<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Ressacs - souvenirs_d_enfance</title>
        <description>blog à caractère...</description>
        <link>http://ressacs.hautetfort.com/souvenirs_d_enfance/</link>
        <lastBuildDate>Sun, 29 Jun 2008 20:17:42 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/09/un-enfant-dans-la-guerre.html</guid>
                <title>un enfant dans la guerre</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/09/un-enfant-dans-la-guerre.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>souvenirs d'enfance</category>
                                                <pubDate>Tue, 09 Jan 2007 21:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Un soir de printemps, alors que j'étais monté au lavoir rejoindre la mère qui n'avait pas encore fini son travail, on a entendu au loin, comme une fanfare. Braillant à tue-tête, soufflant dans des trompettes, traînant derrière eux un énorme rouleau agricole, les conscrits passaient sur la route. Ils allaient de ferme en ferme et s'enivraient dans les maisons des appelés avant de partir à la guerre en Algérie. Ils tenaient à la main des litres de cidre et de calvados. Le Père est arrivé en haut de la côte son vélo à la main. Parmi ces garçons était le fils d'un de ses amis. Il l'a embrassé puis lui a donné un billet de cinq francs en cadeau avant son départ. Il lui a recommandé de faire très attention, de ne pas prendre de risques, et qu'il prierait pour qu'il ne lui arrive rien. Le jeune homme riait beaucoup et promettait de revenir vite, tant cela n'avait guère d'importance. Un soir, le Père est rentré du travail avec le journal et m'a demandé de le lui lire. Le jeune homme et une dizaine de ses compagnons étaient tombés dans une embuscade. Il venait d'avoir vingt ans. Le Père a été à son enterrement. J'ai retrouvé l'article de journal une quinzaine d'années après au fond d'une armoire alors que je vidais la maison avant de la mettre en location. J'ai entassé le fatras en un gros tas dans le jardin auquel j'ai mis le feu pour que s'envolent toutes ces années.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_rechauffement.jpg&quot; alt=&quot;medium_rechauffement.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/05/les-enfants-de-la-balle.html</guid>
                <title>Les enfants de la balle</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/05/les-enfants-de-la-balle.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>souvenirs d'enfance</category>
                                                <pubDate>Fri, 05 Jan 2007 19:45:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Cette année-là, en début de semaine, sans cahiers ni cartables, les cheveux longs et sales, trois bohémiens sont arrivés à l'école. Personne n'avait voulu se mettre à côté d'eux. N'ayant pas de voisin puisque je dissipais tout le monde, j'en avais récupéré un. Les deux autres étaient restés ensemble dans mon dos, près du poêle. Le maître aurait aimé que les grands leur fassent une place, mais ils ne voulaient pas attraper de maladies. Les gosses du cirque connaissaient par cœur tous les animaux du chocolat Poulain. Les tablettes renfermaient une photo surprise d'un animal qu'il fallait coller sur une carte dans un livre. En dehors des ouvrages scolaires je ne possédais que ce livre. Chocolat, mon copain, me l'avait donné en échange d'un lance-pierres taillé dans une vieille chambre à air de bicyclette. Il n'avait jamais vu de fronde si grosse. Il était tout noir. Le premier jour, on refusait de croire que c'était réellement sa couleur. Le maître nous a donné un cours sur les étrangers parce qu’il ne passait pas beaucoup de monde par ici. Les gens qui s'y installaient étaient encore plus rares. Toute la population de ce trou était pâle, ou violette, alors un Noir!&lt;br /&gt;Les trois gosses ne sont restés qu'une semaine. Le dimanche, la place de l'église à la sortie de la messe était nette. Ils avaient enfoncé les piquets du chapiteau dans le goudron. En échange d'un lapin prêt à cuire, il m'ont donné des bons de réduction pour le spectacle. D'autres leur avaient apporté du bois de chauffage qu'ils avaient entassé sous la roulotte, là où leur chien dormait et aboyait à notre approche. D'autres encore avaient échangé des légumes, des œufs, du lait.&lt;br /&gt;Mon voisin de classe causait peu, il avait un accent de Marseille très prononcé et il donnait un numéro d'écuyer. La représentation a eu lieu le vendredi. Depuis le début de la semaine, le village était divisé entre pro et anti-cirque. L'épicière prétendait que c'était un scandale d'avoir laissé les gitans, comme elle les appelait, esquinter le goudron tout neuf avec leurs piquets. Elle se méfiait de ces gens-là qui volent les enfants pour les vendre dans des cirques qui partent à l'étranger. Elle me prévenait que, s'il arrivait malheur, elle tenait la Mère pour responsable de mon destin. Je rêvais de me faire enlever. Je désirais devenir clown ou trapéziste. Le spectacle a eu lieu sans incident. Je m'étais tellement bien débrouillé, que j'ai eu droit à plusieurs coupons de réduction. Même si le Père n'avait pas voulu y aller, il ne pouvait prétendre nous en empêcher. Cet argent, je l'avais gagné. J'ai échangé ma poignée de coupons contre trois places gratuites. &lt;br /&gt;Le lundi, l'école sans mon copain m'a semblé encore plus triste. J'imaginais des endroits fantastiques où la troupe s'était arrêtée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte est extrait de: &lt;i&gt;Un enfant de coeur&lt;/i&gt; éditions EDDIF
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2006/11/14/pepe-l-espagnol.html</guid>
                <title>PEPE L'ESPAGNOL</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2006/11/14/pepe-l-espagnol.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>souvenirs d'enfance</category>
                                                <pubDate>Tue, 14 Nov 2006 21:40:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_8rêvéweb.gif&quot; alt=&quot;medium_8rêvéweb.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Un vieux monsieur aux cheveux blanchis surnommé Pépé l'espagnol, le soir après le travail restait assis sur le pas de sa porte. Il  parlait seul et fumait une ou deux cigarettes jamais plus. Personne ne savait rien de lui. Il était arrivé un peu avant la guerre. J'avais du mal à comprendre son accent. Il travaillait en ville où il vendait des fruits et légumes sur les marchés. Parfois il nous offrait des oranges, des bananes, des fraises ou des melons. Un jour il m'a ramené une orange énorme à la peau jaune. Elle était d'un goût infect et acide comme c'est pas permis. Je venais de découvrir le pamplemousse. Je jurais que plus jamais je ne goûterais à cette saloperie. Parfois nous attendions son retour de la ville à trois et nous jouions devant chez lui. Il savait qu'on serait là et nous qu'il allait nous apporter des fruits. Il nous avait apprivoisé et nous venions manger dans sa main. Personne ne lui connaissait de famille. Il est impoli de demander à un homme de raconter sa vie. Il faut attendre que ce soit lui qui en parle d'abord. C'était la philosophie du père et il ne voulait pas en démordre. La mère avait prétendu le contraire, rien n'y faisait. Pépé l'Espagnol avait le droit de garder le silence. Je ne comprenais pas que ça puisse avoir tant d'importance. Maintenant je sais. Le silence c'est un miroir où peut regarder dans ses rêves et personne n'a le droit de venir en troubler la surface. Avec nous il parlait plus qu'avec les autres habitants. Peut-être il nous aimait bien, pour nous offrir tous ces fruits. Je ne l'ai jamais su, il ne nous l'a jamais dit.
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>