19.09.2009
Combattons la grippe A/H1N1 grâce au tamiflu.
Le Docteur Pierre Wattecamps a publié, il y a quelques mois déjà une étude sur le tamiflu. La voici :
“Vous avez sûrement entendu les propos rassurants de Roselyne Bachelot sur le fait que la France dispose de traitements en quantité suffisante pour traiter le cas échéant la grippe porcine ; elle a évoqué le tamiflu, également utilisé contre la grippe aviaire.
Depuis, des anxieux se précipitent dans les pharmacies pour obtenir le fameux tamiflu, qui n'est délivré que sur ordonnance.
Pas de panique. De quoi est constitué le tamiflu ? D'ostelamivir, produit à partir d'acide shikimique, lequel tire son nom du shikimi, autrement dit la badiane japonaise.
Or qu'est-ce que la badiane ? C'est la fleur qui contient l'anis gras et qu'on utilise dans la fabrication du pastis.
Alors, si vous voulez être immunisés contre la grippe porcine, pas de panique : buvez du Ricard !
Nota:
Il est connu que l’huile d'olive est excellente pour le coeur, ainsi que les olives, produit de base qui sert à l'élaborer. Il est donc tout à fait conseillé de se protéger contre la grippe porcine en buvant un pastis, accompagné de quelques olives, et pour conjurer le sort et attaquer le mal par le mal : quelques rondelles de saucisson, pur porc.”

19:54 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
H1N1 même France Soir doute. C'est dire....
Edition France Soir du jeudi 17 septembre 2009 page 11
Chef du service d’urologie à l’hôpital Cochin, le célèbre professeur de médecine, ancien ministre, maintient que la grippe H1N1 est beaucoup moins dangereuse que la grippe classique.
FRANCE-SOIR. Fin juillet, vous dénonciez une surmédiatisation politique de la grippe. Emploieriez-vous de nouveau le terme de « grippette sans danger » aujourd’hui ?
BERNARD DEBRÉ. Mais oui ! Le terme de « grippette » est une traduction d’un mot anglais employé en juillet dernier lors d’une conférence en Angleterre, où de nombreux virologues, médecins, chercheurs se sont accordé à dire que le virus H1N1 est plus contagieux que la grippe saisonnière mais moins dangereux. Rendez-vous compte, lorsque la grippe saisonnière fait 500.000 morts par an dans le monde, le H1N1, qui a déjà fait le tour de la planète, n’en a fait, fort heureusement, « que » 3.200 pour le moment.
Tout de même, deux jeunes Français qui étaient en bonne santé viennent d’en mourir.
Je l’entends bien, mais malheureusement, toutes les grippes peuvent entraîner la mort, et dans des cas très rares, celles de personnes en bonne santé. Le virus H1N1 ne déroge pas à cette règle dramatique, mais je persiste à dire qu’il n’est pas dangereux.
Pourquoi le H1N1 est-il moins dangereux que la grippe saisonnière selon vous ?
Le virus H1N1 touche tout le monde, y compris les personnes âgées. Or, celui qui a entraîné les épidémies de 1948, 1956 et 1957, très virulentes et « contagiantes », était très proche du virus actuel. Ces gens âgés sont pour la plupart déjà immunisés. Il y aura donc moins de morts.
Pourquoi règne-t-il une telle psychose si ce virus n’est pas aussi dangereux qu’on le croit ?
D’habitude, on ne comptabilise pas le nombre de morts ou de patients atteints. Là, dès qu’il y a un cas, on le pointe du doigt, les morts deviennent des statistiques. Par ailleurs, on a eu très peur au départ, car l’on s’attend à voir apparaître un jour une chimérisation, c’est-à-dire un mélange de virus entre la grippe aviaire et un virus contaminant d’homme à homme. Le H1N1 n'est pas ce virus que l’on attend. L’OMS a également fait en sorte que l’on ait peur. Le terme pandémie signifie simplement qu’un virus va faire le tour de la planète, mais n’indique en rien une certaine gravité. Or, dans l’esprit des gens, « pandémie » inquiète et rappelle les épidémies de peste noire.
Que dire des 94 millions de doses de vaccins commandées pour octobre, plus 30 millions pour 2010, au regard du déficit actuel de la Sécurité Sociale ?
Cela fait beaucoup, mais Roselyne Bachelot n’a pas eu d’autre choix. Lorsqu’elle a décidé ces commandes, c’était sous la pression des laboratoires qui ont dit à la France : « Soit vous commandez maintenant, et vous en aurez, soit vous attendez, nous servirons les autres pays, et vous n’aurez plus rien. » Pouvait-on faire autrement ? Non. C’était une sorte de chantage.
Doit-on s’inquiéter des brefs délais dans lesquels le vaccin est élaboré ?
Non. Tant que l’autorisation de mise sur le marché n’est pas délivrée par l’Agence européenne du médicament, aucun risque ne sera pris. Et il ne faut pas compter sur ce vaccin avant la fin octobre.
Que se passera-t-il si cette autorisation est refusée ?
Il n’y aura pas de vaccin, plus de gens auront la grippe H1N1, mais ce n’est pas grave pour autant ! Il y a déjà 103.000 personnes qui l’ont eu en France à ce jour, et on estime que plusieurs millions de Français auront croisé le virus à la fin de l’épidémie. Sans compter que beaucoup de personnes sont atteintes sans le savoir, ce sont des grippes asymptomatiques. Toutes ces personnes sont déjà immunisées.
Allez-vous vous-même vous vacciner lorsqu’il sera autorisé ?
Bien sûr, et non pas pour moi, mais pour mon entourage, car je travaille dans un milieu où il y a beaucoup de personnes à la santé fragile. Je ne comprendrais pas que des personnes qui travaillent dans des milieux sensibles refusent le vaccin. Même si je risque d’avoir une réaction, comme de la fièvre, je le ferai quand même. C’est une question de responsabilité.
Faut-il également se vacciner contre la grippe saisonnière ?
Evidemment. Cela m’inquiète de voir que l’on oublie les dégâts considérables que peut faire la grippe classique. Il faut se vacciner contre les deux grippes. Les deux vaccins seront compatibles.
NDLR: Comme dirait Desproges: Un doute m'habite cependant... Si l'autorisation est refusée les vaccins vont être remboursés aux contribuables par les voyous en blouse blanche? Ou va t-on les envoyer en centre de rétention? car il faudra rembourser un milliard d'euros gracieusement offert à ces crapules qui ont largement rentabiliser leur usine mexicaine... Dites moi c'est un coup à choper la Haine du Nain! Qu'on va s'empresser d'écrire la HN du N1....
07:02 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.09.2009
Si Même au Figaro on s'inquiète.... c'est que c'est sûr ça va pas aller comme ça....
Grippe A : le plan pour la Justice fait polémique

Manifestation de magistrats et de personnels judiciaires fin octobre 2008 à Lyon. L'USM et le SM dénoncent les mesures envisagées par la Chancellerie en cas de pandémie grippale. Crédits photo : AFP
En cas de pandémie, le gouvernement envisage des mesures d'exception : généralisation du huis clos, renvoi des mineurs en correctionnelle, allongement des délais d'appel. Les syndicats de magistrats dénoncent un plan liberticide.
Les mesures de prévention contre la grippe A menacent-elles les libertés individuelles ? C'est la question posée par le journal Libération qui publie mardi un appel en faveur d'une gestion plus transparente de la pandémie. Le quotidien révèle également une lettre adressée par le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche, second syndicat de magistrats derrière l'USM) à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie. Selon ce texte, le gouvernement envisage en cas de pandémie de grippe H1N1 de mettre en place des mesures d'exception modifiant le fonctionnement de la justice. L'objectif est d'assurer la continuité du service public de la justice et d'éviter le risque de propagation. Le SM affirme que les textes du plan gouvernemental «ont été transmis dans le plus grand secret aux chefs de cour en juillet 2009». Il dénonce un «dispositif liberticide».
Selon le syndicat, il s'agit notamment «d'adapter la procédure pénale» par «voie d'ordonnance en cas de pandémie», écrit Libération. Concrètement, les audiences pénales seraient confiées à un seul magistrat, «en violation du principe de collégialité», note le SM dans sa lettre. Le huis clos des débats pourrait être généralisé, et les mineurs envoyés devant le tribunal correctionnel. Le gouvernement envisage de ne permettre aux gardés à vue de voir leur avocat qu'à la 24e heure de détention, et non au début. Il souhaite aussi «prolonger les délais de détention provisoire de 4 à 6 mois sans audience ni débat devant le juge des libertés et de la détention qui statuerait sur dossier». Enfin, «tous les délais de prescription» seraient suspendus.
Le ministère de la Justice confirme l'existence d'un tel «projet», en date de juillet 2009. «La continuité du service public de la justice est une obligation constitutionnelle», justifie le porte-parole adjoint, parlant d'un projet «gradué, qui ne s'appliquerait que de façon exceptionnelle, ponctuelle, géographiquement localisée et de façon encadrée (avec notamment un passage par le Conseil d'État et un examen au Parlement)». «Le cadre prévu dans ce document de travail est, contrairement à ce qui est dit, extrêmement protecteur, avec toutes les garanties constitutionnelles et juridiques», ajoute-t-on. «Est-il raisonnable par exemple de faire des audiences publiques ?», s'interroge ce porte-parole pour justifier l'instauration du huis clos. Autre mesure envisagée, mais pas évoquée par le SM, «l'extension du délai d'appel». «On espère que ce projet n'aura pas à être mis en oeuvre», ajoute-t-on place Vendôme, tout en précisant que la Justice se conformera aux avis des autorités sanitaires pour décider de son éventuelle mise en application.
Mesure «disproportionnée»
D'ores et déjà, dans Libération, le SM «dénonce la volonté de créer une justice d'exception par ordonnances gouvernementales, et demande expressément à la ministre de renoncer à la mise en œuvre d'un tel dispositif liberticide». «Ces projets d'ordonnance sont révoltants et relèvent de l'Etat d'exception», renchérit la présidente du SM, Emmanuelle Perreux. Le Syndicat souligne «la disproportion manifeste entre une situation de pandémie grippale et la gravité des mesures envisagées».
Même indignation du côté de l'Union syndicale des magistrats (USM), premier syndicat de magistrats. Interrogée par lefigaro.fr, Virginie Valton, secrétaire nationale, explique que son organisation avait déjà connaissance de mesures d'organisation judiciaire en cas de pandémie : fermeture de certains tribunaux avec des permanences pour les audiences pénales et civiles, mise en place de listes de magistrats et de fonctionnaires susceptibles d'assurer des permanences, etc. «Cela paraissait logique», explique-t-elle.
En revanche, «la mise en place d'un régime dérogatoire au droit commun apparaît disproportionnée (…), on bafoue les droits des citoyens», ajoute Virginie Valton qui insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une demande des magistrats. «On aurait pu développer la visioconférence pour permettre aux gardés à vue de voir leur avocat, par exemple», explique-t-elle. L'USM n'a pas encore établi la manière dont elle compte répondre aux mesures envisagées par le ministère. Une réunion prévue jeudi place Vendôme sur ce même thème de la pandémie grippale pourrait être l'occasion pour les deux syndicats de faire entendre leur désaccord.
17:36 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.08.2009
Un sol facile à cirer.....

La monnaie est un bien commun, un outil au service des sociétés. Patrick Viveret, l’un des initiateurs du réseau d’échange Sol, rappelle que le droit de création monétaire a été transféré pour l’essentiel aux banques commerciales, et ceci sans aucun débat public. Il estime que la réappropriation démocratique de la monnaie est un enjeu décisif et que les réseaux d’échanges solidaires sont les laboratoires ou s’expérimente et se préfigure un autre rapport à l’échange marchand. Entretien.
Patrick Viveret répond aux questions de Reporterre, novembre 2007
Le capitalisme étend sans cesse l’échange marchand, le règne de la marchandise. Où en est l’échange aujourd’hui, est-il possible d’échapper à la marchandise, à cette extension infinie du rapport monétaire et de cet échange marchand ?
D’abord, le paradoxe que nous vivions, c’est que ce que Stiglitz appelle le fondamentalisme marchand, l’extension démesurée de la sphère de la marchandise à tous les aspects de la vie sociale, affective, politique, culturelle et même spirituelle, a comme effet de limiter, voire de détruire les possibilités d’échanges.
La fonction normale de la monnaie, c’est d’être un fluide qui facilite l’échange et la création de richesse. Mais quand on a d’un coté une rareté artificielle de la monnaie, avec 3 milliards d’êtres humais qui vivent avec moins de 1 ou 2 dollars par jour, c’est l’équivalent d’une sous monétarisation qui bloque l’échange. Et quand on a à l’autre bout les 200 et quelques personnes qui ont un revenu cumulé égal à celui de milliards d’êtres humains, c’est le problème inverse. C’est une sur-monétarisation, qui fait que cet argent en excès ne se recycle plus dans l’économie réelle.
Les deux cas de figure, sous-monétarisation à un pôle sur-monétarisation à l’autre, équivalant si l’on fait une analogie hydraulique à une inondation et une désertification, forment au contraire un facteur bloquant de l’échange.
L’une des raisons pour lesquelles les êtres humains survivent, alors que normalement ils devraient être morts depuis longtemps si les échanges n’étaient que marchands, c’est heureusement parce qu’il y a une vitalité d’échanges non marchands des sociétés humaines qui se manifeste sous d’autres formes. C’est l’émergence de ce que l’on a appelé les réseaux d’échanges de savoir, de temps, les monnaies parallèles ou les monnaies complémentaires. Les gens réinventent des capacités d’échange là où très souvent le système marchand devient un facteur de blocage de l’échange.
Est-ce que cela n’est pas très marginal, ces expériences ?
Cela reste marginal en regard de ce que brasse le capitalisme financier, mais ce marginal là joue un rôle de prototype qui est très important, parce que nous sommes rentrés dans une phase de crise financière aiguë, qui est devant nous, qui n’est pas du tout derrière nous. Le grand problème qui va venir dans les mois et les années qui viennent, c’est : comment empêcher que cette crise financière dans l’économie spéculative débouche dans une récession dans l’économie réelle ?
A ce moment là, on sera bien content d’avoir des moyens d’échanges qui existent à type expérimental, mais qu’il faudra utiliser sur une base beaucoup plus large, de façon à éviter cette transmission de la crise financière à l’économie réelle.
C’est pour cela que des projets expérimentaux comme ce qu’on appelle le projet SOL, qui ne vise pas seulement comme les SEL à intervenir...
SOL, cela veut dire quoi ?
SOL ce n’est pas un sigle. C’est un moyen d’échange d’utilité écologique et sociale, et c’est une monnaie solidaire. C’est SOL comme solidaire, c’est SOL comme soleil et terre, pour sa dimension écologique. C’est SOL comme l’ancien sou pour une réappropriation démocratique de la monnaie.
Nous sommes dans l’équivalent d’un formidable coup d’état sur la monnaie. Sans aucun débat public, dans l’opacité la plus totale, à partir des années 1970, et aggravée ensuite par l’application de l’article 104 du Traité de Maastricht, qui est très peu connu, on a transféré le droit de création monétaire pour l’essentiel aux banques commerciales. Ceci s’est fait sans aucun débat public. Donc l’enjeu d’une réappropriation démocratique de la monnaie est décisif.
Et puis SOL, c’est aussi la référence à l’harmonie de la clé de Sol.
Le SOL cherche à reprendre des éléments qui sont déjà existants, y compris dans les systèmes marchands plus classiques. Par exemple tout le monde a l’expérience des cartes de fidélité. La technique des cartes de fidélités n’est utilisée que dans la logique lucrative. Là on réutilise le cadre juridique et la technique des cartes de fidélité pour développer des stratégies de coopération au service de l’économie sociale et solidaire.
Concrètement, pouvez-vous donner un exemple précis ?
Par exemple, vous êtes dans une ville comme Lille, où le réseau SOL commence à s’implanter, vous allez dans une boutique de commerce équitable qui accepte le SOL. Vous allez régler une partie de vos achats en SOL. Vous allez prendre une assurance à une mutuelle de l’économie sociale et solidaire comme la MACIF, la MAIF. Vous allez, si vous prenez un contrat, recevoir par exemple des SOL ou alors une partie de votre contrat pourra être payée en SOL.
Vous êtes dans une municipalité, un territoire, qui est entré dans la logique SOL. Par exemple une des opérations qui se développe, c’est dans le troisième arrondissement de Paris. Il n’y a aucune raison de réserver le bio aux bobos. Donc c’est une opération où la municipalité démocratise, en quelque sorte, l’alimentation bio en permettant à des catégories défavorisées d’y avoir accès, par le biais du SOL, qui est attribué à une régie de quartier.
On utilise des systèmes qui existent, comme le principe de la carte de fidélité, comme le principe de la monnaie affectée. Lorsque vous avez un billet de train, un chèque déjeuner, cela veut dire qu’avec ce type de paiement vous allez pouvoir faire telle catégorie d’achats. Donc c’est un outil idéal pour favoriser par exemple de l’utilité écologique et sociale.
Comment gagne-t-on des SOLs ? Autrement dit comment est-ce que l’on transforme des euros en SOL ?
De deux façons. Il y a un autre usage de l’euro classique, dans ce cas là ce sont des euros reconvertis en SOL. On a une équivalence assez simple qui est un SOL égale dix centimes d’euros, c’est une convention. A chaque fois qu’on veut avoir un autre usage de la monnaie officielle, pour des activités d’économie sociale et solidaire de développement local, d’utilité écologique et sociale, on transforme des euros en SOL. C’est une première méthode.
L’autre, c’est la même que celle des SELs, des réseaux d’échange de temps. Là, la référence de l’échange, c’est une base à la minute. Là on organise des systèmes d’échange de temps avec une carte à puce. Le grand avantage de la puce, c’est qu’on peut mettre plusieurs systèmes d’échanges à l’intérieur d’une même puce. Quelqu’un qui est porteur de la carte SOL, on l’appelle un Soliste, aura à la fois un autre usage de l’argent, et en même temps, aura la possibilité, à travers le rapport au temps, de dire : le coeur de la richesse c’est le temps de vie.
C’est un aspect qui pour nous est essentiel. A travers ce projet SOL, c’est une façon de reprendre du pouvoir sur nos propres vies. En définitive, la richesse est liée à la richesse humaine, à la richesse écologique et à ce qu’on en fait, donc à la qualité de temps de vie que l’on est prêt à utiliser et à échanger.
Qu’arrive-t-il dans ce cas là pour les gens qui ont beaucoup de temps, les chômeurs, mais qui n’ont pas de revenus ? Comment peuvent-ils rentrer dans un système SOL et mettre à profit - ce n’est pas le bon terme - valoriser ce temps disponible pour eux mais qui dans le système actuel est un temps mort socialement ?
C’est là que l’expérimentation que nous conduisons dans un certain nombre de territoires, avec l’appui de Conseils Régionaux, y compris dans le cadre du programme Ecole européen, qui est un programme qui vise à lutter contre l’exclusion et pour l’égalité sociale, joue un rôle. Le rôle des collectivités territoriales c’est de dire : nous reconnaissons la valeur du bénévolat, la valeur du temps apporté par des gens qui par ailleurs n’ont pas d’argent. Par conséquent, puisque nous reconnaissons cette valeur, il y a un certain nombre de biens et de services qui vont être garantis ou offerts par la collectivité territoriale, qui va permettre qu’avec des SOLs acquis sur la base de la valorisation du bénévolat en temps, on va pouvoir avoir accès en même temps à des services culturels, à des biens, à des éléments de base, qui eux, classiquement seraient exprimés en euros.
Il faut bien voir que tout cela c’est une expérimentation, qui est extraordinairement transformatrice dans son principe, et par conséquent qui est très surveillée. On ne peut pas faire avec le SOL... on n’a pas la même liberté d’action qu’avec les SELs. Les SELs sont tolérés, ils ne menacent pas fondamentalement le système. Quand vous avez des Conseils Régionaux ou des entreprises aussi importantes que le Crédit Coopératif, la MACIF, tout cela est surveillé de près.
Il y aussi toute une dimension de projet politique. Il faut que la question de la monnaie soit remise au centre du débat public, que les citoyens refusent cette confiscation du rapport à la monnaie qui a été faite. Les débats que nous menons à chaque fois que nous lançons une expérimentation sur le SOL, sont aussi une façon de rouvrir le débat sur la question monétaire plus générale, de rouvrir un débat sur : qui à le droit de créer la monnaie, quel en est l’usage, et également sur la question des crises du capitalisme financier actuellement.
On voit bien l’idée, et on la partage, mais on a l’impression que c’est un fétu de paille contre une immense construction. Quand on voit que dans la crise financière qui a démarré cet été, la Banque Centrale Européenne, a déversé en quelques jours, en quelques semaines, plus de 500 milliards d’euros [1], on se dit : que représentent les SOLs, qui en euros vaudraient quelques millions ?
Il y a évidemment une disproportion totale qui est de l’ordre du pot de terre contre le pot de fer. Mais il y a deux éléments à prendre en compte. Un, le pot de fer est sérieusement en train de se fissurer de l’intérieur. Ce que Jean Peyrrelevade a appelé le capitalisme total, est un capitalisme insoutenable. Vous ne pouvez pas avoir durablement 95% des flux financiers qui n’ont plus aucun rapport avec l’économie réelle. Nous en sommes aujourd’hui à 4 000 milliards de dollars par jour qui s’échangent sur les places financières. La partie de ces 4 000 milliards qui correspondent à des biens et des services effectifs est de l’ordre de moins de 5%. Donc ce système est insoutenable, et si aujourd’hui la crise démarre dans l’immobilier, elle continuera demain sur d’autres points parce que c’est la même crise que celle qui est arrivée à l’empire soviétique.
Quand vous avez une distance trop grande entre une idéologie et la réalité, il y a un moment où cela finit par s’effondrer. De la même façon qu’avant l’effondrement de l’empire soviétique on ne pouvait pas dire précisément cela va se passer à tel moment, de telle façon, mais bien avant la chute du mur de Berlin des réseaux européens avaient prédit : ce système est devenu insoutenable, on peut dire aujourd’hui que le capitalisme total, le fondamentalisme marchand est devenu insoutenable.
Ce ne sont évidemment pas des projets comme le SOL qui vont le faire s’effondrer, mais il va entrer en crise de lui même. L’intérêt d’un projet comme le SOL c’est de dire : quand cette crise se produira, outre les effets bénéfiques que des projets comme le SOL produisent dès maintenant, c’est qu’ils est aussi destiné à proposer des alternatives à un niveau beaucoup plus important lorsque ce type de crise financière se produira.
Il y a donc cette première question qui est essentielle, et deuxièmement, l’approche internationale de ce que l’on appelle les monnaies complémentaires, les systèmes d’échanges complémentaires, doit être articulée au plan des stratégies avec les batailles plus globales sur les régulations du système financier international. Ce n’est pas un moyen unique, mais c’est un des moyens, dans la boîte à outils, qui doit par ailleurs se compléter, s’organiser avec la lutte de tous les mouvements de l’alter-mondialisme sur le problème de la régulation du système financier international.
Le réseau Sol est dirigé notamment par Claude Alphandéry, ancien résistant français, banquier, économiste, président du Conseil national de l’insertion par l’activité économique et Patrick Viveret, magistrat à la Cour des Comptes, qui avait rédigé à la demande du gouvernement Jospin le rapport Reconsidérer la Richesse (pdf), visant à redéfinir les indicateurs de richesse.
Publication originale Reporterre (audio)
[1] ndlr : rappelons que les opérations d’injections de la BCE sont principalement des prêts à très court terme : un jour, une semaine. Additionner sans plus de précaution ces montants donne l’impression fausse que des sommes énormes ont été fournies aux banques, ce qui n’est pas le cas.
08:03 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, utopie...
11.03.2009
lettre à Monsieur Eric Besson....

Et clamor Jerusalem ascendit.
Mes très chers Frères,
Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.
Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t’il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame, priez pour la France.
Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.
France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.
Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.
Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
13 août 1942
23:36 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Walden ou la vie dans les bois.....

portrait de Henry David Thoreau
Traduction française de Louis Fabulet
Quand j'écrivis les pages suivantes, ou plutôt quand j'en écrivis le principal, je vivais seul dans les bois, à un mille de tout voisinage, dans une maison que j'avais bâtie moi-même, au bord de l'Étang de Walden, à Concord, Massachusetts, et je ne devais ma vie qu'au travail de mes mains. J'habitai là deux ans et deux mois. A présent me voici pour une fois encore de passage dans le monde civilisé.
Je n'imposerais pas de la sorte mes affaires à l'attention du lecteur si mon genre de vie n'avait été, de la part de mes concitoyens, l'objet d'enquêtes fort minutieuses, que d'aucuns diraient impertinentes, mais que, loin de prendre pour telles, je juge, vu les circonstances, très naturelles et tout aussi pertinentes. Les uns ont demandé ce que j'avais à manger; si je ne me sentais pas solitaire; si je n'avais pas peur; etc., etc. D'autres se sont montrés curieux d'apprendre quelle part de mon revenu je consacrais aux oeuvres charitables; et certains, chargés de famille, combien d'enfants pauvres je soutenais. Je prierai donc ceux de mes lecteurs qui ne s'intéressent point à moi particulièrement de me pardonner si j'entreprends de répondre dans ce livre à quelques-unes de ces questions. Dans la plupart des livres il est fait omission du Je, ou première personne; en celui-ci le Je se verra retenu; c'est, au regard de l'égotisme, tout ce qui fait la différence. Nous oublions ordinairement qu'en somme c'est toujours la première personne qui parle. Je ne m'étendrais pas tant sur moi-même s'il était quelqu'un d'autre que je connusse aussi bien. Malheureusement, je me vois réduit à ce thème par la pauvreté de mon savoir. Qui plus est, pour ma part, je revendique de tout écrivain, tôt ou tard, le récit simple et sincère de sa propre vie, et non pas simplement ce qu'il a entendu raconter de la vie des autres hommes; tel le récit que, par exemple, il enverrait aux siens d'un pays lointain; car s'il a mené une vie sincère, ce doit, selon moi, avoir été en un pays lointain. Peut-être ces pages s'adressent-elles plus particulièrement aux étudiants pauvres. Quant au reste de mes lecteurs, ils en prendront telle part qui leur revient. J'espère que nul, en passant l'habit, n'en fera craquer les coutures, car il se peut prouver d'un bon usage pour celui auquel il ira.
L'existence que mènent en général les hommes est une existence de tranquille désespoir. Ce que l'on appelle résignation n'est autre chose que du désespoir confirmé. De la cité désespérée vous passez dans la campagne désespérée, et c'est avec le courage de la loutre et du rat musqué qu'il vous faut vous consoler. Il n'est pas jusqu'à ce qu'on appelle les jeux et divertissements de l'espèce humaine qui ne recouvre un désespoir stéréotypé quoique inconscient. Nul plaisir en eux, car celui-ci vient après le travail. Mais c'est un signe de sagesse que de ne pas faire de choses désespérées.
Si l'on considère ce qui, pour employer les termes du catéchisme, est la fin principale de l'homme, et ce que sont les véritables besoins et moyens de l'existence, il semble que ce soit de préférence à tout autre que les hommes, après mûre réflexion, aient choisi leur mode ordinaire de vivre. Toutefois ils croient honnêtement que nul choix ne leur est laissé. Mais les natures alertes et saines ne perdent pas de vue que le soleil s'est levé clair. Il n'est jamais trop tard pour renoncer à nos préjugés. Nulle façon de penser ou d'agir, si ancienne soit-elle, ne saurait être acceptée sans preuve. Ce que chacun répète en écho ou passe sous silence comme vrai aujourd'hui, peut demain se révéler mensonge, simple fumée de l'opinion, que d'aucuns avaient prise pour le nuage appelé à répandre sur les champs une pluie fertilisante. Ce que les vieilles gens disent que vous ne pouvez faire, vous vous apercevez, en l'essayant, que vous le pouvez fort bien. Aux vieilles gens les vieux gestes, aux nouveaux venus les gestes nouveaux. Les vieilles gens ne savaient peut-être pas suffisamment, jadis, aller chercher du combustible pour faire marcher le feu; les nouveaux venus mettent un peu de bois sec sous un pot, et les voilà emportés autour du globe avec la vitesse des oiseaux, de façon à tuer les vieilles gens, comme on dit. L'âge n'est pas mieux qualifié, à peine l'est-il autant, pour donner des leçons, que la jeunesse, car il n'a pas autant profité qu'il a perdu. On peut à la rigueur se demander si l'homme le plus sage a appris au cours de sa vie quelque chose qui ait une réelle valeur. Pratiquement les vieux n'ont pas de conseil important à donner aux jeunes, tant a été partiale leur propre expérience, tant leur existence a été une triste erreur, pour de particuliers motifs, suivant ce qu'ils doivent croire; et il se peut qu'il leur soit resté quelque foi capable de démentir cette expérience, seulement ils sont moins jeunes qu'ils n'étaient. Voilà une trentaine d'années que j'habite cette planète, et je suis encore à entendre de la bouche de mes aînés le premier mot d'un conseil précieux, sinon sérieux. Ils ne m'ont rien dit, et, probablement, ne peuvent rien me dire à propos. Ici la vie, champ d'expérience de grande étendue, inexploré par moi; mais il ne me sert de rien qu'ils l'aient exploré. Si j'ai fait quelque découverte que je juge de valeur, je suis sûr, à la réflexion, que mes mentors ne m'en ont soufflé mot.
Certain fermier me déclare : « On ne saurait vivre uniquement de végétaux, car ce n'est pas cela qui vous fait des os »; sur quoi le voici qui, religieusement, consacre une partie de sa journée à soutenir sa thèse avec la matière première des os; marchant tout le temps qu'il parle, derrière ses boeufs, qui, grâce à des os faits de végétaux, vont le cahotant, lui et sa lourde charrue, à travers tous les obstacles. Il est des choses réellement nécessaires à la vie dans certains milieux, les plus impuissants et les plus malades, qui, dans d'autres, sont uniquement de luxe, et dans d'autres encore, totalement inconnues.
Il semble à d'aucuns que le territoire de la vie humaine ait été en entier parcouru par leurs prédécesseurs, monts et vaux tout ensemble, et qu'il n'est rien à quoi l'on n'ait pris garde. Suivant Evelyn, « le sage Salomon prescrivit des ordonnances relatives même à la distance des arbres; et les préteurs romains ont déterminé le nombre de fois qu'il est permis, sans violation de propriété, d'aller sur la terre de son voisin ramasser les glands qui y tombent, ainsi que la part qui revient à ce voisin ». Hippocrate a été jusqu'à laisser des instructions sur la façon dont nous devrions nous couper les ongles : c'est-à-dire au niveau des doigts, ni plus courts ni plus longs. Nul doute que la lassitude et l'ennui mêmes qui se flattent d'avoir épuisé toutes les ressources et les joies de la vie soient aussi vieux qu'Adam. Mais on n'a jamais pris les mesures de capacité de l'homme; et on ne saurait, suivant nuls précédents, juger de ce qu'il peut faire, si peu on a tenté. Quels qu'aient été jusqu'ici tes insuccès, « ne pleure pas, mon enfant, car où donc est celui qui te désignera la partie restée inachevée de ton oeuvre? »
***
Biographie en résumé
Écrivain américain. Disciple de Ralph Waldo Emerson, il "fut un non-conformiste résolu. Après avoir vécu seul dans une cabane au bord d'un étang dans les bois, Thoreau publia Walden, récit de cette expérience, dans lequel il prêche la résistance aux diktats de la société organisée. Ses écrits expriment la tendance à l'individualisme fortement enracinée dans l'âme américaine" (Portrait des USA. Chapitre 10." L'Amérique et les arts" (Service d'information du Département d'État américain).
Dans son essai La désobéissance civile ( Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au gouvernement américain, qui tolère l’esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique. « Pas un instant, je ne saurais reconnaître pour mon gouvernement cette organisation politique qui est aussi le gouvernement de l’esclave. (…) Je pense qu’il n’est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte. Ce devoir est d’autant plus impérieux que ce n’est pas notre pays qui est envahi, mais que c’est nous l’envahisseur. » L’essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur Martin Luther King.
Pour continuer l'aventure avec Henry David Thoreau contemporain Cliquez ici
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31.10.2007
Petite leçon basique d'anatomie par Ballouhey...

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19.07.2007
Coordination des éditeurs indépendants
Chers amis,
vous avez été plus de 7 000 à signer la pétition initiée par l'Atelier du Gué éditeur en faveur des tarifs postaux et pour la libre circulation des idées, et nous vous remercions de votre confiance.
La presse a été alertée, et les réactions favorables se confirment.
La coordination responsable de la pétition va remettre la pétition aux ministères de la Culture, mais également à celui de l'Industrie, ministère tutélaire de La Poste.
De nombreux députés sont intervenus, de toutes sensibilités, par oral ou écrit, auprès du gouvernement précédent et de l'actuel.
En septembre prochain, au moment où la pétition sera remise aux ministères concernés, aura lieu la renégociation du Contrat de Plan entre La Poste et l'Etat, qui définit les missions de service public de l'entreprise.
Nous avons besoin de vous.
Vous disposez en pièce jointe d'un modèle de lettre type, qu'il vous suffit de recopier, signer et envoyer à votre député ou à vos élus locaux, afin de les sensibiliser à la question.
Pour trouver l’adresse et le nom du député de votre circonscription pour pouvez vous rendre sur : assemblée nationale en cliquant ici
Nous poursuivons auprès de la presse et des institutions, avec beaucoup de détermination le travail de sensibilisation, et nous vous remercions de votre action.
Bien à vous tous,
La coordination des indépendants du livre.
Pour tout renseignement complémentaire : laposte@lekti-ecriture.com
Modéle de lettre
Mr. Ou Mme
Adresse postale :
Tél.
Le 20 juillet 2007
Madame, Monsieur,
En février 2007, l’Atelier du Gué, éditeur, suivi bientôt d’une coordination, a initié une pétition en faveur de la mise en place de tarifs postaux spécifiques appliqués à l’objet livre, comme il en existe dans la plupart des pays européens.
En effet, les tarifs postaux actuels par leur coût excessif remettent en question la diffusion des éditeurs, et par voie de conséquence, la pérennité de l’édition indépendante, entravent le droit à l’expression, réduisent l’économie du livre et affaiblissent la démocratie.
La pétition a été signée par plus de 7000 citoyens et acteurs du livre, démontrant ainsi la prégnance des inquiétudes exprimées par les éditeurs indépendants et leurs lecteurs.
Nous vous demandons par la présente lettre, et au vu des documents ci-joints, de bien vouloir agir, en tant qu’élu, comme certains de vos collègues qui l’ont déjà, et de relayer auprès du gouvernement, par une question écrite ou orale, cette pétition et les revendications qu’elle porte.
Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
(signature)
Ci joint le texte de la pétition
Soutien aux éditeurs indépendants et aux revues littéraires - Pour la libre circulation des idées
Pétition de l’Atelier du Gué
La Poste est un des outils privilégiés de diffusion des livres et revues littéraires des éditeurs indépendants, auprès des libraires, des bibliothèques et du public.
Or, les transformations de La Poste, l'abandon des tarifs particuliers ou intermédiaires, la libéralisation des services, les fermetures de bureaux, mettent aujourd'hui leur existence en danger. Ceci porte préjudice aux écrivains, à la création littéraire, aux éditeurs, aux libraires, aux lecteurs, comme à toute la chaîne du livre (graphiste, photographe, imprimeur...).
Des tarifs postaux abusifs, la réduction programmée à l'accès des tarifs "presse" par de nouvelles contraintes administratives, l'abandon des tarifs réduits ("coliéco" "sacs postaux de librairies"... le refus de La Poste d'appliquer le tarif "livres et brochures" sur le territoire national), etc... remettent en question la pérennité de l'édition indépendante, et par voie de conséquence, entravent le droit d'expression, réduisent l'économie du livre et affaiblissent la démocratie.
Des centaines de petites structures éditoriales sont aujourd'hui contraintes à réduire ou à cesser leur activité.
Les soussignés s'inquiètent de cette situation et demandent à l'Etat, aux ministères concernés et à la direction de l'entreprise publique La Poste de créer un tarif préférentiel pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l'attribution, ou non, d'un numéro de commission paritaire), afin de garantir pour demain la diversité culturelle et la libre circulation des idées.
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21.03.2007
Aide aux artistes dans le besoin

12:20 Publié dans Petit traité de médecine à l'usage des rustres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.03.2007
Du monde littéraire

Collage: Maryvonne Lequellec
Ce texte est extrait de Putain d'Etoile paru en 2003.
En contemplatif j’ai cru pouvoir m'inventer une emprise sur la réalité, voire la supplanter avec un stylo. Arrive le moment de trouver un éditeur pour ce paquet d’inepties et c’est à ce moment quelle revient au galop ; la grande réalité...
Je le confirme, je suis bon à rien, mais prêt à sortir le grand jeu pour réussir. Mettre des talons aiguilles, des collants résilles, une perruque. Faire la folle, accepter toutes les fantaisies, les vices, les coups tordus, le knout, la cravache et j'en passe. J'étais prêt à tout. Tout. Tout. Pourvu qu'on me publie. Malheureusement, j'ignorais avec qui je devais passer mes week-ends. Personne ne m'a jamais présenté l'ogresse des auteurs. Je ne suis pas regardant, ni dégoûté, pourvu qu'on m’imprime. Il faut déjà avoir des relations pour s'en faire d’autres. Je me serais contenté d'une simple place de treizième couteau, dans une boucherie de quartier.
Si j'avais eu l’embryon d’une réponse positive d'un éditeur, j'aurais au moins eu une raison de m'entêter, de me bastonner avec ce roman. Mais là, rien… Quelques lettres, que j'ai soupçonnées être des modèles du genre, me sont parvenues. Je résume: entre deux genres, propos justes, force dans la description, saura toucher le lecteur, mais, vu la conjoncture, nous ne pouvons pas vous publier.
Ecrire pour empiler des feuilles ne sert à rien. Alors on balance son manuscrit en désespoir de cause, au petit bonheur la chance, à un éditeur dont on croit que c'est le métier, le sacerdoce, la profession de foi, « Le Livre ». À les écouter, du livre en voici, du livre en voilà, mais ils s'en tamponnent le coquillard. Du blé par-ci, de la fraîche par-là, passez la monnaie, de l'oseille en paquet. Pas vu je t'embrouille. Je m'énerve, c'est plus fort que moi ! Quand je parle de ces gens, je deviens atrabileux, désagréable, et il ne faut pas me chauffer longtemps.
En attendant, il faut bien survivre. Deux éléments essentiels à sauvegarder, manger et écrire. Le reste n'est que luxe, voire même luxure. Avoir un travail à côté m'a toujours sauvé la mise. Une saleté de boulot de pue-la-sueur, qui m'a rempli la bedaine, en attendant la gloire ou une autre fadaise…
Quand disparaît la magie de l'écriture, arrive l'ennui, terrible et mélancolique, qui rend atone toute journée, indépendamment des événements. Pas le moindre goût à baguenauder, pas même pour la bagatelle. Ça ressemble à un électroencéphalogramme plat. On sent se liquéfier l'intérieur. Les quelques neurones disponibles sont victimes de tétanie. Dans un état indéfinissable, on se momifie vivant. Traîner du lit au frigo, ouvrir un yaourt, fumer une cigarette, siroter une canette pour essayer de dissiper ce brouillard intense qui persiste devant les yeux. Rien n'attire l'attention. Rien n'est acceptable. On se croirait sur le Chemin des dames, en plein hiver, quand le vent descendu de Russie fouaille les rares arbres. Le ciel résonne du coassement des corbeaux, seuls êtres vivants en ces lieux. Ils attendent qu'une rafale de shrapnels vienne vous arracher la tripaille pour festoyer.
Si vous n'avez jamais mis les pieds dans ces endroits qui portent encore des traces abominables de l'histoire, un jour de frimas en janvier… Allez-y, vous comprendrez mon allusion. Il faut avoir vécu là-bas, pour appréhender le moral d'un type qui n’a plus de prise sur rien et ne travaille pas à l'inspiration. Évidemment, une âme bien pensante dira que la lecture peut compenser ce mal à vivre. Certes... Mais l'ersatz est médiocre. J’ai plus souvent trouvé de littérature dans la rubrique des faits divers de La Dépêche Libérée que dans une ambiance décrite par un plumitif pré-pubère. Le quotidien, il faut se le coltiner, au ras des fraises, quand on a décidé de s’attaquer au naturalisme. C’est la seule école pour ce genre-là. Dans ce jeu-là il faut souvent passer par la case prison, et surtout ne pas avoir la prétention de pondre des pages pour la postérité. Peu m’en chaut d’avoir des lecteurs quand je ne respirerais plus cet oxygène. Ici et maintenant, vite et bien. Désolé si l’image du poète romantique prend un coup de manche de pioche derrière la nuque…
Avec le froid, la vie quitte le corps en commençant par le bout des doigts. Les membres se recroquevillent et deviennent des appendices superflus, du bois mort… La tête se rétrécit à la taille d'un œuf et s'alourdit au point de vouloir exploser. Tout est indécent. Les mots prononcés contre cette malédiction n'y font rien. On reste persuadé qu'on aurait dû en finir au moment où tout s'écroulait. Il ne faudrait pas survivre aux instants de bonheur et en profiter pour partir aux fraises la paix dans l'âme. Devenir transparent lorsqu’on atteint la perfection... Un soulagement envahit. Enfin il n'y a plus rien à perdre, ou à prouver. Le cerveau saturé se déconnecte. Le corps ressent une douleur irradiante qui confisque les poumons, le cœur, la gorge, le bas du dos, excite les tripes et coupe en deux. À quoi bon faire le niais et donner dans la grimace ? J'aurais voulu que tout s'arrête là. Que la boule m’échappe et dégringole en bas de la colline.
J'ai eu l'adresse de la maison d'édition au hasard d'une revue de poésie imprimée en ronéo baveuse sur du papier qui peluchait, avec une couverture en kraft et des agrafes rouillées. J'ai encore envoyé le manuscrit, comme on jette un coup de pied dans la première poubelle qui passe à portée. Et alors que je n'y croyais plus, une lettre m'est arrivée. Le directeur littéraire m'accusait d'avoir commis un crime de jeunesse. Il m'en voulait de n'avoir pas réussi à dégager la substantifique moelle. Selon lui, toute la matière était là, mais empesée, engluée, mal fagotée. Je devais dégraisser et jeter des chapitres entiers muscler tout ça en soulevant le poids des mots. J'ai bien été obligé de convenir de la précipitation, par manque d’expérience. Je m'étais contenté du minimum, alors que je prétendais frapper la cible au cœur. Ma fierté en a été écornée. Il avait raison le bougre. Pour atteindre mon objectif j’avais besoin d’un minimum de recul et de lucidité.
Je pouvais consentir à quelques sacrifices sans que le sujet n'en soit dénaturé. Une matière dense, on ne peut pas l'altérer, même en supprimant des phrases, des paragraphes, des chapitres. Ils sont tous contenus en un seul. Le noyau dur, au fond de l'abîme.
Rien à dire, le zouave avait foutrement raison. Je ne sais pas pourquoi mais je me sentais en confiance avec lui. Sans fioriture, à la hussarde, sans circonvolution, il était allé droit au but... Probablement les salamalecs manquaient, mais cela avait le mérite d'être clair, précis, net et sans bavure. Trop mou là! Trop direct là! Virer les deux tiers! Ça irait bien mieux ainsi. Emploi catastrophique des virgules, accord des temps déplorable. Recomposer les trois quarts ! Il sentait que l’électricité passait, malgré tous les défauts de branchement. Au final, il me publierait.
Le dernier mot méritait que je m'y arrête. Puisqu’il allait me publier, j’étais prêt à subir tous ses vices… Je courberais l’échine j’obéirais au doigt et à la botte, je lui lécherais les mains, les pieds, j’en ferais des tonnes… Car personne d'autre avant lui n'avait daigné jeter un seul regard sur mon prurit verbeux...
Si je me méfiais des états d'âme de tous les banquiers de l'encre, lui m'inspirait le respect. Il ne tirait de son travail que son rachitique salaire. Pas comme ces bouffeurs de papier. Il payait de sa personne, lui. En vrai assistant il aidait les parturientes de mon genre condamnées à accoucher leurs textes en beuglant et ça l’amusait. Ce type avare de sourire, au regard franc et pas trop patibulaire, en connaissait un rayon sur le métier. Je n'étais pas le premier dans le genre ni le dernier qu'il avait publié. À l'en croire, j'avais de la chance. Je n'étais pas en train de pourrir au fond d'une geôle pour de sombres raisons politiques. De quoi je me plaignais ? Il m'énervait avec sa critique cinglante et sa dent dure. Mais je savais qu'il avait raison, entièrement raison, totalement raison.
Il fallait simplifier pour dominer parfaitement le sujet. Devenir un acrobate de la phrase, un trapéziste de la formule et ne pas s'engluer dans des figures absconses. Je pensais avoir dompté la façon, mais il m'infirmait et il me fallait l'accepter. J’avais l'impression que la proie allait m'échapper sans que j’en ai goûté la saveur. Pas assez fine, la mouture ne dégageait pas totalement son parfum dans le breuvage. À l'aveugle, dans le vide et sans les mains, je devais me jeter à l'eau. Avec lui, j'en ai bavé. J'ai dit souvent, amen. Et comme un vicieux j'en ai redemandé. Et ça l'amusait. Et j'en aurais accepté encore plus, parce que c'était ça ou crever.
Ma théorie sur l’intemporalité n'avait pas produit l'admiration, loin de là. Trop alambiquée à son goût mon concept de chronologie à l'orientale, de scénario à tiroirs. Pas assez maîtrisé. Je devais le comprendre de moi-même ou à l'usure.
Je me suis vissé au bureau, qu'il fasse soleil ou que la montagne soit recouverte de neige. Rien dans l'existence n'avait autant d'intérêt que ces feuilles. Ma vie dépendait d'elles. J'ai ramassé toutes mes forces dans le seul but d’attraper au moins une érection dans ce grand lupanar littéraire et pouvoir miser une seconde fois. Je devais acquérir la rigueur qui me faisait défaut. Quelle foutaise… J'étais jeune, pas bien démoulé, pas assez tordu et je me déroulais le grand cinéma.
En jardinier, je taillais d'un petit coup sec la phrase encombrée. Elle se redressait. Les adjectifs intempestifs, les répétitions inutiles allaient choir dans la sciure. Poussé par le seul désir d’être publier, couper dans la matière devenait un acte rituel. Cela a pris du temps. Pendant des semaines, des mois, essorer chaque phrase, la soupeser, la tâter, la comparer. Je lui ai retourné le manuscrit langé, pouponné, sans cataplasme inutile, ni branli-branla de poète mal inspiré, comme il me l’avait demandé...
Couvert de ratures, des bouts de feuilles recollées, le paquet de feuilles ressemblait à une copie de film muet qui aurait séjourné dans une malle humide. Seul un masochiste se serait esquinté les yeux sur un tel torchon. Il m'a obligé à tout retaper et je l’ai fait...
Il pensait, qu'en resserrant encore quelques boulons on obtiendrait un résultat plus probant. Il suffisait de s'y remettre. Cela en valait la peine. Pour la énième fois j’ai encore trifouillé dans le capot. J'avais, à mon insu, gagné en densité. Un peu comme si j’avais réduit des confitures en pâte de fruits
J'avais toute la vie pour moi. J'écrivais pour ne plus avoir l'impression d'une existence inutile. À qui d'autre raconter mes salades? Avec deux doigts et la régularité d'un métronome, le tic-tac des touches emplissait mes journées libres. Page à page j'avançais. La ramette diminuait. Il l'a relu. Il restait encore quelques broutilles, mais le ravalement avait eu lieu. Il en convenait enfin.
Seulement il n'avait plus la fonction qui lui aurait permis de me publier, éjecté de son poste pour de sombres raisons financières. Triste époque. Il me publierait c'est sûr: mais quand? Chez qui? Il cherchait une autre crêmerie. Il me donnerait des tuyaux. Il ne fallait pas désespérer et soumettre à d'autres le manuscrit. Il n'était pas le seul éditeur dans ce foutu pays. Je n'en doutais pas un instant. Aussi, plutôt que de perdre mon temps à écrire des fadaises que personne ne lirait jamais, j'ai rangé hors de ma vue le tas de feuilles dans un placard, pour en être définitivement débarrassé.
Faute de mieux, j'ai décidé de pratiquer l’onanisme et de me faire si possible sévèrement plaisir. Écrire pour écrire. Balancer toute la sauce. Faire gicler les contraintes. Culbuter ces bigoteries du langage prononcées avec coquetterie, la lèvre en cul de poule. Le bon mot où s'épanouit la beauté de l'esprit. À la tronçonneuse et à la dynamite, oui… Du viol de langue, en iconoclaste voyou. Pourquoi se retenir?
Défroquer le verbe, empaler la phrase, cracher la formule, éructer l’adjectif, roter à l’aise et se promener avec les roubignolles à l’air. Puisque c’est râpé pour la gloire et mal barré pour l’Académie, que le casse-croûte est plus qu’aléatoire, pourquoi se compromettre avec ces tyrannies?
N’attendre rien de personne procure une certaine liberté. Se foutre de la contrainte grammairienne, des lois de la syntaxe, de celles du marché et de ses margoulins. Le jus de quotidien est bien plus truculent que tous ces styles qui reniflent le « à la manière de »… Niaiseries et fadaises cousues de fil blanc pour pisse copie et bas bleus. Du jazz, du blues, de l’acide, mais pas de la littérature, encore moins de poésie. Regardez comme j’écris bien ! Alors elles arrivent ces médailles ? Comme ils sont intelligents les beaux premiers des meilleures ventes… Je préfère l’honnêteté du cirque. Une seule pirouette ratée et le trapéziste va avec ses côtes tâter la sciure. Pas comme ces gigolos qui s’en sortent en étalant leur culture…
Pas étonnant que le brave directeur littéraire ne comprenne rien au bruit des ateliers, à la monotonie du travail sur machine, aux odeurs de solvants, d’encre, de colle, de papier, à la fatigue, à la sueur. Le brave homme a-t-il déjà ressenti l’excitation quand démarrent les rotatives et le plaisir d’avoir fini un travail. Retranché dans son bureau, il n’a jamais roulé que sur la voie royale et pense que son intellect va lui permettre d’éclairer son jugement. Sérieux, notre homme croit aux valeurs du système, comme à une assurance qui le protégerait du néant de l’existence. Il se raccroche comme il peut au bastingage par peur des requins. Pitoyable Pierrot nyctalope, juste bon à finir cloué sur une porte. Cet homme n’est qu’un pioupiou, un simple dé pipé, dans ce grand business. Les lettres de refus qu’il écrit sont dictées uniquement par le banquier de service au blaser impeccable, avec rangers au pieds et parabellum à la ceinture. Le galonné du commerce, c’est lui le grand clown à la chemise brune, le prescripteur de la soupe, l’Auguste qui dicte tout le tintouin.
Notre directeur littéraire avec ses lunettes en écailles, ses vestes en cachemire, tweed, ou laine de vigogne n’est là que pour la façade. Les auteurs sont des êtres si sensibles qu’ils ne peuvent entendre le discours de la raison économique supérieure. Il tient la méthode des camps d’extermination où on diffusait la musique aux victimes pour les rassurer sur leur avenir. Dans ces bouges, les charmantes potiches à l’entrée assurent le décorum, car chez les éditeurs il n’y a pas encore de gorilles comme dans les grandes surfaces. Un magasin sans pitbulls à l’entrée ne peut pas être sérieux. Rien à tirer. Quel illuminé attenterait au dernier manuscrit du philosophe à la mode. Même la concurrence ne s’y intéresse pas, et malgré ça l’Auguste de ce grand cirque se fait du pognon. L’apparence est sauve. Nous sommes entre gens qui savent lire, n’est-ce pas ?

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