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29/11/2014

De la théorie du complot par le géant vert...

L'ami Pierre Lebas -graphiste et artiste à ses heures- s'est pris d'une grosse colère bien salutaire que je ne résiste pas à vous faire partager... Tellement son billet est drôle...

 

Mes amis,

 

Je viens vers vous muni d’une détresse affligeante qui m’envahit chaque jour passant. C’est à la suite d’un scandale, ou plutôt l’art de faire un scandale ou bien peut-être le scandale de l’Art. À quelle dialectique doit-on se vouer? Le printemps français réactionnaire sévit et expose son navrant trou rectale en essayant de nous expliquer qu’il ne faut point y toucher.

 

01 le plug anal de paul-mccarthy-par terre.jpg

 

Vous vous en doutez, je m’exprime ici suite à l’expositon de l’oeuvre hautement scandaleuse d’une personne de mon corps de métier à qui je vouais un culte artistique sans faille jusqu’à ce que la frange grandissante des néofacsistes catholiques et autre nauséabondes personnes me rappellent l’importance de la bonne morale sociétale resurgissante de notre merveilleux 21e siècle. Pourtant, comme tout à chacun, cette petit frappe intolérante s’astique la zone appropriée au quotidien sans se soucier de l’intérêt que leur dieu à mis à fabriquer cette petite machinerie qui nous délecte habilement de nos lourdeurs boulimiques. Et je me dis que lorsque l’éjection passe, la pénétration trépasse. En même temps, je ne peux me résoudre à l’idée que la torcherie quotidienne ne puisse procurer chez certains d’entre eux un petit plaisir auquel ils pourraient s’adonner autrement en s’y pourfendant de plaisirs abyssales. Mais ces gens là n’ont que le vice éventuel de penser qu’il pourrait avoir envie d’y penser... Cette génération de frustrés dégénérés frigides du trou du cul me questionne, à savoir si moi même ne suis pas habité par le diable en personne, embouché de sa fourche rougeoyante, me laissant flotter dans les abîmes du vice intersidérale des trous noirs?

Suite à cette question existentielle, j’allasse de ce pas au pays des songes qui cette nuit là ne m’attaquèrent pas des pires images sodomites qu’ils sont capables de n’inculquer dans un espace temps à priori très court selon les scientifiques spécialistes du sommeil dérangé. A l’aube, frais comme une crevette norvégienne nourrie aux farines animales, à la vue du rougeoiement linéaire d’un ciel automnale d’une douceur vierge mais pas pucelle, à la vue du pot de Nutella gentiment acheté par mon épouse afin d’optimiser la teneur en cholestérol de ma prochaine analyse de sang, resurgissent une foule de questionnements qui vinrent perturber impunément l’annonce du moulage de mon bol fécal. Et si ce pot de Nutella n’était pas encore là pour me rappeler toute cette histoire, j’aurais certainement pu passer une très agréable journée à simplement me demander comment je pourrais occuper ma journée du lendemain (je vous rappelle que je suis artiste). Mais là! Boum! Une bombe! Je vis en cette pâte à tartiner concentrée un tas de merde qui s’empressa d’obscurcir mon esprit sain du matin, en renchérissant ce scandale de la veille. Oui, il a bien fallu que quelqu’un défèque cette recette, me dis-je en pensant au légionnaire se retirant d’une chèvre diarrhétale au fin fond du désert saharien, et que si cette personne n’avait pas un esprit scatologique en concoctant ce subtil mélange d’huile de palme et autres mets édulcorants aux couleurs siennes, heu, ben, ça me paraît pas vraisemblable si ce n’est dans un objectif commercial. C’est dans cette brume matinale d’interrogations naïves que vinrent s’amonceler une foule d’autres questionnements :

- Et si à l’an 0 la crucifixion ne fut point à la mode mais que les autorités compétentes eurent instituées le sévice du pal, aurions nous un décorum pluggé dans nos lieux de culte bien aimés et des processions de fougueux croyants le cul en l’air offerts à toutes sortes de dégradations anales?

- Et si les astronomes avait résolu le mystère des trous noirs, ça nous en boucherait un coin, non?

- Et si mes courgettes deviennent si grosses lorsque je ne les cueille pas à temps, si elles possédaient un organe interne calculateur afin de me faire peur pour ne pas les récolter en me défiant d’une éventuelle pénétration?

- Pareil pour mes tomates déformées en postérieur me provocant le pire désir surtout que je suis nu dans mon potager en vue d’accélérer la maturation de ces dernières?

La panique m’envahit, je renversa négligemment mon café sur mon dernier caleçon propre de la saison, m’essuya avec le chat, prît la voiture avec la décision de me délecter de toutes ces pensées diaboliques en allant jouer à l’Euromillions avec le ferme objectif de gagner et d’acheter une oeuvre de Paul Mac Carthy et de soigner mes névroses sans pour autant investir dans l’apathie affligeante d’un psychiatre déprimé très certainement aussi coincé du cul depuis que sa femme l’a trompé avec Jean Luc Mélenchon lors du brunch offert à la sortie d’un meeting commun de Roseline Bachelot et Charles Pasqua.

Le moteur de ma volvo V40 me rappela alors toute la sérénité rassurante d’un conducteur assumé dont les preuves ne sont plus à faire à Groupama, et je sentais revenir en moi l’absolu zénitude Royale de mes petites pensées sans conséquences, bien que je m’aperçus que le chat était resté pendu à l’élastique de mon calcif’ léchant amoureusement le sel de ma peau de sa sale langue rugueuse tel un papier de verre de grain n° 50. La radio chantait «Pour le plaisir» d’Herbert Léonard, et je me permis un instant de penser qu’il n’y avait pas de hasard dans la vie. Je l’accompagnai fortement d’une voix matinale et somme toute assez enjouée, cela m’a presque étonné, voir déstabilisé, car je pense que je chantais vraiment mieux que lui, mais je savais que j’étais encore fragile et non point sevré de cette mascarade anale qui chatouillait encore mon subconscient et donc, que cette constatation n’était pas vraiment valable.

Pour aller à Cazères de mon village le bien nommé Saint-Michel, le meilleur chemin, pour ainsi dire le plus court, étant, après s’être aventuré dans de tortueux et forts dangereux virages, de traverser un village absolument sans intérêt se nommant Couladères. Il y a des villages comme ça en France, qui n’ont aucune âme et qui représente le rien, où le vide s’est installé et semble ne plus vouloir se remplir d’une quelconque substance de vie. Nous trouvons plus généralement ce phénomène dans le nord de la France, mais il y a des exceptions sudistes, et en plus je ne supporte pas les généralités, bien que j’en fasse régulièrement aux contenus de mes pseudo discours défensifs du droit humain. Ceci dit, c’est donc l’endroit idéal pour ne penser à rien, oui, à rien, soulagement.

L’escalade d’un gendarme couché démesuré me rappelle à la vigilance du conducteur attentionné, et stoppa net la course romantique de la chanson «Pour le plaisir» au travers de laquelle je traversais les flots romantiques accompagnées des meilleures maîtresses d’Herbert Léonard. Là, je me dit qu’Herbert Léonard devait bien avoir plus de 70 balais et que ses maîtresses courraient moins vite que moi, dessinant de fortes empreintes de nibards défraîchis et ridés dans le sable et que du coup, toute cette pensée devenait anti-romantique, voir anti-érotique, donc inutile. Mais j’étais d’humeur à oublier,et je révisais savamment les numéros de l’Euromillion qui me ferais gagner des millions et de pouvoir enfin investir dans l’art contemporain, notamment le plus provocateur et de m’acheter les places publiques pour le présenter en invitant les notables, l’évêché et ses suppôts pédophiles à de prestigieux vernissages où les pièces montées en forme de godemiché fonderaient en bouchées voluptueuses dans leurs fours buccales puants d’insipides petites frappes frustrées.

Mais au détour du virage suivant, un choc visuel me rapporta à mes sarcasmes psychotico-anal en rattrapant sans aucune pudeur mes pensées déviantes. LE CHOC! 16 tours de rond point, plutôt médiocres que bien appliqués, me permirent d’adhérer à cette réalité érigée qui s’exposait, là, indécente devant moi. Je m’arrêtais après être revenu quelque peu sur mes pas afin d’observer le phénomène. Je n’en revenais pas, le géant vert, avait lui aussi planté ses propres plug et avait choisi le village le plus insipide de notre région, habituellement si inspirée par la nature, pour affirmer publiquement son besoin hâtif du plaisir anal. Bien sur, je me suis questionné sur l’extrême solitude et la souffrance sexuelle du Géant vert, mais également sur celle de Hulk. Dans mon imaginaire enfantin, c’était leur union qui avait enfanté le grand Shrek, même si cela paraissait inconcevable, j’avais toujours cru naïvement, je vous le conçois, que le géant vert n’était qu’une géante qui avait toujours souhaitée se masculiniser (d’où sa petite robe en feuille qui semble si naturelle) non seulement pour s’imposer dans cette nature sauvage mais aussi afin d’attirer d’un point de vue promotionnel la ménagère pour qu’elle nourrisse ses charmants bambins de ces merveilleux petits grains de maïs transgénique si doux et si sucrés. Tromperie! Je retombais de haut, encore une mythologie volée, j’en pleurais de désespoir. Et dans cette désolation totale, pas un réac, pas un curé, pas une grenouille de bénitier, même pas un bon pensant pour me soutenir.

 

 

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C’est là qu’une autre suggestion beaucoup plus plausible activa mes neurones bouleversés: et si le propriétaire de cette charmante villa des années 60 était tout simplement un grand artiste issu du mouvement Land Art et que sa motivation plastique dépassait le simple plaisir anal du Géant Vert? Et que ses oeuvres In Situ n’avait pas convaincu le jury de l’aide individuelle à la création de la DRAC Midi Pyrénées afin d’aller les présenter à la FIAC à Paris? Je connaissais cet échec et me sentais soudainement solidaire de cette installation plastique. Je m’épris donc de l’espoir de faire connaissance avec ce malheureux collègue qui érigeait secrètement une oeuvre d’une portée symbolique à la frontière de l’universalité, et tout ça là, juste à côté de chez moi. J’entrepris donc d’appuyer mon index sur le téton de sa sonnette. Attente. Bruit de volet en fer. Un sexagénaire à la bedaine légèrement enflée, âprété d’une moustache déséquilibrée et muni d’un simple caleçon subtilement souillé, apparu dans la cours de sa maisonnette et s’exprima fortement ainsi :

- C’est pourquoi?

L’énigme se résolvait constatant que nous portions tous les deux un caleçon souillé, ce qui pour moi devenait la marque d’un jumelage d’une confrérie artistique plus qu’évidente. Je pris la parole à mon tour rassuré de cet analogie vestimentaire qui nous unissait dorénavant, et dit d’une voix rassurée:

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger cher confrère, mais est-ce que ces oeuvres - montrant du doigt assuré les plug aux feuilles verdoyantes caressées des premiers rayons du soleil de cette belle journée automnale - vous sont attribuées et pourrions-nous partager un débat conceptuel autour de votre démarche plastique Land-Artienne qui de par la qualité de sa réalisation suscite en moi une expression non dénuée d’une recherche acharnée sur le problème de fond de la place de l’art sodomite qui divise sauvagement notre société de la tangente applicative et philosophique au sein de l’orientation intellectuelle de la scène artistique contemporaine internationale ?

- … (silence, un peu trop long me semble t-il!)

Puis mon confrère reprit :

- Qu’est-ce que tu viens me faire chier sale petite fiote d’artiste gauchiste (ça va souvent de pair), barre toi ou j’t’e bourre le fion avec ton chat, connard!

- … (Moi, l’air con)

A cet instant, j’ai ressenti le plus grand désarroi, l’extrême solitude de l’existence, pire, ma naïveté optimiste venait encore de me jouer un sale tour. Tristesse. Début de déprime qui annonce une forte dépression hivernale. Remise en question totale. Réinscription au Pôle emploi. Désemparé, Je suis remonté dans ma Volvo V40, j’ai démarré, j’ai écrasé mon chat qui s’était détaché de mon élastique calçonique, suis reparti chez moi fortement démuni, je n’ai pas joué à l’Euromillion, je n’ai pas investi dans l’art contemporain, j’ai avalé mon prozac et un demi lexomil accompagné d’un grand verre de cognac, suis allé me délecter de mon affaire intestinal, me suis recouché, désespéré de cette société, me suis demandé ce que j’allais bien faire demain et me suis bien promis ne plus m’intéresser à l’actualité artistique. J’ai noté ces deux journées bouleversantes dans mes annales.

 

 

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17/11/2014

Vives Voix Sète 2014 avec Gaspar Claus

Cela a été un moment de grâce que cette lecture de Un toit d'étoile le dimanche 20 juillet à Sète. Gaspar Claus m'a accompagné en improvisation. Le texte, je lui avais donné à lire la veille, il avait eu le temps de préparer ses teintes musicales. Je me suis senti porté par son instrument. Je n'ai pas la bande son malheureusement pour vous la donner à entendre. Un public attentif avec une grande qualité d'écoute était au rendez-vous, malgré le fait que cette lecture soit en plein air. 

Merci à toi Gaspar de m'avoir fait ce cadeau… A se revoir un jour au détour d'un festival de poésie. 

IMG_4403.JPGVous pouvez toujours écouter Gaspar Claus en concert avec Pedro Soler

 

03/11/2014

l'autre livre aux Blancs Manteaux

Le salon l'Autre Livre aux Blancs Manteaux 

L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

Notre salon se présente pour les éditeurs comme un lieu stratégique pour défendre nos maisons indépendantes, une opportunité en raison du faible coût de participation aux frais et une réelle possibilité de conquérir des lecteurs.

Venez y retrouver les Carnets du dessert de Lune

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