
20.10.2009
Dans une démocratie couchée....
Combien coûte un intellectuel assis ?
Par Mouloud Akkouche
Traqué à ses débuts dans les cours de collège, il doit fermer sa bouche, baisser la tête et raser les murs. Au lycée, ça va un peu mieux. Parfois, il se fait remarquer avec un mégaphone pendant des luttes politiques, durant le cours de philo et lors de débats avec des intervenants invités par les profs. Puis, le bac en poche, il décide d'entrer à l'université, Sciences Po, Normal Sup ou dans d'autres grandes écoles de la République.
A ce moment là s'opère un changement car les cartes sont redistribuées.
N'en déplaise à ceux qui occultent l'existence de classes sociales, il y a l'étudiant obligé de trimer pour remplir le frigo et l'autre, débarrassé de toute contingence matérielle. Celui concentré sur un cours passionnant autour de l'œuvre de Deleuze et son voisin de banc qui, de temps en temps, se laisse distraire par sa facture d'électricité impayée planant au-dessus de l'amphi. Même sans empêcher les relations humaines, les barrières sociales n'ont pas disparu, juste devenues moins visibles. Surtout dans les sphères intellectuelles, artistiques et politiques.
Un savoir peu monnayable qui fait honte
Des années plus tard, ce brillant étudiant se retrouve sur le marché du travail. Tant de labeur enfin récompensé. Pas du tout ! Il est montré du doigt comme dans la cour du collège. Improductif ! Pourquoi avoir perdu autant de temps sur les bancs de la fac. Fallait prendre une filière plus courte et efficace sur le plan professionnel. Et toujours quelqu'un lors d'une soirée pour balancer la fameuse phrase -citée de mémoire- d'Audiard :
« Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche. »
Qui dénigre cet étudiant à peine sorti de l'université ? Le citoyen lambda, la classe politique, les journalistes, les humoristes, certains slammers se targuant de ne jamais ouvrir de livres, les trolls frustrés agrippés à leur clavier… D'un seul coup, cet étudiant sérieux et ayant dédié une grande partie de sa jeunesse à des études très poussées se retrouve démuni. Un énorme travail réduit à néant.
Peu à peu, il va rejoindre la cohorte -nommée ainsi par deux auteurs- des « intellos précaires ». Souvent honteux de posséder tant de savoir, un savoir plus tellement monnayable à l'heure actuelle. Pas le seul dans son cas. De plus en plus rares, les diplômés en sciences humaines trouvant une place à la hauteur des recherches effectuées. Que deviennent-ils ?
Aigris ou -et- confinés dans un rôle sans aucun rapport avec leurs études. Par dépit, quelques-uns passeront de la matière grise à grisée… et finiront poète ou alcoolique. Ou les deux. Aimeraient-ils troquer tout leur savoir contre un dixième de reconnaissance public d'un Cauet ou Arthur ? Cela dit, le tableau n'est pas si noir car un certain nombre d'entre eux dégotent des boulots dans l'édition ou la presse audiovisuelle. Pas mal aussi sur Internet. Tout n'est pas perdu pour tout le monde.
Force est de reconnaître que les intellos issus de ces « usines à penser » sont parfois caricaturaux et frôle même le pathétique. Un chroniqueur de France Culture, évoquant un débat filmé à Beaubourg, avait dit : « Il y a donc eu une captation de cet événement. » Captation est sans doute le terme adéquat mais pourquoi ne pas être plus simple. D'autres chroniqueurs parlent de commettre un livre ou encore pire : un opus. Voilà que je me mets aussi à les dénigrer !
Sans doute suis-je aussi perméable que la plupart d'entre nous à la simplification à outrance du langage. Après tout, chaque corps de métier possède sa terminologie spécifique. Pourquoi pas les milieux culturels ? Quand un auteur ou un journaliste -souvent à la bourre- lâche « Faut que je ponde 8000 signes pour demain ! », le néophyte ouvre des yeux ronds.
Un investissement à long terme
Même si le ton de quelques chroniqueurs m'agace, je reste persuadé que France Culture est une radio vraiment importante, une radio enviée par nombre de pays. En espérant que la direction de Radio France, malgré le diktat des impératifs financiers, lui accordera toujours une grande attention. Nous avons besoin d'elle et des autres radios publiques qui peuvent d'ailleurs allier populaire et qualité. Gosse, mon père m'obligeait à écouter Radioscopie de Jacques Chancel sur France Inter en affirmant :
« Je comprends presque rien de ce qui se dit mais je suis sûr que c'est bon pour toi. »
Pourtant l'ouvrier analphabète aurait pu décréter que ces blablas radiophoniques n'avaient aucun intérêt concret. Pas des paroles qui remplissent un caddie au supermarché. Cette émission de Jacques Chancel serait aujourd'hui taxée d'intello et reléguée au cœur de la nuit. Grâce à ce rendez-vous quotidien, j'ai pu écouter Jacques Brel, Yehudi Menuhin, le professeur Barnard… La liste est longue. Chaque jour, un univers inconnu se glissait dans mon oreille. Combien d'autres élevés aussi en partie par la radio publique ?
Bien sûr, certains rétorqueront que les intellos dans leur tour d'ivoire sont loin des préoccupations des vrais gens. Qui sont d'ailleurs ces vrais gens ? Existent-ils des fausses gens ? Ce discours tendant à ridiculiser le moindre penseur, où toute tentative de réflexion approfondie, est extrêmement dangereux. Comme beaucoup d'entre nous, je sombre aussi de temps en temps dans cette facilité. Pourquoi ? Paresse intellectuelle ou manque de curiosité ? A cause de la fatigue du boulot, la famille, les soucis… Ou de plus en plus écrasés par le discours ambiant cherchant à tout niveler.
Evidemment, il ne s'agit pas de rejeter toute la culture de divertissement, le foot -que j'aime bien suivre- ni d'obliger qui que ce soit à lire en boucle « La Société du spectacle ». La culture, comme l'amour et l'amitié, ne doit pas être imposée. Certains ne manqueront pas de répliquer : chacun est libre de lire ce qu'il veut ou regarder le film de son choix, appuyer ou pas sur le bouton de la télé. Avons-nous tous la même liberté de choix ?
Combien rapporte donc un intello assis ? Beaucoup plus qu'on ne peut imaginer, de plus un excellent investissement à long terme. Ce collégien, vanné car intello binoclard et ayant plus de trois mots de vocabulaire, mettra au point la voiture du futur, un vaccin contre le sida ou un traitement révolutionnaire de la maladie d'Alzheimer. Et l'étudiant penché des années durant sur ses cours obtiendra un prix Nobel dont tout le monde sera fier. Ce jour là, ces « p'tits copains » d'école et les décisionnaires le dénigrant car non rentable salueront sa force de travail.
Les intellos assis font avancer la société tout entière.
article publié par Rue 89...
08:30 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2009
Chez France Telecom il y aura toujours quelqu'un au bout du fil...

06:27 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.09.2009
Hé Brice, encore un petit porto pour la route?

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Néanmoins, ils sont placés dans une situation qu'ils maîtrisent moins bien que lorsqu'ils sont sur un plateau de télévision ou une tribune. Ils doivent en effet dialoguer avec des militants de base, qui eux n'ont pas besoin de contrôler leurs moindres propos, car leur carrière ne dépend pas de l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes.
La demande du jeune militant n'était pas prévue au programme. On sent une petite hésitation de la part des deux ténors, accentuée par le fait que le militant en question a une particularité qui n'échappe à aucun protagoniste de la scène et qui finira par être énoncée haut et fort : il est "arabe". En réalité, Amine Benalia-Brouch est issu d'un couple mixte, son père est algérien et sa mère portugaise. Mais seule l'origine arabe va poser problème dans cette histoire.
Fixer sur une même photo un jeune "issu de l'immigration" et le ministre de l'intérieur, qui a été aussi le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, est en soi un événement. C'est ce qui explique l'effervescence que l'on constate au sein du petit groupe des militants landais. Néanmoins, étant donné que tout ce qui touche de près ou de loin à l'immigration suscite en France des réactions passionnelles, les deux "pros" de la politique que sont Hortefeux et Copé ont bien compris que la situation n'était pas sans risques.
On constate d'ailleurs une certaine gêne chez le ministre. Le fils de banquier de Neuilly, qui a grandi dans une ville qui ne compte aucun HLM et fait ses études à l'école (privée) Saint-Jean-de-Passy, se trouve tout à coup serré de près par un "jeune populaire" de l'UMP, issu de l'immigration de surcroît, sous le regard quelque peu goguenard des compagnons landais. La façon habituelle d'échapper à une situation embarrassante, c'est d'en plaisanter. C'est ce que fait Brice Hortefeux avec un premier mot d'esprit évoquant l'avarice légendaire des Auvergnats. Copé reprend la balle au bond en s'efforçant de focaliser la conversation sur l'identité auvergnate problématique du ministre. Peine perdue. C'est Amine qui capte tous les regards.
Lorsque les trois principaux protagonistes prennent la pose pour la photo, les commentaires joyeux fusent autour d'eux. Amine reçoit un soutien chaleureux de la part de ses amis, hommes et femmes, situés face à lui (plusieurs d'entre eux, dont une femme, disent sur un ton admiratif : "Oh Amine !... Amine ! Amine !...") A ce moment précis, c'est l'identité landaise d'Amine qui prime. Il est perçu par les militants de base comme leur représentant. Ils sont fiers que l'un des leurs soit aux côtés des deux ténors de leur parti. Les images laissent transparaître un court moment de fraternité et de sociabilité populaires.
Mais brutalement une autre logique s'impose. Des propos politiques viennent en effet se greffer sur la scène. On entend quelqu'un affirmer : "Ça, c'est l'intégration !" Puis un autre participant, invisible à l'écran, enchaîne : "Lui (en parlant d'Amine), il parle arabe." Cette phrase est perçue comme une mise en question de la bonne intégration d'Amine. Sans doute que, pour les militants de l'UMP, on ne peut pas être "intégré" et parler l'arabe.
C'est pourquoi Copé intervient à nouveau en s'efforçant cette fois de focaliser l'attention sur l'ennemi socialiste. Commentant les propos qui viennent d'être tenus, il dit à l'intention d'Amine, en le vouvoyant : "Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés."
Mais une autre intervenante (sans doute la secrétaire départementale UMP des Landes), soucieuse de prouver qu'Amine est "vraiment" intégré, se livre à une surenchère révélatrice des préjugés qui règnent dans ce parti : "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de l'alcool." Et joignant le geste à la parole, sans doute pour féliciter le jeune homme d'avoir fait autant d'efforts pour devenir "comme nous", elle se rapproche de lui et lui fait la bise.
Ce commentaire et ce geste suscitent un surcroît de rires et l'approbation générale. Il semble donc que tout le monde soit d'accord pour penser que l'intégration puisse être définie à partir de critères religieux, et pour considérer que la seule communauté qui pose problème à cet égard, ce sont les musulmans. C'est dans ce contexte précis, de rigolade franchouillarde, dans ce moment de "déconne" (comme dira Jean-François Copé) que Brice Hortefeux donne un deuxième aperçu de l'étendue de son humour. Au lieu de critiquer les stéréotypes qui viennent d'être énoncés, il affirme à propos d'Amine : "Il ne correspond pas du tout au prototype, alors." Ce qui revient à affirmer qu'il existerait un "prototype" de l'Arabe, défini de manière quasi exclusive par son appartenance religieuse (islam) et par le respect des interdits alimentaires (le porc, l'alcool).
Cette caution ministérielle provoque un redoublement des rires, les langues se délient, et "tout le monde se lâche", comme on dit. On voit alors une autre femme, la cinquantaine, voisine de la secrétaire fédérale, se rapprocher d'Amine, lui tapoter la joue. Dans un commentaire à l'intention du ministre, elle affirme : "C'est notre petit Arabe ! On l'aime bien." Cette réflexion, qui se situe dans le droit-fil du paternalisme colonial, montre comment le parti présidentiel conçoit la "diversité".
Là encore, au lieu de prendre ses distances à l'égard de propos sans doute affectueux, mais d'une condescendance insupportable, le ministre ne peut pas s'empêcher de gratifier l'assistance d'une nouvelle plaisanterie, qui sonne comme un verdict définitif de sociologie spontanée sur "les Arabes" : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes." Lorsqu'on replace ces propos dans leur contexte, leur sens ne fait plus aucun doute. N'en déplaise à M. Guaino.
Le problème que pose l'hypermédiatisation de ce genre d'affaires, c'est qu'elle enferme la question du racisme dans une logique de fait divers : un coupable, une victime et des millions de juges. Même les associations antiracistes s'inscrivent dans la logique du procès ou de la repentance. Il serait temps d'élever le débat au-delà des questions de personnes, et des protestations morales, pour s'interroger sur la dimension proprement politique de ces affaires.
L'intérêt de cette séquence vidéo est de nous montrer les effets pratiques, "incorporés" pourrait-on dire, de la politique identitaire mise en oeuvre par le candidat de l'UMP lors des présidentielles de 2007. On y voit clairement comment fonctionnent, au sein du parti qui gouverne aujourd'hui la France, des automatismes de pensée (de l'intégration, on passe aux Arabes, puis aux musulmans, pour finir en affirmant : "C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes").
Le fait que toute cette scène ait été placée sous le signe de l'humour est extrêmement révélateur de cet inconscient politique. Dès que la censure s'affaiblit, dès que la situation n'est plus complètement "sous contrôle", les stéréotypes ressurgissent immédiatement.
Nous avons été nombreux à protester contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, créé par Nicolas Sarkozy pour rallier les suffrages du FN, parce que nous étions convaincus que le simple fait d'associer les mots "immigration" et "identité nationale" ne pouvait que conforter les préjugés d'une partie de la population à l'égard des Français issus de l'immigration. Cette séquence vidéo confirme hélas nos inquiétudes.
L'UMP a fondé sa stratégie politique sur l'ethnicisation des rapports sociaux, ce qui aboutit à enfermer les individus dans leurs origines ou leur couleur de peau. La célébration de "nos petits Arabes" bien intégrés - auxquels on accorde un strapontin gouvernemental quand ils font partie de l'élite, afin qu'ils fournissent tous les brevets d'antiracisme dont le pouvoir a besoin - va de pair avec la stigmatisation de ceux d'entre eux qui appartiennent aux classes populaires. Ce sont les deux facettes de cette politique identitaire que donnent à voir les images diffusées par le site Internet du Monde.
Stéphane Beaud, professeur de sociologie à l'Ecole normale supérieure, coauteur de "Pays de malheur ! : un jeune de cité écrit à un sociologue", (La Découverte, 2004)
Gérard Noiriel, historien, directeur d'études à l'EHESS, dernier ouvrage paru : "Immigration, antisémitisme et racisme (XIXe-XXe siècle). Discours publics, humiliations privées", (Fayard, 2007)
16:38 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.06.2009
L'île aux fleurs
09:28 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.06.2009
Le cauchemar de Darwin (suite)
Peut être avez-vous vu ce drôle de poisson sur les étalages des poissonneries : le Panga. Les poissonniers ont souvent du mal à nous expliquer sa provenance et pourquoi son prix est si peu élevé. Un document de M6, nous éclaire sur le sujet.

19:54 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2009
Tous à vos cassettes!!!!!!
22:58 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise financière
24.03.2009
Quand les grues n'aiment pas la fraise andalouse....
Gulabi sapera et Titi Robin en répétition
Ceci est un appel à boycotter la fraise andalouse
Un petit rappel: Le printemps arrive...
Les fraises ont fait leur apparition sur les étals.... ces jolies fraises bien rouges, grosses, sans aucun goût, un peu dures, espagnoles.... à propos, vous souvenez-vous comment elles sont obtenues?
Au cas où vous auriez oublié, lisez vite....
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates…
Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. ... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place ...
Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ... La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison.
Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
N’hésitez pas à faire circuler ...
Alice Lejeune
Attaché Communication
Programme de Réduction des Pesticides et des Biocides
SPF Santé Publique, Sécurité de la Chaîne Alimentaire et Environnement
FOD Volksgezondheid, Veiligheid van de Voedselketen en Leefmilieu
Eurostation II
Place Victor Horta 40 - bte 10
1060 Bruxelles
02/524.72.13
19:44 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, mondialisation, tiers monde, empoisonnement collectif, wwf, oiseaux migrateurs
11.03.2009
Monsanto mais pas sans reproches....
Photo: Misha Gordin
Le coton Bt de Monsanto détruit la terre et les agriculteurs
Le 24 fevrier 2009 Institute of Science in Society
L'Inde est le 3ème producteur mondial de coton après la Chine et les USA. L'état du Gujarat est tourné vers l'agriculture et en particulier vers la production de coton.
La biosécurité vise à faire en sorte que les OGM ne nuisent ni à l'environnement ni à la santé.
La terre, sa fertilité et les organismes qui entretiennent sa fertilité, sont un élément vital de l'environnement, en particulier dans le contexte de la production alimentaire et agricole.
Une récente étude scientifique réalisée par Navdanya , a comparé la terre des champs où du coton Bt a été planté pendant 3 ans avec celle des champs adjacents, plantés de coton naturel ou d'autres cultures. La région couverte incluait le Nagpur, l’Amravati et le Wardha de Vidarbha, ce qui représente les plus grandes plantations de coton OGM en Inde, et le taux le plus haut de suicides de fermiers (4000 par an).
En 3 ans, le coton Bt a réduit la population d’actinomycètes de 17%. Les actinomycètes sont indispensables pour dissocier la cellulose et créer l'humus.
La population bactérienne a été réduite de 14%. La biomasse microbienne totale a été réduite de 8,9%.
Les enzymes bénéfiques, vitales pour la terre, qui rendent les nutriments disponibles pour les plantes, ont aussi été considérablement réduites. Le phosphatase acide, qui contribue à l'assimilation des phosphates, a été réduit de 26,6%. Le nitrogénase, les enzymes qui catalysent la fixation de l'azote moléculaire, a été réduit de 22,6%.
À ce rythme, une dizaine d'années de culture de coton OGM, ou de tout type de culture génétiquement modifiée dotée de gènes Bt, pourrait entraîner la destruction totale des organismes du sol, laissant la terre morte, incapables de produire la nourriture.
Dans son dernier communiqué, l’International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications a déclaré qu’il y a 7,6 millions d’hectares de coton Bt en Inde. Cela veut dire que 7,6 millions d’hectares de terre sont en train de mourir.
Habituellement, l'impact des OGM sur les organismes du sol n’est pas étudié. C'est une lacune redoutable, car la toxine Bt des cultures comme le maïs MON 810, le coton Bt ou l’aubergine Bt, a un grave impact sur les organismes bénéfiques du sol.
Le gouvernement de l'Inde cherche à ratifier l’homologation de l’aubergine Bt sans faire l’étude de biosécurité concernant les conséquences sur les organismes du sol. La Commission européenne tente de faire pression sur les pays exempts d'OGM pour introduire le maïs MON 810. L’étude de Navdanya, la première à avoir examiné l'impact à long terme du coton Bt sur les organismes du sol, est un appel au réveil pour les organismes de réglementation du monde entier. Elle montre aussi que les affirmations de l'industrie biotechnologique sur l’innocuité des cultures génétiquement modifiées sont mensongères.
Pour obtenir une copie du rapport de l’étude et pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :
Navdanya
A-60, Hauz Khas
New Delhi – 110 016
Téléphone : 91-11-26535422 / 26532124
Courriel : vandana@vandanashiva.com
Site Internet : www.navdanya.org
Source : http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12437
Citoyens, Citoyennes;
Ainsi, la confédération paysanne s'est vue saisir ses comptes bancaires en vu d'un "dédommagement" des fauchages d'OGM. Monsanto prétend sauver l'humanité de la famine grâce à ses créations alors qu'ils ne font qu'empêcher l'autonomie alimentaire des peuples.
Rappelons au monde que Monsanto a déjà participé dans le passé et à son plus grand bénéfice, à un autre crime contre l'humanité, celui de la fabrication en masse de l'Agent Orange, défoliant utilisé pendant la guerre du Viêt-Nam qui a gravement nuit à la santé de millions de personnes (cancers, malformations), engendrant encore aujourd'hui des maladies graves pour les populations exposées.
Aussi, je propose d'utiliser un outil moderne pour rétablir cette vérité sur Monsanto par le biais d'un "google bombing", visant à associer la requête : "crimes contre l'humanité" au site www.monsanto.com et "monsanto" au site www.stop-monsanto.qsdf.org
Pour plus d'informations sur
comment participer ?
cliquez sur :
STOP A MONSANTO
À diffuser le plus
largement possible
16:17 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2009
Le droit à l'indifférence.....

Métissage : du fait divers de proximité à la "diversité"
par Mouloud Akkouche
Mais il faut raison garder et ne pas croire au Père Noël le 20 janvier. Les américains ont, j’ose espérer, d’abord élu un homme politique avec un programme, pas un mannequin de United Colors of Benetton. Beaucoup de commentateurs oublient l’homme politique. D’ailleurs, la couleur de peau n’a jamais empêché d’être dictateur. Mugabe, Mobutu et Kim Jong-il ne sont pas blancs.
Telle radio décide de consacrer sa journée à la diversité, tel hebdomadaire en fait sa une. Stigmatiser des citoyens à cause de leur appartenance ethnique me semble aussi dangereux que de claironner sans cesse les vertus du métissage. Effectivement, il y a eu des luttes légitimes et importantes pointant les dysfonctionnements de la société française dans ce domaines, mais méfions-nous par trop plein de bonté de ne pas tomber dans l’excès inverse.
A plusieurs reprises, j’ai entendu certains auteurs français -dont des amis- affirmer: "Vaut mieux être membre d’une minorité pour obtenir une bourse littéraire ou un prix." Des réalisateurs râlent car les sujets de société traitant des problèmes de mixité raflent les honneurs dans les festivals.
Ces récrimination d’artistes "blancs" ont sans doute dû augmenter avec les attributions du Goncourt et Renaudot. Imaginez alors un instant les pensées des citoyens ayant moins de recul, des citoyens touchés comme leurs voisins- issus de l’immigration- par la crise. Ils ne possèdent pas une caméra ou un stylo pour exorciser les démons qui peuvent faire basculer tout un chacun, même les plus cultivés.
Zidane, Debouze cachent la forêt de ceux qui pointent au chômage
Au fond, il me semble que ce métissage à tout prix cache quelque chose de plus profond. Une manière de se dédouaner et occulter la casse sociale et culturelle en cours dans ce pays. Un leurre pour ringardiser les luttes de classe. Pendant ce temps, ministre de la Justice issue de l’immigration ou pas, une foule nombreuse continue de fréquenter les soupes populaires loin des échoppes Prada. Les Zidane, Debouze et autres célébrités, cachent la forêt de ceux qui pointent au chômage. Eux incarnent la diversité internationale, les autres le fait divers de proximité.
Tout compte fait, je reviens toujours à cette heureuse formule de Michel Rocard dans les années 80: le droit à l’indifférence. Aujourd’hui, grâce à certaines luttes, il me semble que nous devrions peut-être laisser les histoires d’amour "mixte" se faire et se défaire, les étudiants se battre pour obtenir leurs diplômes, les entrepreneurs entreprendre, les slameurs slamer… comme tous les autres.
Même s’il est nécessaire de continuer de sanctionner tout propos ou acte raciste et antisémite et rester vigilant sur les discriminations. Le droit à l’indifférence offrirait sans doute une bouffée d’oxygène à une population qui rêve de jouir de la même invisibilité que les autres, se fondre dans la foule. La pire des choses qui puisse arriver à un citoyen est que, à cause de ses origines, quelqu’un se retienne de lui jeter à la face "tu n’es qu’un con!". Pensez que les êtres d’origine étrangère sont potentiellement des délinquants ou terroristes est aussi stupide que croire qu’ils sont tous parfaits. Les bons sentiments enferment autant que les préjugés.
Pour clore sur une note optimiste, réjouissons-nous de la décision de Obama de fermer Guantanamo et la nomination de deux diplomates expérimentés pour l’Afghanistan et le Proche-Orient. Des actes qui portent haut les couleurs de l’intelligence. Un président lecteur ne peut pas être mauvais. Jugeons-le désormais sur sa politique.
NDLR: Il est balèze mon pote Mouloud, hein... Il a vraiment le sens de la formule et celui du discours politique. Bientôt si ça se trouve il va devenir le nègre de Finkielkrault....
15:14 Publié dans La vie des bêtes racontée aux enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2009
La faisabilité politique de l'ajustement
"La faisabilité politique de l'ajustement", de Christian Morrisson*
-"On peut supprimer des primes dans certaines administrations en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. (Page 30) "Evidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l'ordre dans une conjoncture politique difficile où l'on peut en avoir besoin". (Page 30)
- "On observe, avec un décalage de 3 à 6 mois, un lien étroit entre l'annonce des mesures de stabilisation et les troubles, les grèves ou les manifestations.
Ce décalage est intéressant, car il prouve que (…) les réactions politiques ont lieu au moment de l'application des mesures plutôt qu'à leur annonce. (…) la plupart des personnes concernées ne sont pas capables d'avoir une idée claire des conséquences de ce programme pour elles, ou pensent qu'il touche surtout les autres". (Page 10-11)
- "Cela suppose une bonne stratégie de communication, (qui est) une arme importante dans le combat politique. Il faut, dès l'arrivée au pouvoir insister, voire en exagérant, sur la gravité des déséquilibres, souligner la responsabilité des prédécesseurs et le rôle des facteurs exogènes défavorables, au lieu de tenir un discours optimiste". (Page 25) "Seule importe l'image que donne le gouvernement et non la portée réelle de ses interventions". (Page 28)
"Il faut ajouter des campagnes dans les medias, voire des actions spectaculaires, pour obtenir le soutien de la population et faire contrepoids à l'opposition". (Page 31)
* Extraits du "Cahier de politique économique n°13" du Centre de développement de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), 94, Rue Chardon-Lagache, 75016, Paris.

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