29/05/2008
l'Adieu au compagnon qui tire sa révérence... Dominique Autié
Banni dans l'enfermement du regard,
Empreintes d'humains, ombres vivantes malgré tout,
Ces destins piétinés persistent comme la faim.
Aucune honte n'affleure les lèvres.
L'insignifiance est devenue possible.
L’annonce du crépuscule donne proximité à l'innocence.
Dans l'aube des rues porteuses de tant de destins
psalmodier l'oraison charnelle du remord d'amour.
Le silence supplémentaire cueille à la radio
l'étrange symphonie des bonimenteurs.
La pluie fine n'est pas un hasard au fond des cours
Elle retient l'abandon où se reposer pendant ces escales
Comme un ouvrage à terminer loin de tous.
Ceux qui témoignent, riposte dérisoire,
Le font ceint de hoquets et de douleur
Sans joindre les mains, hantés par l'âme des morts.
Comment accepter, l’abjection du quotidien ?
Esprits autant vivants que morts
Apaisés par le seul savoir.

L'hiver nous laisse sans voix
Cultivant des moissons sur des terres ingrates
Il faut découvrir des noms pour chaque semence.
Vivant dans le miroir des lieux-dits
Nous marchons vers le désert de nous-même
Aveugles aux feux brûlants dans la nuit.
Le Métal forgé nous étreint.
Les perles de la mémoire nient le désespoir
Arceau de l'instant qui soutient
La voûte du temps où nous ployons.
Que nous reste-t-il à conquérir ?
La vie s'est vidée effrayante.
L'homme s'est tu et a haussé les épaules.
Il n'avait pas la parole
Pour apprendre à désapprendre.
Dominique Autié est parti dans la nuit de lundi à mardi,
des suites de sa maladie.
Bon voyage à toi, compagnon de l'encre et du papier,
des mots et du savoir, du silence et de la discrétion,
de la compassion et des colères, tendre avec les faibles,
et de salve d'acier avec les lâches, furieux contre
les imbéciles qui savent et patient avec ceux qui apprennent.
Merci encore pour tout ce que tu m'auras enseigné
pendant ces trois ans de travail auprès de nos étudiants
du BTS édition de Toulouse... Cela a été une grande leçon de noblesse.
Un repère pour les années à venir.
Bien fraternellement aux tiens qui restent.
19:25 Publié dans Les copains d'abord | Lien permanent | Commentaires (3)

