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18/05/2007

Saudade entre Pessoa et Bévinda

Pessoa par pessoa(s)

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« Ce que tu fais, fais-le suprêmement »


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“La vérité est la seule excuse de l’abondance. Nul homme ne devrait laisser 20 livres à moins de pouvoir écrire comme 20 hommes différents (…), s’il peut écrire comme 20 hommes différents de quelque manière que cela puisse être, et ses vingt livres sont justifiés.”
Erostratus

“Et pourtant – je le pense avec tristesse – j’ai mis en Caeiro tout mon pouvoir de dépersonnalisation dramatique, j’ai mis en Ricardo Reis toute ma discipline intellectuelle revêtue de la musique qui lui est propre, j’ai mis en Alvaro de Campos toute l’émotion que je n’accorde ni à la vie, ni à moi-même. (...)
Enfant, j’avais déjà tendance à créer autour de moi un monde fictif, à m’entourer d’amis et de connaissances qui n’avaient jamais existé – (je ne sais pas bien entendu s’ils n’ont pas existé ou si c’est moi qui n’existe pas.
Un jour…– ce fut le 8 mars 1914 – je m’approchai d’une commode haute, et prenant un papier, je commençai d’écrire, debout, comme je le fais chaque fois que je le peux. Et j’écrivis une bonne trentaine de poèmes d’affilée, dans une sorte d’extase dont je ne saurais définir la nature. Ce fut le jour triomphal de ma vie, et je n’en connaîtrai jamais de semblable. Je débutai par un titre Le gardeur de troupeau et ce qui suivit fut l’apparition en moi de quelqu’un que j’ai d’emblée appelé Alberto Caeiro. Pardonnez-moi cette absurdité : en moi était apparu mon maître. "

Extraits de la lettre à Adolpho Casais Montero, le 13 janvier 1935. (La traduction intégrale, par Rémy Hourcade, de la lettre se trouve dans Sur les hétéronymes, éditions Unes, 1985.)


“Je suis un gardeur de troupeaux.
Le troupeau c’est mes pensées
et mes pensées sont toutes des sensations.
Je pense par les yeux et par les oreilles
par les mains et par les pieds
par le nez et par la bouche.”
(…)
Alberto Caeiro, Le Gardeur de troupeau
Èditions Unes, 1986, traduit du Portugais par Rémy Hourcade et Jean-Louis Giovannoni.

“ La réalité n’a pas besoin de moi.”
(idem)

“J’impose à mon esprit altier l’exigence assidue
De la hauteur, et au hasard je laisse,
Et à ses lois, le vers :
Car, lorsqu’est souveraine et haute la pensée,
Soumise la phrase la cherche,
Et le rythme esclave la sert.”
Ricardo Reis, Odes, in Poèmes Païens, Christian Bourgois, 1989.

“Je pressens le crâne que je serai
(…)
Lors c’est moins l’instant que je pleure,
que ce moi futur que je vois,
Vassal absent et nul
Du destin universel. "
(idem)

"Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;
Si je pense, si je ressens, j’ignore
Qui est celui qui pense, qui ressent.
Je suis seulement le lieu
Où l’on pense, où l’on ressent.
(…)
À celui que je me connais : J’écris. "
(idem)

“ ‘J’ai horreur du mensonge parce que c’est une inexactitude.’ Tout Ricardo Reis – passé, présent et futur – est dans cette phrase.”
Alvaro de Campos, Notes à la mémoire de mon maître Caiero, in Sur les hétéronymes, éditions Unes, 1986, traduction de Rémy Hourcade.

“Fernando Pessoa éprouve les choses mais il ne bouge pas, pas même à l’intérieur.”
(idem)



Même la plus humble des herbes du destin n'est oublié.
Que le vivant n'ignore pas la loi.
Il est dans leur nature que se fanent les ross,
Que les plaisirs s'achèvent.
Qui nous connait, ami, tels que nous fumes? Nous-mêmes
Nous ne nous connaissons jamais.




Viens, Nuit extatique et silencieuse,
Viens envelopper dans la nuit manteau blanc
Mon cœur...
Sereinement comme une brise dans l'après-midi
légère,
Paisiblement, comme la caresse d'une mère,
Avec les étoiles brillant au creux de tes mains,
Et la lune mystérieuse masque sur ton visage,.
Tous les sons résonnent d'une autre manière
Lorsque tu viens.
Lorsque tu entres toutes les voix s'éteignent,
Personne ne te voit entrer,
Personne ne sait que tu es entrée,
Sinon en voyant soudain que tout se recueille,
Que tout perd ses arêtes et ses couleurs,
Et qu'au firmament encore bleu clair,
Croissant parfaitement dessiné, ou cercle blanc, ou
simple lumière nouvelle qui vient,
La lune commence à être réelle.



Pour écouter la chanteuse Bévinda qui interpréte Pessoa
Cliquez ICI

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