine analyse de sang, resurgissent une foule de questionnements qui vinrent perturber impunément l’annonce du moulage de mon bol fécal. Et si ce pot de Nutella n’était pas encore là pour me rappeler toute cette histoire, j’aurais certainement pu passer une très agréable journée à simplement me demander comment je pourrais occuper ma journée du lendemain (je vous rappelle que je suis artiste). Mais là! Boum! Une bombe! Je vis en cette pâte à tartiner concentrée un tas de merde qui s’empressa d’obscurcir mon esprit sain du matin, en renchérissant ce scandale de la veille. Oui, il a bien fallu que quelqu’un défèque cette recette, me dis-je en pensant au légionnaire se retirant d’une chèvre diarrhétale au fin fond du désert saharien, et que si cette personne n’avait pas un esprit scatologique en concoctant ce subtil mélange d’huile de palme et autres mets édulcorants aux couleurs siennes, heu, ben, ça me paraît pas vraisemblable si ce n’est dans un objectif commercial. C’est dans cette brume matinale d’interrogations naïves que vinrent s’amonceler une foule d’autres questionnements :

- Et si à l’an 0 la crucifixion ne fut point à la mode mais que les autorités compétentes eurent instituées le sévice du pal, aurions nous un décorum pluggé dans nos lieux de culte bien aimés et des processions de fougueux croyants le cul en l’air offerts à toutes sortes de dégradations anales?

- Et si les astronomes avait résolu le mystère des trous noirs, ça nous en boucherait un coin, non?

- Et si mes courgettes deviennent si grosses lorsque je ne les cueille pas à temps, si elles possédaient un organe interne calculateur afin de me faire peur pour ne pas les récolter en me défiant d’une éventuelle pénétration?

- Pareil pour mes tomates déformées en postérieur me provocant le pire désir surtout que je suis nu dans mon potager en vue d’accélérer la maturation de ces dernières?

La panique m’envahit, je renversa négligemment mon café sur mon dernier caleçon propre de la saison, m’essuya avec le chat, prît la voiture avec la décision de me délecter de toutes ces pensées diaboliques en allant jouer à l’Euromillions avec le ferme objectif de gagner et d’acheter une oeuvre de Paul Mac Carthy et de soigner mes névroses sans pour autant investir dans l’apathie affligeante d’un psychiatre déprimé très certainement aussi coincé du cul depuis que sa femme l’a trompé avec Jean Luc Mélenchon lors du brunch offert à la sortie d’un meeting commun de Roseline Bachelot et Charles Pasqua.

Le moteur de ma volvo V40 me rappela alors toute la sérénité rassurante d’un conducteur assumé dont les preuves ne sont plus à faire à Groupama, et je sentais revenir en moi l’absolu zénitude Royale de mes petites pensées sans conséquences, bien que je m’aperçus que le chat était resté pendu à l’élastique de mon calcif’ léchant amoureusement le sel de ma peau de sa sale langue rugueuse tel un papier de verre de grain n° 50. La radio chantait «Pour le plaisir» d’Herbert Léonard, et je me permis un instant de penser qu’il n’y avait pas de hasard dans la vie. Je l’accompagnai fortement d’une voix matinale et somme toute assez enjouée, cela m’a presque étonné, voir déstabilisé, car je pense que je chantais vraiment mieux que lui, mais je savais que j’étais encore fragile et non point sevré de cette mascarade anale qui chatouillait encore mon subconscient et donc, que cette constatation n’était pas vraiment valable.

Pour aller à Cazères de mon village le bien nommé Saint-Michel, le meilleur chemin, pour ainsi dire le plus court, étant, après s’être aventuré dans de tortueux et forts dangereux virages, de traverser un village absolument sans intérêt se nommant Couladères. Il y a des villages comme ça en France, qui n’ont aucune âme et qui représente le rien, où le vide s’est installé et semble ne plus vouloir se remplir d’une quelconque substance de vie. Nous trouvons plus généralement ce phénomène dans le nord de la France, mais il y a des exceptions sudistes, et en plus je ne supporte pas les généralités, bien que j’en fasse régulièrement aux contenus de mes pseudo discours défensifs du droit humain. Ceci dit, c’est donc l’endroit idéal pour ne penser à rien, oui, à rien, soulagement.

L’escalade d’un gendarme couché démesuré me rappelle à la vigilance du conducteur attentionné, et stoppa net la course romantique de la chanson «Pour le plaisir» au travers de laquelle je traversais les flots romantiques accompagnées des meilleures maîtresses d’Herbert Léonard. Là, je me dit qu’Herbert Léonard devait bien avoir plus de 70 balais et que ses maîtresses courraient moins vite que moi, dessinant de fortes empreintes de nibards défraîchis et ridés dans le sable et que du coup, toute cette pensée devenait anti-romantique, voir anti-érotique, donc inutile. Mais j’étais d’humeur à oublier,et je révisais savamment les numéros de l’Euromillion qui me ferais gagner des millions et de pouvoir enfin investir dans l’art contemporain, notamment le plus provocateur et de m’acheter les places publiques pour le présenter en invitant les notables, l’évêché et ses suppôts pédophiles à de prestigieux vernissages où les pièces montées en forme de godemiché fonderaient en bouchées voluptueuses dans leurs fours buccales puants d’insipides petites frappes frustrées.

Mais au détour du virage suivant, un choc visuel me rapporta à mes sarcasmes psychotico-anal en rattrapant sans aucune pudeur mes pensées déviantes. LE CHOC! 16 tours de rond point, plutôt médiocres que bien appliqués, me permirent d’adhérer à cette réalité érigée qui s’exposait, là, indécente devant moi. Je m’arrêtais après être revenu quelque peu sur mes pas afin d’observer le phénomène. Je n’en revenais pas, le géant vert, avait lui aussi planté ses propres plug et avait choisi le village le plus insipide de notre région, habituellement si inspirée par la nature, pour affirmer publiquement son besoin hâtif du plaisir anal. Bien sur, je me suis questionné sur l’extrême solitude et la souffrance sexuelle du Géant vert, mais également sur celle de Hulk. Dans mon imaginaire enfantin, c’était leur union qui avait enfanté le grand Shrek, même si cela paraissait inconcevable, j’avais toujours cru naïvement, je vous le conçois, que le géant vert n’était qu’une géante qui avait toujours souhaitée se masculiniser (d’où sa petite robe en feuille qui semble si naturelle) non seulement pour s’imposer dans cette nature sauvage mais aussi afin d’attirer d’un point de vue promotionnel la ménagère pour qu’elle nourrisse ses charmants bambins de ces merveilleux petits grains de maïs transgénique si doux et si sucrés. Tromperie! Je retombais de haut, encore une mythologie volée, j’en pleurais de désespoir. Et dans cette désolation totale, pas un réac, pas un curé, pas une grenouille de bénitier, même pas un bon pensant pour me soutenir.

 

 

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C’est là qu’une autre suggestion beaucoup plus plausible activa mes neurones bouleversés: et si le propriétaire de cette charmante villa des années 60 était tout simplement un grand artiste issu du mouvement Land Art et que sa motivation plastique dépassait le simple plaisir anal du Géant Vert? Et que ses oeuvres In Situ n’avait pas convaincu le jury de l’aide individuelle à la création de la DRAC Midi Pyrénées afin d’aller les présenter à la FIAC à Paris? Je connaissais cet échec et me sentais soudainement solidaire de cette installation plastique. Je m’épris donc de l’espoir de faire connaissance avec ce malheureux collègue qui érigeait secrètement une oeuvre d’une portée symbolique à la frontière de l’universalité, et tout ça là, juste à côté de chez moi. J’entrepris donc d’appuyer mon index sur le téton de sa sonnette. Attente. Bruit de volet en fer. Un sexagénaire à la bedaine légèrement enflée, âprété d’une moustache déséquilibrée et muni d’un simple caleçon subtilement souillé, apparu dans la cours de sa maisonnette et s’exprima fortement ainsi :

- C’est pourquoi?

L’énigme se résolvait constatant que nous portions tous les deux un caleçon souillé, ce qui pour moi devenait la marque d’un jumelage d’une confrérie artistique plus qu’évidente. Je pris la parole à mon tour rassuré de cet analogie vestimentaire qui nous unissait dorénavant, et dit d’une voix rassurée:

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger cher confrère, mais est-ce que ces oeuvres - montrant du doigt assuré les plug aux feuilles verdoyantes caressées des premiers rayons du soleil de cette belle journée automnale - vous sont attribuées et pourrions-nous partager un débat conceptuel autour de votre démarche plastique Land-Artienne qui de par la qualité de sa réalisation suscite en moi une expression non dénuée d’une recherche acharnée sur le problème de fond de la place de l’art sodomite qui divise sauvagement notre société de la tangente applicative et philosophique au sein de l’orientation intellectuelle de la scène artistique contemporaine internationale ?

- … (silence, un peu trop long me semble t-il!)

Puis mon confrère reprit :

- Qu’est-ce que tu viens me faire chier sale petite fiote d’artiste gauchiste (ça va souvent de pair), barre toi ou j’t’e bourre le fion avec ton chat, connard!

- … (Moi, l’air con)

A cet instant, j’ai ressenti le plus grand désarroi, l’extrême solitude de l’existence, pire, ma naïveté optimiste venait encore de me jouer un sale tour. Tristesse. Début de déprime qui annonce une forte dépression hivernale. Remise en question totale. Réinscription au Pôle emploi. Désemparé, Je suis remonté dans ma Volvo V40, j’ai démarré, j’ai écrasé mon chat qui s’était détaché de mon élastique calçonique, suis reparti chez moi fortement démuni, je n’ai pas joué à l’Euromillion, je n’ai pas investi dans l’art contemporain, j’ai avalé mon prozac et un demi lexomil accompagné d’un grand verre de cognac, suis allé me délecter de mon affaire intestinal, me suis recouché, désespéré de cette société, me suis demandé ce que j’allais bien faire demain et me suis bien promis ne plus m’intéresser à l’actualité artistique. J’ai noté ces deux journées bouleversantes dans mes annales.

 

 

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17/11/2014

Vives Voix Sète 2014 avec Gaspar Claus

Cela a été un moment de grâce que cette lecture de Un toit d'étoile le dimanche 20 juillet à Sète. Gaspar Claus m'a accompagné en improvisation. Le texte, je lui avais donné à lire la veille, il avait eu le temps de préparer ses teintes musicales. Je me suis senti porté par son instrument. Je n'ai pas la bande son malheureusement pour vous la donner à entendre. Un public attentif avec une grande qualité d'écoute était au rendez-vous, malgré le fait que cette lecture soit en plein air. 

Merci à toi Gaspar de m'avoir fait ce cadeau… A se revoir un jour au détour d'un festival de poésie. 

IMG_4403.JPGVous pouvez toujours écouter Gaspar Claus en concert avec Pedro Soler

 

03/11/2014

l'autre livre aux Blancs Manteaux

Le salon l'Autre Livre aux Blancs Manteaux 

L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

Notre salon se présente pour les éditeurs comme un lieu stratégique pour défendre nos maisons indépendantes, une opportunité en raison du faible coût de participation aux frais et une réelle possibilité de conquérir des lecteurs.

Venez y retrouver les Carnets du dessert de Lune

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29/09/2014

Géronimo: J-15

Géronimo J-15 et déjà Naïlia à l'affiche en suisse...

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20/09/2014

Le communisme est-il soluble dans l'alcool….

Un livre publié en son époque qui m'avait beaucoup fait rire… La couverture dessinée par Reiser est à elle seule un morceau d'anthologie….

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Résumé :

 

« Quelle est l'histoire la plus courte? — le socialisme — Et la plus longue? — Le chemin vers le socialisme. » Courtes ou longues, ces histoires recueillies auprès de dissidents et d'étrangers sont comme du vitriol sur la langue de bois des bureaucrates des pays de l'Est et font autant réfléchir que plusieurs tomes sur le sujet.
Cet humour est non seulement libérateur mais subversif : pour l'oppresseur, l'éclat de rire de la victime est plus inquiétant que ses larmes. Ne serait-ce que parce qu'il fait plus de bruit.

La démocratie est-elle soluble dans le pétrole...

Un moment de lucidité en ces temps où on nage en eaux troubles ne sera jamais inutile...

Un extrait de Will Hanting ….

 

24/06/2014

Marina Cedro

J'ai eu le plaisir d'assister à un concert de Marina Cedro... Un plaisir que je désire vous faire partager.

 

07/06/2014

Yvon Le Men, le barde des lettres

 

J'ai entendu pour la première fois Yvon le Men dire ses textes en public, il y a 40 ans, avec cette fougue qui donne envie de faire comme lui. 40 ans après un rond de cuir plus borné que d'autres décide que Le Men n'est pas homme de spectacle, mais un type qui a trouvé la combine pour ne pas aller trimer à l'usine au tri postal, ou sur un chantier comme Thierry Metz, ou Alain Malherbe, ou d'autres qui ne sont déjà plus de ce monde... Faute d'avoir trouvé une situation adaptée à leur statut de poète. 

Le cas Yvon Le Men incarne le combat des gens de l'esprit des lettres contre celui des chiffres. Et sa Situation révélatrice de l'ubuesque de ce que sont devenues nos administrations... Pour un Le Men médiatisé et soutenu par ses pairs, combien de bardes, relégués au rang de paria? Condamné à mancher dans le métro, griot de parvis, musicien de couloir. 

Dans un monde ou le poète est moins utile que le trader, quelle place peut avoir l'espoir? Un comité de soutien s'est fait autour du cas Yvon le Men, qui restera dans les annales comme l'exemple type de l'iniquité. Souhaitons que la raison revienne prendre sa place. Et en attendant vous pouvez toujours devenir membre de son comité de soutien et signer la pétition en ligne.

 http://www.findedroitdequeldroit.fr/membres.html

 

COMMENT YVON LE MEN A ÉTÉ RADIÉ DU STATUT D’INTERMITTENT DU SPECTACLE

 Dès le début, en 1972, Yvon LE MEN écrivain a été aussi Yvon LE MEN diseur de ses poèmes. Et c’est d’ailleurs de cela qu’il vit puisque les droits d’un auteur de poésie sont dérisoires. C’est pourquoi il est affilié au régime des intermittent du spectacle depuis 1986.

Depuis cette date, il est salarié de l’association CHANT MANUEL qui lui établit ses contrats de travail, assure la fonction de producteur de ses prestations  - c’est à dire qu’elle finance la préparation de ses prestations publiques en obtenant pour ce faire des subventions des collectivités locales (Conseil Général des Côtes d’Armor, Ville de LANNION, Conseil Régional de Bretagne, ...) et s’acquitte envers lui des obligations de l’employeur.

L’organisme en charge du régime des intermittents effectue tous les 3 ou 4 ans des contrôles de sa situation. Il n’y a jamais eu de problème jusqu’à cette année 2013. En novembre 1998, l'ASSEDIC de Bretagne reconnaît la singularité du travail de Yvon LE MEN et demande à CHANT MANUEL de désormais désigner son emploi sous l’appellation de "poète interprète".

En clôture du précédent contrôle, le 21 avril 2010, POLE EMPLOI SERVICES (PES) nous confirme que  « ... au vu des éléments (que l’Association leur avait transmis les semaines précédentes), l’affiliation de votre structure est maintenue auprès du Centre de Recouvrement Cinéma Spectacles pour les spectacles et lectures publiques » soit à l’intérieur du champ d’application de l’annexe X.

Juillet 2013 : arrêt du versement des indemnités d’intermittent à Yvon LE MEN. Or Yvon LE MEN a eu 60 ans en février dernier et il allait bénéficier du dispositif dit « de maintien » prévu pour les intermittents à partir de 60 ans et ½.

Une procédure de contrôles de PES s’ouvre alors auprès de CHANT MANUEL, un contrôle très minutieux, quasi tatillon : il a ainsi fallu fournir la preuve que CHANT MANUEL établissait bien des chèques à l’ordre de Yvon LE MEN, correspondant aux bulletins de paie, et que celui-ci les percevaient bien sur son compte bancaire – contrôle lent, opaque, exclusivement écrit, sans visage, sans personne avec qui parler, s’expliquer, ...

CHANT MANUEL en communiquant à PES les contrats de travail a souligné qu’elle  avait bien tenu compte des recommandations faites en avril 2010 : pas de prise en compte des ateliers d’écriture, respect de la dimension « spectacle vivant » dans les performances auprès des scolaires, ...

19 novembre 2013 : lettre de POLE EMPLOI SERVICES informant Mr Yvon LE MEN qu’il est radié rétroactivement au 12 août 2010 du régime des intermittents du spectacle et lui demandant le remboursement des indemnités d'intermittents perçues depuis la date de radiation, soit la somme de 29.796€.

 Les raisons de cette décision sont les suivantes :

a - Yvon LE MEN ne serait pas un artiste du spectacle,

b - Yvon LE MEN serait le directeur de fait de l'association CHANT MANUEL qui depuis le début, 1986, établit la plupart de ses Attestations Employeurs Mensuelles

 Sur la qualité d’artiste du spectacle de Yvon LE MEN : elle est incontestable, reconnue, attestée, ... Tout ceux qui ont assisté à une de ses prestations, dans quelque cadre que ce soit, peuvent l’attester. Et d’ailleurs, suite au courrier du 19/11 il a demandé des témoignages aux organisateurs avec lesquels il a travaillé ces dernières années – vous pourrez trouver en lien plusieurs de ces témoignages qui sont tous sans ambigüité !

 Sur le second grief, il est également fallacieux : Yvon LE MEN n’est en aucune façon le directeur de fait de l'association CHANT MANUEL (dont il n’est d’ailleurs pas adhérent) : Il ne signe jamais aucun contrat et n'intervient jamais dans le domaine financier (il n’a jamais eu la signature du carnet de chèques, ...). Il y a une déconnexion complète entre sa rémunération et les cachets que versent les structures pour le compte desquelles il se produit.

 La somme demandée excède nettement les revenus annuels de Yvon LE MEN tous revenus confondus (droits d'auteurs pour ses livres et articles + cachets pour ses prestations publiques + indemnités chômages d'intermittents) !

 Yvon LE MEN dépose le 13 décembre 2013 une demande de remise gracieuse de la totalité de sa dette. La commission régionale paritaire de Pôle Emploi Bretagne du 5 mars 2014 a rejeté cette demande de recours gracieux (sans l’avoir entendu ni même pris connaissance de ses arguments).

 Le 24 mars, PE Bretagne met en demeure YLM de lui reverser dans les meilleurs délais les 29.796€ demandés.

 Yvon LE MEN n’a donc pas d’autre issue à cette situation ubuesque que d’assigner POLE EMPLOI SERVICES en justice par l’intermédiaire de son avocat.

 

 

31/05/2014

Tony Gatlif...

 Géronimo de Tony Gatlif

Le synopsis

Sud de la France. 
Dans la chaleur du mois d'août, Geronimo, une jeune éducatrice veille à apaiser les tensions entre les jeunes du quartier Saint Pierre. 
Tout bascule quand Nil Terzi, une adolescente d'origine turque s'échappe de son mariage forcé pour retrouver son amoureux, Lucky Molina, un jeune gitan. 
Leur fuite met le feu aux poudres aux deux clans. Lorsque l'affrontement éclate en joutes et "battles" musicales, Geronimo va tout tenter pour arrêter la folie qui embrase le quartier. 

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Gatlif, il y a les spectateurs qui aiment et ceux qui détestent. Moi je suis des premiers.

Il ne laisse pas indifférent. Il fait des choix esthétiques qui peuvent parfois agacer, plans longs, flous, feux de camps, bougies... Tout cela ficelé dans des scénarios qui peuvent paraître avoir été bouclés à la va vite. Il n'en est rien.

Son exigence est réelle. Avec les comédiens d'abord, qu'il respecte, et qu'il fait travailler pour obtenir le meilleur d'eux même. Les comédiens ne connaissent pas le scénario avant de tourner... Ils découvrent le jour même ce qu'ils doivent jouer. Lui même le connaît-il vraiment? Il travaille tout à l'instinct... Il invente, coupe, rallonge, fait sa cuisine...

 

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Ce qui ne laisse pas de place à de l'a peu prés, au comédien... Avec Gatlif il faut se jeter à l'eau...

C'est ce qu'a fait Naïlia Harzoune dans le film Géronimo.

Personne ne la connaît encore cette jeunette... Pourtant elle risque de ne plus passer inaperçue...

Nous à la rédaction, c'est notre petite chouchoute. Aussi on attend avec impatience de pouvoir visionner ce film. Ce sera probablement en octobre lors de la sortie.

En attendant le verdict du public, il y a eu Cannes et les marches...

Et Naïlia toute jeunette encore, toute naturelle, avec des airs graves, de déjà grande dame, là où tout le monde sourit pour mieux se vendre. Elle  ressemble à une jeune fille sage. Ne pas s'y fier le tempérament est bien là... Début de carrière prometteuse, que nous suivrons donc avec beaucoup d'attention.

 

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En attendant la sortie en salle de Géronimo, vous pouvez toujours revoir Gadjo Dilo, Latcho Drom, Vengo, Exil...

 

 

 

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04/04/2014

Nambou Michel Boutet

Allez zou une petite grande chanson de l'ami Boutet…. Attention risque d'addiction….

Le prix Copo à L'éponge des mots

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Les membres du Jury, lors du premier prix CoPO, le 24 mars 2014 :

 

PREMIER RANG (de gauche à droite) : Christelle ROSE, Jacques PERROT, Gersende MICHEL, Alain AMIRAULT, Laurence OUVRIER-BUFFET

 

SECOND RANG (de gauche à droite) : Alain FLEURY, Norman WARNBERG, Patrick VERSCHUEREN, Guillaume POUTRAIN, Mélanie LEBLANC, Evelyne BOULBAR, Jacques PETIT.

 

Membres non-présents sur la photo : Marc DELOUZE, Céline LIGER, Benoît MARCHAND, Dominique PANCHEVRE.

 

LE PRIX CoPO COMMUNIQUE:

 

Remise du prix CoPO 2014 : le succès d'une première édition !

 

 Pour cette première édition de notre CoPO, le prix a été attribué cette année au poète Saïd Mohamed, pour son ouvrage poétique intitulé "L'éponge des mots" (Les Carnets du Dessert de Lune, nov.2012). 

 

Plus de 70 ouvrages étaient en compétition pour le prix 2014 : CoPO à peine né, CoPO déjà courtisé !

 

La sélection du jury a donc dû d'abord arrêter une liste de 8 ouvrages remarquables parmi eux, qui se sont ensuite tous retrouvés en compétition pour la récompense suprême. Les ouvrages retenus étaient les suivants (par ordre alphabétique de leurs auteurs) :

 

  • Philippe Blondeau, Tri, ce long tri
  • Hervé Bougel, Travails
  • Remi Checchetto Jours encore après
  • Guillaume Decourt, Un ciel soupape
  • Bruno Doucey, S'il existe un pays
  • Said Mohamed, L'éponge des mots
  • Antoine Mouton, Les Chevals morts
  • Robert Piccamiglio, Mille plaines, Mille bateaux

 

Le CoPO encourage tous les amoureux de la poésie à découvrir ces ouvrages qui, s'ils ne pouvaient être tous récompensés, méritent tous notre attention par leur qualité de style et/ou leur authenticité poétique.

 

Le CoPO adresse ses plus vives félicitations à Saïd Mohamed, dont la noblesse d'écriture, l'exotisme vrai, la précision aphoristique et la mélancolie lyrique présents dans "L'éponge des mots" ont su conquérir le coeur de la majorité des membres.

 

La remise officielle du prix (en présence de l'auteur et de l'éditeur) aura lieu le 14 mai 2014, à 18 heures, à l'agence CBA, rue de Le Nostre, à Rouen.

 

Le lauréat sera également parrain du Festival "Place à la poésie" 2015.

21/11/2013

Cent ans de solitude....

C’est chez un bouquiniste du marché Vernaison, aux puces, que j'ai trouvé, non sans mal, L'illustration de 1917 au complet. Un pavé de l'année entière, relié en deux volumes de cinq kilos chacun. J'ai feuilleté avant de l'acheter pour savoir si tous les folios étaient présents. Rien n'est plus stupide qu'un livre auquel il manque des pages. Juin, juillet, 14, 21, 28.
-Oui, ça y est !
J'aurais presque hurlé de joie. Je venais de découvrir le plan de l’île au trésor, le manuscrit de la mer morte, le secret de notre existence. Ce que j’avais compris par intuition était révélé là, noir sur blanc. Je savais qu’il me conduirait, là où je voulais aller. Plus de dix ans que je grattais dans les sédimentations de l’histoire familiale. Bien que j’en ignorais l’existence avant de rencontrer Tantine je sentais que le nœud Gordien était là. À peine imaginable un tel moment. J'ai failli sauter au cou du bouquiniste, qui me regardait comme si j'étais sérieusement atteint. Je lui ai ouvert les pages sous le nez...
-Regardez, c'est mon grand-père !
Je lui ai donné un cours d'histoire. Ce tout petit bonhomme avec des grosses moustaches et une rangée de médailles était un héros national. Je le savais, depuis que la mère me l'avait dit, mais je n'en avais jamais eu la preuve. Trop petit, et pas assez gaillard. Il s'était engagé contre l'avis de réforme. Ils n'ont pas pu faire autrement que de l'incorporer. Il leur aurait démonté le bureau de recrutement. Venu de lui-même, sur son cheval, pour demander à participer à la grande boucherie. Les Boches n'avaient qu'à bien se tenir. La fleur au fusil, il allait leur faire passer l'envie d'essuyer leurs bottes sur les tendres pelouses hexagonales. Il en était revenu, plus vraiment le même. Probablement avec le regard halluciné des survivants, comme le montrent les documentaires de l'époque.
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Il avait collectionné la bimbeloterie pour sa témérité, son mépris du danger, sa férocité au combat. « Volontaire pour toutes les missions dangereuses. Terrasse trois soldats ennemis pour délivrer son officier prisonnier. Blessé au front, sommairement soigné, refuse d'être évacué à l'arrière, continue à lancer ses grenades dans les tranchées ennemies », mais les commentaires du journal n’avaient pas recopié toute la littérature du livret militaire. Elle s'étale sur deux pages. Le général manchot, Gouraud en personne, lui remettait la Légion d'honneur. On aurait dû la lui avoir remis depuis longtemps, s'il avait tout de suite accepté de passer au grade de sergent. Simple caporal-chef, il n'avait pas besoin de payer sa gamelle. Devenir sergent l'obligeait à débourser pour se nourrir. Avec son sacré bon sens paysan, il disait:
-Je veux bien aller à l'abattoir, mais pas amener ma ration de foin !
Aussi, lui a-t-on accordé une dérogation. Il n'aurait pas à payer sa gamelle, s'il acceptait le grade de sergent. Tenir tête aux galonnés, à une époque où on finissait plus rapidement au peloton qu'en croisière, relève soit de l'inconscience, soit du caractère.
Sur la photo, il sert la louche gauche de Gouraud. Un drôle de lascar le général. Parfois, dans quelques archives cinématographiques, on voit la silhouette claudicante de l'homme aux feuilles de chêne. Inaugurant une réalisation coloniale ou promettant lors d'un des ses voyages que la France n'abandonnera pas la population locale au massacre programmé par le dictateur en place. L'histoire leur a cruellement prouvé le contraire. Mais, je suis pas en train de faire une biographie du manchot, seule l'histoire demeurée silencieuse du petit sergent sur la photo, m'intéresse. Parce qu’elle me concerne en premier chef malgré tant d’années. Maintenant je comprenais mieux, la Mère et toute la famille. Un gène méchamment furieux nous a atteints au plus profond.
En temps que petit-fils de légionnaire, au lieu d'aller frotter mon cul sur les bancs de l'Assistance publique, j'aurais eu droit aux « Enfants de troupes ». Quoique, à bien y réfléchir, avec le recul et mon manque d'entrain pour la chose martiale, je m'en suis sorti bien mieux en ayant fréquenté les pouilleux, qu'en ayant subi le devoir militaire. Ce n'est guère compatible avec l'esprit artistique.
A cause du tirage entre lui et la Mère je n'avais jamais vu cet homme. Elle avait toujours prétendu que ce n'était qu'un salop, qui avait chassé le père de son premier enfant à coups de fourche. Comme la Mère affirmait que mon géniteur n’était qu’un fou, j'ai donc relativisé. Je n'ai jamais eu par qui que ce soit, confirmation de son diagnostic. Ce que j'ai connu du Père n'a pas corroboré ses dires. Mais pas question de démordre de son idée.
Le grand-père n'était pas revenu intact, ni physiquement, ni moralement de ce foutoir. Blessé par trois fois, comme cela est précisé sur son livret. Se jetant dans tous les coups durs, il n'a pas loupé une bataille. En dehors de celle du journal, j'ai vu d'autres photos de lui que Tantine m’a montrées. Petit et bedonnant, les reins entourés d'une ceinture de flanelle il portait des moustaches blanches. L’oignon en or au gousset, il l’avait gagné pour avoir sauvé la vie à son capitaine blessé, qu’il a ramené sur son dos depuis les lignes ennemis après avoir tué trois allemands.

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Rien ne pouvait le détourner de sa haine viscérale des Boches. Il suffisait de prononcer le mot, pour le voir changer de couleur. Quand l'adrénaline lâchait son jus, il enfilait la baïonnette et montait à l'assaut.
Lors de la Seconde Guerre, malheureusement trop âgé pour y retourner, il a stocké des armes dans sa cave et instruit la Résistance à leur maniement. Il a aussi renié le maréchal qu'il admirait tant, l’accusant d’avoir vendu le pays à l’ennemi. Selon lui il fallait se battre jusqu’au dernier vivant, et c’est parce qu’on manquait de couilles que les boches avaient gagné.
Tout le temps qu’a duré le conflit, il a brisé de rage les œufs de ses poules pour en empêcher leur réquisition. Il haïssait tant ces fumiers de Boches, que sa fille a failli en crever de trop leur ressembler. Blonde au yeux bleus, elle ressemblait trop à une saleté de Boche. Il pensait bien sérieusement que sa femme, c'est sûr, l'avait trompé en son absence. Malheureusement, il n'avait pas réussi à s'en débarrasser. De lui, elle avait l'instinct de survie. Malgré son empressement à la faire dormir dans le lit de sa jeune sœur phtisique, elle n'a pas attrapé la tuberculose, et a survécu à tous les mauvais traitements. Mais, elle a bien transmis les plans de sa déroute à son petit monde. Lequel, a repassé l'héritage à la génération suivante. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. D'une génération à l'autre, le même schéma s'était reproduit et continuait ses ravages, provoquant son lot de misère affective. La quatrième génération issue de ce chaos, pérennise les mêmes séquelles. Rien que du très joyeux.
Et si l'histoire officielle recense le nombre de disparus, de maisons détruites, de macchabées, d'obus tirés, de tonnes de bombes, de litres d'essence. Toute l'industrie de la guerre est comptabilisée et cela tient sur des registres rangés en bon ordre quelque part dans des kilomètres de rayons d'archives. N'en doutons pas, les comptes sont bien tenus. On n’a jamais considéré les dégâts invisibles qui rongent les survivants et le taux de mortalité par suicide des anciens soldats n'intéressait personne jusqu’au retour de ceux de la guerre du Vietnam.
S’ils reviennent avec l'honneur de porter des médailles, ils sont anéantis par une maladie sur laquelle on a mis un nom, seulement après la défaite des yankee dans les rizières. Des spécialistes illuminés se sont penchés sur la question. Ils ont appelé ça le syndrome post-traumatique.
Mais, face à tous les progrès que nos bonnes guerres nous font franchir, les crises de paranoïa, le délire verbal, les bourdonnements d'oreilles, l'érotomanie, l’alcool et les violences familiales ne sont rien. Tout ça existe à l'état naturel, de façon endémique vous dira n’importe quel spécialiste nucléaire hexagonal au service des usines électriques. C’est aussi sûr que les radiations de Tchernobyl ont contournées les frontières. C'est pas une petite guerre de rien du tout, qui nous amène tant et tant de choses positives, qui peut être responsable de tout ça. Quant au délire verbal et à la paranoïa, ils nous ont donné de sacrées bonnes pages de littérature. En attendant, ça fait bien trois générations qu’on se refile le paquet cadeau pour s’empêcher de vivre.
À son retour de 14-18, le grand père a été le seigneur sur ses terres. Tout le monde voulait recevoir le héros à sa table. Être l'ami de l'homme qui avait défrayé la chronique nationale. Lui voulait vivre, vite et bien, après tous ces temps durs. L’aïeul aimait trousser le jupon et ne s'en privait point. Au grand soulagement de sa femme qui échappait à la corvée. Elle se plaignait qu'il n'en avait jamais assez. Au dire de la Mère, le grand père leur a mené la vie dure. Et je ne demande qu’à la croire après avoir lu sur le sujet, je n’ai pas de mal à imaginer.

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Pour écouter Le Voyage au bout de la nuit dit par Michel Simon


Voyage au bout de la nuit, de CÉLINE, par... par rikiai

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Brassens revisité

 

Un grain de voix à la Colette Magny... Un swing là où on ne l'attend pas... Etonnantes ces filiations, mais ça fonctionne. La fille de ces deux là, sûrement. Après écoute, on n'entend plus le fils de maçon chanter de la même façon.  Un souhait: que Sandra chante et qu'on entende longtemps sa voix si singulière. 

 


Colette Magny - "Melocoton" par RioBravo

01/10/2013

Azrié & KoBow HAFEZ & Goethe.... Le Divan en tango....

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