21.11.2009

Sauvons les riches (suite) !!!!!!!

Suite au référendum lancé par les Verts, citoyennes et citoyens obwaldiens se prononcent le 29 novembre sur ce que tout le monde appelle entre temps des «zones pour riches». Le professeur lausannois Jean Ruegg, de l’Institut des politiques territoriales et d’environnement humain, émet quelques doutes sur la démarche choisie par les autorités obwaldiennes.

Le canton d’Obwald aimerait se réserver la possibilité de créer des «zones d’habitation de haute qualité d’intérêt cantonal», destinées à des contribuables jugés particulièrement intéressants. Suite au référendum des Verts, le peuple se prononce le 29 novembre sur la révision de la loi cantonale sur les constructions. Neuf périmètres possibles sont présentés dans la . Ils doivent jouxter une zone à bâtir. Une telle zone n’est activée que si un acheteur se présente. Un règlement en fixe les conditions d’utilisation. La commune, le Conseil d’Etat, puis le Grand conseil se prononceront sur l’attribution définitive du terrain. émet des réserves envers les intentions des autorités obwaldiennes.

 

14.11.2009

Des cerveaux disponibles pour l'espace publicitaire...(Patrick le Lay ex pdg de TF1)

SELON TF1 : SARKOZY ÉTAIT À BERLIN LE 9 NOVEMBRE  Par Sophie Gindensperger le 09/11/2009

Alors que sur le Net, la présence de Nicolas Sarkozy à Berlin la nuit du 9 novembre est discutéedepuis hier, avec son lot de documents déterrés et de témoignages revus et corrigés, TF1 n'a pas eu de scrupules, ce soir dans son édition spéciale consacrée aux commémorations de la chute du mur : pour la Une, Sarkozy et Fillon étaient tous les deux à Berlin ce soir-là. Et tant pis si les archives les contredisent.

"Je rappelle que vous étiez le 9 novembre, presque par hasard en fait, à Berlin, et vous avez vécu l'histoire sous vos yeux", lance l'envoyé spécial à François Fillon, qui arrive à la fête organisée par le gouvernement place de la Concorde.

"J'étais arrivé à Berlin le 7 novembre, pour un colloque sur les relations est-ouest organisé par l'Université libre de Berlin. (...) Au milieu de nos réunions, le 9 novembre, il y avait beaucoup d'agitation dans la salle de travail qui était la nôtre, et progressivement on a tous quitté le colloque pour aller voir ce qui se passait. (...) C'est là qu'on a croisé, vers 23h je crois, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy".

Or, comme l'a découvert Liberation.fr, les archives de l'Assemblée nationale montrent que François Fillon était à Paris le 8 novembre.


"On a également appris, vous l'avez entendu de la bouche de François Fillon, que le président Sarkozy lui aussi ce jour-là était à Berlin où il jouait les pic-verts pour participer à la destruction du mur."
 continue le présentateur de TF1, Jean-Claude Narcy. Par ailleurs, la deuxième image, où l'on voit Juppé, Sarkozy et Madelin, est tirée d'une archive de TF1. Mais le site lci.fr précise bien que cette archive est datée du 16 novembre... soit une semaine plus tard. Ce qui n'empêche par Narcy de la dater du 9. Et de dire qu'Alain Juppé confirme s'être trouvé là, même si celui-ci a avoué sur son blog aujourd'hui ne plus se souvenir exactement de la date.

12.11.2009

The Berlin wall....

11.11.2009

The Palestinan wall....

Des Palestiniens abattent un pan du mur israélien

NOUVELOBS.COM | 10.11.2009 | 12:35

Pendant que l'Allemagne célébrait les 20 ans de la chute du Mur de Berlin, des Palestiniens accompagnés de militants étrangers ont abattu un pan du mur en béton construit par Israël en Cisjordanie.

Des Palestiniens accompagnés de militants étrangers ont abattu un pan du mur construit pas Israël en Cisjordanie (AFP)

Des Palestiniens accompagnés de militants étrangers ont abattu un pan du mur construit pas Israël en Cisjordanie (AFP)

Alors que l'Allemagne fête les 20 ans de la chute du Mur de Berlin, des Palestiniens ont abattu lundi 9 novembre un pan demur en bétonconstruit le long de la barrière de sécuritéérigé par Israël en Cisjordanie. Quelques dizaines de Palestiniens et des activistes étrangers ont mené cette opération. Les Israéliens qualifient ce mur ce "clôture antiterroriste" pour les protéger mais les Palestiniens le qualifient de"mur de l'apartheid".

Deux Palestiniens arrêtés


"Un groupe d'environ 150 militants s'est rendu au mur près (du point de passage) de Qalandiya et en a abattu une partie pour le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin", a expliqué à l'AFP Abdallah Abou Rahma, un activiste palestinien. Pendant l'opération, l'armée israélienne est intervenue dispersant les manifestants qui ont riposté en jetant des pierres. Selon le photographe de l'AFP, deux Palestiniens ont été arrêtés.
Dans un communiqué, l'organisation "Stop the Wall", lance : "aujourd'hui marque le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin et le premier jour d'une semaine de résistance au Mur de l'Apartheid en Palestine et autour du globe".

Le mur est "contraire à la loi internationale"


Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (ocha), lorsque la barrière de sécurité sera terminée, elle sera longue de 709 kilomètres, dont 85% seront établis en Cisjordanie. A ce jour, 60% du tracé final a été érigé, estime l'agence. Selon l'Onu, ce mur aura des conséquences humanitaires dramatiques sur la vie quotidienne des Palestiniens. 
Dans un avis du 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé que "la construction par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est, est contraire à la loi internationale".

(Nouvelobs.com avec AFP)
Allez zou, un peu d'humour dans un monde de brutes.....

20.10.2009

Dans une démocratie couchée....

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Combien coûte un intellectuel assis ?

 

Par Mouloud Akkouche 

Traqué à ses débuts dans les cours de collège, il doit fermer sa bouche, baisser la tête et raser les murs. Au lycée, ça va un peu mieux. Parfois, il se fait remarquer avec un mégaphone pendant des luttes politiques, durant le cours de philo et lors de débats avec des intervenants invités par les profs. Puis, le bac en poche, il décide d'entrer à l'université, Sciences Po, Normal Sup ou dans d'autres grandes écoles de la République.

A ce moment là s'opère un changement car les cartes sont redistribuées.

N'en déplaise à ceux qui occultent l'existence de classes sociales, il y a l'étudiant obligé de trimer pour remplir le frigo et l'autre, débarrassé de toute contingence matérielle. Celui concentré sur un cours passionnant autour de l'œuvre de Deleuze et son voisin de banc qui, de temps en temps, se laisse distraire par sa facture d'électricité impayée planant au-dessus de l'amphi. Même sans empêcher les relations humaines, les barrières sociales n'ont pas disparu, juste devenues moins visibles. Surtout dans les sphères intellectuelles, artistiques et politiques.

Un savoir peu monnayable qui fait honte

Des années plus tard, ce brillant étudiant se retrouve sur le marché du travail. Tant de labeur enfin récompensé. Pas du tout ! Il est montré du doigt comme dans la cour du collège. Improductif ! Pourquoi avoir perdu autant de temps sur les bancs de la fac. Fallait prendre une filière plus courte et efficace sur le plan professionnel. Et toujours quelqu'un lors d'une soirée pour balancer la fameuse phrase -citée de mémoire- d'Audiard :

« Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche. »

 

Qui dénigre cet étudiant à peine sorti de l'université ? Le citoyen lambda, la classe politique, les journalistes, les humoristes, certains slammers se targuant de ne jamais ouvrir de livres, les trolls frustrés agrippés à leur clavier… D'un seul coup, cet étudiant sérieux et ayant dédié une grande partie de sa jeunesse à des études très poussées se retrouve démuni. Un énorme travail réduit à néant.

Peu à peu, il va rejoindre la cohorte -nommée ainsi par deux auteurs- des « intellos précaires ». Souvent honteux de posséder tant de savoir, un savoir plus tellement monnayable à l'heure actuelle. Pas le seul dans son cas. De plus en plus rares, les diplômés en sciences humaines trouvant une place à la hauteur des recherches effectuées. Que deviennent-ils ?

Aigris ou -et- confinés dans un rôle sans aucun rapport avec leurs études. Par dépit, quelques-uns passeront de la matière grise à grisée… et finiront poète ou alcoolique. Ou les deux. Aimeraient-ils troquer tout leur savoir contre un dixième de reconnaissance public d'un Cauet ou Arthur ? Cela dit, le tableau n'est pas si noir car un certain nombre d'entre eux dégotent des boulots dans l'édition ou la presse audiovisuelle. Pas mal aussi sur Internet. Tout n'est pas perdu pour tout le monde.

Force est de reconnaître que les intellos issus de ces « usines à penser » sont parfois caricaturaux et frôle même le pathétique. Un chroniqueur de France Culture, évoquant un débat filmé à Beaubourg, avait dit : « Il y a donc eu une captation de cet événement. » Captation est sans doute le terme adéquat mais pourquoi ne pas être plus simple. D'autres chroniqueurs parlent de commettre un livre ou encore pire : un opus. Voilà que je me mets aussi à les dénigrer !

Sans doute suis-je aussi perméable que la plupart d'entre nous à la simplification à outrance du langage. Après tout, chaque corps de métier possède sa terminologie spécifique. Pourquoi pas les milieux culturels ? Quand un auteur ou un journaliste -souvent à la bourre- lâche « Faut que je ponde 8000 signes pour demain ! », le néophyte ouvre des yeux ronds.

Un investissement à long terme

Même si le ton de quelques chroniqueurs m'agace, je reste persuadé que France Culture est une radio vraiment importante, une radio enviée par nombre de pays. En espérant que la direction de Radio France, malgré le diktat des impératifs financiers, lui accordera toujours une grande attention. Nous avons besoin d'elle et des autres radios publiques qui peuvent d'ailleurs allier populaire et qualité. Gosse, mon père m'obligeait à écouter Radioscopie de Jacques Chancel sur France Inter en affirmant :

« Je comprends presque rien de ce qui se dit mais je suis sûr que c'est bon pour toi. »

 

Pourtant l'ouvrier analphabète aurait pu décréter que ces blablas radiophoniques n'avaient aucun intérêt concret. Pas des paroles qui remplissent un caddie au supermarché. Cette émission de Jacques Chancel serait aujourd'hui taxée d'intello et reléguée au cœur de la nuit. Grâce à ce rendez-vous quotidien, j'ai pu écouter Jacques Brel, Yehudi Menuhin, le professeur Barnard… La liste est longue. Chaque jour, un univers inconnu se glissait dans mon oreille. Combien d'autres élevés aussi en partie par la radio publique ?

Bien sûr, certains rétorqueront que les intellos dans leur tour d'ivoire sont loin des préoccupations des vrais gens. Qui sont d'ailleurs ces vrais gens ? Existent-ils des fausses gens ? Ce discours tendant à ridiculiser le moindre penseur, où toute tentative de réflexion approfondie, est extrêmement dangereux. Comme beaucoup d'entre nous, je sombre aussi de temps en temps dans cette facilité. Pourquoi ? Paresse intellectuelle ou manque de curiosité ? A cause de la fatigue du boulot, la famille, les soucis… Ou de plus en plus écrasés par le discours ambiant cherchant à tout niveler.

Evidemment, il ne s'agit pas de rejeter toute la culture de divertissement, le foot -que j'aime bien suivre- ni d'obliger qui que ce soit à lire en boucle « La Société du spectacle ». La culture, comme l'amour et l'amitié, ne doit pas être imposée. Certains ne manqueront pas de répliquer : chacun est libre de lire ce qu'il veut ou regarder le film de son choix, appuyer ou pas sur le bouton de la télé. Avons-nous tous la même liberté de choix ?

Combien rapporte donc un intello assis ? Beaucoup plus qu'on ne peut imaginer, de plus un excellent investissement à long terme. Ce collégien, vanné car intello binoclard et ayant plus de trois mots de vocabulaire, mettra au point la voiture du futur, un vaccin contre le sida ou un traitement révolutionnaire de la maladie d'Alzheimer. Et l'étudiant penché des années durant sur ses cours obtiendra un prix Nobel dont tout le monde sera fier. Ce jour là, ces « p'tits copains » d'école et les décisionnaires le dénigrant car non rentable salueront sa force de travail.

Les intellos assis font avancer la société tout entière.

article publié par Rue 89...

19.10.2009

Chez France Telecom il y aura toujours quelqu'un au bout du fil...

 

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20.09.2009

Hé Brice, encore un petit porto pour la route?

Le retour du refoulé,
par Stéphane Beaud et Gérard Noiriel
LE MONDE | 19.09.09 | 14h11


e conseiller spécial de l'Elysée, Henri Guaino, s'est plaint récemment de la façon dont les médias ont traité les propos que le ministre Brice Hortefeux affirme avoir tenus sur... les "Auvergnats", lors de l'université d'été de l'UMP. "On vole une phrase au hasard et on la commente sans savoir de quoi on parle." Etant donné que nous disposons d'un document audiovisuel qui replace les propos du ministre dans leur contexte, nous nous sommes livrés à une petite analyse, dont nous livrons ici les grandes lignes.
La scène se passe à Seignosse, le 5 septembre, à proximité du stand des "jeunes populaires de l'UMP". Deux ténors du parti, Jean-François Copé (le chef de file des députés UMP) et Brice Hortefeux (le ministre de l'intérieur) sont sollicités par un jeune militant landais pour une photo. Les protagonistes de cette scène n'ignorent pas qu'ils sont filmés. En bons professionnels de la communication, les deux dirigeants de l'UMP savent parfaitement que lorsqu'une caméra est allumée on quitte la sphère privée pour la scène publique, ce qui nécessite de contrôler chacun de ses mots et de ses gestes.

 

Néanmoins, ils sont placés dans une situation qu'ils maîtrisent moins bien que lorsqu'ils sont sur un plateau de télévision ou une tribune. Ils doivent en effet dialoguer avec des militants de base, qui eux n'ont pas besoin de contrôler leurs moindres propos, car leur carrière ne dépend pas de l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes.

La demande du jeune militant n'était pas prévue au programme. On sent une petite hésitation de la part des deux ténors, accentuée par le fait que le militant en question a une particularité qui n'échappe à aucun protagoniste de la scène et qui finira par être énoncée haut et fort : il est "arabe". En réalité, Amine Benalia-Brouch est issu d'un couple mixte, son père est algérien et sa mère portugaise. Mais seule l'origine arabe va poser problème dans cette histoire.

Fixer sur une même photo un jeune "issu de l'immigration" et le ministre de l'intérieur, qui a été aussi le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, est en soi un événement. C'est ce qui explique l'effervescence que l'on constate au sein du petit groupe des militants landais. Néanmoins, étant donné que tout ce qui touche de près ou de loin à l'immigration suscite en France des réactions passionnelles, les deux "pros" de la politique que sont Hortefeux et Copé ont bien compris que la situation n'était pas sans risques.

On constate d'ailleurs une certaine gêne chez le ministre. Le fils de banquier de Neuilly, qui a grandi dans une ville qui ne compte aucun HLM et fait ses études à l'école (privée) Saint-Jean-de-Passy, se trouve tout à coup serré de près par un "jeune populaire" de l'UMP, issu de l'immigration de surcroît, sous le regard quelque peu goguenard des compagnons landais. La façon habituelle d'échapper à une situation embarrassante, c'est d'en plaisanter. C'est ce que fait Brice Hortefeux avec un premier mot d'esprit évoquant l'avarice légendaire des Auvergnats. Copé reprend la balle au bond en s'efforçant de focaliser la conversation sur l'identité auvergnate problématique du ministre. Peine perdue. C'est Amine qui capte tous les regards.

Lorsque les trois principaux protagonistes prennent la pose pour la photo, les commentaires joyeux fusent autour d'eux. Amine reçoit un soutien chaleureux de la part de ses amis, hommes et femmes, situés face à lui (plusieurs d'entre eux, dont une femme, disent sur un ton admiratif : "Oh Amine !... Amine ! Amine !...") A ce moment précis, c'est l'identité landaise d'Amine qui prime. Il est perçu par les militants de base comme leur représentant. Ils sont fiers que l'un des leurs soit aux côtés des deux ténors de leur parti. Les images laissent transparaître un court moment de fraternité et de sociabilité populaires.

Mais brutalement une autre logique s'impose. Des propos politiques viennent en effet se greffer sur la scène. On entend quelqu'un affirmer : "Ça, c'est l'intégration !" Puis un autre participant, invisible à l'écran, enchaîne : "Lui (en parlant d'Amine), il parle arabe." Cette phrase est perçue comme une mise en question de la bonne intégration d'Amine. Sans doute que, pour les militants de l'UMP, on ne peut pas être "intégré" et parler l'arabe.

C'est pourquoi Copé intervient à nouveau en s'efforçant cette fois de focaliser l'attention sur l'ennemi socialiste. Commentant les propos qui viennent d'être tenus, il dit à l'intention d'Amine, en le vouvoyant : "Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés."

Mais une autre intervenante (sans doute la secrétaire départementale UMP des Landes), soucieuse de prouver qu'Amine est "vraiment" intégré, se livre à une surenchère révélatrice des préjugés qui règnent dans ce parti : "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de l'alcool." Et joignant le geste à la parole, sans doute pour féliciter le jeune homme d'avoir fait autant d'efforts pour devenir "comme nous", elle se rapproche de lui et lui fait la bise.

Ce commentaire et ce geste suscitent un surcroît de rires et l'approbation générale. Il semble donc que tout le monde soit d'accord pour penser que l'intégration puisse être définie à partir de critères religieux, et pour considérer que la seule communauté qui pose problème à cet égard, ce sont les musulmans. C'est dans ce contexte précis, de rigolade franchouillarde, dans ce moment de "déconne" (comme dira Jean-François Copé) que Brice Hortefeux donne un deuxième aperçu de l'étendue de son humour. Au lieu de critiquer les stéréotypes qui viennent d'être énoncés, il affirme à propos d'Amine : "Il ne correspond pas du tout au prototype, alors." Ce qui revient à affirmer qu'il existerait un "prototype" de l'Arabe, défini de manière quasi exclusive par son appartenance religieuse (islam) et par le respect des interdits alimentaires (le porc, l'alcool).

Cette caution ministérielle provoque un redoublement des rires, les langues se délient, et "tout le monde se lâche", comme on dit. On voit alors une autre femme, la cinquantaine, voisine de la secrétaire fédérale, se rapprocher d'Amine, lui tapoter la joue. Dans un commentaire à l'intention du ministre, elle affirme : "C'est notre petit Arabe ! On l'aime bien." Cette réflexion, qui se situe dans le droit-fil du paternalisme colonial, montre comment le parti présidentiel conçoit la "diversité".

Là encore, au lieu de prendre ses distances à l'égard de propos sans doute affectueux, mais d'une condescendance insupportable, le ministre ne peut pas s'empêcher de gratifier l'assistance d'une nouvelle plaisanterie, qui sonne comme un verdict définitif de sociologie spontanée sur "les Arabes" : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes." Lorsqu'on replace ces propos dans leur contexte, leur sens ne fait plus aucun doute. N'en déplaise à M. Guaino.

Le problème que pose l'hypermédiatisation de ce genre d'affaires, c'est qu'elle enferme la question du racisme dans une logique de fait divers : un coupable, une victime et des millions de juges. Même les associations antiracistes s'inscrivent dans la logique du procès ou de la repentance. Il serait temps d'élever le débat au-delà des questions de personnes, et des protestations morales, pour s'interroger sur la dimension proprement politique de ces affaires.

L'intérêt de cette séquence vidéo est de nous montrer les effets pratiques, "incorporés" pourrait-on dire, de la politique identitaire mise en oeuvre par le candidat de l'UMP lors des présidentielles de 2007. On y voit clairement comment fonctionnent, au sein du parti qui gouverne aujourd'hui la France, des automatismes de pensée (de l'intégration, on passe aux Arabes, puis aux musulmans, pour finir en affirmant : "C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes").

Le fait que toute cette scène ait été placée sous le signe de l'humour est extrêmement révélateur de cet inconscient politique. Dès que la censure s'affaiblit, dès que la situation n'est plus complètement "sous contrôle", les stéréotypes ressurgissent immédiatement.

Nous avons été nombreux à protester contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, créé par Nicolas Sarkozy pour rallier les suffrages du FN, parce que nous étions convaincus que le simple fait d'associer les mots "immigration" et "identité nationale" ne pouvait que conforter les préjugés d'une partie de la population à l'égard des Français issus de l'immigration. Cette séquence vidéo confirme hélas nos inquiétudes.

L'UMP a fondé sa stratégie politique sur l'ethnicisation des rapports sociaux, ce qui aboutit à enfermer les individus dans leurs origines ou leur couleur de peau. La célébration de "nos petits Arabes" bien intégrés - auxquels on accorde un strapontin gouvernemental quand ils font partie de l'élite, afin qu'ils fournissent tous les brevets d'antiracisme dont le pouvoir a besoin - va de pair avec la stigmatisation de ceux d'entre eux qui appartiennent aux classes populaires. Ce sont les deux facettes de cette politique identitaire que donnent à voir les images diffusées par le site Internet du Monde.


 

Stéphane Beaud, professeur de sociologie à l'Ecole normale supérieure, coauteur de "Pays de malheur ! : un jeune de cité écrit à un sociologue", (La Découverte, 2004)

Gérard Noiriel, historien, directeur d'études à l'EHESS, dernier ouvrage paru : "Immigration, antisémitisme et racisme (XIXe-XXe siècle). Discours publics, humiliations privées", (Fayard, 2007)

 

 

Article paru dans l'édition du 20.09.09

22.06.2009

L'île aux fleurs

Vous venez de voir la suite de l'épisode de l'arraisonement  du Yatch du très très très gentil Monsieur Lagardère et de ses immensément adorables invités d'honneur -comme notre très grand nouveau philosophe B.H.L sept fois entarté par l'affreux terroriste pâtissier - ainsi que du très immense et gentil, gentil grand homme qui inventa la cédille: Thierry Ardisson, du tout doux et rondelet Xavier Darcos, de l'adorable bambi du paquet Bonux: Ariel Dombale - lequel a été sauvé in extremis par de jeunes et joyeux étudiants, car ils se dirigeait vers l'île aux fleurs... Vive ces joyeux jeunes gens, vive notre président et ses gentils amis, vive la sympathique soirée, vive la jet set et son immense gentillesse et sa brillante élite...

01.06.2009

Le cauchemar de Darwin (suite)

Peut être avez-vous vu ce drôle de poisson sur les étalages des poissonneries : le Panga. Les poissonniers ont souvent du mal à nous expliquer sa provenance et pourquoi son prix est si peu élevé. Un document de M6, nous éclaire sur le sujet.


Panga signifie force enMorée il est produit à l’échelle industrielle sur leMékong au Vietnam. Ce poisson se reproduisait difficilement en liberté, car les femelles devaient remonter aux sources du fleuve pour frayer. Comme pour les saumons, la course à la vie était dure et les naissances limitées. Mais le grand génie de l’homme réussi à changer tout ça ! Un chercheur s’est en effet aperçu qu’en injectant aux femelles pleines des hormones recueillies dans de l’urine de femme enceinte séchée cela permettait de déclencher la pontes des alvins. Les femmes enceintes produisent en effet beaucoup d’hormones qu’elles rejettent dans leurs urine, il a suffi donc à ce chercheur de recueillir ces rejets et de les déshydrater pour mettre au point des doses (vendue environ 1€) administrable par injection aux mères Panga. Résultat, les femelles Panga se délestent d’environ 500 000 Alevins par ponte.

L’élevage des poissons se fait ensuite dans de grands parcs sur leMékong. Leur principale nourriture est une farine importée duPérou, elle est élaborée à partir de déchets de poissons mélangés à du Manioc, du Soja (OGM ?) et à diverses céréales. Une nourriture bien différente de celle que l'animal absorbe à l'état sauvage, qui vient de l’autre côté de la terre en avion et qui n’offre aucune traçabilité sérieuse. Une fois le gavage terminé, les fermiers n’ont plus qu’à relever leurs filets pour récupérer les fruits de leur élevage. Le poisson sera ensuite découpé en filet par des ouvriers chinois payés à la pièce puis envoyé congelé par avion vers l'Europe. Sachez donc que ce poisson vendu à prix discount est le produit de la mondialisation et de la transgression des lois naturelles, qu’on ne maîtrise pas vraiment leur alimentation et que sa commercialisation à grande échelle est très gourmande en pétrole donc en émission de CO2.

31.03.2009

Tous à vos cassettes!!!!!!

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