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        <title>Ressacs - petit_traite_de_medecine_a_l_usage_des_rustres</title>
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                <title>Le chevalier de la Barre</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 14:15:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/media/01/01/fc4bfb1016ce2a878c30a33341805965.jpg&quot; id=&quot;media-675601&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;fc4bfb1016ce2a878c30a33341805965.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Que nous dit Wiki?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial&quot;&gt;Vers l’âge de 16 ans, le chevalier de La Barre et son frère Jean-Baptiste sont envoyés à Abbeville chez leur tante, Anne Marguerite Feydeau, abbesse de Willancourt, après la ruine de leur père qui avait dilapidé une fortune de plus de 40 000 livres en rentes héritée de son propre père, lieutenant général des armées.&lt;br /&gt;L’affaire commence suite à la dégradation, découverte le 9 août 1765, de la statue du Christ s'élevant sur le Pont neuf d’Abbeville. Cette statue avait été tailladée à plusieurs endroits par « un instrument tranchant » qui, comme l'écrivit l’huissier du roi, provoqua ainsi à la jambe droite « trois coupures de plus d’un pouce de long chacune et profonde de quatre lignes » et « deux coupures à coté de l’estomac ». L'émotion dans la cité picarde est immense car par ce geste c’est Dieu, et non pas seulement son symbole, qui est frappé. Ainsi, signe de la gravité de ce sacrilège, l'évêque d’Amiens lui-même, Mgr d’Orléans de La Motte mène la cérémonie de la « réparation » (pieds nus) pour réparer cette offense, en présence de tous les dignitaires de la région.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le coupable idéal&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui a commis ce sacrilège ? Les rumeurs vont bon train mais, faute de preuve, il faut recourir aux interrogations pour réparer l’offense. Les curés incitaient même à la délation lors des messes du dimanche. Finalement, l’enquête est menée par Duval de Soicour, lieutenant de police d’Abbeville, qui s’implique avec acharnement, n’hésitant pas à fournir de fausses accusations et de faux témoignages, et par le lieutenant du tribunal d’élection Belleval, qui est un ennemi personnel du chevalier de La Barre, depuis que sa tante, l’abbesse de Willancourt, a repoussé ses avances.&lt;br /&gt;Intimidées, les personnes interrogées accusent le chevalier de La Barre et deux « complices », Gaillard d’Etallonde et Moisnel, d’avoir chanté deux chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion et d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans enlever leur couvre-chef. Pire, les trois hommes par défi, refusent de s’agenouiller lors du passage de cette même procession. Après dénonciation, une perquisition menée au domicile de La Barre amène à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire et des livres érotiques) qui achève de le discréditer en dépit d’un solide alibi. Fait aggravant pour La Barre, l'évêque d’Amiens et les notables locaux (encouragés par d’influents dévots attachés à la tradition) souhaitaient faire de ce cas un véritable exemple.&lt;br /&gt;Pensant être innocenté grâce aux relations de sa famille, le chevalier de La Barre ne prépare pas sa fuite et, malgré le remarquable plaidoyer du journaliste et avocat Linguet et la défense des amis de l’abbesse de Willancourt devant le Parlement à Paris, la condamnation aux galères obtenue en première instance est commuée en condamnation à mort. Le roi de France lui-même, Louis XV, est sollicité, mais peu convaincu des arguments des défenseurs du chevalier, il lui refuse la grâce malgré l’intervention de l'évêque d’Amiens.&lt;br /&gt;Le chevalier de La Barre est donc condamné à subir la torture ordinaire et extraordinaire pour dénoncer ses complices, à avoir le poing et la langue coupés, à être décapité et brûlé avec l’exemplaire du Dictionnaire philosophique. Cette sentence pour blasphème est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq bourreaux spécialement envoyés de Paris (dont le bourreau Sanson qui lui tranchera la tête). « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose » auraient été ses dernières paroles. Il n’avait que 19 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La mobilisation des Lumières&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mis en cause dans cette affaire, Voltaire prend alors fait et cause pour le chevalier de La Barre et ses coaccusés. Il rédige la Relation de la mort du chevalier de La Barre à Monsieur le marquis de Beccaria et le Cri d’un Sang Innocent pour lesquels il sera condamné sans que la sentence puisse être exécutée du fait de sa présence en Suisse. Du fait de son éloignement, c’est Diderot qui le tiendra au courant des évènements.&lt;br /&gt;Voltaire utilisera ses relations pour innocenter Gaillard d’Etallonde, qui s’était enfui en Hollande, et le protéger en le faisant engager dans l’armée prussienne. Quant à Moisnel, qui reconnut quelques impiétés et n’avait que 15 ans, il ne fut pas inquiété.&lt;br /&gt;L’affaire du chevalier de La Barre a constitué, avec d’autres comme l’affaire Calas ou l’affaire Sirven, une des causes célèbres qui ont été l’occasion pour Voltaire et les philosophes des Lumières de lutter contre l’arbitraire de la justice au XVIIIe siècle. Voltaire a rajouté à son Dictionnaire philosophique un article intitulé « Torture » dénonçant l’injustice et la barbarie de l’affaire du chevalier de La Barre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Conclusion&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chevalier de La Barre fut le dernier condamné à mort pour blasphème.&lt;br /&gt;La Révolution le réhabilita en novembre 1791&lt;br /&gt;En 1897, un comité de libres-penseurs obtient l’érection d’une statue du chevalier de La Barre devant la basilique du Sacré-Cœur, à Montmartre. Déplacée en 1926, square Nadar, la statue est déboulonnée le 11 octobre 1941 par le gouvernement de Vichy. Le 24 février 2001, une nouvelle statue est érigée en remplacement. Il existe également une « rue du Chevalier-de-La-Barre » juste derrière le Sacré-Cœur, entre la rue Ramey et la rue du Mont-Cenis.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, le nom et la statue de cette victime de l’intolérance religieuse demeurent un point de ralliement pour les tenants de la laïcité. Il existe même deux associations au nom du chevalier de La Barre.&lt;br /&gt;Il fut, par la suite, établi que la dégradation du crucifix à l’origine de l’affaire du chevalier de la Barre aurait été causée par l’accident d’une charrette chargée de bois.&lt;/div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;/font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/media/00/01/d818741db2b39d587814dab97d119f60.jpg&quot; id=&quot;media-675603&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d818741db2b39d587814dab97d119f60.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <title>LE ROMAN, DERNIER ESPACE DE LIBERTE ?</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Fri, 02 Nov 2007 17:15:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;b&gt;Par Jean Jacques Reboux&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/media/02/00/760420d4e199dfedf854776ec7ea15e7.jpg&quot; id=&quot;media-640226&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;760420d4e199dfedf854776ec7ea15e7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Dessin de Pierre Ballouhey&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;times&quot;&gt;Quelques mois après la retentissante affaire des « caricatures de Mahomet » où l’on a vu les intégristes islamistes se casser les dents sur l’hebdomadaire Charlie-Hebdo, une autre affaire de diffamation défraie la chronique, beaucoup moins médiatique mais tout aussi symptomatique de l’esprit d’inquisition qui se répand. Une jeune maison d’édition, Après la Lune, subit les foudres de l’Opus Dei, organisation octogénaire dont le fondateur, José Maria Escriva de Balaguer, prêtre catholique, fut canonisé en 1992 par Jean-Paul II.&lt;br /&gt;De quoi s’agit-il ? Au départ, un roman, &lt;a href= &quot;http://apreslalune.free.fr/LuneFradier2.html&quot;&gt;&lt;b&gt;Camino 999&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;. Comme tous les romans, Camino 999 est une fiction. Qu’est-ce qu’une fiction ? Un fait inventé, une création de l’imagination, en littérature, bref, le contraire de la réalité. Ce n’est pas nous qui le disons, mais le Robert. Dans l’affaire qui nous occupe, sur laquelle nous ne saurions nous appesantir car une action de justice est en cours, la Prélature de l’Opus Dei, soucieuse de défendre son honneur, invoque la notion de « fiction journalistique », inconnue jusqu’ici au bataillon des effets de manche. Ce barbarisme prêterait à rire si l’on se trouvait dans les pages d’un roman. Mais l’accusation en question s’ancre dans une réalité bien palpable. Celles des espèces sonnantes et trébuchantes. Et donc de la censure par l’argent. 30.000 euros de dommages-intérêts pour laver l’affront d’une diffamation sur laquelle la justice aura à trancher le 7 novembre 2007. Là, on ne rigole plus…&lt;br /&gt;L’Opus Dei aurait pu demander l’euro symbolique ; elle en réclame trente mille. Le message est clair : « Mesdames, messieurs les écrivains, tournez votre souris sept fois dans votre disque dur avant d’écrire, pesez non seulement vos mots, mais aussi vos sujets, nous vous avons à l’œil, et nous avons les moyens. Vous, non. »&lt;br /&gt;Pourquoi cette plainte ? On pourrait gloser en affirmant qu’à l’origine de cette affaire se trouve une autre histoire de chiffres. 999 comme Camino 999, le titre du roman incriminé. 999 comme les 999 aphorismes philosophico-religieux de l’Œuvre fondatrice d’Escriva de Balaguer, Le Chemin (El Camino en espagnol). Le crime de l’auteure du livre, Catherine Fradier, pourrait trouver sa source dans cette irrévérence subliminale. Peu importe que ce livre soit une fiction, racontant une histoire inventée de A jusqu’à Z.&lt;br /&gt;La censure a changé de nature. Elle n’apparaît plus sous la forme d’une créature étatique munie de longs ciseaux ou d’une mise à l’index religieuse, elle a pris d’autres formes, plus pernicieuses mais tout aussi efficaces. Celle de l’argent. Un autre Robert, Denis Robert, journaliste courageux auteur d’enquêtes sur la nébuleuse Clearstream, en sait quelque chose, qui collectionne le papier bleu et les visites d’huissier par dizaines, et qui, défendant le dessinateur Placid attaqué par le ministre de l’Intérieur (socialiste) Daniel Vaillant pour avoir diffamé les forces de l’ordre en affublant un policier d’un museau de cochon, écrivait ceci : « La vraie censure est en marche. Elle est perfide, efficace et économique. Elle défend l’honneur des multinationales, des vedettes du foot ou du show-biz et des premiers ministres. Elle s’attaque aux petits éditeurs, aux dessinateurs sans ressources. » C’est exactement le cas d’Après la Lune, puissance économique si discrète qu’il lui a fallu lancer une souscription pour assumer les frais de sa défense.&lt;br /&gt;Bien entendu, les colossaux enjeux financiers dénoncés par Denis Robert n’ont rien de commun avec l’honneur de l’Opus Dei, dont on se demande encore quelle mouche l’a piquée de nous intenter ce procès – alors que la parution du Da Vinci Code n’avait soulevé de sa part que protestations de bon aloi, et une opération de marketing ma foi fort joliment troussée. Cela dit, contrairement à Denis Robert, victime d’un effrayant rouleau-compresseur, nous aurions tort de nous plaindre ; les préoccupations de la Prélature ne sont, en effet, pas exemptes de louables intentions, comme en atteste son porte-parole : « Nous ne demandons en aucune manière que le livre soit interdit ou censuré, mais seulement que les passages diffamatoires soient jugés tels par l’autorité compétente. Les lecteurs de Catherine Fradier y gagneront, car ils pourront bénéficier à la fois d’une œuvre littéraire et d’une information authentique sanctionnée par l’autorité judiciaire. » Peu importe que les passages prétendument diffamatoires ne soient même pas cités dans l’assignation… Là encore, la justice tranchera…&lt;br /&gt;On voit bien où ce genre de manœuvre dilatoire peut mener : un assèchement, un rétrécissement de la chose littéraire – rétrécissement déjà bien entamé, il est vrai, dans une certaine frange de la littérature française, pour qui l’ombilic tient lieu d’organe du souffle –,  avec, au bout du compte, une littérature aux ordres, servile, hygiéniste et mortifère…&lt;br /&gt;Nous n’en sommes certes pas là, et il est permis d’espérer que l’une des fonctions essentielles du roman restera cette nécessité organique de dire le monde, que ne remplissent plus les médias, censurés par les grands groupes liés aux dirigeants politiques, les Berlusconi, Murdoch, Lagardère, etc.&lt;br /&gt;Alors que les journalistes sont muselés par les médias qui les rétribuent, les exactions des multinationales en Afrique ont été dénoncées par John Le Carré dans La constance du jardinier, et c'est encore dans l'œuvre de cet écrivain que l'on trouve la dénonciation la plus implacable de la manipulation des médias par l'administration Bush et le gouvernement Blair, notamment dans Une amitié absolue. En France, c’est encore une fiction, Meurtres pour mémoire, de Didier Daeninckx, qui révélera au grand public (en 1984) la répression féroce des manifestations d'Algériens du 17 octobre 1961.&lt;br /&gt;Les exemples pourraient être répétés à l’infini, et l’on imagine quelle pourrait être l’ampleur de la tâche – passionnante –dans un pays où le président en exercice aurait la haute main à la fois sur les affaires d’Etat et sur un grand nombre de médias censés les chroniquer ; dans un pays où un petit Bonaparte hâbleur, vétilleux, vindicatif, démagogue, sans scrupules et sans culture (sauf physique), névrosé par une soif incontinente de pouvoir absolu, idôlatrerait le pognon-roi, l’argent fastoche, tout en vouant aux gémonies les chômeurs, les improductifs – ceux que du temps de son papa spirituel on appelait « la République des paresseux » – et tous ceux qui n’auraient tout simplement aucune envie de travailler plus pour gagner plus, mais seulement de gagner plus pour vivre mieux !&lt;br /&gt;Le roman, dernier espace de liberté ? Chiche ! Qui le premier se frottera au roman psychanalytique (par exemple) de ce type qui fait honte à une bonne moitié des Français – dont 99,9% de mes amis –, avec ses allures de cow-boy Duracell qui ne fume pas, ses joggings exhibionnistes, ses castings de république bananière ? Serait-il censuré, celui (celle) qui écrirait ce livre ? Et par qui ? Les éditeurs ? La presse ? Les circuits de distribution ? Les libraires ? Allez savoir…&lt;br /&gt;Le roman, dernier espace de liberté ? Mais jusqu’à quand ? Plus que jamais, tout comme la liberté d’informer, la liberté de créer, d'imaginer, l'exercice de la fiction sont mis en danger – l’asphyxie économique des petites maisons d’édition indépendantes n’y est pas étranger. C’est aussi l’un des enjeux de ce procès. Par-delà le couperet économique qui pourrait expédier Après la Lune dans un trou noir définitif se pose la question de l’irréductible pugnacité des écrivains – et de tous les êtres humains – à être sans cesse en éveil, en mouvement, à défendre leur liberté, liberté, libertés chéries, toutes les libertés. Celle de penser, de vivre, de se battre, de se nourrir, de se loger, d’accueillir des étrangers sans leur racler la langue à la cuiller pour recueillir leur ADN, de s’enrager, de se rebeller, de se défendre contre des ennemis chaque jour plus puissants et plus perfectionnés, contre toutes les censures, ces sangsues.&lt;br /&gt;Et aussi, contre un mal plus subtil et néfaste, et difficile à circonscrire : l’intolérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Jacques Reboux,&lt;br /&gt;éditeur, écrivain, directeur des éditions Après la Lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derniers livres parus : De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi&lt;br /&gt;Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières&lt;/div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;/font size=&quot;3&quot; face=&quot;times&quot;&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/10/31/lecon-d-anatomie.html</guid>
                <title>Petite leçon basique d'anatomie par Ballouhey...</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 31 Oct 2007 17:00:54 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/media/02/00/2d75fbb3539a6af221d46eb21e6b0e38.jpg&quot; id=&quot;media-635962&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;2d75fbb3539a6af221d46eb21e6b0e38.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/07/19/coordinationn-des-ideteurs-independants.html</guid>
                <title>Coordination des éditeurs indépendants</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 19 Jul 2007 20:50:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;b&gt;Chers amis,&lt;br /&gt;vous avez été plus de 7 000 à signer la pétition initiée par l'Atelier du Gué éditeur en faveur des tarifs postaux et pour la libre circulation des idées, et nous vous remercions de votre confiance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse a été alertée, et les réactions favorables se confirment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La coordination responsable de la pétition va remettre la pétition aux ministères de la Culture, mais également à celui de l'Industrie, ministère tutélaire de La Poste.&lt;br /&gt;De nombreux députés sont intervenus, de toutes sensibilités, par oral ou écrit, auprès du gouvernement précédent et de l'actuel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En septembre prochain, au moment où la pétition sera remise aux ministères concernés, aura lieu la renégociation du Contrat de Plan entre La Poste et l'Etat, qui définit les missions de service public de l'entreprise. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons besoin de vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous disposez en pièce jointe d'un modèle de lettre type, qu'il vous suffit de recopier, signer et envoyer à votre député ou à vos élus locaux, afin de les sensibiliser à la question. &lt;br /&gt;Pour trouver l’adresse et le nom du député de votre circonscription pour pouvez vous rendre sur : &lt;a href=&quot; http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/comm3.asp#P&quot;&gt;assemblée nationale en cliquant ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous poursuivons auprès de la presse et des institutions, avec beaucoup de détermination le travail de sensibilisation, et nous vous remercions de votre action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à vous tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La coordination des indépendants du livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tout renseignement complémentaire : laposte@lekti-ecriture.com&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;h2&gt; Modéle de lettre&lt;/h2&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mr. Ou Mme&lt;br /&gt;Adresse postale :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tél.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 20 juillet 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Madame, Monsieur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En février 2007, l’Atelier du Gué, éditeur, suivi bientôt d’une coordination, a initié une pétition en faveur de la mise en place de tarifs postaux spécifiques appliqués à l’objet livre, comme il en existe dans la plupart des pays européens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, les tarifs postaux actuels par leur coût excessif remettent en question la diffusion des éditeurs, et par voie de conséquence, la pérennité de l’édition indépendante, entravent le droit à l’expression, réduisent l’économie du livre et affaiblissent la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pétition a été signée par plus de 7000 citoyens et acteurs du livre, démontrant ainsi la prégnance des inquiétudes exprimées par les éditeurs indépendants et leurs lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vous demandons par la présente lettre, et au vu des documents ci-joints, de bien vouloir agir, en tant qu’élu, comme certains de vos collègues qui l’ont déjà, et de relayer auprès du gouvernement, par une question écrite ou orale, cette pétition et les revendications qu’elle porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(signature)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;h2&gt; Ci joint le texte de la pétition&lt;/h2&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Soutien aux éditeurs indépendants et aux revues littéraires - Pour la libre circulation des idées&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pétition de l’Atelier du Gué&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Poste est un des outils privilégiés de diffusion des livres et revues littéraires des éditeurs indépendants, auprès des libraires, des bibliothèques et du public.&lt;br /&gt;Or, les transformations de La Poste, l'abandon des tarifs particuliers ou intermédiaires, la libéralisation des services, les fermetures de bureaux, mettent aujourd'hui leur existence en danger. Ceci porte préjudice aux écrivains, à la création littéraire, aux éditeurs, aux libraires, aux lecteurs, comme à toute la chaîne du livre (graphiste, photographe, imprimeur...).&lt;br /&gt;Des tarifs postaux abusifs, la réduction programmée à l'accès des tarifs &quot;presse&quot; par de nouvelles contraintes administratives, l'abandon des tarifs réduits (&quot;coliéco&quot; &quot;sacs postaux de librairies&quot;... le refus de La Poste d'appliquer le tarif &quot;livres et brochures&quot; sur le territoire national), etc... remettent en question la pérennité de l'édition indépendante, et par voie de conséquence, entravent le droit d'expression, réduisent l'économie du livre et affaiblissent la démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des centaines de petites structures éditoriales sont aujourd'hui contraintes à réduire ou à cesser leur activité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les soussignés s'inquiètent de cette situation et demandent à l'Etat, aux ministères concernés et à la direction de l'entreprise publique La Poste de créer un tarif préférentiel pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l'attribution, ou non, d'un numéro de commission paritaire), afin de garantir pour demain la diversité culturelle et la libre circulation des idées.
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                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/03/21/aide-aux-artistes-dasn-le-besoin.html</guid>
                <title>Aide aux artistes dans le besoin</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Wed, 21 Mar 2007 12:20:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_inconnu.jpg&quot; alt=&quot;medium_inconnu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <title>Le Ballouhey illustré</title>
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                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Thu, 15 Mar 2007 18:05:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_123-16-3bayroumonte.gif&quot; alt=&quot;medium_123-16-3bayroumonte.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/03/03/du-monde-litteraire.html</guid>
                <title>Du monde littéraire</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/03/03/du-monde-litteraire.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Sat, 03 Mar 2007 05:20:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_15.jpg&quot; alt=&quot;medium_15.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Collage: Maryvonne Lequellec&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte est extrait de &lt;b&gt;Putain d'Etoile&lt;/b&gt; paru en 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;J’ai écrit par dépit, pour me servir une meilleure part de gâteau, avec un casting choisi, des éclairages et un script maîtrisés. Dans la réalité, tout fout le camp, en tous sens, sans prise sur le cours des jours. J’ai gaspillé mon temps à chercher un sens, perdu souvent la raison, noyé mes illusions, pour m'apercevoir que tout ça est dérisoirement inutile.&lt;br /&gt; En contemplatif j’ai cru pouvoir m'inventer une emprise sur la réalité, voire la supplanter avec un stylo. Arrive le moment de trouver un éditeur pour ce paquet d’inepties et c’est à ce moment quelle revient au galop ; la grande réalité...&lt;br /&gt;Je le confirme, je suis bon à rien, mais prêt à sortir le grand jeu pour réussir. Mettre des talons aiguilles, des collants résilles, une perruque. Faire la folle, accepter toutes les fantaisies, les vices, les coups tordus, le knout, la cravache et j'en passe.  J'étais prêt à tout. Tout. Tout. Pourvu qu'on me publie. Malheureusement, j'ignorais avec qui je devais passer mes week-ends. Personne ne m'a jamais présenté l'ogresse des auteurs. Je ne suis pas regardant, ni dégoûté, pourvu qu'on m’imprime. Il faut déjà avoir des relations pour s'en faire d’autres. Je me serais contenté d'une simple place de treizième couteau, dans une boucherie de quartier.&lt;br /&gt; Si j'avais eu l’embryon d’une réponse positive d'un éditeur, j'aurais au moins eu une raison de m'entêter, de me bastonner avec ce roman. Mais là, rien… Quelques lettres, que j'ai soupçonnées être des modèles du genre, me sont parvenues. Je résume: entre deux genres, propos justes, force dans la description, saura toucher le lecteur, mais, vu la conjoncture, nous ne pouvons pas vous publier.&lt;br /&gt;Ecrire pour empiler des feuilles ne sert à rien. Alors on balance son manuscrit en désespoir de cause, au petit bonheur la chance, à un éditeur dont on croit que c'est le métier, le sacerdoce, la profession de foi, « Le Livre ». À les écouter, du livre en voici, du livre en voilà, mais ils s'en tamponnent le coquillard. Du blé par-ci, de la fraîche par-là, passez la monnaie, de l'oseille en paquet. Pas vu je t'embrouille. Je m'énerve, c'est plus fort que moi ! Quand je parle de ces gens, je deviens atrabileux, désagréable, et il ne faut pas me chauffer longtemps. &lt;br /&gt;En attendant, il faut bien survivre. Deux éléments essentiels à sauvegarder, manger et écrire. Le reste n'est que luxe, voire même luxure. Avoir un travail à côté m'a toujours sauvé la mise. Une saleté de boulot de pue-la-sueur, qui m'a rempli la bedaine, en attendant la gloire ou une autre fadaise… &lt;br /&gt;Quand disparaît la magie de l'écriture, arrive l'ennui, terrible et mélancolique, qui rend atone toute journée, indépendamment des événements. Pas le moindre goût à baguenauder, pas même pour la bagatelle. Ça ressemble à un électroencéphalogramme plat. On sent se liquéfier l'intérieur. Les quelques neurones disponibles sont victimes de tétanie. Dans un état indéfinissable, on se momifie vivant. Traîner du lit au frigo, ouvrir un yaourt, fumer une cigarette, siroter une canette pour essayer de dissiper ce brouillard intense qui persiste devant les yeux. Rien n'attire l'attention. Rien n'est acceptable. On se croirait sur le Chemin des dames, en plein hiver, quand le vent descendu de Russie fouaille les rares arbres. Le ciel résonne du coassement des corbeaux, seuls êtres vivants en ces lieux. Ils attendent qu'une rafale de shrapnels vienne vous arracher la tripaille pour festoyer.&lt;br /&gt;Si vous n'avez jamais mis les pieds dans ces endroits qui portent encore des traces abominables de l'histoire, un jour de frimas en janvier… Allez-y, vous comprendrez mon allusion. Il faut avoir vécu là-bas, pour appréhender le moral d'un type qui n’a plus de prise sur rien et ne travaille pas à l'inspiration. Évidemment, une âme bien pensante dira que la lecture peut compenser ce mal à vivre. Certes... Mais l'ersatz est médiocre. J’ai plus souvent trouvé de littérature dans la rubrique des faits divers de La Dépêche Libérée que dans une ambiance décrite par un plumitif pré-pubère. Le quotidien, il faut se le coltiner, au ras des fraises, quand on a décidé de s’attaquer au naturalisme. C’est la seule école pour ce genre-là. Dans ce jeu-là il faut souvent passer par la case prison, et surtout ne pas avoir la prétention de pondre des pages pour la postérité. Peu m’en chaut d’avoir des lecteurs quand je ne respirerais plus cet oxygène. Ici et maintenant, vite et bien. Désolé si l’image du poète romantique prend un coup de manche de pioche derrière la nuque…&lt;br /&gt;Avec le froid, la vie quitte le corps en commençant par le bout des doigts. Les membres se recroquevillent et deviennent des appendices superflus, du bois mort… La tête se rétrécit à la taille d'un œuf et s'alourdit au point de vouloir exploser. Tout est indécent. Les mots prononcés contre cette malédiction n'y font rien. On reste persuadé qu'on aurait dû en finir au moment où tout s'écroulait. Il ne faudrait pas survivre aux instants de bonheur et en profiter pour partir aux fraises la paix dans l'âme. Devenir transparent lorsqu’on atteint la perfection... Un soulagement envahit. Enfin il n'y a plus rien à perdre, ou à prouver. Le cerveau saturé se déconnecte. Le corps ressent une douleur irradiante qui confisque les poumons, le cœur, la gorge, le bas du dos, excite les tripes et coupe en deux. À quoi bon faire le niais et donner dans la grimace ? J'aurais voulu que tout s'arrête là. Que la boule m’échappe et dégringole en bas de la colline.&lt;br /&gt; J'ai eu l'adresse de la maison d'édition au hasard d'une revue de poésie imprimée en ronéo baveuse sur du papier qui peluchait, avec une couverture en kraft et des agrafes rouillées. J'ai encore envoyé le manuscrit, comme on jette un coup de pied dans la première poubelle qui passe à portée. Et alors que je n'y croyais plus, une lettre m'est arrivée. Le directeur littéraire m'accusait d'avoir commis un crime de jeunesse. Il m'en voulait de n'avoir pas réussi à dégager la substantifique moelle. Selon lui, toute la matière était là, mais empesée, engluée, mal fagotée. Je devais dégraisser et jeter des chapitres entiers muscler tout ça en soulevant le poids des mots. J'ai bien été obligé de convenir de la précipitation, par manque d’expérience. Je m'étais contenté du minimum, alors que je prétendais frapper la cible au cœur. Ma fierté en a été écornée. Il avait raison le bougre. Pour atteindre mon objectif j’avais besoin d’un minimum de recul et de lucidité.&lt;br /&gt;Je pouvais consentir à quelques sacrifices sans que le sujet n'en soit dénaturé. Une matière dense, on ne peut pas l'altérer, même en supprimant des phrases, des paragraphes, des chapitres. Ils sont tous contenus en un seul. Le noyau dur, au fond de l'abîme.&lt;br /&gt;Rien à dire, le zouave avait foutrement raison. Je ne sais pas pourquoi mais je me sentais en confiance avec lui. Sans fioriture, à la hussarde, sans circonvolution, il était allé droit au but... Probablement les salamalecs manquaient, mais cela avait le mérite d'être clair, précis, net et sans bavure. Trop mou là! Trop direct là! Virer les deux tiers! Ça irait bien mieux ainsi. Emploi catastrophique des virgules, accord des temps déplorable. Recomposer les trois quarts ! Il sentait que l’électricité passait, malgré tous les défauts de branchement. Au final, il me publierait.&lt;br /&gt;Le dernier mot méritait que je m'y arrête. Puisqu’il allait me publier, j’étais prêt à subir tous ses vices… Je courberais l’échine j’obéirais au doigt et à la botte, je lui lécherais les mains, les pieds, j’en ferais des tonnes… Car personne d'autre avant lui n'avait daigné jeter un seul regard sur mon prurit verbeux...&lt;br /&gt;Si je me méfiais des états d'âme de tous les banquiers de l'encre, lui m'inspirait le respect. Il ne tirait de son travail que son rachitique salaire. Pas comme ces bouffeurs de papier. Il payait de sa personne, lui. En vrai assistant il aidait les parturientes de mon genre condamnées à accoucher leurs textes en beuglant et ça l’amusait. Ce type avare de sourire, au regard franc et pas trop patibulaire, en connaissait un rayon sur le métier. Je n'étais pas le premier dans le genre ni le dernier qu'il avait publié. À l'en croire, j'avais de la chance. Je n'étais pas en train de pourrir au fond d'une geôle pour de sombres raisons politiques. De quoi je me plaignais ? Il m'énervait avec sa critique cinglante et sa dent dure. Mais je savais qu'il avait raison, entièrement raison, totalement raison.&lt;br /&gt;Il fallait simplifier pour dominer parfaitement le sujet. Devenir un acrobate de la phrase, un trapéziste de la formule et ne pas s'engluer dans des figures absconses. Je pensais avoir dompté la façon, mais il m'infirmait et il me fallait l'accepter. J’avais l'impression que la proie allait m'échapper sans que j’en ai goûté la saveur. Pas assez fine, la mouture ne dégageait pas totalement son parfum dans le breuvage. À l'aveugle, dans le vide et sans les mains, je devais me jeter à l'eau. Avec lui, j'en ai bavé. J'ai dit souvent, amen. Et comme un vicieux j'en ai redemandé. Et ça l'amusait. Et j'en aurais accepté encore plus, parce que c'était ça ou crever.&lt;br /&gt; Ma théorie sur l’intemporalité n'avait pas produit l'admiration, loin de là. Trop alambiquée à son goût mon concept de chronologie à l'orientale, de scénario à tiroirs. Pas assez maîtrisé. Je devais le comprendre de moi-même ou à l'usure. &lt;br /&gt;Je me suis vissé au bureau, qu'il fasse soleil ou que la montagne soit recouverte de neige. Rien dans l'existence n'avait autant d'intérêt que ces feuilles. Ma vie dépendait d'elles. J'ai ramassé toutes mes forces dans le seul but d’attraper au moins une érection dans ce grand lupanar littéraire et pouvoir miser une seconde fois. Je devais acquérir la rigueur qui me faisait défaut. Quelle foutaise… J'étais jeune, pas bien démoulé, pas assez tordu et je me déroulais le grand cinéma.&lt;br /&gt;En jardinier, je taillais d'un petit coup sec la phrase encombrée. Elle se redressait. Les adjectifs intempestifs, les répétitions inutiles allaient choir dans la sciure. Poussé par le seul désir d’être publier, couper dans la matière devenait un acte rituel. Cela a pris du temps. Pendant des semaines, des mois, essorer chaque phrase, la soupeser, la tâter, la comparer. Je lui ai retourné le manuscrit langé, pouponné, sans cataplasme inutile, ni branli-branla de poète mal inspiré, comme il me l’avait demandé...&lt;br /&gt;Couvert de ratures, des bouts de feuilles recollées, le paquet de feuilles ressemblait à une copie de film muet qui aurait séjourné dans une malle humide. Seul un masochiste se serait esquinté les yeux sur un tel torchon. Il m'a obligé à tout retaper et je l’ai fait...&lt;br /&gt; Il pensait, qu'en resserrant encore quelques boulons on obtiendrait un résultat plus probant. Il suffisait de s'y remettre. Cela en valait la peine. Pour la énième fois j’ai encore trifouillé dans le capot. J'avais, à mon insu, gagné en densité. Un peu comme si j’avais réduit des confitures en pâte de fruits&lt;br /&gt;J'avais toute la vie pour moi. J'écrivais pour ne plus avoir l'impression d'une existence inutile. À qui d'autre raconter mes salades? Avec deux doigts et la régularité d'un métronome, le tic-tac des touches emplissait mes journées libres. Page à page j'avançais. La ramette diminuait. Il l'a relu. Il restait encore quelques broutilles, mais le ravalement avait eu lieu. Il en convenait enfin.&lt;br /&gt;Seulement il n'avait plus la fonction qui lui aurait permis de me publier, éjecté de son poste pour de sombres raisons financières. Triste époque. Il me publierait c'est sûr: mais quand? Chez qui? Il cherchait une autre crêmerie. Il me donnerait des tuyaux. Il ne fallait pas désespérer et soumettre à d'autres le manuscrit. Il n'était pas le seul éditeur dans ce foutu pays. Je n'en doutais pas un instant. Aussi, plutôt que de perdre mon temps à écrire des fadaises que personne ne lirait jamais, j'ai rangé hors de ma vue le tas de feuilles dans un placard, pour en être définitivement débarrassé.&lt;br /&gt;Faute de mieux, j'ai décidé de pratiquer l’onanisme et de me faire si possible sévèrement plaisir. Écrire pour écrire. Balancer toute la sauce. Faire gicler les contraintes. Culbuter ces bigoteries du langage prononcées avec coquetterie, la lèvre en cul de poule. Le bon mot où s'épanouit la beauté de l'esprit. À la tronçonneuse et à la dynamite, oui… Du viol de langue, en iconoclaste voyou. Pourquoi se retenir?&lt;br /&gt;Défroquer le verbe, empaler la phrase, cracher la formule, éructer l’adjectif, roter à l’aise et se promener avec les roubignolles à l’air. Puisque c’est râpé pour la gloire et mal barré pour l’Académie, que le casse-croûte est plus qu’aléatoire, pourquoi se compromettre avec ces tyrannies?&lt;br /&gt;N’attendre rien de personne procure une certaine liberté. Se foutre de la contrainte grammairienne, des lois de la syntaxe, de celles du marché et de ses margoulins. Le jus de quotidien est bien plus truculent que tous ces styles qui reniflent le « à la manière de »… Niaiseries et fadaises cousues de fil blanc pour pisse copie et bas bleus. Du jazz, du blues, de l’acide, mais pas de la littérature, encore moins de poésie. Regardez comme j’écris bien ! Alors elles arrivent ces médailles ? Comme ils sont intelligents les beaux premiers des meilleures ventes… Je préfère l’honnêteté du cirque. Une seule pirouette ratée et le trapéziste va avec ses côtes tâter la sciure. Pas comme ces gigolos qui s’en sortent en étalant leur culture…&lt;br /&gt;Pas étonnant que le brave directeur littéraire ne comprenne rien au bruit des ateliers, à la monotonie du travail sur machine, aux odeurs de solvants, d’encre, de colle, de papier, à la fatigue, à la sueur. Le brave homme a-t-il déjà ressenti l’excitation quand démarrent les rotatives et le plaisir d’avoir fini un travail. Retranché dans son bureau, il n’a jamais roulé que sur la voie royale et pense que son intellect va lui permettre d’éclairer son jugement. Sérieux, notre homme croit aux valeurs du système, comme à une assurance qui le protégerait du néant de l’existence. Il se raccroche comme il peut au bastingage par peur des requins. Pitoyable Pierrot nyctalope, juste bon à finir cloué sur une porte. Cet homme n’est qu’un pioupiou, un simple dé pipé, dans ce grand business. Les lettres de refus qu’il écrit sont dictées uniquement par le banquier de service au blaser impeccable, avec rangers au pieds et parabellum à la ceinture. Le galonné du commerce, c’est lui le grand clown à la chemise brune, le prescripteur de la soupe, l’Auguste qui dicte tout le tintouin. &lt;br /&gt;Notre directeur littéraire avec ses lunettes en écailles, ses vestes en cachemire, tweed, ou laine de vigogne n’est là que pour la façade. Les auteurs sont des êtres si sensibles qu’ils ne peuvent entendre le discours de la raison économique supérieure. Il tient la méthode des camps d’extermination où on diffusait la musique aux victimes pour les rassurer sur leur avenir. Dans ces bouges, les charmantes potiches à l’entrée assurent le décorum, car chez les éditeurs il n’y a pas encore de gorilles comme dans les grandes surfaces. Un magasin sans pitbulls à l’entrée ne peut pas être sérieux. Rien à tirer. Quel illuminé attenterait au dernier manuscrit du philosophe à la mode. Même la concurrence ne s’y intéresse pas, et malgré ça l’Auguste de ce grand cirque se fait du pognon. L’apparence est sauve. Nous sommes entre gens qui savent lire, n’est-ce pas ?&lt;/div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;/font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_image_upload-1.gif&quot; alt=&quot;medium_image_upload-1.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;Si vous désirez vous procurer &lt;i&gt;Putain d'Etoile&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/module/search/Default.aspx?donnee_appel=123N_TITRE&amp;source=BOOKS&amp;titre=PUTAIN%20D'ETOILE&quot;&gt; &lt;b&gt;Cliquez ici&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;
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                <title>Le primitivogonopénien</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/18/le-primitivogonopenien.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Thu, 18 Jan 2007 20:50:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_Cerveau_nerfs_craniens_appareil_urinaire.gif&quot; alt=&quot;medium_Cerveau_nerfs_craniens_appareil_urinaire.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi appelé il se développe chez le sujet borgne. L’infection se loge dans la cavité orbitale vide et atteint rapidement le cerveau. On a vu chez certains sujets souffrant de cette infection que le cerveau secrète une matière qui dégage une odeur pestilencielle et présente un aspect proche de la soupe de potiron fermentée. Ce virus à tendance à faire voir le monde en noir et blanc au sujet, lequel organise dans la partie de son cerveau encore saine ses relations en deux parties bien distinctes et dispose d’un côté les bons et de l’autre les méchants -représentée par l'inconnu ou toutes différences qui deviennent alors incompréhensibles au sujet .&lt;br /&gt;Le sujet vocifère, éructe et prétend avoir des solutions efficaces pour toutes choses. Il ne supporte que la musique cadencée, la couleur vert-de-gris et les chants simples. On remarque chez le patient une tendance à utiliser plus que chez tout autre sujet la forme du plus que parfais du subjonctif. Nous avons constaté que pour dire il aurait fallu que je le sache, une autres tournure de phrase qui peut donner à croire que l’individu à de l’humour, ce qui n’est pas le cas…&lt;br /&gt;Ce virus sous son aspect terminal pousse le patient à vouloir découper ses voisins à la machette, car ce virus est un dérivé de la branche rwandaise déjà identifiée sur les grands gorilles.&lt;br /&gt;Nous conseillons comme prophylaxie de ne pas fréquenter les patients atteints de cette infection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rédaction tient à remercier Léonardo pour le prêt de ses dessins.&lt;br /&gt;&lt;b&gt; Ecouter un morceau de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=FI1tTdRZkdk&amp;eurl=&quot;&gt; Erik Satie&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/14/le-lupus-cervicane.html</guid>
                <title>Le Cervicanévulgus</title>
                <link>http://ressacs.hautetfort.com/archive/2007/01/14/le-lupus-cervicane.html</link>
                <author>noreply@ (Saïd MOHAMED)</author>
                                                <category>Petit traité de médecine à l'usage des rustres</category>
                                                <pubDate>Sun, 14 Jan 2007 23:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Ainsi nommé, car il porte sur sa face antérieure une protubérance qui à cette particularité de ressembler  à des cornes de cervidés.&lt;br /&gt;Ce patient présente les symptomes suivants: il bave, se replie sur lui et prétend être le dernier des cocus. Dans ses accès de crise que la démence s'apparente à ce qu'on nomme la monoxyde de gamie inférieure.&lt;br /&gt;Ce patient présente la particularité d'avoir eu durant toute sa vie le même trajet pour se rendre d'un point à un autre à heure fixe et cela matin midi et soir, d'avoir entretenu des relations sexuelles normales et non excessivement prolifique avec une patiente femelle de son choix et cela durant toute sa vie.&lt;br /&gt;Pendant ces crises de conscience suraiguë, laps de temps très court où les neurones ne sont pas soumis à la pression hiérarchique, l'homme en général s'arrache les cheveux et se lamente. Puis il maudit le monde entier et se mord forcément les avant-bras. Cette forme avancée se retrouve le plus souvent chez le sujet âgé qui a travaillé toute sa carrière dans l'administration.&lt;br /&gt;Il faut choisir ce moment pour lui asséner un coup de manche de pioche derrière le crâne juste sur le niveau de l'occiput. Pour l'occire n'hésitez à frapper très fort. Un seul coup devrait suffir. &lt;br /&gt;Chez les patients atteints par la forme chronique il faut frapper à plusieurs reprises pour bien s’assurer que mort s'ensuive. Certains confrères n’hésitent pas à utiliser la barre à mine. Ce que je préconise pour être sûr de parvenir à ses fins dès le premier coup si on veut éradiquer cette maladie.&lt;br /&gt;Il faut se débarrasser des pansements, de tout le matériel médical ainsi que du patient dans les bennes prévues à cet effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ressacs.hautetfort.com/images/medium_Leo180.gif&quot; alt=&quot;medium_Leo180.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léonardo a bien voulu me prêter un de ses dessins, qu'il en soit ici remercié....
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